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Financements / Export : un dispositif public et privé performant à saisir par les PME

Certes, tout n’est pas parfait en matière de financement à l’export. « Certains outils restent perfectibles, difficiles d’accès pour les petites entreprises », déclarait ainsi Alain Bentéjac, qui préside le Conseil national des conseillers du commerce extérieur de la France (CNCCEF), en ouverture d’un séminaire organisé le 17 avril avec le Medef et Le Moci sur le thème : « Quel financement pour réussir à l'international ?».

En outre, les procédures publiques sont parfois lourdes et l’activité des banques commerciales est contrainte par « leurs limites en matière de réglementation et de risques », insistait, de son côté, Fabrice Bouvier, Executive vice president Global head export and trade finance au CIC.

Pour autant, globalement, « le dispositif public en France est bon, avec une large gamme de produits, et les exportateurs français peuvent recourir à six à huit banques de financement dans l’Hexagone, ce qui n’existe pas dans beaucoup de pays », soulignait Oliver Picard, président d’Ellipse Projects, une société d’ingénierie, de conception et de réalisation de grands projets dans des pays de taille moyenne en Asie et Afrique (Sri Lanka, Sénégal, Cameroun…).

O. Picard : « les solutions de financement existent »

Pour ce dirigeant, « c’est la responsabilité de l’exportateur, c’est à l’entrepreneur de se prendre en main, car les solutions de financement existent ». Des propos partagés par Pierre Vergnes, responsable des Financiers internationaux de Fonroche, une société familiale spécialisée dans les énergies renouvelables. Selon lui, « si le public a un travail à faire auprès des exportateurs, le système fonctionne déjà et il faut également que les exportateurs aillent vers le public pour présenter des projets ».

C’est en se rapprochant du Trésor et de Bpifrance que Fonroche a ainsi gagné un projet de 87 millions d’euros pour installer 50 000 lampadaires solaires dans 26 agglomérations sénégalaises.

Pourtant, l’affaire ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. Pour être compétitif en matière de prix face à une trentaine de soumissionnaires, il lui fallait pouvoir entrer dans son offre financière une part de dons. Ce qui a été réalisé grâce à l’obtention de crédits mixés Trésor-Bpifrance.

« On doit se battre ensemble contre la concurrence européenne, mais aussi la Chine, qui, si elle ne propose pas la même qualité de produits, est capable de mettre sur la table une offre financière contre laquelle on ne peut lutter », expliquait Pierre Vergnes.

Pour ce chantier, le plus gros contracté en matière d’éclairage public solaire dans le monde, trois critères avaient été mis en avant par l'Agence nationale pour les énergies renouvelables (Aner) au Sénégal : la performance, la vitesse d'exécution et un assemblage local. La part de don dans le financement était aussi une exigence des pouvoirs publics sénégalais.

Depuis, grâce au projet sénégalais, Fonroche a empoché une nouvelle affaire de 22 millions d’euros face à une vingtaine de soumissionnaires pour installer 15 500 lampadaires solaires au Bénin. « Bpifrance doit nous accompagner », précisait le responsable des Financements internationaux de la PME de Roquefort, dont la part de l’export est passée en quelques années de 5 à 60 % et devrait encore monter à 90 % fin 2019.

« Dans les pays émergents en général, il faut être ultra compétitif, car rien ne s’y fait sans le chef de l’État et le ministre des Finances qui, lui, exige les financements les plus intéressants », résumait Olivier Picard. Selon lui, le dispositif public en France présente deux atouts : « le système est bien huilé entre le Trésor et Bpifrance, relativement simple à maîtriser si on veut s’y plonger » et « le portefeuille d’aides et de garanties à l’export y est le plus large ».

Les soubresauts du Pass’Export, les débuts des GPS

Dans le dispositif public, certains produits sont gérés directement par le Trésor parce qu’ils font l’objet de conventions d’État à État et donc s’inscrivent dans la diplomatie de la France : dons du Fasep, prêts directs et concessionnels du Trésor. D’autres sont administrés par Bpifrance : assurance prospection, crédit export, crédit acheteur, prêt croissance international, garantie de projets internationaux, etc.

Lors de l’annonce par le Premier ministre Édouard Philippe de la nouvelle Stratégie du gouvernement en matière de commerce extérieur à Roubaix, le 23 février 2018, le Pass' Export avait été lancé. Il s’agit d’un contrat de confiance entre une entreprise et l’État (représenté par Bpifrance Assurance Export) sur 3 à 5 ans, visant à faciliter l’accès des PME et ETI industrielles aux garanties d’Etat et aux financements export. « Il peine à séduire », relevait Alain Bentéjac dans son discours d’ouverture. De fait, deux contrats seulement ont été signés.

« C’est un produit sur mesure pour lequel les procédures d’instruction ont été plus longues que prévu », reconnaissait Julika Courtade-Gross, chef de bureau Crédits-export et garanties à l’international à la direction générale du Trésor (DGT). Des propos, somme toute, fort diplomatiques, qui ont fait un peu sourire dans la salle. « Nous en avons une douzaine en discussion », s’est néanmoins réjouie la responsable à la DGT.

La simplification administrative est aujourd’hui un leitmotiv de la fonction publique française. Conscient des efforts à réaliser en la matière, le Trésor offre aujourd’hui un accès en ligne pour les demandes d’assurance crédit et d’assurance change.

Autre nouveauté, complétant la gamme de produits offerte, la Garantie de projet stratégique (GPS) de Bpifrance Assurance Export pour des projets à l’étranger portant sur « l'approvisionnement en matières premières ou ressources énergétiques non présentes en quantité suffisantes sur le territoire national » ou concourant à la promotion de savoir-faire français jugés stratégiques. Elle est aujourd'hui opérationnelle. Dix dossiers sont à l’heure actuelle en discussion, selon Julika Courtade-Gross.

P. Novo : « l’accompagnement est inaliénable du financement »

Avec l’accompagnement des entreprises à l’international et la formation, le financement est le troisième volet de la Stratégie présentée par le chef du gouvernement à Roubaix. Édouard Philippe avait alors annoncé que le nombre d’entreprises exportatrices doit passer de 130 000 à 200 000, ce qui passe par l’accompagnement de plus de PME, notamment des primo-exportateurs.

« Nous passons d’un logique de guichet à celle de conquête, avec la Team France Export déclinée en région », a commenté Julika Courtade-Gross. « Souvent les entreprises n’ont pas conscience de leur potentiel. Il nous faut être dans la pro-action, il nous faut les former, sachant aussi que l’accompagnement est inaliénable du financement », a renchéri Pedro Novo, directeur exécutif en charge de l’Export de Bpifrance.

Pour former les entrepreneurs, la banque publique a créé des accélérateurs, comportant un diagnostic des PME et ETI et l’élaboration d’un plan d’action sur 18 mois. Le ministre de l’Économie et des finances Bruno Le Maire lui a confié comme mission de parvenir à 4 000 entreprises aidées par ces structures, dont l’international est un volet majeur.

« Elles seront 800 cette année, 1 000 à partir de l’année prochaine », selon Pedro Novo, qui a précisé que « Bpifrance ne dit pas comment gérer. On réunit la Team France Export et après on met le financement qu’il faut en face ». Après avoir créé des accélérateurs PME, ETI, sectoriels (aéronautique, agroalimentaire…), Bpifrance est sur le point de lancer un accélérateur dédié à l’international.

Les banques commerciales, acteurs incontournables

Toutefois, les banques commerciales françaises, très souvent en cofinancement avec la banque publique, sont les acteurs incontournables de la mise en place de solutions de financement pour faciliter les exportations, qu'elles proviennent des acteurs publics ou privés : c'est le principal message qu'a voulu faire passer André Gazal, responsable mondial des financements export du Crédit Agricole CIB et président du Comité Export de la Fédération bancaire française (FBF), qui intervenait en binôme avec Niguel Taylor, Senior vice-president Customer, project and structured finance d'Airbus. A l'écoute de leur client, elles apportent leur expertise en matière d'ingénierie financière et leur réseau international pour mobiliser des solutions complémentaires.

De fait, en matière de crédit export, une formule de financement incontournable dans les grands contrats d'exportation qui implique la mobilisation de garanties publiques et de financements publics et privés, trois établissements français sont au top 5 mondial des banques prêteuses : Crédit Agricole, Société Générale et BNP Paribas (Natixis se situant à la 15ème place). D'une manière générale, selon les chiffres livrés par André Gazal, sur un montant global de près de 130 milliards de dollars mobilisés en 2018, les banques commerciales ont fourni 67,2 % des fonds, contre 23 % pour les agences de crédit export publiques, et les banques françaises, à elles seules, ont apporté 20 milliards.

La complémentarité avec la banque publique est un aspect également mis en avant par Fabrice Bouvier. Le CIC est ainsi intervenu dans un dossier de financement d’une assurance prospection au profit de Facil’iti, une startup qui adapte des sites web aux besoins de personnes ayant des troubles visuels ou des handicaps. Comme l'a relaté Yves Cornu, son directeur général, également vice-président du Comité Nouvelle Aquitaine des CCEF, démarchée par les autorités japonaises, l’entreprise (15 salariés à Limoges) a pu ainsi ouvrir une filiale de 7 personnes à Tokyo, quasiment au même moment qu'elle était créée, en mars 2018. Elle avait bien obtenu une aide de la Région Nouvelle Aquitaine pour ce projet au Japon, mais celle-ci devait mettre des mois à être validée...

Facil’iti, qui espère remporter le marché des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, a remporté des contrats « avec les villes de Kyoto et Yokohama », a encore rapporté Yves Cornu. Preuve de son succès, Facil’iti, qui participe au Consumer Electronics Show (CES) à Las Vegas depuis 2014, équipe également la mairie de New York. L'espoir de son dirigeant est à présent de décrocher ses premiers contrats auprès des administrations françaises. A suivre...

François Pargny

 

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