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Chine / Routes de la Soie (3) : pour J.-P. Raffarin, il ne faut pas avoir peur

25 janvier 2018


Les Routes de la Soie, vaste projet international à l’initiative de la Chine, a aussi été l'un des thèmes abordés pendant le colloque annuel de Coface sur les risques pays, organisé le 23 janvier à Paris au palais des congrès*. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui a participé à la délégation conduite par le président Macron en Chine dans le cadre de sa récente visite d'État (8-10 janvier), était invité en ouverture de la table ronde intitulée « Faut-il avoir peur de la Route de la soie ? ».

« Je ne suis pas un sinologue, je ne parle pas chinois, a-t-il prévenu d’emblée, mais je vais en Chine depuis 48 ans ». L’ex-Premier ministre, qui se rend en Chine « cinq à six fois par an », était invité à s’exprimer sur la question suivante : « La Chine restaure-t-elle la route de la soie pour instaurer son leadership ? ». Pour ce fin connaisseur du marché chinois « une chose est certaine, c’est qu’il ne faut pas avoir peur des Chinois ». Et du projet lui-même ?

La Chine veut affirmer son leadership mondial

Pour répondre à cette question, l'ancien sénateur de la Vienne a d’abord fait un rappel. « Nous assistons aujourd’hui à une situation internationale où la Chine est en train de passer de ce qu’on appelait ‘l’émergence’ au ‘leadership’ », a-t-il indiqué. Pendant très longtemps, elle a développé une stratégie de la « discrétion », faisant profil bas sur la scène internationale, dans la droite ligne des directives fixées il y a 40 ans par l'ancien secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) Deng Xiaoping. Aujourd'hui, devenue une puissance économique et commerciale de premier plan, l'heure est venue de passer à une autre stratégie : elle veut dorénavant « devenir une puissance qui a décidé d’assumer son leadership », a expliqué l’ex-Premier ministre.

Lors du XIXème Congrès du PCC qui s’est tenu à l’automne dernier c'est ce qu'a signifié au monde le président chinois Xi Jinping. Mais derrière la vision politique, « il faut dérouler la mécanique », a poursuivi Jean-Pierre Raffarin, et « la mécanique, elle s’appelle les ‘Routes de la Soie’ » qui n'est autre que la construction d' un projet politique pour la Chine. Cette vision est «naturellement prochinoise »,  avec la volonté  de « régler ses problèmes : ses surcapacité industrielles, l’internationalisation de sa monnaie, les relations de voisinage et le leadership en Asie ».

Un projet auquel la France doit prendre part mais en ciblant ses intérêts

« Comme tous les autres pays elle défend ses intérêts mais elle a une différence, c’est qu’elle prend le temps, la Chine travaille à 50 ans ou à 60 ans », a encore souligné Jean-Pierre Raffarin. Les Routes de la Soie, « c’est un projet qui va durer, qui prend tout son temps », a-t-il ajouté.

Pour cette raison, « il faut éviter d’avoir peur et d’avoir des réticences », selon l'ancien Premier ministre, car « ce projet est historique ». Et de citer, comme modèle à ne pas suivre, la réticence des États-Unis vis-à-vis de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII), créée en 2013 à l'initiative du président Xi Jinping, pour répondre au besoin croissant d'infrastructures en Asie du Sud-Est et en Asie centrale. Car aujourd'hui, 70 pays l'ont rejointe.

« De même, le Canada de Justin Trudeau a demandé à participer aux Routes de la Soie », a constaté Jean-Pierre Raffarin, ce qui confirme que « la mécanique est enclenchée ». Toutefois, bien que celle-ci « se veut ‘gagnant-gagnant’ comme disent les Chinois », cette mécanique « peut présenter un certain nombre de réticences ». Ses détracteurs à Bruxelles et en France appellent à se méfier de cette « mondialisation à la chinoise », a rappelé l'orateur.

Pour lui, il faut peut-être se méfier. Mais « est-ce qu’on a une chance de s’opposer à un projet quand on reste à l’extérieur, en étant spectateur ? », s’est interrogé l’ancien Premier ministre.

Celui-ci estime que la France doit se poser une question : « qu’est-ce qui peut nous intéresser dans ces grands projets de Routes de la Soie, qu’est-ce qui peut être pour nous intéressant ». Et d'interroger : le projet ferroviaire de la ligne Lyon-Turin est-il concerné  ? Ou bien la rénovation du port de Marseille, ou encore le Grand Paris ? Pour Jean-Pierre Raffarin, la France doit cibler ses intérêts dans ce vaste projet, voir cette initiative comme « une boîte de projets », « y aller mais avec une force qui sait où elle va ».
D'où sa conclusion : l’important selon lui, c’est d’avoir des projets communs avec les Chinois, de travailler avec eux. « Cette Route de la Soie, il faut pouvoir naturellement y aller, y participer et faire en sorte que nous y allons dans des projets franco-chinois dans lesquels on a déjà organisé un peu notre partage ».

Venice Affre

*Sur ce sujet, lire également dans la LC d'aujourd'hui : Europe / Risques politiques : le secteur privé, inquiet du Brexit et de la Pologne et en accès gratuit sur notre site : Risques pays / Export : les risques politiques gâchent l’embellie mondiale, selon Coface

Pour prolonger :
Lire dans la Lettre confidentielle d’aujourd’hui :
- Chine / Routes de la soie (1) : les pistes d'une participation française
- Chine / Routes de la Soie (2) : les relais à connaître chez les entrepreneurs chinois

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