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Gabon

Économie

Informations pays

Population (million, 2018) : 1,93

 

Capitale : Libreville

 

Devise : Franc CFA BEAC (XAF).

 

Indicateurs économiques :

Taux de croissance du PIB réel (1) : 2019 : 3,68 % (estim.) ; 2018 : 2,71 %
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2016) (2) : 16,980

Sources : (1) FMI (2) Banque mondiale.

 

Conjoncture

L’économie gabonaise reste fragile. En août, le FMI indiquait voir les premiers signes d’une reprise mais avec des perspectives à court terme « délicates » étant donné sa dépendance persistante à l’égard du pétrole. En termes de croissance, cela se traduit par une reprise modeste de 1 % en 2017 et 2 % attendus en 2018. L’inflation demeurerait stable à 2,5 %.
En juin 2017, le FMI a approuvé un accord triennal de 642 millions de dollars (M USD) avec un décaissement immédiat de 99 M USD, allégeant la crise de liquidités que traversait le pays. En novembre, le Gabon a émis un emprunt obligataire de 100 Mds F CFA en zone Cemac (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale) pour financer des projets socio-économiques inscrits au budget… 2017. Sa dette totale a augmenté de 26 %, à 624,7 Md EUR, soit 64 % du PNB, la dette intérieure ayant fait un bond de 147 % en un an, à 1,5 Md EUR. Malgré cette situation, le Gabon a proposé un budget 2018 en hausse de 8 %, à 4,85 Mds USD.
Dans le cadre de l’appui au plan de relance économique, le gouvernement gabonais et l’Agence française de développement (AFD) ont signé le 1er décembre 2017 une convention pour la mise en place d’un prêt de soutien budgétaire triennal (2017-2019). Il s’agit d’un prêt du Trésor français opéré localement par l’AFD (3 tranches annuelles de 75 millions d’euros, soit un montant total de 225 M EUR) qui servira, notamment, à l’apurement des arriérés.

 

Dans le secteur pétrolier, dont le pays est le 4e producteur africain avec 220 000 barils/jour (b/j), la situation s’améliore grâce à l’augmentation du cours du Brent et la forte demande asiatique. Sur les neuf premiers mois de l’année 2017, Total Gabon a réalisé un résultat net de 21 M USD, en forte hausse par rapport à la même période de 2016 (-1 M USD), et un chiffre d’affaires de 681 M USD, en progression de 25 % ; le niveau d’investissements a été de 123 M USD (+14 %). De son côté, fin octobre, Shell a vendu au Britannique Assala Energy, pour 540 M EUR, l’ensemble de ses opérations pétrolières/gazières onshore. Assala a repris à son compte la dette de 240,5 M EUR.

 

Dans le secteur minier, en mai a été inaugurée l’usine de manganèse de Biniomi (100 Mds USD ; 300 000 t) de la société Nouvelle Gabon Mining, filiale de l’Indien Coalsale. Le Français Meridiam, l’opérateur commissionné en janvier, a pris 25 % du port minéralier de GSEZ, dont le reste du capital est détenu par Olam, Africa Finance Corporation et le gouvernement. Le port traite plus de 1,2 million de tonnes (Mt) de minerais et entend porter ce volume à 5 Mt.

 

Dans les télécommunications, sept ans après son lancement, la première phase du projet de fibre optique, CAB4, devait être inaugurée le 22 décembre 2017, sur financement Banque mondiale. Ce projet prévoit la construction des centres techniques et l’interconnexion avec le Congo, le Cameroun et la Guinée Équatoriale. De son côté, le groupe émirati Bintel, maison-mère d’Azur Télecom, a signé en novembre un accord avec le Britannique Lycatel afin de développer leurs opérations, notamment au Gabon. Le pays a lancé en juin la création du plus grand réseau d’aires marines protégées du continent, avec 27 000 km comprenant neuf parcs marins et 11 réserves aquatiques.

 

Source : Rapport CIAN / Le MOCI, édition 2018

Commerce extérieur

 

Échanges de marchandises (2017, Mds USD, évolution sur 2016) (3) :

Export : 5,603 (+28 %)
Import : 2,259 (+4 %)

(Exportations françaises 2018 : 0,459 Md EUR, +6,25 %)

Source : OMC et IHS Markit Global Trade Atlas pour les exportations françaises.

Risques et paiements

La Rédaction du Moci a réuni un ensemble de notes, scores et paramètres d’évaluation couvrant d’une part le risque macro-économiques associés à un pays, d’autre part la solvabilité générale des entreprises de chaque pays.

 

A ces indicateurs de solvabilité sont associés les environnements et procédures associées aux démarches de recouvrement pouvant être réalisées dans chaque pays.

 

Enfin, un expert du Moci a rédigé une note de synthèse associée à cet environnement risque pour la plupart des pays du globe.

 

Environnement des affaires 

Classement « Doing Business 2019 » (1) : 169/190 (France : 32e)

Indice de perception de la corruption (2) : 124/180 continue de se dégrader

Sources : (1) Banque mondiale (2) Transparency International.

 

Notes de risque pays

OCDE : 6/7 (janvier 2019)

 

Euler Hermes : D3 (risque de court terme significatif – avril 2019)

 

Coface : pays C ; environnement des affaires C (avril 2019)

 

Credendo : court terme : 5/7 ; commercial : C ; risque de transfert : 5/7 (mai 2019)

 

Atradius : 6/10 négatif (avril 2019).

 

Appréciation du crédit manager Moci
Risque pays : élevé à surveiller attentivement
Risque client : mauvais

 

Le conseil du crédit manager

Aucun changement par rapport à notre appréciation des années précédentes. Bien que ce pays soit un émirat pétrolier, le comportement payeur des entreprises locales demeure réputé très mauvais. L’économie repose principalement sur l’industrie pétrolière, en baisse actuellement alors que les cours mondiaux du pétrole ont chuté depuis 2014, donc générant moins de recettes, et dans une moindre mesure, les mines et l’exploitation forestière. Les autres secteurs sont laissés plus ou moins à l’abandon. Le pays, comme ses voisins de la zone Cemac (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale) souffre périodiquement des rumeurs d’une dévaluation du franc CFA. Le risque de non transfert est toujours très élevé (noté 5/7 par Credendo). Comme le soulignait l’Agefi début mai 2019, les pays du Cemac souffrent d’une pénurie de devises et cela pénalise aussi bien les particuliers que les entreprises.

 

Contrairement à ce qu’écrivaient certains observateurs, nous n’avons jamais pensé que le pays était sérieusement entré dans une « certaine stabilité » politique. En témoigne le résultat contesté de la dernière élection présidentielle qui ne va pas améliorer la situation, ni les reports successifs des élections législatives initialement prévues en décembre 2016, qui ont fini par se tenir finalement en octobre 2018. Tout ceci nous semble éloigner un peu plus le pays « d’une certaine stabilité »…

 

Attention à la fragilité des banques, toutes très liées à la manne pétrolière et aux entreprises d’État, lesquelles se portent plutôt mal depuis la chute des prix des matières premières. Courant 2017, deux d’entre elles ont frôlé le dépôt de bilan et une troisième a été purement et simplement liquidée. Comme on l’a vu dans cette fiche, une augmentation préoccupante des retards de paiement est aussi relevée sur le terrain. Si en janvier 2018, en dépit de toutes ces difficultés, un forfaiteur couvrait néanmoins des opérations sur deux ans, ce n’est plus le cas à fin mars 2019. Officiellement, le pays est « fermé ».

 

D’autre part, comme on pouvait le lire récemment sur un site gabonais, « au Gabon, des centaines d’entreprises de type PME se créent chaque année. Or, globalement, 80 à 85 % de ces entreprises disparaissent purement et simplement dans les années qui suivent leur création, alors qu’une autre partie glisse progressivement vers l’informel en fuyant les services du fisc et des organismes de cotisation ». D’où la nécessité de sécuriser les opérations et de s’appuyer sur les réseaux français locaux.

 

Obtenir des renseignements de notoriété sur l’acheteur

Il n’y a pas d’organismes spécialisés sur l’information de solvabilité et les renseignements sont peu fiables. La meilleure source d’information demeure la consultation des institutionnels et milieux d’affaires français implantés localement.

 

Moyens de paiement

Monnaie locale

Le franc CFA BEAC (XAF).
Le Gabon est membre de la zone franc, via la Cemac (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale) dont l’institut d’émission est la BEAC (Banque centrale des États d’Afrique centrale). Le franc CFA est rattaché à l’euro, avec une parité garantie par le Trésor français. Mais sa convertibilité et les transferts sont soumis à une réglementation des changes stricte : les transferts de fonds vers l’étranger, notamment, sont autorisés par la BEAC sur justificatif et doivent passer par un intermédiaire agréé (établissements financiers).

 

Taux de change :
1 XAF = 0,001524 EUR
1 EUR = 655,957 XAF

 

 

Meilleure monnaie de facturation des échanges
L’euro.

 

Conseillés
Selon le montant et la qualité du client, virement Swift s’il y a possibilité de le faire garantir par une lettre de crédit standby ou une couverture d’ assurance-crédit. Sinon crédit documentaire éventuellement confirmé.

 

Déconseillés
Tous les autres.

 

Conditions de paiement

Délais de paiement habituels
60 jours maximum, si la transaction est sécurisée par une garantie. Les transactions avec paiement d’avance se multiplient.

 

Risques de retards de paiement
Les retards sont fréquents si les opérations ne sont pas sécurisées ; ils atteignent d’un à deux mois, voire plus. Cela avait d’ailleurs été évoqué courant mars 2017, lors d’une rencontre entre le Premier ministre gabonais et le Medef : l’organisme patronal s’était inquiété des retards de paiement touchant les entreprises françaises.

 

Acomptes à la commande
En négocier est très fortement recommandé. Veiller à sécuriser le règlement du solde.

 

Garanties bancaires locales

Il est possible d’en obtenir auprès des principales banques. Toutefois, le délai d’obtention est relativement long et les garanties coûteuses.

 

Tribunal compétent en cas de litige

• En principe tribunal local.

 

• Pour le droit applicable, le droit local est favorable. Le Gabon adhère en effet à l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation africaine du droit des affaires), un traité qui a permis le développement d’un système harmonisé de droit africain. Il est entré en vigueur en 1999 dans une quinzaine de pays d’Afrique. Il offre un cadre juridique clair et précis.

 

De plus en plus de contrats sont soumis à ce droit.

 

• En fonction de l’attribution de la compétence juridique déterminée, il est possible de régler les différends commerciaux par voie d’arbitrage soit à la cour commune de justice d’Abidjan (dans le cadre de l’OHADA) soit à la Chambre de commerce internationale (ICC) basée Paris.

 

• Une action devant un tribunal français est possible, mais l’exécution au Gabon peut être longue.

 

Pour information, le pays est classé 171/189 pour l’aspect « exécution des jugements » par la Banque mondiale dans le Doing Business.

Mobilité

Contacts

Logistique & Douane

Dans le classement « Doing Business 2019 » de la Banque mondiale, le Gabon est classé au 170e rang mondial (-1 place par rapport à 2018) pour la performance du commerce transfrontalier. Sont mesurés dans cette rubrique les délais et les coûts (hors droits de douane) associés à trois catégories de procédures : respect des exigences en matière de documentation, respect des procédures de commerce transfrontalier et transport intérieur. Les délais sont fournis en nombre d’heures et les coûts en dollars US. Le transport intérieur n’est toutefois pas intégré dans la note finale.

• À l’export : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 96 h. ; coût 1 633 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (60 h. ; 200 USD).

• À l’import : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 84 h. ; coût 1 320 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (120 h. ; 170 USD).

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