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Maroc

Économie

Les chiffres clés

Population (millions, 2019) (1) : 35,59
Capitale : Rabat
Devise : Dirham marocain (MAD)
Décalage horaire avec la France : +1 h en été, jusqu’au début du Ramadan, ensuite – 2 h ; – 2 h en hiver.
Climat : Tempéré et chaud.
À Rabat
• Température moyenne la plus basse en janvier : 13°C.
• Température moyenne la plus élevée en juillet : 26°C.
À Casablanca
• Température moyenne la plus basse en janvier : 6°C.
• Température moyenne la plus élevée en juillet : 27°C.
Indicateurs économiques :
Taux de croissance du PIB réel (1) : 2020: -6,97 % (estim.) ; 2019 : 2,2 %
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2019) (2) : 7 680

Sources : (1) FMI (2) Banque mondiale.

Conjoncture

Si le Maroc a considérablement diversifié son économie et est monté en gamme, il demeure très dépendant de l’agriculture. La sécheresse de 2016 a ramené la croissance du royaume à 1,6 %, mais elle devrait rebondir en 2017 à 4,8 % grâce à une excellente campagne céréalière. Au niveau macroéconomique, le déficit budgétaire s’est réduit à -3,5 % du PIB, la dette publique a été stabilisée à 56 % du PIB et l’inflation est modérée. Mais le chômage touche toujours 10 % de la population active. Cependant, après avoir reculé de 28 % en 2016, les investissements directs étrangers (IDE) ont rebondi de 30 % au premier semestre de 2017.

Classé à la troisième place dans la lutte contre le changement climatique, selon le Climate change performance index 2018, le Maroc a lancé les travaux de la quatrième et dernière tranche de son projet thermo-solaire, Noor IV, à Ouarzazate. L’objectif du pays est d’atteindre 42 % d’énergie renouvelable d’ici à 2020. La première usine de pâles d’éoliennes de Siemens Gamesa Renewable Energy (SGRE), située à Tanger, est opérationnelle.

Dans le secteur gazier, la société britannique SDX Energy a annoncé deux découvertes dans le bassin de Sedou, qui produit déjà 150 000 m3 par jour. Leur mise en production était prévue pour décembre et devait permettre d’augmenter les volumes de ventes locales de gaz de près de 50 % en 2018. Par ailleurs, le projet de gazoduc devant relier le Nigeria au Maroc a été lancé en mai 2017.

Dans le secteur des transports, la première ligne TGV reliant Tanger à Kenitra – 200 km – et réalisée par les Français avec l’appui de la SNCF devrait entrer en service en 2018 et marquera la première phase d’un vaste programme de 1 500 km d’ici à 2030.

Alors que le Maroc cherche à relancer son plan Vision 2030, dont le tourisme est un volet important, le secteur retrouve des couleurs : 10,3 millions de touristes ont visité le Maroc en 2016, en hausse de 1,5 % par rapport à 2016, pour des recettes de 63,24 Mds de dirhams (MAD), en progression de 3,4 %. Cette tendance positive s’est poursuivie sur 2017 avec respectivement + 10,4 % et + 5 % sur la période janvier-août. De même les transferts de la diaspora demeurent dynamiques : + 4 % en 2016 à 63,56 Mds MAD, et + 2,7 % sur les huit premiers mois de 2017.

La commercialisation de produits financiers islamiques a débuté au Maroc, disponibles aujourd’hui auprès d’Umnia Bank et de Bank Assafa. Sur le plan politique, l’année a été mouvementée. Les élections législatives d’octobre 2016 avaient donné une courte avance au parti Justice et Développement, mais le Premier Ministre reconduit Abdelilah Benkirane avait été impuissant à former un nouveau gouvernent. Il a été remercié et remplacé en mars 2017 par Eddine El Othamini. En octobre suivant, plusieurs ministres ont été limogés pour manque de suivi du projet de développement d’Al Hoceima. Le pouvoir fait face depuis des mois à une vive contestation dans la province du Riff.

Sur le plan diplomatique et économique, la stratégie panafricaine du Maroc se poursuit. Après son adhésion à l’Union africaine(UA), en janvier 2017, le Maroc devait intégrer, en décembre suivant, la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO).

Source : Rapport CIAN / Le MOCI (édition 2018)

Commerce extérieur

Échanges de marchandises (2019 Md EUR, évolution sur 2018) (3) :
Export : 26,01 (+5,07 %)
Import : 45,31 (+4,66 %)

Cinq premiers fournisseurs (3) (avec part de marché) :
1 – Union européenne 51,4 %
2 – Chine 10,1 %
3 – États-Unis 7,4 %
4 – Turquie 5,2 %
5 – Russie 2,7 %
(Exportations françaises 2019 : 4,77 Md EUR, 8,54 %)

Sources : (1) FMI. (2) Banque mondiale. (3) IHS Markit Global Trade Atlas et OMC pour les fournisseurs.

Risques et paiements

Appréciation du credit manager Moci

Risque pays : moyen, mais à surveiller très attentivement
Risque client : élevé

Notes de risque pays

OCDE : 3/7 (octobre 2020)
Euler Hermes : B3, risque de court terme significatif (novembre 2020)
Coface : pays B ; environnement des affaires A4 (novembre 2020)
Credendo : court terme : 2/7 ; commercial : C ; risque de transfert : 4/7 (novembre 2020).

Environnement des affaires :
Classement « Doing Business 2020 » (2) : 53/190 (France : 32e)
Indice de perception de la corruption (4) : 80/180

Sources : (1) FMI. (2) Banque mondiale. (3) IHS Markit Global Trade Atlas et OMC pour les fournisseurs. (4) Transparency international.

Obtenir des renseignements de notoriété sur l’acheteur

Certains observateurs se réjouissent encore que le nombre de bilans disponibles soit en hausse. Oui, mais hélas, le fort poids de l’informel pèse lourdement sur leur fiabilité. C’est d’ailleurs la troisième menace exprimée par les patrons marocains, après les délais de paiement et la concurrence déloyale, dans le Baromètre de conjoncture publié en avril 2016 par la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc), principale organisation patronale marocaine.

Soyons un peu réalistes : il y a plus de 15 ans, dans le journal marocain L’Économiste du 26 septembre 2003, on pouvait lire : « La consultation des bilans au Registre de commerce ? Ils ne sont jamais déposés à temps. Et encore faut-il s’assurer de leur sincérité. Du coup, les PME font comme elles peuvent : recoupement d’infos auprès des banques, renseignement discret sur la réputation des dirigeants, etc. ». La situation ne s’est, hélas, pas vraiment améliorée depuis…

Quelques sources locales :

Eulerhermes Acmar, affilié au groupe Euler Hermes, source très utilisée par les entreprises marocaines.
www.ma.eulerhermes.com/fr
Tél. : +212 22 39 84 12

Inforisk, sa
Publie des études intéressantes sur les délais de paiement et les défaillances d’entreprises au Maroc.
43, Boulevard d’Anfa
20 000 Casablanca
Tel. : (+212) 05 22 42 90 87
Fax : (+212) 05 22 27 64 16
E-mail : info@inforisk.ma
Site Internet : http://www.inforisk.ma

Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc
15, avenue Mers-Sultan
20130 Casablanca, Maroc
Tél. : +212 5 22 20 90 90
ou +212 5 22 20 01 30
http://www.cfcim.org/
cfcim@cfcim.org

Et pour les informations de base, on peut essayer les principaux acteurs présents en France sur le marché de l’information sur les entreprises : Altares, Ellisphere, Intersud…

Moyens de paiement

Monnaie locale
Le dirham marocain (Moroccan Dirham – MAD). Convertible.

Taux de change au 17 novembre 2020 :
1 MAD = 0,09142 EUR
1 EUR = 10,7025 MAD

Bon à savoir
L’Office des banques a donné aux banques une délégation générale pour l’exécution des transferts de devises. La seule contrainte qui pèse sur l’importateur est l’obligation de domicilier ses opérations d’importation auprès d’une banque de droit marocain et de souscrire un engagement d’importation sur le formulaire intitulé « Engagement d’importation, Licence d’importation, Déclaration préalable d’importation ».

Meilleures monnaies de facturation des échanges
L’euro (EUR) majoritairement et le dollar (USD).

Conseillés
Selon le montant de la transaction et l’ancienneté de la relation commerciale, virement Swift, éventuellement sécurisé soit par une lettre de crédit standby (SBLC, de plus en plus pratiquée par les banques marocaines), soit par une couverture d’assurance-crédit ; sinon, crédit documentaire éventuellement confirmé.

Déconseillés
Tous les autres et particulièrement la remise documentaire : il existe un risque élevé de retard de paiement et/ou d’enlèvement des marchandises sans les documents. À n’utiliser que si elle fait l’objet d’une traite avalisée par une banque locale de premier rang ou si l’opération fait l’objet d’une couverture d’assurance-crédit.

Conditions de paiement

Délais de paiement habituels
Avant d’évoquer les délais moyens accordés parlons d’entrée du délai moyen réel.

Les délais de paiement au Maroc constituent une véritable. Ce thème est un vrai roman-feuilleton, avec de nouveaux rebondissements depuis des années. Sans remonter trop loin, commençons par 2015 : le 19 janvier 2015, dans un article de La Vie Eco intitulé « Les retards de paiement vont s’aggraver en 2015 », étaient évoqués des retards « de 6 à 7 mois en moyenne ! » qui se sont matérialisés en 2016. Hicham Alaoui Bensaid, directeur des engagements chez Euler Hermes Acmar, indiquait que « par atavisme culturel et par attentisme, il est récurrent de retarder le règlement des fournisseurs, même si la trésorerie de l’entreprise est saine. Parce que dans un climat économique tendu, les créanciers préfèrent supporter des retards plutôt que de perdre des clients.

Plusieurs journaux marocains se sont fait l’écho de l’échec de la loi sur les délais de paiement. Citons au hasard, l’économiste : « Délais de paiement : Une législation fantôme » (31 janvier 2018). Plus récemment, dans un dossier spécial, le même journal titrait : « Délais de paiement : La situation empire ». Et le 1er mars 2019, sur le site d’H24 info : « Délais de paiement : l’éternel casse-tête ». Ce dernier article souligne que « en 2018, 7 941 entreprises ont fait banqueroute à cause notamment des défauts de paiement. Si la loi fixe les délais à 60 et 90 jours, la pratique révèle un constat effarant : « seules 11 % des entreprises respectent les délais de paiement réglementaires », souligne amèrement Mohamed Kettani, P-dg d’Attijariwafa Bank. L’Économiste souligne, lui, que certaines dispositions, et non des moindres, étaient suspendues à un texte d’application. Un an et demi après la publication de la loi, ces décrets et arrêtés ne sont toujours pas sortis… En théorie, localement, les délais standards accordés vont de 30 à 90 jours, mais la situation s’est dégradée ces dernières années, surtout au niveau des grands donneurs d’ordres, et en dépit des nombreux textes tendant à réglementer ces pratiques plus que discutables.

Pour ne citer que les plus importants, notons tout d’abord la Loi 32.10 relative aux délais de paiement entrée en vigueur, après plusieurs reports, en novembre 2012. Inspirée de la loi LME française, elle prévoit un délai maximum de 60 jours à compter de la date de livraison. Pour des délais supérieurs, un protocole d’accord doit être signé avec le client, sans pour autant que ce délai ne dépasse 90 jours.

Mais depuis, une nouvelle disposition a été adoptée introduisant des dérogations supérieures dans certains secteurs. Un amendement de la loi 49-15 prévoit en effet que les branches professionnelles qui souhaitent appliquer des délais de paiement supérieurs à 90 jours en raison des spécificités de leur secteur, doivent signer un accord préalable dans ce sens. Cette dérogation a été consentie en faveur de certains opérateurs économiques qui réalisent des transactions dont l’échéance de paiement peut dépasser parfois six mois. La loi est supposée entrée en vigueur le 18 septembre 2017 mais peut s’appliquer immédiatement.

En ce qui concerne les délais de paiement relatifs aux marchés publics de l’État, un décret concernant les commandes de l’Administration a été publié en juillet 2016 et est entré en vigueur le 1er janvier 2017, plafonnant les paiements à 60 jours maximum. Là aussi, le constat n’est guère réjouissant : comme le soulignait sobrement l’Économiste, pour les établissements publics, repassez…

Important : pour les transactions internationales, ne pas dépasser 60 jours, et elles doivent être sécurisées bien évidemment. C’est à ce prix que la courbe des incidents de paiements constatée par les assureurs-crédits avait nettement diminué ces derniers mois. Mais l’attention des exportateurs français semble s’être relâchée car sur le terrain, les retards de paiement repartent à la hausse.

Risques de retards de paiement
Certaines des données ci-après sont issues d’informations recueillies avant la pandémie de Covid-19. Suite à celle-ci, on a constaté dans la quasi-totalité des pays de nombreux retards de paiement, 15 à 30 jours au minimum  selon les premières estimations.

L’enquête la plus récente a été réalisée début octobre par le prestataire marocain cité plus haut, Inforisk. La dégradation depuis le début 2020 est plus que préoccupante. Selon Amine Diouri, directeur des Études chez Inforisk « on partait sur des délais déjà très élevés avant la crise, avec 202 jours pour les TPE, 113 pour les PME. La crise a accentué ces délais de paiement, c’est-à-dire que 50 à 60 jours additionnels sont venus se rajouter aux délais initiaux ».

Selon cette étude, 43 % des entreprises marocaines déclarent avoir subi une augmentation des délais de paiement d’au moins 60 jours, et 22 % une augmentation de 31 à 60 jours. Plus de quatre entreprises sur cinq reconnaissent avoir eu du mal à recouvrer leurs créances, depuis le début de la crise de la Covid-19.

Pour rappel, dans sa dernière enquête sur les délais de paiement au Maroc publiée le 13 juin 2019, la Coface constatait déjà  l’échec de la nouvelle législation sur les paiements : plutôt que de diminuer, les délais s’étaient encore allongés pour atteindre 99 jours, contre 82 en 2016… 84 % des entreprises ayant répondu à cette enquête indiquaient des délais moyens dépassant les 60 jours, les délais dépassant même les 90 jours pour plus de 60 % de cet échantillon. Ces résultats suggèrent que plus de la moitié des entreprises ne respecte pas le délai légal maximum fixé entre 60 et 90 jours.

Près de la moitié des entreprises interrogées ont constaté des délais de paiement maximaux supérieurs à 180 jours, suggérant que la pratique au Maroc reste marquée par des délais de paiements ultra-longs.

Dans son étude sur l’évolution du BFR dans le monde, publiée fin juillet 2020, Euler Hermes indique pour le Maroc en 2019, un DSO moyen de 85 jours (84 en 2018), 25 % des entreprises payant en moyenne après 119 jours. Dans ce classement le Maroc arrive en deuxième place, juste derrière la Chine et devant l’Italie.

Selon la loi marocaine, les entreprises sont dans l’obligation d’appliquer des pénalités de retard aux clients ayant dépassé la date d’échéance convenue. Ce taux de pénalité a depuis été fixé par défaut à 10 % et, s’il figure dans les conditions générales de vente (CGV), il est calculé sur la base du taux minimum de la Bank Al Maghrib, augmenté de 7 points. Mais un décret, en attente depuis plus d’un an, doit revoir ce taux de pénalités selon des modalités toujours non définies.

Comme on l’a vu plus haut, les délais sont rarement respectés si l’opération n’est pas sécurisée. C’est le cas pour les transactions prévues sur la base d’un transfert simple non garanti, ou encore sur la base d’une remise documentaire, technique hélas trop souvent utilisée dans le règlement des importations au Maroc.

Bon à savoir
Selon la législation en vigueur, les importateurs peuvent procéder, après l’entrée effective de la marchandise au Maroc, au règlement d’une importation avant l’échéance fixée par le contrat commercial sur présentation de tout document justifiant l’octroi par le fournisseur étranger, pour tout paiement avant terme, d’une réduction de prix ou escompte dont le taux doit être égal au moins à 3 % de la valeur globale de l’importation.

Acomptes à la commande
Selon la législation en vigueur, les importateurs ont la possibilité de régler des acomptes allant jusqu’à 40 % de la valeur FOB pour l’importation des biens d’équipement d’une valeur dépassant 200 000 MAD, et également de régler par anticipation, dans la limite de la contre-valeur en devises de 200 000 MAD pour certaines importations (pièces de rechange, par exemple). Signalons que les conditions de dérogation à ces deux plafonds peuvent être consultées sur le site de l’Office des changes marocain (www.oc. gov.ma/portal/).

Garanties bancaires locales

Tous les types de garantie sont disponibles au Maroc. Prix et délais varient selon l’établissement bancaire. Le droit des cautions est dans son ensemble assez semblable au droit français.

À noter que les lettres de crédit standby sont de plus en plus utilisées au Maroc. Exemple de tarification standard d’une lettre de crédit standby par une banque locale : dossier, 50 MAD ; commission, 2 % l’an, minimum 100 MAD. Ces conditions standards sont susceptibles d’être négociées.

Tribunal compétent en cas de litige et droit applicable

• Attention à la lenteur des tribunaux locaux, due essentiellement à leur manque d’organisation (à l’exception de celui d’Agadir, considéré comme un tribunal modèle) et, pour ce qui concerne celui de Casablanca, lenteur due à son encombrement.

À noter toutefois que les injonctions de paiement à Casablanca peuvent être suivies sur Internet.

• Point positif : le droit commercial marocain est très inspiré du droit français. En 2000, un droit de la transparence tarifaire, calqué sur le nôtre, a été mis en place et est entré en vigueur en 2006. Il existe au Maroc les mêmes sûretés qu’en France : caution, hypothèque, nantissement, etc. Le droit des obligations est très proche du nôtre. Les entreprises locales ont souvent recours aux cautions pour garantir leurs créances.

• L’action en justice au Maroc devra être envisagée avec l’appui d’avocats dont la notoriété est sans faille selon les sources commerciales françaises sur place. Le recours à des avocats de faible compétence et notoriété est souvent la cause des difficultés (allongement excessif des procédures, erreur de stratégie, défense insuffisante du dossier).

Privilégier bien évidemment l’accord amiable, avec l’appui d’un partenaire local. On gagnera du temps et de l’argent. Dans son récent classement sur la complexité du recouvrement, Euler Hermes classe le Maroc 12e sur 50, entre autres à cause de la complexité des actions en justice…

Classement Banque mondiale, règlement insolvabilité, 2020 : 73/190

Le conseil du credit manager

Rien de neuf hélas, sous le soleil marocain. Ou plutôt si, début juillet 2020, Credendo a dégradée la note de risque politique moyen et long terme, de 3 à 4/7. Et comme on a pu le lire dans cette fiche, depuis des années la presse locale se fait l’écho de la dégradation des délais de paiement. Déjà, le 19 janvier 2015, dans un article de La Vie Eco intitulé « Les retards de paiement vont s’aggraver en 2015 », étaient évoqués des retards « de 6 à 7 mois en moyenne ! » qui se sont matérialisés en 2016. Hicham Alaoui Bensaid, directeur des engagements chez Euler Hermès Acmar, indiquait que « par atavisme culturel et par attentisme, il est récurrent de retarder le règlement des fournisseurs, même si la trésorerie de l’entreprise est saine. Parce que dans un climat économique tendu, les créanciers préfèrent supporter des retards plutôt que de perdre des clients ». Cela se passe de commentaire… Et de plus, la situation économique tendue n’arrange pas les choses.

En fait, et cela ne nous surprend pas, la loi sur les délais de paiement est très peu appliquée et, comme l’écrivait début janvier 2018 un journaliste économique marocain, c’est une législation fantôme (voir dans la présente fiche, le paragraphe délais de paiement).

On souligne souvent, dans la presse et sur de nombreux sites, français et étrangers, la qualité du système bancaire marocain. Ce que l’on oublie de mentionner, c’est que cette qualité ne profite qu’aux très grands groupes et que les PME n’ont quasiment pas accès aux crédits court terme. Quant aux TPE, ce n’est même pas la peine de rêver… Ajoutons, comme on l’a vu précédemment, l’absence de bilans fiables et donc d’informations économiques sur les entreprises, et un risque de non-transfert inquiétant, 4/7. Tout ceci ne peut qu’inciter à la rigueur dans les négociations commerciales et le suivi des créances.

Mieux vaut donc sécuriser les transactions et relancer efficacement dès le dépassement de l’échéance. D’autant plus que, selon des professionnels du recouvrement, les entreprises ont de plus en plus de mal à recouvrer leurs créances.

Quant aux défaillances d’entreprises, selon le prestataire marocain Inforisk SA, elles ont été multipliées par 5 en 6 ans. Début octobre 2020, il prévoyait une nouvelle hausse de 15 % d’ici la fin de l’année, avec un pic lors de la fin du premier trimestre de 2021. De même , après un constat de huit années de hausses consécutives, Euler Hermes anticipe une nouvelle hausse de 14 % en 2020 et de 10 % en 2021.

Relevons dans l’économiste du 29 janvier 2018 cette remarque désabusée du directeur général de Coface Maroc, Frédéric Louat : « les défaillances au Maroc progressent d’environ 10 % les bonnes années, et de plus de 20 % pendant les années de morosité conjoncturelle. La hausse de ‘seulement’ 12 % en 2017 est donc plutôt une bonne nouvelle ».

Prudence donc dans vos transactions avec de nouveaux clients ou pour des montants significatifs.

Mobilité

Chiffres clés

Population (2019) : 35,59 millions d’habitants, dont population urbaine : 62 %.
Langues : arabe, dialecte berbère, français (langue commerciale).
Religions : Islam : 98,7 % ; christianisme : 1,1 % ; judaïsme : 0,2 %.
Nombre de Français immatriculés (2018) : 54 674.
Nombre d’entreprises françaises implantées : 518.
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2019) (2) : 7 680
Taux de croissance du PIB (2018) : + 3,1 %.
Émissions CO2 (tonnes/hab., 2017) : 1,7 t.
Indicateur global de sécurité (GPI, 163 pays, 2018) : 71e, niveau « moyen ».

Sources : MEAE, Banque mondiale, Commission européenne (base de données EDGAR), FMI, Institute for Economics & Peace pour le GPI et Le Moci.

S’y rendre

Formalités
Il n’y a pas de visa touristique pour entrer au Maroc. Pour un séjour au Maroc, il convient de disposer d’un passeport en cours de validité couvrant la totalité du séjour programmé. L’admission sur le territoire marocain n’est plus possible sur la présentation de la seule carte nationale d’identité.

Il convient de vérifier, à l’arrivée, que le passeport a été visé par les autorités de police des frontières (mention d’un numéro lors d’une première visite et cachet d’entrée, sous peine de se trouver, à son insu, en séjour illégal). En revanche, pour y travailler, les étrangers doivent détenir une carte de séjour valide ainsi qu’un permis de travail.

Y travailler

Le marché du travail
Face à la rareté de compétences qualifiées, les entreprises préfèrent les candidats qui affichent une expérience internationale. Le recrutement en ligne est en très forte croissance et se positionne aujourd’hui comme le deuxième moyen de recrutement après le relationnel. Le contrat de travail le plus répandu est le CDI. Suivent le CDD et le contrat d’intérim. Une grande importance est donnée aux langues du fait de la situation géographique du Royaume : par ordre d’importance, le français, l’anglais, l’arabe et l’espagnol.

Les secteurs qui recrutent sont les suivants : web center et centres d’appels, informatique, BTP, agroalimentaire, offshoring et banque-finance.

Le cadre légal du travail
Salaire minimum légal : le gouvernement marocain a porté le salaire minimum dans l’industrie, le commerce et les services à 13,46 MAD/heure (1,24 euro) depuis le 1er juillet 2015 (valable en 2019). Sur une base de 191 heures/mois, cela donne actuellement un niveau mensuel de 2 570,86 MAD/mois (237 euros).

Durée de travail : 44 heures par semaine pour le secteur non agricole. 48 heures par semaine pour le secteur agricole.

Durée de la période d’essai/du préavis : la période d’essai est de 1 à 3 mois selon le statut du salarié, souvent renouvelable une fois.

Emploi à temps partiel/total : l’emploi à temps partiel est quasiment nul sur le marché, c’est dans 99,9 % des cas un emploi à temps complet.

Rémunération avantages et impôts : l’impôt sur le revenu est prélevé à la source ; il est entre 15 et 40 % selon la tranche de salaire. Le salarié dispose de 18 jours de congés soit 3 semaines.

Jours chômés hebdomadaires : samedi et dimanche.

Horaires de travail
Administrations : 8 h 30 – 16 h.
Entreprises : 9 h – 17 h.
Banques : 8 h 30 – 16 h.
Commerces : 10 h – 22 h.

Sources : MEAE et CFCIM.

Meilleurs sites d’emploi
www.rekrute.com
www.emploi.ma/emploi-bourse
www.marocemploi.net
www.anapec.org
www.adecco.ma
www.avito.ma
www.manpower-maroc.com
www.emploi.gov.ma
www.cfcim.org

Vie pratique

Coût de la vie
Monnaie : dirham (MAD). Monnaie non librement convertible.
Taux de change : 1 EUR = 10,86 MAD (12-04-2019).
Indice Big Mac : n.d.

Se loger : à Casablanca les loyers mensuels sont les suivants : entre 300 et 700 euros pour un studio dans un quartier résidentiel ; entre 500 et 1 100 euros pour un appartement de trois pièces.

La recherche d’un logement se fait par l’intermédiaire d’une des nombreuses agences de location implantées dans toutes les grandes villes, ou, éventuellement, par le « bouche-à-oreille ». On trouve aussi bien villas et appartements, vides pour la plupart, les logements meublés étant très rares.

Les conditions pour se loger au Maroc en location sont semblables à celles de la France puisque le contrat de bail doit être écrit impérativement et doit clairement et explicitement fixer les droits et obligations du bailleur et du locataire. Un état des lieux à l’entrée et à la sortie devra être effectué. Le dépôt de garantie ne peut dépasser 2 mois. La hausse du loyer ne peut intervenir avant un délai de 3 ans et elle est de 8 % maximum pour les locaux à usage d’habitation.

Indice Mercer du coût de la vie (logement compris, 209 villes) : Casablanca (128e) et Rabat (165e).

Source : Mercer, Numbeo.com et XE currency converter

Informations utiles
Nature du réseau électrique
220 volts.

Télécommunications
Indicatif : + 212 (524 pour Marrakech ; 522 pour Casablanca ; 528 Agadir ; 537 Rabat ; 539 Tanger).
Qualité du réseau mobile : bonne. Les trois opérateurs de réseaux 3G/4G (Maroc Telecom, Orange Maroc et Inwi) affichent des taux de couverture excellents en ville. En zone rurale, l’accès est plus difficile. L’usage du mobile est très développé et il est recommandé d’acheter une carte SIM sur place afin de bénéficier des tarifs locaux. Pour le coût du «roaming», se renseigner auprès de son opérateur en France.
Qualité du réseau Internet : bonne. L’accès à Internet est très facile et le très haut débit est en cours de développement dans les grandes métropoles. La plupart des hôtels internationaux offrent une connexion wi-fi.

Principaux jours fériés 2019
11 août : fête du sacrifice.
6 novembre : anniversaire de la Marche Verte.
9 novembre : anniversaire du Prophète.

Distances de ville à ville
Rabat – Casablanca : 93 km.

Déplacements de ville à ville
L’avion est le moyen le plus utilisé pour les déplacements d’affaires de ville à ville.
Réseau autoroutier en excellent état.
Les autorités marocaines ont fait un gros effort pour moderniser les infrastructures de transport.

Contacts

En France

Ambassade du Maroc
www.amb-maroc.fr
info@amb-maroc.fr

Sur place

Ambassade de France
https://ma.ambafrance.org/
webmestre@ambafrance-ma.org

Service économique régional de Rabat
www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/maroc
rabat@dgtresor.gouv.fr

Chambre de commerce et d’industrie française du Maroc (CFCIM), partenaire exclusif de Business France au Maroc
http://export.businessfrance.fr/maroc/export-maroc-avec-ubifrance-et-CFCIM.html
www.cfcim.org
cfcim@cfcim.org

Logistique & Douane

Dans le classement « Doing Business 2020 » de la Banque mondiale, le Maroc est classé au 58e rang mondial (+4 places par rapport à 2019) pour la performance du commerce transfrontalier. Sont mesurés dans cette rubrique les délais et les coûts (hors droits de douane) associés à trois catégories de procédures : respect des exigences en matière de documentation, respect des procédures de commerce transfrontalier et transport intérieur. Les délais sont fournis en nombre d’heures et les coûts en dollars US. Le transport intérieur n’est toutefois pas intégré dans la note finale.

• À l’export : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 6 h. ; coût 156 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (26 h. ; 67 USD).

• À l’import : respect des procédures de commerce transfrontalier (durée 57 h. ; coût 228 USD) ; respect des exigences en matière de documentation (26 h. ; 116 USD).

Actualités : Maroc

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