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Chine

Économie

Informations pays

Population (milliard, 2019) (1) : 1 404,3
Capitale : Pékin
Devise : Renminbi chinois (CNY).
Décalage horaire avec la France : +6 heures
Climat : Continental.
À Pékin
• Température moyenne la plus basse en décembre-janvier : – 15°C.
• Température moyenne la plus élevée en juillet-août : de 38 à 45°C.

Indicateurs économiques :
Taux de croissance du PIB, prix constant (1) : 2020 : +1,8 % (estim.) ; 2019 : +6,1 %
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2019) (2) : 16 740

Source : (1) FMI (2) Banque mondiale.

Conjoncture

La crise du Covid-19 a entraîné un double choc de demande et d’offre, se traduisant par une mise à l’arrêt de l’appareil productif et de la consommation des ménages. Au T1 2020, la Chine affiche une croissance négative, pour la première fois depuis 1992, à -6,8% en g.a. Le secteur industriel a été le plus affecté, enregistrant un repli à -9,6% en g.a., principalement dû au secteur automobile (-41% en g.a.). Le secteur de l’hôtellerie et de la restauration a également connu un fort repli de -35,3% en g.a. L’atonie de la demande a duré, notamment en raison de la hausse du chômage (en février, le taux de chômage urbain s’élevait à 6,2%, ce taux ne reflétant qu’imparfaitement la situation réelle du marché du travail, notamment le chômage des travailleurs migrants et des jeunes diplômés) et de la contraction du revenu disponible par habitant (-3,9% en g.a. au T1).

Si les mesures budgétaires ont été d’ampleur limitée, les mesures monétaires et macro-financières ont revêtu une envergure sans précédent. Le volet budgétaire a reposé sur un déficit officiel relevé de 2,8% à 3,6% du PIB, sur des émissions de Special Government Bonds fixées à 1000 Mds et sur un relèvement du plafond d’émissions de 3750 Mds RMB au titre des Special Purpose Bonds, alloués aux gouvernements locaux et destinés à financer l’investissement public et les nouvelles infrastructures (5G, rénovation urbaine, stations de chargement de véhicules électriques, internet des objets, développement régional). Le volet monétaire a reposé sur la stimulation de l’offre de crédit à destination des PME, des différés de remboursement accordés aux PME (jusqu’à mars 2021) et une plus grande tolérance du régulateur bancaire en matière de provisionnement. Lors des Lianghui, le gouvernement n’a pas fixé d’objectif de croissance, se limitant à définir un objectif de création de 9M d’emplois.

Dans la continuité de la reprise observée au T2 (+3,2% en g.a.), le rebond s’est poursuivi au T3 à +4,9%, tout en étant en-deçà du consensus (+5,4% en g.a.). La Chine affiche ainsi une légère croissance de +0,7% au cours des trois premiers trimestres 2020. Néanmoins, la normalisation de l’offre doit être mise au regard d’une demande se redressant moins vite. Au cours des trois premiers trimestres, la Chine a enregistré une croissance positive de +1,2% en g.a. pour la production industrielle, contre une contraction importante des ventes au détail à -7,2% en g.a. et une faible croissance de +0,8% pour les investissements bruts en capital fixe, grâce notamment aux investissements en infrastructures des gouvernements locaux. Le taux de chômage urbain poursuit sa réduction à +5,3% en octobre en g.a., ne représentant cependant qu’imparfaitement la situation du marché de l’emploi. A fin octobre, 10,1M nouveaux emplois ont été créés (contre 11,93 M sur la même période de 2019), l’objectif établi lors des Lianghui étant donc atteint. En ce qui concerne la balance commerciale au T3, les exportations ont fortement augmenté de +8,9 % en g.a., alors que les importations sont moins dynamiques à +3,6% en g.a. Il conviendra de suivre l’ampleur du rebond et les impacts sur la stabilité financière au cours des prochains mois. La détérioration de la stabilité financière est consécutive à la forte progression des NPL (de l’ordre de 2,1% actuellement) et imposera la recapitalisation d’un grand nombre de petites et moyennes banques, dont l’activité est concentrée vers les PME.

Source : DG Trésor – https://www.tresor.economie.gouv.fr

Commerce extérieur

Échanges de marchandises (2019, Md EUR, évolution sur 2018) :
Export : 2 232, 731 (+5,55 %)
Import : 1 848,660 (+3,34 %)

Cinq premiers fournisseurs hors provinces spéciales (avec part de marché) :
1 – Union européenne 11,7 %
2 – Corée du Sud 9,6  %
3 – Japon 8,5 %
4 – Taïwan 8,3 %
5 – États-Unis 7,3 %
(Exportations françaises 2019 : 20,933 Md EUR, +0,42 %)

Sources : IHS Markit Global Trade Atlas et OMC pour les fournisseurs.

Risques et paiements

La Rédaction du Moci a réuni un ensemble de notes, scores et paramètres d’évaluation couvrant d’une part le risque macro-économiques associés à un pays, d’autre part la solvabilité générale des entreprises de chaque pays.

A ces indicateurs de solvabilité sont associés les environnements et procédures associées aux démarches de recouvrement pouvant être réalisées dans chaque pays.

Enfin, un expert du Moci a rédigé une note de synthèse associée à cet environnement risque pour la plupart des pays du globe.

Appréciation du credit manager Moci

Risque pays : moyen
Risque client : mauvais pour les PME et TPE (97% du nombre total d’entreprises…)

Notes de risque pays

OCDE : 2/7 (octobre 2020)
Euler Hermes : B2, risque de court terme modéré (novembre 2020)
Coface : pays B ; environnement des affaires B (novembre 2020)
Credendo : court terme : 1/7 ; commercial : C ; risque de transfert : 2/7 (novembre 2020).

Environnement des affaires :
classement « Doing Business 2020 » (1) : 31/190 (France : 32e)
Indice de perception de la corruption (2) : 80/180

Sources : (1) Banque mondiale. (2) Transparency international.

Obtenir des renseignements de notoriété sur l’acheteur

Le marché du renseignement commercial est très difficile car le manque de transparence est l’une des caractéristiques principales de l’environnement financier des entreprises. Le renseignement local, les informations recueillies auprès d’autres fournisseurs ou auprès de Français et Européens résidant en Chine depuis plusieurs années sont les approches à favoriser. En fait, ce marché s’est surtout développé via les assureurs-crédits, plus particulièrement Euler Hermes et Coface qui disposent tous deux d’une structure locale. Signalons également quelques sources locales :

Sinosure (China Export & Credit Insurance Corporation)
Sinosure est, avec Eximbank of China, l’une des deux agences de crédit export publiques du pays.
www.sinosure.com.cn/en/ (pages en anglais)
Tél. : (010) 66582288
Fax : (010) 66516758

Ainsi que deux prestataires basés à Hong Kong :
Total Global Credit and Risk Solutions
www.totalcredit.com.hk
Tél. : +852 2850 6682
inquiry@totalcredit.hk

Asian CIS
www.asiancredit.com
Tél. : +886 2 2875 4355
Fax. : +886 2 2875 4360
sales@asiancredit.com

Moyens de paiement

Monnaie locale
Le renminbi (CNY ou RMB).

Convertible pour les opérations courantes, échanges de biens et de services, mais pas les investissements ou les emprunts. Le 6 mai 2013, le gouvernement a annoncé l’élaboration d’un plan progressif pour la convertibilité totale. Celle-ci était supposée être effective en juin 2014, dans un premier temps uniquement dans la zone de libre-échange de Shanghai. Mais ce n’est pas le cas à ce jour, il n’y a toujours pas de convertibilité totale. D’autant plus que comme à leur habitude, les Chinois soufflent le chaud et le froid. Après les annonces triomphalistes, fin novembre 2015, de l’entrée du yuan dans le panier de monnaies constituant les DTS (Droits de Tirages Spéciaux, panier de devises servant de « monnaie » de référence au FMI), depuis janvier 2016, la People Bank of China (PBOC), la banque centrale chinoise, a abaissé fortement à plusieurs reprises le niveau de référence de la monnaie chinoise face au dollar. Mi-avril 2018, le gouverneur de la PBOC a une fois de plus annoncé que les prochaines réformes viseront à faire évoluer la convertibilité du renminbi. Une longue marche à suivre…

Taux de change au 12 novembre 2020 :
1 EUR = 7,80128 CNY
1 CNY = 0,12810 EUR
1 USD = 6,61713 CNY
1 CNY = 0,15104 USD

Meilleures monnaies de facturation des échanges
Le dollar américain (USD) et l’euro (EUR), de plus en plus utilisé. À noter que selon une étude Nielsen pour HSBC, datée du 9 juillet 2014, 26 % des exportateurs français commerçant avec la Chine, utilisaient la monnaie chinoise… En revanche, à l’import, compte tenu de la baisse de l’euro par rapport au yuan, l’utilisation de cette dernière monnaie a sensiblement baissé ces derniers mois.

Les derniers chiffres de Swift, pour les seules transactions transfrontalières, indiquent que la part du yuan ne représente plus que 1 % du volume mondial.

Conseillés
Selon le montant de la transaction et la qualité du partenaire, virement Swift garanti par une lettre de crédit standby (hélas, de plus en plus difficile à obtenir) ou par une assurance-crédit. Ou crédit documentaire irrévocable et confirmé, le plus souvent silencieusement.

À noter que le nombre de crédits documentaires est remonté de façon significative mais ils sont toujours de plus en plus longs à être ouverts. Cela est en partie lié à une réglementation sur les importations entrée en vigueur en 2010.

Déconseillés
Tous les autres.

Conditions de paiement

Délais de paiement habituels
La situation hélas continue de se dégrader très fortement.

Selon Atradius, (Payment practices barometer, publié le 10 juin 2020, basé sur une étude de mars 2020), le délai moyen accordé est de 39 jours.

Comme pour les années précédentes, en allongeant les délais de paiement, les entreprises chinoises espèrent réduire les risques d’impayés en nombre, mais nous verrons plus bas que ce n’est hélas pas le cas. Dans les transactions internationales, on trouve de moins en moins de paiement d’avance et 30 à 35 % de paiement à vue. La réglementation est assez stricte : en théorie, les entreprises ne sont autorisées à payer d’avance qu’un montant équivalent à 10 % du total de leurs transactions des 12 mois passés. Mais certains secteurs sont autorisés à payer jusqu’à 100 %, à condition de respecter les règles de la Safe (State Administration of Foreign Exchange), bien évidemment (voir page suivante, les conseils du credit manager).

Le paiement d’avance intervient le plus souvent, par refus ou impossibilité, pour l’importateur, de pouvoir faire émettre un crédit documentaire.

Les autres délais pratiqués à l’international se répartissent entre 30 et 60 jours. Attention, nous le répétons chaque année dans cet Atlas : les importateurs chinois tentent souvent de faire du « forcing » et d’obtenir entre 120 et 180 jours de délai de paiement auprès de leurs fournisseurs étrangers, délais qu’ils arrivent à obtenir assez facilement sur le marché domestique. Il faut refuser fermement, d’autant plus que depuis le 1er octobre 2008, les entreprises qui obtiennent des délais de paiement supérieurs à 90 jours, à l’import, doivent impérativement le déclarer à la Safe, faute de quoi le paiement rencontrera de sérieuses difficultés, voire ne pourra être effectué.

Risques de retards de paiement
Certaines des données ci-après sont issues d’informations recueillies avant la pandémie de Covid-19. Suite à celle-ci, on a constaté dans la quasi-totalité des pays de nombreux retards de paiement, de 15 jours au minimum à plus de 30 jours selon les premières estimations.

Dans son étude sur l’évolution du BFR dans le monde, publiée fin juillet 2020, Euler Hermes indique pour la Chine en 2019, un DSO moyen de 88 jours (92 en 2018), 25 % des entreprises payant en moyenne après 130 jours.

Ces données sont à reprocher de celles de la Coface. Cette dernière, dans sa récente étude sur les délais de paiement en Chine, publiée le 2 juin 2020, et basée sur des données compilées au dernier trimestre 2019, relève que les délais de paiement sont restés stables, 86 jours en moyenne en 2019 pour 76 jours en 2017 et 57 en 2016. Notons par contre que 50 % des sociétés interrogées ont proposé des délais de paiement supérieurs à 120 jours, contre 20% l’an dernier. Seules, 20 % environ des factures sont émises à 30 jours.

Si les opérations ne sont pas sécurisées, à l’international, les retards peuvent atteindre de 30 à 45 jours, voire beaucoup plus.

Sur le marché domestique, selon l’étude de Coface précitée, 66 % des entreprises chinoises ont connu des retards de paiement en 2019 et 37 % déclarent que ces retards ont augmenté. 37 % des entreprises ont constaté des retards supérieurs à 120 jours. Par contre, très légère amélioration, la part des entreprises interrogées ayant subi des retards de paiement très longs (plus de 180 jours), dépassant 2 % de leur chiffre d’affaires annuel, est revenue à 52 % (55 en 2018 et pour rappel, 47 % en 2017). Selon l’expérience de Coface, 80 % de ces retards de paiement très longs ne seront jamais payés. Ce sont toujours les mêmes secteurs qui sont les plus touchés : BTP, Télécoms, papeterie, pharmacie, métallurgie, textile… Bien évidemment, les experts de la Coface s’attendent à une très nette détérioration sur 2020, compte tenu de l’impact de Covid-19.

Dans son étude précitée, Atradius annonce un délai moyen de retard de 22 jours (13 % des retards au-delà de 90 jours). Cribis Dun and Bradstreet, dans l’étude Payment study 2020, couvrant l’année 2019, mentionne que 26,3 % seulement des entreprises respectent les échéances négociée. Et 14 % règlent avec plus de 90 jours de retard.

Notons aussi pour information l’utilisation de plus en plus fréquente des lettres de crédit domestiques en Chine… Devant la dégradation des retards de paiement sur le marché national, la plupart des grandes banques chinoises offrent, principalement aux corporates, un produit spécifique, la « domestic L/C », le plus souvent sous-jacente à des opérations d’affacturage ou de forfaitage.

Acomptes à la commande
Comme pour le paiement d’avance, la pratique des acomptes se généralise, moyennant bien évidemment des garanties bancaires. 

Garanties bancaires locales

Il est possible d’obtenir des garanties bancaires locales, mais seulement auprès des banques habilitées à effectuer des opérations en devises. Pour chaque opération, il est obligatoire d’obtenir une approbation préalable ou un enregistrement de la garantie consentie auprès de l’administration qui gère les changes, la Safe (State Administration of Foreign Exchange).

En Chine, les coûts des garanties sont assez élevés.

Attention : le 1er décembre 2016, sont entrées en vigueur « the Regulations on Some Issues Concerning the Trial of Independent Guarantee Disputes (Independent Guarantees Interpretation), un corps de règles qui concerne toutes les garanties bancaires soumises au droit chinois, donc des garanties principales émises en Chine contre-garanties par des banques étrangères.

Tribunal compétent en cas de litige et droit applicable

• Privilégier le tribunal français. Malheureusement, en matière de droit des affaires, on peut observer la difficulté d’exécution, en Chine, des jugements rendus à l’étranger. Cela en dépit des conventions internationales signées par la Chine comme de la mise en place d’un organisme dédié à la reconnaissance et à l’exécution des jugements rendus à l’étranger, la CIETAC (Commission chinoise d’arbitrage commercial international).

Notons également la très mauvaise note attribuée, dans une récente étude d’Euler Hermes, à la complexité du recouvrement en Chine : 76 sur 100, 100 étant la plus mauvaise.

• Les tribunaux chinois sont très « protectionnistes » : l’exécution de jugements étrangers est longue et très coûteuse, avec des demandes de frais souvent abusives. Même si le droit français est plus favorable que le droit chinois, pour des affaires de montant très significatif, un droit neutre (droit suisse, par exemple) sera plus approprié.

• Plus encore que dans d’autres pays, vérifier les pouvoirs réels, dans l’entreprise cliente, de la ou des personnes passant commande.

Attention au délai de prescription commerciale : deux ans pour les ventes domestiques et, selon l’article 129 du « Contract Law of the People’s Republic of China », quatre ans pour les contrats de vente internationale et les contrats de technologies import et export.

Classement Banque mondiale, règlement insolvabilité, 2020 : 51/190

Le conseil du credit manager

Nous le signalions bien avant l’arrivée de la Covid-19. Attention à l’explosion des défaillances d’entreprises. Après une hausse de 74 % des défaillances en 2017 et 69 % en 2018, l’année 2019 s’est achevée sur une augmentation de 12 %.

Explication donnée par l’assureur-crédit Euler Hermes pour ces hausses : la volonté des autorités chinoises de faire le ménage parmi les entreprises  « zombies ».La plupart des autres prestataires ont une vision aussi pessimiste. Comme l’écrivait il y a quatre ans un analyste de Fitch Rating à Shanghai, les plus grosses entreprises seront vraisemblablement sauvées car « too big to fail »,
mais les plus petites seront sacrifiées. D’ailleurs, ces dernières semaines la presse a largement rapporté que plusieurs grandes entreprises d’État étaient en défaut de paiement. Nous ne pensons pas qu’au final ces entreprises iront jusqu’à la faillite. Comme le disait un analyste, il n’y aura pas de thérapie de choc.

Revenons un peu en arrière. Il y a quelques années, certains observateurs avaient relevé une baisse des défaillances d’entreprises durant trois années consécutives. Or, les hauts niveaux constatés dans les années 2007 à 2009 étaient majoritairement dus à l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les faillites en Chine (loi du 27 août 2006 entrée en vigueur le 1er juin 2007). De plus, ces évolutions étaient à prendre avec la plus grande prudence pour deux raisons au moins : les statistiques relatives aux défaillances d’entreprises en Chine ne sont pas vraiment fiables d’une part, et d’autre part, le gouvernement avait à l’époque décrété un délai d’un an avant l’entrée en vigueur de la loi, précisément pour permettre la liquidation d’environ 2 000 entreprises d’État selon les règles applicables antérieurement. On peut raisonnablement penser que les chiffres publiés à l’époque étaient donc bien en dessous de la réalité.

Évidemment, depuis la pandémie, la situation s’aggrave davantage, même si les Chinois semblent s’en sortir un peu mieux que nombre d’autres pays. Euler Hermes  anticipe une hausse des défaillances de 40 % entre 2019 et 2021 et la Coface de 24 % sur la même période.

Pour le reste, nous ne changeons pas fondamentalement nos observations de l’an dernier. Il faut d’abord signaler que depuis plusieurs années, nous constatons une forte montée en puissance du credit management en Chine. Les grands groupes étrangers implantés dans le pays ont été les premiers à introduire ces pratiques, puis très rapidement les entreprises chinoises elles-mêmes qui, compte tenu du contexte économique, ont très vite intégré la culture « cash ». Cela se traduit par la création de nombreuses sociétés de conseil en credit management, des études publiées sur Internet, des forums… Ne pas hésiter à contacter des collègues sur place pour demander des conseils et/ou des renseignements.

Par ailleurs, on ne le répétera jamais assez, si le montant de la transaction le justifie, vérifiez le pouvoir de votre partenaire ! Intrum Justitia et Coface dès 2006 dans leurs publications, Atradius encore en 2012 (dans une étude intitulée Le succès de vos relations commerciales avec la Chine : 10 principes clés pour réussir), tous ces spécialistes insistent longuement sur cet aspect crucial des opérations avec la Chine. Car rappelons que depuis 2010, la nouvelle réglementation de la Safe (State Administration of Foreign Exchange) classe les importateurs en 3 catégories, A, B et C. Ceux classés C ne peuvent ni payer par avance, ni obtenir de crédits documentaires de la part de leurs banques !

Côté conjoncture, pas de changement notable, de la part des principaux assureurs-crédits, dans leur appréciation du risque chinois.

Les récentes crises sociales et l’augmentation des coûts du travail ont entraîné une forte augmentation des faillites dans les secteurs du jouet et du textile. La fragilité de la trésorerie des entreprises chinoises ne va donc pas s’estomper, d’autant plus que la plupart n’ont pas accès au crédit bancaire court terme et ne peuvent que soit approcher le marché parallèle (shadow banking), soit user du crédit inter-entreprise, d’où les délais de paiement très longs déjà évoqués dans notre fiche. Enfin, si le risque pays Chine demeure moyen, le risque commercial demeure, lui, très élevé. Comme le soulignait déjà Coface en mars 2016, le risque de crédit des entreprises chinoises ne cesse de se dégrader. Et les dernières dispositions des autorités chinoises laissent un peu perplexe. Pour se soulager de leurs mauvaises créances (et elles sont nombreuses), il est en effet suggéré aux banques d’échanger leurs créances à risques contre des actions, en clair, devenir actionnaire d’entreprises défaillantes… Comme le soulignent tous les observateurs, cette initiative va aggraver le risque bancaire en Chine.

Il faut donc maintenir, selon le montant des transactions, le crédit documentaire confirmé, le plus souvent silencieusement, et le virement Swift garanti par une lettre de crédit standby (hélas, de plus en plus difficile à obtenir) ou par une assurance-crédit.

Attention ! En matière de crédit documentaire, les banques chinoises continuent à être très inventives pour les réserves, sources de délais supplémentaires. Regarder à deux fois la rédaction des lettres de crédit et soigner la présentation des documents.

Attention également à la législation locale en matière de crédit documentaire. The Provisions of the Supreme People’s Court on Some Issues Concerning the Trial of Cases of Disputes over Letter of Credit, promulguées le 24 octobre 2005, sont en vigueur depuis le 1er janvier 2006 et sont, dans certains aspects, incohérentes avec les Règles et Usances Uniformes 600 de l’ICC (International Chamber of Commerce/Chambre de commerce internationale). L’interprétation de ces principes étant pour le moins complexe, l’ICC a publié en 2013 un excellent ouvrage : « The law of letters of credit in China », par Jin Saibo, ICC Publication No. 736, 2013.

Nous ne terminerons pas cette note sans quelques mots sur la clause de réserve de propriété en Chine. Si celle-ci est effectivement prévue par un article du droit des contrats, son application pose un problème majeur : pour être réellement efficace, il faut que les deux parties résident sur le territoire chinois. Pour contourner cette difficulté il faut soit vendre le produit à une filiale locale, soit à un agent importateur.

Attention aussi à l’impact du processus de dédouanement en Chine, très long et très onéreux, qui peut également entraîner des retards de paiement.

Mobilité

Chiffres clés

Population (2019) : 1,4 milliard d’habitants, dont population urbaine : 58 %.
Langues : le mandarin. À Hong Kong, le chinois et l’anglais sont les deux langues officielles. À Canton, le cantonais est le dialecte local.
Religions : bouddhistes, taoïstes, musulmans, chrétiens.
Nombre de Français immatriculés (2018) : 29 391.
Nombre d’entreprises françaises implantées : 1 588.
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2019) : 16 740.
Taux de croissance du PIB (2018) : + 6,6 %.
Émissions CO2 (tonnes/hab., 2017) : 7,7 t.
Indicateur global de sécurité (GPI, 163 pays, 2018) : 112e, niveau « moyen ».

Sources : MEAE, Banque mondiale, Commission européenne (base de données EDGAR), FMI, Institute for Economics & Peace pour le GPI et Le Moci.

S’y rendre

Formalités
Un visa est obligatoire pour entrer en Chine continentale. Toute demande de visa pour la Chine doit obligatoirement passer par son centre de visa externalisé « Chinese Visa Application Service Center » (www.visaforchina.org).

Le type de visa pour les voyageurs d’affaires est le visa dit « M » (Affaires et activités commerciales). Pour obtenir celui-ci, il convient de produire une lettre d’invitation émise par le partenaire commercial chinois, et qui doit comporter un certain nombre d’informations obligatoires. Il est en principe possible d’obtenir un visa « M » multiples entrées valable de 6 mois à 1 an, si le demandeur s’est rendu en Chine plus de deux fois au cours des deux dernières années écoulées.

Se reporter au site de l’ambassade de Chine en France (www.amb-chine.fr/fra/zgzfg/zgsg/lsb/qzyw/t1090864.htm) pour connaître les conditions d’obtention des visas et la liste des pièces à fournir.

Sources : MEAE et Business France.

Y travailler

Le marché du travail
Pour les expatriés, la Chine n’est pas un Eldorado. Le pays a besoin de talents mais les perspectives d’emploi se limitent aux sociétés étrangères qui ont besoin d’encadrer et de former des personnels chinois. Le Français à la recherche d’un emploi est en concurrence avec des Chinois formés à l’étranger, qui reviennent chercher un emploi au sein d’entreprises et qui sont moins coûteux. Il y a des possibilités d’emploi dans les sociétés chinoises à condition de connaître le mandarin, notamment lorsqu’il s’agit de postes commerciaux export ou liés au développement international. Les principaux domaines de compétences recherchés sont l’expertise technique, l’encadrement général, la gestion financière et la commercialisation.

Les secteurs qui recrutent sont principalement les suivants : automobile, chimie, pharmacie et les services. Les possibilités d’emploi se trouvent dans les grands pôles traditionnels comme Shanghai, Beijing ou Shenzhen mais aussi dans les villes de l’intérieur (Wuhan par exemple).

Source : Dragonfly Group.

Le cadre légal du travail
Salaire minimum légal : varie selon les provinces : niveau le plus élevé à Shanghai : 2 480 RMB/ mois (328 euros).
Durée de travail : 40 heures/semaine.
Durée de la période d’essai/du préavis : 1 mois.
Rémunération avantages et impôts : salaire fixe en fonction de la formation et de l’expérience. Paiement des heures supplémentaires, assurance sociale, 10 jours de congés annuels.
Jours chômés hebdomadaires : samedi et dimanche.
Horaires de travail
Administrations : 8 h 30 – 12 h et 14 h -17 h.
Entreprises : 9 h – 12 h et 14 h – 18 h.
Banques : 9 h -17 h sans interruption.
Commerce : 9 h – 18 h tous les jours (les supermarchés dans les centres commerciaux ferment plus tard). De nombreuses supérettes (xiaomaibu) restent ouvertes une partie de la nuit.

Sources : MEAE, Wageindicator.org et Business France.

Meilleurs sites d’emploi
En anglais/français :
www.chinajob.com
www.indeed.fr/Emplois-Chine
www.dragonflygroup.com

En mandarin :
www.51job.com
www.wang-li.com
www.zhaopin.com
www.chinahr.com

Vie pratique

Coût de la vie
Monnaie : yuan ou renminbi chinois (CNY). Non convertible.
Taux de change : 1 EUR = 7,57 CNY (12-04-2019).
Indice Big Mac : 3,1 USD.

Se loger : à Shanghai, entre 500 et 1 300 euros pour un studio et 1 200 et 3 000 euros pour un trois pièces. Pour trouver un logement il est recommandé de faire appel à une agence immobilière spécialisée dans la location aux expatriés. Elle offre une gamme assez large de services : visites d’appartements, négociations avec le propriétaire sur la remise en état souvent nécessaire avant d’en prendre possession, le prix du loyer, la durée du bail, la rédaction du bail en anglais, etc.

Indice Mercer du coût de la vie (logement compris, 209 villes) : Shanghai (7e), Beijing (9e), Guangzhou (15e), Nanjing (25e), Tianjin (29e), Chengdu (31e) et Qingdao (36e).

Sources : UFE, Mercer, Numbeo. com, The Economist et XE currency converter.

Informations utiles
Nature du réseau électrique
220 volts. Prise de type I (adaptateur nécessaire).

Télécommunications
Indicatif téléphonique : + 86 (Pékin : 10, Shanghai : 21, Chengdu : 28, Wuhan : 27).
Qualité du réseau mobile : bonne.
Qualité du réseau Internet : bonne.
L’accès à internet est très réglementé et peut s’avérer aléatoire. De nombreux sites et applications (Google, Facebook, Skype, Twitter, WhatsApp, etc.) ne sont pas accessibles en Chine. Le recours à un réseau privé virtuel (VPN) est réglementé et de nombreuses applications VPN peuvent être bloquées par les autorités chinoises.

Source : MEAE

Principaux jours fériés 2019
1-8 octobre : fête nationale.

Distances de ville à ville
Pékin – Shanghai : 1 239 km.

Déplacements de ville à ville
L’avion est le moyen de déplacement de loin le plus pratique.
Le réseau actuel des trains ultrarapides, capables de pointer à plus de 300 km/h est évalué à 12 000 km.
Le réseau routier est généralement de bonne qualité mais les distances sont énormes.

Contacts

Les acteurs publics

Business France
– Bureau de Canton
Localisation : Consulat general of France
in Guangzhou
Rm 1907, Central Tower,
5 Xiancun Rd, Tianhe
Guangshou 510623
– Bureau de Chengdu
Localisation : Consulat general of France
in Chengdu
Times Plaza Rooms 303A-309-310,
2 Zongfu Rd
Chengdu 610016
– Bureau de Pékin
Localisation : Embassy of France in China
60, Tianze Lu,
Liangmaqiao Chaoyang District
Beijing 100600
Tél. : +86 (0)10 8531 2369
– Bureau de Shanghai
Localisation : Consulat general of France
in Shanghai
21/F, Haitong Securities Bld.,
689, Guang Dong Rd
Shanghai 200001
Tél. : +86 (0)21 6135 2000
– Antenne à Shenzhen
218, Chinese Overseas Scholars Venture
Building,
Hi-tech Industry Park,
Nanshan District
Shenzhen 518057
Tél. : + 86(0)755 8655 0536
– Bureau de Wuhan
Localisation : Consulat general of France
in Wuhan
Wuhan Int’l Trade Center, Room 1708, 568
Jianshe Dadao, Hankou
Wuhan 430022
Tél. : +86 (0)27 6579 7940
https://www.businessfrance.fr
Douane
L’attaché douanier près l’ambassade de
France en Chine (Chaoyang District, Beijing)
Zone de compétence : Chine continentale,
Hong Kong, Japon, Corée du Sud
Tél. : 00 86 10 85 31 24 65
pekin.dgddi@douane.finances.gouv.fr
https://www.douane.gouv.fr/fiche/lannuaire-des-attaches-douaniersletranger
Service économique régional de la DG Trésor
SER de Pékin
Tél. : +86 10 8531 2301
– Antenne à Canton
du SER de Pékin
Tél. : +86 20 2829 2110
– Antenne à Chengdu
du SER de Pékin
Tél. : +86 28 6666 6023
– Antenne à Shanghai
du SER de Pékin
Tél. : +86 21 6135 2068
– Antenne à Wuhan
du SER de Pékin
Tél. : +86 27 8577 8426
https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/NotreEquipe/CN

Les acteurs privés

AEC
– Guangzhou
2203L, Da Xin Building
538 De Zheng Bei Road
510045 Guangzhou
Tél. : +86 (0) 20 6233 8783
– Pékin
2610, Wen Hua Palace
Working People’s Cultural Palace
Dongcheng District
100006 Beijing
Tél. : +86 (0) 10 6514 8800
aecpekin@aec-china.com
– Shanghai
2909, Shanghai Kerry Center
1515, Nanjing West Road
200040 Shanghai
Tél. : +86 (0) 21 6103 7109
http://www.aec-china.com/fr/
All Winds
Bureaux en Chine
Contact :
http://www.all-winds.com/contact
Altios
Localisation : Shanghai
Jiangsu Building,19/F, Suite B1-B5,
526, Laoshan Road
200080 Shanghai
Tél. : +86 21 6886 8852-846
z.zhu@altios.com
https://altios.com
CCI France Chine
Localisation : Pékin
Suites 201-222, 2F, Building 81,
No 4 Gongti North Road
Chaoyang District,
Beijing 100027
Tél. : +86 (10) 6461 0260
lefevre.morgan@ccifc.org
info@ccifc.org
https://www.ccifc.org
Salveo
– Shanghai
17F Unit B N. 588 Yan An Dong Road,
Huangpu District 200001
Shanghai
Tél. : +86 (21) 6315 2001
p.champemond@salveo-group.cn
– Shenzhen
Room 1202 Chinese Overseas
Scholars Venture Building
Nanshan District 518057
Shenzhen
chine@salveo.international
https://salveo.international
VVR International
– Guangzhou
Room 913, Block 3,
Merchants City Home
495 Hanxi East Road,
Panyu District
Tél. : +86 20 8332 1024
contact@vvrchina.com
– Shanghai
14# Shanghai Garden Phase I,
7888 Humin Road,
Minhang District
Tél. : +86 21 3422 7164 103
contact@vvrchina.com
– Shijiazhuang
8/F Chuang Xin Building,
368 XinShi Bei Road,
Zhenxin Industry District
Tél. : +86 3118 382 8060
contact@vvrchina.com
https://www.vvrinternational.com

Logistique & Douane

Dans le classement « Doing Business 2020 » de la Banque mondiale, la Chine est classée au 56e rang mondial (+9 places par rapport à 2019) pour la performance du commerce transfrontalier. Sont mesurés dans cette rubrique les délais et les coûts (hors droits de douane) associés à trois catégories de procédures : respect des exigences en matière de documentation, respect des procédures de commerce transfrontalier et transport intérieur. Les délais sont fournis en nombre d’heures et les coûts en dollars US. Le transport intérieur n’est toutefois pas intégré dans la note finale.

• À l’export : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 21 h. ; coût 256 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (9 h. ; 74 USD).

• À l’import : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 36 h. ; coût 241 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (13 h. ; 77 USD).

Actualités : Chine

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