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Ethiopie

Économie

Informations pays

Population (millions, 2018) : 94,1
Capitale : Addis-Abeba
Devise : Birr éthiopien (ETB)

Indicateurs économiques :
Taux de croissance du PIB réel (1) : 2019 : 8,34 % (estim.) ; 2018 : 8,55 %
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2016) (2) : 1 890

Sources : (1) FMI (2) Banque mondiale.

Conjoncture

La croissance économique en Éthiopie caracole à 9 % sur 2016/17, tournant la page sur la plus sévère sécheresse que le pays a connu en 50 ans, en 2015/16, liée au phénomène El Niño. Mais les régions sud et sud-est sont à nouveau touchées par ce fléau pour la troisième année consécutive : 948 millions de dollars (M USD) seraient nécessaires pour aider 5,6 millions de personnes.

Fruit d’une gestion prudente, le déficit fiscal est faible, à 2,5 % du PIB, le gouvernement veillant à réduire le déficit des comptes courants et à limiter l’accumulation de dettes. Entre 2015 et 2016, le PIB par habitant a grimpé de 619 à 706 USD. L’agence S&P a réaffirmé sa note B-/B, perspectives stables. Sur 2016/17, les performances à l’export ont été décevantes, à 2,9 Mds USD, très en dessous de l’objectif de 4 Mds USD. Pour améliorer la compétitivité des produits éthiopiens sur le marché mondial, la Banque nationale a dévalué de 15 % le Birr le 11 octobre 2017.

IDE en hausse de 20 %
En 2016/17, l’Éthiopie a attiré 3,8 Mds USD d’investissements directs étrangers (+20 % sur 2015/16) essentiellement dans l’agriculture, le secteur manufacturier, la santé, l’éducation, les mines et la construction. Au total, 381 projets sont devenus opérationnels, créant 71 000 emplois.

Pékin est de loin le premier investisseur étranger avec 680 M USD (après 560 M en 2015/16), 67 % allant dans le secteur manufacturier, le reste dans l’immobilier, la construction, les mines et la santé. La Chine est le principal partenaire commercial de l’Éthiopie avec 5 Mds d’échanges en 2016, en progression de 22,2 % en moyenne annuelle ces dernières années.

D’ici juin 2018, le pays entend construire 15 parcs industriels, privés et publics, afin de porter le secteur manufacturier à 20 % de son PIB et à 50 % de ses exportations d’ici 2025. À juillet 2017, 7 parcs étaient déjà opérationnels, dont Mekelle (100 M USD d’investissement) et Kombolcha (90 M USD) construits par la Chine et achevés en juillet. Au total, 28 entreprises sont déjà implantées dans 8 parcs industriels représentant un montant d’investissement de 1,48 Md USD. Sur 2017/18 devraient être inaugurées les usines textiles d’Adama et Dire Dawa en novembre, Killinto (produits pharmaceutiques) et Bole-Lemi II (textile) début 2018, Bahir Dar et Jimma en mai, Debre Birhan et Areti en juin.

Notons que 90 % du commerce international de l’Éthiopie s’effectue par le port de Djibouti mais le pays souhaiterait qu’à terme 50 % passe par Port Soudan, puis par Mombassa et Berbera en Somalie.

Ethiopian Airlines poursuit son ascension
L’importante extension (74 000 m 2) de l’aéroport Bole International, démarrée en 2015, devait être achevée en janvier 2018. Les terminaux 1 et 2 sont rénovés et un autre pour les VIP est en construction. Ce nouvel aéroport a été dessiné par le cabinet d’architecture Singapourien CGP, construit et financé par la Chine (345 M USD), le Français ADPI étant le consultant d’Ethiopian Airports Enterprise (EAE). La capacité passerait de 8,5 à 22 millions de passagers par an.

Les arrivées de touristes auraient atteint le million en 2017, record historique et deux fois plus qu’il y a 3 ans. Les capitales des provinces ne sont pas en reste, leurs terminaux étant rénovés,
Jinka en ayant un pour la première fois.
Fin juin, Ethiopian Airport Entreprise (EAE) inaugurait son deuxième terminal cargo, portant la capacité de tonnage à 1 Mt par an, la plus importante d’Afrique.
Ethiopian Airlines (Star Alliance) étend sa flotte avec 60 nouveaux avions d’ici 2025, dont des Boeing 787 Dreamliner, des Airbus A350-900, des Bombardier Q400. Elle renforce et
développe ses dessertes (Libreville, Yaoundé, Anatanarivo, Bahrein, Kaduna, Buenos Aires, Jakartha en 2018…). Figurant parmi les premières compagnies aériennes africaines,
Ethiopian Airlines est dotée d’une flotte de 92 appareils, transportant 8,8 millions passagers vers 100 destinations.

Dans le ferroviaire, l’exploitation commerciale de la ligne Addis Abeba-Djibouti (752 km, achevée en octobre 2016) devait démarrer en octobre 2017. Par ailleurs, le Turc YapiMerkezi construit 389 km de voies entre Awash et Woldya/ Hara Gebeya (1,7 Md USD), tandis que le Chinois CCC poursuit le chantier des 268 km entre Mekelle et Woldya/Hara Gebeya (1,5 Md USD) afin de desservir le parc industriel chinois.

L’agriculture se redresse
Les exportations de café Arabica ont atteint 3,5 millions de sacs (M) de 60 kg (+13 %) en 2016/17, générant un record de 881 M USD de recettes. La production a atteint 7,1 M (+5,7 % sur 2015/16) ; la consommation nationale (3,7 M en 2015/16) augmente en moyenne annuelle de 2,9 % ces 4 dernières campagnes.
Les exportations de fleurs et autres produits horticoles ont généré pour leur part 271 M USD (-1,5 %). Les ventes de viande, notamment vers le Proche Orient et les pays du Golfe,
n’ont totalisé que 19 779 t en 2016/17, conséquence de la sécheresse, contre un objectif de 38 600 t (100 M de revenus contre 146 M prévus).
La filière sucre a été impactée par de fortes pluies qui ont réduit la récolte de canne à 350 000 t (consommation annuelle 650 000 t). Cette filière est en pleine mutation avec plusieurs raffineries fermées en 2017 pour rénovation, et deux nouvelles construites (Tendaho et Kessem) portant leur nombre à huit.
Le secteur est servi par une politique commerciale pragmatique cherchant à exporter à bon prix (4 300 t au Kenya mi-octobre) et importer à bas prix (70 000 t d’Algérie et de Thaïlande). Mais elle a été secouée par l’arrestation en août de plusieurs responsables pour corruption.

La potasse en ligne de mire
En novembre 2017, le Norvégien Yara, avec Liberty Metals and Mining et XLR Capital, ont signé un accord de 740 M USD pour exploiter la potasse de Dallol dans la région Afar (capacité 600 000 t/an, soit 10 % du marché mondial). Dans le minerai de fer, l’Italien natif d’Éthiopie Luciano Frattolin et le Chinois CRBF Technology ont signé en septembre un accord de concession sur 20 ans dans l’Amhara (500 M USD d’investissement). Les exportations d’or ayant chuté de moitié en 2016/17 (juin/mai), à 74 M USD, l’Éthiopie a créé 5 centres  de commercialisation pour combattre la contrebande aurifère.

Dans l’énergie électrique, l’italien Enel Green Power et Orchid Business construiront
d’ici 2019 une centrale solaire photovoltaïque de 100 MW à Metehara (120 M USD) ; l’électricité sera vendue à Ethiopian Electric Power pendant 20 ans. Le projet Corbetti Geothermal de 500 MW (28,5 % Reykjavik Geothermal, Berkely Energy 53,5 %, Iceland Drilling 18 %), dont le montant est estimé à 2 Mds USD, a été signé en novembre.
La construction par Cambridge Industry et China National Electrical Engineering de la première centrale électrique basée sur la combustion des déchets ménagers (50 MW), Reppie, devait être achevée en fin d’année sur les 5,3 ha de la grande décharge près d’Addis Abeba (118,5 M USD d’investissement; 350 000 t de déchets transformés par an). Une première en Afrique, selon les autorités.
Quant au projet géant de barrage de la Grande Renaissance (GERD) sur le Nil, les premiers tests de génération d’électricité seraient effectués en 2018.

Le poids des réfugiés
La contestation de l’ethnie majoritaire des Oromos, à laquelle s’est ajoutée celle des Amharas, persiste. Elle manifeste depuis novembre 2015 contre les expropriations découlant du projet d’agrandissement d’Addis-Abeba. Début novembre, le Quai d’Orsay avertissait de manifestations très fréquentes dans les centres urbains et sur les grands axes routiers, parfois émaillées d’incidents violents. L’état d’urgence a été décrété le 9 octobre 2016 pour être levé 10 mois plus tard.
Sur les 8 premiers mois de l’année, l’Éthiopie a accueilli 72 890 réfugiés, selon le HCR, portant à 852 721 leur nombre en Éthiopie, deuxième pays en Afrique à accueillir autant de réfugiés.

Source : Rapport CIAN / Le MOCI, édition 2018

Commerce extérieur

Échanges de marchandises (2017, Mds USD, évolution sur 2016) :
Export : 3,170 (+9 %)
Import : 16,289 (-4 %)

Quatre premiers fournisseurs 2016 (avec part de marché) :

1 – Chine 31,9 %
2 – Union européenne 17,1 %
3 – états-Unis 8,8 %
4 – Inde 7,5 %

(Exportations françaises 2018 : 0,616 Md EUR, -26,01 %)

Source : OMC et IHS Markit Global Trade Atlas pour les exportations françaises.

Risques et paiements

La Rédaction du Moci a réuni un ensemble de notes, scores et paramètres d’évaluation couvrant d’une part le risque macro-économiques associés à un pays, d’autre part la solvabilité générale des entreprises de chaque pays.

A ces indicateurs de solvabilité sont associés les environnements et procédures associées aux démarches de recouvrement pouvant être réalisées dans chaque pays.

Enfin, un expert du Moci a rédigé une note de synthèse associée à cet environnement risque pour la plupart des pays du globe.

Environnement des affaires 

Classement « Doing Business 2019 » (1) : 159/190 (France : 32e)
Indice de perception de la corruption (2) : 114/180

Sources : (1) Banque mondiale (2) Transparency International.

Notes de risque pays

OCDE : 7/7 (janvier 2019)
Euler Hermes : C3 (risque de court terme significatif – avril 2019)
Coface : pays C ; environnement des affaires D (avril 2019)
Credendo : court terme : 6/7 ; commercial : C ; risque de transfert : 6/7 (mai 2019)
Atradius : 6/10 négatif (avril 2019).
Appréciation du crédit manager Moci
Risque pays : élevé
Risque client : mauvais

Le conseil du crédit manager
Qualifié de nouvel Eldorado en Afrique par les occidentaux (le journal Les échos titrait en janvier 2019, sous le titre « l’éthiopie, le tigre africain qui étonne le monde »), l’Éthiopie attire tous les regards des exportateurs, surtout dans le domaine du textile. La pression des commerciaux sur les financiers est donc forte mais les récentes tensions politiques et sociales qui s’étaient terminées en avril 2018 par l’arrivée d’un nouveau Premier ministre (Abiy Ahmed) issu pour la première fois de l’ethnie dominante (Oromo), ont montré que le pays n’était pas à l’abri de soubresauts. De fait, début mai 2019, le pays a été frappé par de nouvelles violences ethniques.

Comme le titrait si bien le journal Le Monde en janvier 2016, « En Éthiopie, le ‘miracle’ économique masque les fragilités du régime ». Deux ans après, la situation n’a guère changé. Au contraire, le pays a reculé dans le classement « Doing Business » de la Banque mondiale, perdant quelques places chaque année. Devant l’impossibilité de recueillir des informations fiables sur les entreprises locales, et compte tenu de la faiblesse du système bancaire local (voir plus haut les problèmes relatifs aux crédits documentaires), ne prendre aucun risque : paiement d’avance ou offshore, ou crédit documentaire confirmé. Le voisin, Djibouti, est une plateforme attractive pour les opérations commerciales sur l’Éthiopie.

Obtenir des renseignements de notoriété sur l’acheteur

Une tâche quasiment impossible. À ce jour, il n’existe aucune entité locale fournissant des informations économiques sur les entreprises. Se rapprocher des institutionnels et milieux d’affaires européens et français implantés localement, et également des autres fournisseurs.

Moyens de paiement

Monnaie locale
Birr éthiopien (ETB). Non convertible

Taux de change au 12 mai 2019 :
1 EUR = 32,2025 ETB
1 ETB = 0,03037 EUR
1 USD = 28,6749 ETB
1 ETB = 0,03413 USD

Meilleures monnaies de facturation des échanges
Le dollar américain (USD), la livre sterling (GBP), l’euro (EUR).

Conseillés
Virement bancaire ou crédit documentaire, de préférence confirmé, le plus souvent offshore, via Djibouti. Localement, les crédits documentaires sont parfois assez difficiles à obtenir compte tenu de la faiblesse du système bancaire et des réserves en devises.

Ainsi, la Commercial Bank of Ethiopia a déjà plusieurs fois suspendu les émissions de crédits documentaires pour des périodes de plusieurs mois, notamment en 2012 et 2015, suite à un problème d’insuffisance de réserves de devises, retardant l’ouverture de crédits, jusqu’à 6 mois dans certains cas. Mais actuellement, c’est la banque la plus active sur le marché : début décembre 2017, elle a introduit de nouvelles règles en matière d’émission de crédit documentaire, officiellement pour lutter contre les sources parallèles de financement des opérations. Cette nouvelle réglementation ne semble pas avoir eu beaucoup d’impact à ce jour sur les opérations d’importation. En dehors de la Commercial Bank of Ethiopia, une petite poignée de banques sont plus ou moins actives dans l’émission des crédits documentaires : la Wegagen Bank, la Bank of Abyssinia, la Development Bank of Ethiopia.

Déconseillés
Tous les autres.

Conditions de paiement

Délais de paiement habituels
Essentiellement paiement d’avance, le plus souvent offshore. Sinon, crédit documentaire à vue.

Risques de retards de paiement
Elevés si transaction non sécurisée, essentiellement à cause de l’insuffisance de devises fortes.

Acomptes à la commande
Très fortement recommandé si l’on ne peut obtenir 100 % de paiement d’avance.

Garanties bancaires locales

Tous les types de garanties de marché sont disponibles, essentiellement via la Commercial Bank of Ethiopia ou offshore, via Djibouti.

Tribunal compétent en cas de litige

En théorie, les contrats (surtout s’ils sont avec des entités publiques) doivent être soumis au droit éthiopien et les tribunaux locaux sont supposés être les seuls compétents.

Attention, il y a un droit national et plusieurs droits régionaux.

L’Éthiopie n’a pas ratifié la Convention de New York sur l’arbitrage international. Il sera donc très difficile de faire reconnaître une décision rendue à l’étranger. Avant toute action, privilégier une transaction extrajudiciaire.

Mobilité

Contacts

Les acteurs publics

Business France
Localisation : Embassy of France in Ethiopia
Kebena Area
P.O. Box 2000 Addis Ababa
Tél. : + 251 11 140 00 38/39
https://www.businessfrance.fr
Service économique régional de la DG Trésor
SE d’Addis Abeba
Pays de la zone de compétence :
Éthiopie, Djibouti et l’Érythrée.
Tél. : +251 11 140 00 36
https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/NotreEquipe/ET

Logistique & Douane

Dans le classement « Doing Business 2019 » de la Banque mondiale, l’Éthiopie est classée au 154e rang mondial (+13 places par rapport à 2018) pour la performance du commerce transfrontalier. Sont mesurés dans cette rubrique les délais et les coûts (hors droits de douane) associés à trois catégories de procédures : respect des exigences en matière de documentation, respect des procédures de commerce transfrontalier et transport intérieur. Les délais sont fournis en nombre d’heures et les coûts en dollars US. Le transport intérieur n’est toutefois pas intégré dans la note finale.

À l’export : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 51 h. ; coût 172 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (76 h. ; 175 USD).

• À l’import : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 72 h. ; coût 120 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (194 h. ; 750 USD).

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