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4 novembre 2019

Ambition Africa : la France veut répondre aux besoins des Africains

© François Pargny

Les 30 et 31 octobre, le ministère de l’Économie et des finances a accueilli la deuxième édition d’Ambition Africa, un événement business organisé par l’agence Business France. Ambition Africa a attiré 1 300 participants (contre 1 000 en 2018), dont 500 entreprises africaines, pour lesquels 2 000 rendez-vous B to B étaient prévus (1 000 en 2018). Un bon point pour Business France, dont le réseau africain ne cesse de s’étendre (12 bureaux couvrant 33 pays aujourd’hui).

Sur le terrain, la France est de plus en plus contestée. Par la Chine évidemment. Mais pas seulement : le Maroc, la Turquie, l’Inde, etc. « On peut voir le verre à moitié plein à moitié vide », reconnaissait, lors de l’ouverture d’Ambition Africa, le secrétaire d’État à l’Europe et aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

« A moitié vide, si l’on considère que les exportations françaises sont en repli relativement à un gâteau africain qui a grossi », mais « à moitié plein » parce que « les entreprises françaises entreprennent en Afrique », au point que leurs investissements y ont été multipliés par dix depuis 2000 ». Ainsi, précisait Jean-Baptiste Lemoyne, « notre façon d’être présent est différente par rapport à d’autres pays », puisque « nous n’exportons et n’importons pas seulement ». La France serait ainsi représentée par 3 200 sociétés sur place, employant, d’après le rapport Gaymard, plus de 600 000 personnes.

L. Rigouzzo (Amethys) : « le développement est entre les mains des Africains »

Pour autant, cette présence est en partie ancienne et l’Afrique qui émerge demande aujourd’hui un meilleur partage des fruits de la croissance. Les temps ont changé. « Si l’on met de côté les trois colosses que sont l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigeria, qui subissent de fortes fluctuations, les autres pays affichent une croissance économique moyenne de 4 % pour les plus mâtures comme le Maroc et l’Ile Maurice, plus encore pour certains, c’est-à-dire 6-7-8 % par exemple pour le Kenya, le Ghana, la Côte d’Ivoire. Or, l’économie est aujourd’hui tirée par le consommateur africain, comme dans toutes les économies du monde », affirmait Luc Rigouzzo,  cofondateur et directeur général d’Amethys, fonds d’investissement durable et à long terme dans les pays émergents.

Pour l’ancien directeur général de Proparco (juin 2006-décembre 2010), filiale de l'Agence  française de développement (AFD) dédiée au secteur privé, « ça change tout, car, pour la première  fois, le développement est entre les mains des Africains ». Les maîtres mots sont aujourd’hui « partenariats gagnants-gagnants », une petite musique qui est revenue tout le long d’Ambition Africa.

J-B. Lemoyne : 2020, « année faste » pour la France et l’Afrique

Pendant la conférence à Bercy, les pouvoirs publics français comme le secteur privé se sont efforcés de montrer que le message est compris.  Selon Jean-Baptiste Lemoyne, il faut ainsi profiter de 2020 « pour faire d’une relation renouvelée avec le continent africain une priorité ». Ce sera « une année faste » avec le Sommet Afrique-France, à Bordeaux du 4 au 6 juin 2020 sur le thème de la « ville et territoires durables », qui doit favoriser un changement de perception réciproque, et la Saison culturelle au deuxième semestre, « qui doit prendre le relai ».

« Cette dynamique ne s’arrêtera pas », a promis Jean-Baptiste Lemoyne, qui a cité plusieurs initiatives tricolores dans la formation, avec la création des campus franco-tunisien et franco-sénégalais, et dans le financement, avec Choose Africa, une initiative mise en œuvre par l’AFD, visant à engager 2,5 milliards d’euros pour accompagner 10 000 startup, TPE et PME d’ici 2022.

L’initiative Choose Africa est nécessaire, parce que « la relation ne doit pas être limitée aux grands groupes », parce que « nos PME doivent investir dans les startup et PME africaines », parce que « il n’y a pas seulement les grands projets » et aussi parce que « la France et l’Afrique doivent avoir des entreprises transnationales et développer des investissements croisés », a souligné, pour sa part, Agnès Pannier Runacher, secrétaire d’État auprès de Bruno Le Maire, le ministère de l’Économie et des finances.

Comment accompagner les PME africaines

Bruno Le Maire ouvrait officiellement le 30 octobre dans l’après-midi Ambition Africa, en compagnie de l’homme d’affaires nigérian Tony Elumelu, président de United Bank of Africa (1 000 succursales) et fondateur de Tony Elumelu Foundation (TEF), dont un programme de 100 millions de dollars vise à accompagner 10 000 entreprises africains sur une période de dix ans.

A cette occasion, l’hôte de Bercy a rappelé certains des défis que doit relever l’Afrique : l’arrivée de 450 millions de jeunes sur le marché du travail d’ici 2030 et le manque de financement pour les PME, estimé à 330 milliards d’euros pour les années à venir. Or, « ce sont les PME qui créent les deux tiers des emplois » et « seule une petite et moyenne entreprise en Afrique sur cinq accède au financement », a regretté le ministre.

« On ne va pas attendre le développement du secteur bancaire africain… Il faut le faire… Nous allons aider », a assuré Bruno Le Maire. De façon concrète, les 2,5 milliards d’euros de Choose Africa sont répartis entre 1 milliard en fonds propres et 2,5 milliards en dette et garantie, qui seront distribués via des institutions financières locales, publiques ou privées (institutions de micro finance, banques, sociétés de leasing…). « Pour une fois que le secteur public demande au secteur privé ce dont il a besoin », commentait Thierry Déau, Pdg de la société d’investissement indépendante Meridiam.

Proparco a lancé un appel à manifestation d’intérêt en faveur d’un fonds d’investissement sur l’Afrique. D’après un communiqué de presse du groupe AFD, le 30 octobre, « à l’issue du processus de sélection du gestionnaire, Proparco soutiendra la levée de ce fonds, d’une taille cible de 100 à 150 millions d’euros… ».

B. Le Maire : « une course contre la montre… »

« Il est indispensable que ces investissements soient durables et exemplaires en matière de lutte contre les investissements illicites, la corruption, le réchauffement climatique », insistait Bruno Le Maire. Il faut, a poursuivi le ministre, « aller vite, car c’est une course contre la montre contre la pauvreté, le renoncement, la désespérance des jeunes, quand il n’y a pas de financement pour répondre à la volonté entrepreneuriale ».

Lancé en mars 2019 à Dakar pour accompagner la révolution de l’entrepreneuriat et de l’innovation en Afrique, l’initiative Choose Africa apparaît comme un premier pas. Force est de reconnaître que l’orientation business donnée par l’État français demande encore à être confirmée aux yeux des Africains. Et peut-être surtout en zone non francophone.

Ainsi,  le ministre ghanéen délégué au Commerce et à l’industrie, Robert Ahomka-Lindsay, a-t-il souhaité que l’on sorte d’une « vision un peu trop romantique des relations franco-africaines ». Autre anglophone, le Kényan Charles Mwaura Hinga,  secrétaire d’État (Permanent secretary) au Logement et développement urbain, a présenté à Ambition Africa une autre vision, celle du gouvernement  de Nairobi depuis 2008.

Il s’agit de la stratégie Vision 2030, déclinée en cinq plans quinquennaux. Charles Hinga a rappelé que tout est en place. Le Kenya a « dépensé beaucoup d’argent dans les infrastructures afin de pouvoir attirer les investisseurs », car « c’est la base », a-t-il rappelé, et a «  identifié 40 domaines »  où se concentrer », comme l’habitat intelligent et la santé. Des opportunités sont donc à saisir par les entreprises françaises.

S. Ben Cheick : la Tunisie demande « une coopération plus ciblée »

Pour sa part, venu du secteur privé – il a présidé au Ghana Cal Bank et Metropolitan Insurance Company - Robert Ahomka-Lindsay a martelé que le Ghana ne voulait plus être un exportateur de matières premières. Et que, s’il y avait d’immenses ressources naturelles sur place, elles devaient être utilisées pour créer de la valeur ajoutée et de l’emploi.

« Nous aimerions qu’en France vous veniez vers nous, comme beaucoup de pays se sont tournés vers la Chine, il y a 25 ans », a-t-il lancé en direction des hommes d’affaires français présents dans la salle.

Autre ministre africain, la Tunisienne Sonia Ben Cheikh, en charge de la Santé publique, a indiqué que le défi « est la relation win-win, le transfert de technologie et la coopération trilatérale, y compris sur l’Afrique anglophone ». La Tunisie demande à la France « une coopération plus ciblée » qui passe par « la coopération trilatérale », a-t-elle répété. « Il faut, a encore ajouté cet ancien médecin, profiter de notre savoir-faire et de notre position géographique pour constituer des consortiums d’entreprises françaises impliquées chez nous pour travailler sur le reste du continent ». Parallèlement, la Tunisie cherche aussi à attirer des investisseurs étrangers dans ses grands secteurs, comme l'automobile.

Compétences humaines et numérique

La nouvelle classe moyenne est souvent mise en avant en Afrique. « C’est un enjeu, comme l’est celui de la main d’œuvre qualifiée, pointait Luc Rigouzzo, tout en s’inquiétant que la croissance aille « plus vite que les ressources humaines ». Des propos repris par Bruno Mettling, président d'Orange Moyen-Orient et Afrique, pour qui « les compétences, en partie dans le numérique sont un enjeu » et « l’éducation un défi », au moment où « la démographie explose ».

Selon lui, « il faudrait construire chaque année un million de classes, avec un enseignant à chaque fois, simplement pour maintenir le taux de scolarisation dont on sait qu’il est déjà insuffisant aujourd’hui ». Il est urgent, avertissait-il, de stopper le recul de la scolarisation. Sinon, les dommages pourraient être considérables.

 

François Pargny

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