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© recep-bg-istock
Entreprises & secteursPays & marchés

Les exportateurs vont devoir rester vigilants dans les mois qui viennent car jamais le risque politique n’a été aussi élevé dans le monde qu’à l’heure actuelle, selon une récente étude d'Ernst & Young consacrée aux risques géopolitiques en 2021*. En cause, bien sûr, une pandémie mondiale sans précédent qui a bouleversé le commerce international, mais aussi le Brexit, les vives tensions entre les États-Unis et la Chine ou encore les élections américaines.

Voici un petit tour d’horizon des principaux risques politiques qui, selon E&Y, vont impacter cette année la performance des entreprises, des marchés et de l’économie.

  • La géopolitique de la Covid-19

En dehors du fait que, comme le souligne E&Y, « le pays qui arrivera en tête de la course au vaccin pourrait voir sa position géopolitique et sa réputation se fortifier dans le monde de l’après-Covid », de nombreux pays vont continuer à imposer des restrictions d’exportation sur le matériel médical et pharmaceutique, ce qui pourrait créer ou exacerber des tensions géopolitiques. 80 pays y ont déjà eu recours, dont 46 sont membres de l’OMC, selon cette dernière. En outre, la circulation des personnes devrait rester très limitée en 2021.

Au niveau national, c’est la confiance des citoyens envers leurs responsables politiques qui est en jeu, en particulier au sujet des campagnes de vaccination. « Et avec l’interventionnisme grandissant des gouvernements dans l’économie, les débats politiques pourraient se focaliser davantage sur leurs modalités d’action plutôt que sur le bien-fondé de leur intervention, modifiant ainsi le cadre du débat habituel et le champ d’action du politique sur l’économie », observe l'étude.

Conséquences pour les entreprises : elles devront mettre en place des stratégies pour palier l’incertitude liée à la pandémie, réévaluer leurs supply chains et être attentives aux nouveaux risques de réputation et de conformité, liés à la montée en puissance des nationalismes.

  • Vers une réduction de l’interdépendance entre les États-Unis et la Chine

Les deux géants devraient continuer à tenter de réduire leur interdépendance stratégique en 2021, « l’administration Biden étant susceptible de poursuivre la politique menée au cours du mandat de Trump », préviennent les analystes de E&Y.

La compétition devrait continuer à être exacerbée dans les relations commerciales (marquées par le maintien de certains tarifs bilatéraux) et les technologies (5G, semi-conducteurs, intelligence artificielle). La politique industrielle pourrait devenir l’outil choisi par ces deux puissances pour s’affranchir de leurs liens économiques.

Et ce malgré le "deal" signé par les deux pays en janvier, sensé marquer une trêve dans la guerre commerciale, mais qui suscite déjà scepticisme et controverse.

Dans ce contexte, sont à prévoir :
- des perturbations des supply chains ainsi que l’augmentation de leurs coûts,
- une baisse d’intensité des relations économiques entre ces pays, entraînant des changements de stratégie de croissance et d’investissement,
- des difficultés à défendre la confidentialité des données et de la propriété intellectuelle,
- des risques de réputation pour les entreprises présentes dans le deux pays,
- d’éventuelles sanctions, qui pourraient affecter l’accès aux capitaux et les valorisations des entreprises.

  • Vers une autonomie stratégique européenne

Soucieuse d’affirmer sa place et son rôle, l’Union européenne (UE) va affûter ses instruments politiques et sa régulation. Ce qui inclura une révision de ses politiques commerciales et d’investissement, ainsi que la mise en œuvre d’une nouvelles stratégie industrielle axée sur la transition verte et numérique.

L’UE devrait continuer de définir les normes et les standards internationaux, surtout dans les domaines de la réglementation numérique et de la politique environnementale. « L’UE modifiera ses réglementations, en matière de concurrence notamment, afin de créer des conditions de concurrence équitables (level playing field), et de garantir son approvisionnement en matières premières essentielles et stratégiques », prévient E&Y.

En conséquence :
- les entreprises européennes seront favorisées en Europe dans les secteurs des technologies et des sciences de la vie,
- les entreprises non européennes seront probablement confrontées à des coûts d’opération plus élevés au sein de l’Union,
- les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques pourraient être refusés ou retardés.

  • La montée du néo-étatisme

La pandémie de la Covid-19 soulève avec acuité la question de l’autonomie et de l’interdépendance des États. De nombreux États devraient donc inciter à la relocalisation des productions vers leurs marchés domestiques et à la diversification des supply chains.  

« Les gouvernements devraient donc non seulement déployer des outils de politiques publiques et de régulation pour soutenir leur production nationale, mais aussi tout faire pour s’assurer que leurs entreprises nationales contrôlent cette production », souligne E&Y. Il faut s’attendre à ce que les États renforcent les mécanismes d’examen des investissements et procèdent à des choix allant vers plus de protectionnisme.

En conséquence, les entreprises doivent rester attentives à la mise en place de mesures de protection du commerce et des investissements mais aussi aux politiques industrielles mises en place ainsi qu’à la potentielle « politisation » des entreprises qui pourrait créer de nouveaux risques de réputation.

  • L’accélération des agendas politiques climatiques

C’est le sujet qui devrait connaître une forte accélération en 2021. En effet, l’UE a notamment ratifié le Pacte vert pour l’Europe visant à atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle a également alloué 30 % des 750 milliards d'euros (Md EUR) du plan de sauvetage de la Covid-19 à des projets respectueux de l’environnement.

L’engagement récent de la Chine sur la neutralité carbone pourrait montrer l’exemple pour d’autres marchés émergents, notamment l’Inde, qui devraient subir des conséquences importantes du changement climatique mais où le débat sur la neutralité carbone n’en est qu’à ses débuts. L’administration Biden devrait prochainement plancher sur des décrets et des changements réglementaires pour renforcer la politique environnementale américaine.

Pour les entreprises, ces politiques climatiques pourraient favoriser des modèles commerciaux reposant sur la création de valeur de long terme. Les stratégies auxquels procèderont les entreprises dans le domaine du climat redoreront ou hypothèqueront leurs réputations.

  • La géopolitique des technologies et des données

La course aux nouvelles technologies que mènent les États à travers leurs politiques industrielles devrait conduire à une plus grande différenciation des standards technologiques entre les différents marchés et accroître les risques. « Davantage de pays établiront des réglementations sur la confidentialité et la localisation des données en s’appuyant sur le modèle du Règlement général sur la protection des données (RGPD) mis en place par l’UE », précise E&Y.

En outre, dans la mesure où les gouvernements chercheront des revenus supplémentaires, la fiscalité numérique pourrait également devenir un sujet de discorde géopolitique. Les grandes entreprises de la tech pourraient aussi faire face à un renforcement des législations antitrust.

Dans ce contexte, il faut s’attendre à :
- une limitation des opportunités de croissance et d’investissement dans les technologies stratégiques,
- de nouvelles régulations compliquant la gestion des données,
- une augmentation des coûts opérationnels,
- une meilleure application des lois sur la propriété intellectuelle.

  • Une réorientation de la politique américaine

L’administration Biden devrait rapidement imposer sa marque sur la politique industrielle des États-Unis (relocalisation des supply chains…) et sa politique environnementale.

Au cours de sa campagne, Joe Biden a en effet annoncé des investissements à hauteur de 2 000 Mds de dollars (1 700 Mds d’euros) dans les infrastructures soutenant la production d’énergies renouvelables. Les politiques en matière d’immigration, de commerce et d’antitrust pourraient également connaître des changements importants. Enfin, en termes de politique étrangère, les États-Unis se réengageront probablement dans une démarche plus multilatérale, comme en atteste l’annonce de leur participation à l’Accord de Paris.

Du coup, dans les secteurs stratégiques, les supply chains et la production pourraient se tourner davantage vers le marché américain.  Les industries « vertes » bénéficieront de plus d’opportunités de croissance et d'investissement.

  • La viabilité de la dette des marchés émergents

Le chiffre donne le tournis : la dette extérieure des marchés émergents s’élève actuellement à 11 000 Md USD. Sa viabilité pourrait atteindre son point de basculement en 2021. Ainsi des marchés aussi importants que le Brésil, l’Inde, le Mexique et l’Afrique du Sud pourraient avoir des difficultés à se financer en 2021.

La pandémie complique les perspectives de résolution de la dette de ces marchés. En effet, plus la crise sanitaire perdure, plus la volonté politique de rembourser les dettes souveraines s’affaiblit et pourrait devenir un facteur de risque de défauts ou de restructurations.

Des considérations géopolitiques devraient donc influencer la restructuration de la dette bilatérale et multilatérale dans une plus large mesure que par le passé. La Chine est le plus important créancier de nombreux marchés émergents. Sa volonté ou non de restructurer la dette des pays à court de liquidités sera donc d’une importance cruciale.

En conséquence :
- Les entreprises produisant des biens de consommation doivent s’attendre à une baisse de leurs revenus et à des perspectives de croissance réduites,
- L’augmentation de la prime de risque affectera les investissements du secteur financier,
- Les difficultés des États à rembourser la dette aura des conséquences sur les charges financières et fiscales des entreprises à court et long termes.

  • La dynamique géopolitique de la région indo-pacifique

En passe de devenir la principale arène de la compétition mondiale, cette région pourrait devenir plus instable en 2021 alors que grandes et moyennes puissances chercheront à s’affirmer.

Ainsi, le dialogue de sécurité quadrilatéral (Quadrilateral Security Dialogue) entre l’Australie, l’Inde, le Japon et les États-Unis témoigne des stratégies menées par les puissances moyennes de cette région pour influencer la géopolitique mondiale. Récemment, l'Australie, l’Inde et le Japon ont également annoncé « l'initiative de résilience de la supply chain » (Supply Chain Resilience Initiative).

Les membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean, ANASE) devraient donc à moyen terme se concentrer sur le renforcement de l’intégration économique régionale, notamment via le Partenariat régional économique global (Regional Comprehensive Economic Partnership, RCEP).

La concurrence stratégique entre la Chine et les États-Unis pourrait venir compliquer la situation. Par ailleurs, certains pays européens ou l’UE pourraient devenir plus actifs dans la région.

Les entreprises présentes dans la région ou désirant s’y faire une place devront donc rester attentives :
- aux accords commerciaux et aux politiques maritimes qui pourraient entraîner la restructuration des supply chains,
- à la politisation des secteurs de la technologie, des médias et des télécommunications qui rendra la gestion des données de plus en plus compliquée.

  • Une nouvelle période d’instabilité sociale

L’année 2021 pourrait enfin voir flamber les tensions sociales. Selon les analystes de E&Y, cinq sujets pourraient pousser les gens à manifester :
- les nouvelles restrictions sur le commerce et la limitation des interactions sociales mises en place par les gouvernements pour contenir la pandémie de Covid-19,
- les inégalités, notamment le manque d’opportunités et de mobilité sociale,
- le souhait d’une plus grande justice sociale, qui continuera de mobiliser les citoyens,
- l’activisme écologique des jeunes générations, avec pour revendication principale la mise en place de plans de relance économique verts,
- les questions de gouvernance (transparence électorale, risques de corruption et de violations des droits civils…) seront également source d’instabilité.

Pour les entreprises, la conséquence d’une éventuelle flambée de tensions sociales est double. D’une part, des manifestations viendraient bien sûr perturber l’activité commerciale. D’autre part, les gouvernements pourraient imposer de nouvelles taxes afin de financer des mesures visant à apaiser ces tensions.

En 2021, plus que jamais, les entreprises travaillant à l’international devront garder un œil avisé sur les risques politiques et géopolitiques.

S.C

*https://www.ey.com/fr_fr/geostrategy/10-perspectives-geostrategiques-pour-2021

 

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