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© François Pargny
Pays & marchés

La stabilité politique retrouvée, la sécurité assurée sur tout le territoire, à l’exception de quelques zones (Sinaï, frontière avec Gaza…), l’Égypte récupère aussi progressivement sur le front économique. Décisions politiques emblématiques, sous la férule du président Al Sissi : elle a accepté une aide du Fonds monétaire international (FMI) de 1,5 milliard de dollars, conditionnée à un programme de réformes drastiques, et de laisser flotter la livre égyptienne – ce qui aurait été impensable autrefois.

La  situation « reste fragile » - avec des déficits publics élevés, un secteur bancaire vulnérable et des réserves de change encore à un faible niveau - reconnaissait la sénatrice Catherine Morin-Desailly (notre photo), présidente du groupe d’amitié interparlementaire France-Égypte, en ouvrant le colloque sur l’Égypte, organisé par Business France et le Sénat au Palais du Luxembourg le 20 février. Mais pour la sénatrice UDI (Union des démocrates et indépendants) de Seine Maritime, les atouts du pays des pharaons de peuvent être ignorés : « un marché de 100 millions d’habitants en 2020, un programme de réformes structurelles, la zone économique du Suez, l’essor des énergies renouvelables, l’appui au développement des PME, le tourisme, les infrastructures et les petits et moyens projets ».
Sans compter, ajoutait-elle, la bonne image de la France et sa place de partenaire économique de premier plan : « huitième partenaire commercial, 140 entreprises implantées, la visibilité donnée par la vente des Rafale par Dassault et de matériel militaire de pointe, le développement du métro du Caire et le rôle d’instrument pivot de l’AFD pour l’implantation des entreprises françaises ».

La création d’un club Ville durable

Dans le sillage de l’élue tricolore, le ministre égyptien du Commerce et de l’industrie, Tarek Nabil, a rappelé que « depuis 2014, des projets à grande échelle étaient lancés, comme le renforcement du Canal de Suez et la construction d’une plateforme logistique et industrielle autour ». Des permis en matière d’énergie ont encore été délivrés et, a-t-il rapporté, « la production d’électricité a été accru de moitié, on a notamment construit une centrale avec Siemens, et un objectif de 20 % d’énergie renouvelable, surtout solaire, a été fixé à l’horizon 2020 ».

Autres grands projets, selon le ministre, « la construction de trois villes, de trois nouveaux ports et la mise à niveau de trois autres autour du Canal de Suez et la mer Rouge ». L’ambassadeur de France en Égypte, André Parant, a, pour sa part, indiqué que la France s’était dotée d’un club Ville durable « avec les entreprises françaises déjà présentes » et que la tenue du Batimat Egypt Projects Summit du 9 au 11 mars au Caire sera l’occasion de « valoriser l’offre française ».

Tarek Nabil a aussi confirmé la poursuite du méga-projet de Triangle d’Or, un vaste plan en Haute-Égypte entre les villes de Qéna, Safaga et Qosseir, visant à transformer ces villes, à exploiter les ressources minières (phosphate, or) disponibles dans la zone, à valoriser les terres agricoles et à faire émerger le tourisme dans une région enclavée et peu dynamique jusqu’à présent. « Environ 1,5 million d’hectares de terres doivent encore être assaini dans le pays, un plan industriel et une stratégie industrielle et commerciale doivent être menés dans plusieurs secteurs, comme la chimie, le textile, la construction et les matériaux de construction, pour lesquels des incitations spécifiques sur cinq ans seront proposées », a encore promis le ministre.

Energie, agriculture, agroalimentaire...

De son côté, Ludovic Prévost, le directeur Égypte de Business France, a mis l’accent sur un certain nombre de secteurs porteurs, comme l’énergie. « L’Égypte a 15 ans de réserves pétrolières et, malgré une production de 700 000 barils par jour, elle n’est pas autosuffisante en matière de produits raffinés », a-t-il exposé. Ce qui a notamment profité à Technip, retenu pour la modernisation de la raffinerie de Assiout en Haute-Égypte pour un montant de 1,5 milliard de dollars. Par ailleurs, le grand pays d’Afrique du Nord va retrouver dans les années à venir son autosuffisance en matière gazière – qui a été perdue en raison de l’épuisement de ses ressources - avec l’exploitation par Eni d’un nouveau gisement énorme, Zhor (850 milliards de m3 de réserves, un investissement annoncé de 7 milliards de dollars).

Parmi les autres secteurs cités, figurent l’agriculture et l’agroalimentaire (machines agricoles, lignes de production, froid, traçabilité, logistique, conseil, logiciels…), la santé (équipements médicaux, construction et rénovation d’hôpitaux…), développement urbain et infrastructures (méga-projet présidentiel de nouvelle capitale, à l'est, entre Le Caire et Suez, en plein désert ; métro du Caire – la phase 3 de la ligne 3 a été dévolue à un consortium mené par Vinci pour 3 milliards de dollars et Alstom a bénéficié d’un contrat de matériel roulant - ; tramways du Caire, d’Alexandrie…).

A ce jour, la France a dispose d’un stock d’investissements de 3,5 milliards d’euros en Égypte et ses exportations en 2016, hors armement, ont dépassé 1,5 milliard d’euros, en baisse de plus de 27 % sur 2015, et notamment dans la plupart de ses principaux postes de vente (céréales, mécanique, matériel électrique…).

L’Égypte, porte d’entrée en Afrique de l’Est

« En décidant de laisser flotter sa monnaie, expliquait encore André Parant, l’Égypte a vu la livre dévaluer de 50 % par rapport au dollar et à l’euro, ce qui a mécaniquement entraîné une forte hausse des produits importés mais aussi amélioré la compétitivité du made in Egypt ». Pour l’ambassadeur de France, c’est un avantage pour « produire sur place ou exporter en profitant des accords de libre-échange de l’Égypte en Afrique et au Proche Orient ». A cet égard, Le Caire soutient la constitution de la zone de libre-échange tripartite, devant ainsi regrouper les blocs économiques du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (Comesa), de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC). D’après Bruno Carré, qui dirigea Suez Cement d’octobre 2011 à octobre 2016, « l’Égypte est aussi active en Afrique de l’Est que l’est le Maroc en Afrique de l’Ouest ».

« Bien sûr, convenait le dirigeant français, pour les entreprises françaises il est plus facile de travailler en Afrique de l’Ouest et les Marocains ont plus exploré en envoyant du personnel dans cette zone », mais, « toujours est-il, soutenait-il,  il y a une vocation de l’Égypte à se projeter en Afrique de l’Est ».

D’après Jérôme Baconin, le chef du Service économique, l’inflation s’élève à 30 % et devrait se maintenir « aux alentours de 20 % dans les mois à venir ». Depuis deux semaines, il y aurait aussi des signes positifs, notamment « le fait que les non résidents reviennent sur la dette et à la Bourse et que la livre continue à se renforcer régulièrement ». Pour autant, le chômage et l’inflation sont élevés et des mesures coûteuses en matière sociale ont dû être mises en place (instauration de la TVA, baisse des subventions…), conformément aux engagements pris auprès du FMI. Toutefois, si la population n’a pas jusqu’à présent bougé, le gouvernement devra rapidement trouver des solutions, établir des filets sociaux. Sur les 90 millions d’Égyptiens en 2015, quelque 50 millions  aurait un niveau de vie inférieur ou égal au seuil de pauvreté. Six ans après la révolution égyptienne, ayant abouti au départ d’Hosni Moubarak, une explosion sociale est toujours possible.

François Pargny

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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