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© François Pargny
Entreprises & secteurs

Président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), Marwan Lahoud (notre photo) était tout sourire lors de la présentation à Paris, le 3 mai, du bilan du secteur. « 2015 a été une très bonne année, avec un chiffre d’affaires global de 58,3 milliards d’euros (Mds EUR), en hausse de 8,5 %, nous avons devant nous plusieurs années de production et une profondeur s’agissant des commandes », a ainsi attaqué d’emblée le patron du Gifas, par ailleurs directeur de la stratégie d'Airbus Group.

Selon lui, cette bonne performance, après une année 2014 qui constituait déjà un pic (CA de 50,8 Mds EUR), est liée à la progression constante du transport aérien (+ 5 %), même dans les zones subissant un ralentissement de leur économie à l’instar de la Chine (+ 11 %).

Marwan Lahoud s’est également félicité de deux tendances récentes : « le renouveau de l’espace, avec une demande accrue de produits neufs et de services, mais aussi de satellites et lanceurs, comme la fusée Ariane 6 appelée à remplacer Ariane 5 ; et « la consolidation » de l’activité militaire, qui a ainsi représenté 23 % du chiffre d’affaires consolidé en 2015, soit 13,6 Mds EUR, en hausse de 15,6 %. Dans la défense, ce décollage « correspond à la demande géopolitique et de sécurité dans le monde », a précisé le président du Gifas.

Le regain de l’activité spatiale

La bonne santé de la balance commerciale, avec un excédent de 22,2 Mds EUR, le premier dans l’industrie française, a bénéficié de l’augmentation du transport aérien et du regain de l’activité militaire. Certes, le solde positif est légèrement inférieur à celui de l’an dernier (23,6 Mds EUR), mais c’est le résultat du rééquilibrage entre les monnaies européenne et américaine, les ventes s’effectuant en dollars. Mais si l’on regarde l’activité globale, elle n’a cru que de 2,3 % en France, alors qu’elle s’est envolée de 14 % à l’export.

En matière spatiale, la France est leader européen et cette première place devrait être renforcée par l’intégration des activités lanceurs d’Airbus Group et de Safran dans Airbus Safran Launchers, la coentreprise qui doit être créée fin juin avant le lancement du programme Ariane 6 destiné à lutter contre l'américain SpaceX. L’an passé, Arianespace est demeuré numéro un des lanceurs avec la moitié du marché ouvert et accessible (les marchés du Pentagone et de la Nasa sont fermés).

La France est aussi présente dans l’observation de la terre, les satellites de télécommunications à orbite basse. Mais dans ce dernier secteur, c’est avec les satellites géostationnaires qu’elle se distingue, avec un tiers du marché. Dans le futur, la France pourrait aussi trouver à se placer dans le cadre du plan Juncker, du nom du président de la Commission européenne, qui comprend la proposition d’une flotte très haut débit (VHTS) Internet pour tous. A noter encore que Bercy a annoncé de nouveaux outils d’appui à l’export de la filière spatiale : prêts du Trésor de 10 à 70 millions d’euros, mécanisme public de refinancement des crédits-exports pour les projets de plus de 70 M EUR.

La montée en puissance d’Airbus et de Dassault

Pour les années à venir, Marwan Lahoud a clairement affiché la priorité : l’internationalisation. Certes, « le noyau dur » restera l’Europe, mais il faut absolument accroître « son empreinte mondiale quand on est maître d’œuvre et surtout équipementier et PME ». Pour 2016, les perspectives sont bonnes, puisque les commandes, enregistrées à 79 % à l’export, ont atteint un nouveau record à 78,3 Mds EUR, soit + 2,3 % par rapport à 2014.

L’activité civile demeure le fer de lance de l’industrie, avec 67 % du chiffre d’affaires et 67 % des commandes. Airbus, notamment, a accru ses livraisons pour la treizième année consécutive et possède à ce jour 6 800 avions en commandes, ce qui correspond à une dizaine d’années de production. Selon Marwan Lahoud, le constructeur européen est confronté à un défi de taille, puisque la production des Airbus 320 va devoir passer de 50 par mois en 2017 à 60 en 2019 et qu’il va falloir aussi fabriquer 6 A 320 Néo cette année. En ce qui concerne l’A 330, l’enjeu est de passer de 6 à 7 par mois l’an prochain. Pour l’A 350, l’objectif est de parvenir à 10 par mois fin 2018. Enfin, 27 A 380 ont été livrés l’an dernier et le but à atteindre à la fin de cette année est similaire.

Dans la branche militaire, Dassault Aviation a engrangé deux gros contrats de vente du Rafale à l’Égypte et au Qatar (43 appareils au total), hors un contrat en bonne voie avec l’Inde (36 appareils) et une commande des Émirats arabes unis qui semble également à portée de main (60 avions). Huit Rafale ont été livrés en 2015, cinq à la France et trois à l’Égypte, neuf sont prévus pour des nouveaux clients cette année et quatre en 2017. Résultat : l’avionneur tricolore devra sortir 3 Rafales par mois dès 2018.

Les deux contrats à l’export sont non seulement un succès pour Dassault, mais aussi pour les grands équipementiers comme Thales, Safran et MDBA et les quelques 500 sous-traitants également partenaires. Safran a encore enregistré un succès incontestable avec le nouveau moteur Leap, avec 1 399 commandes et intentions d’achat.

Les marchés des hélicoptères et de l’aviation d’affaires au ralenti

Dans le sillage des grands donneurs d’ordres, c’est toute la supply chain qui a progressé, avec une hausse de 10 % du chiffre d’affaires à 20,3 Mds EUR, dont 9,1 Mds EUR à l’export (+12 %), et des commandes estimées à 15 Mds EUR, en baisse de 15,64 %. « Un fléchissement dû à la constitution normale des stocks intermédiaires après le lancement des programmes de production » qui n’inquiète pas Patrick Draher, P-dg du fournisseur éponyme et vice-président du groupe des équipements (Gead) au sein du Gifas. Selon lui, les équipementiers connaîtront un à deux ans de plateau de production, avant de bénéficier d’un rebond lié à la montée en production du mono-couloir A320 et des long-courriers A 350 et Boeing 787.

Dans les 20 prochaines années, ce sont 32 600 avions au total qui devraient être produits et il va falloir tenir les cadences. Alors que chaque année l’industrie investit déjà plus d’un milliard d’euros et consacre 14 % de son chiffre d'affaires à la recherche & développement, pour renforcer les performances, il sera encore nécessaire d’adapter les structures, d'améliorer le travail collaboratif avec les différents partenaires (fournisseurs, PME…) et la production, en s’engageant dans la numérisation (plateformes de partage de données, robotisation, usine du futur). Enfin, il paraît indispensable de recruter (11 000 embauches ont été réalisées et 3 000 emplois nets créés en 2015), en particulier des techniciens et opérateurs qualifiés (ajusteurs, monteurs, soudeurs, chaudronniers...), et d’encourager la formation interne et externe (6 000 jeunes travaillaient en alternance début 2015, soit + 50 % par rapport à 2010).

Seules ombres au tableau de bord de l’industrie française, les hélicoptères, « handicapés, selon Marwan Lahoud, par l’effet pétrole, les compagnies et les sociétés de services spécialisées ne poursuivant pas leurs politiques d’acquisition pour remplacer leur flotte » et « l’aviation d’affaires et les hélicoptères privés, toujours pénalisés par la crise économique de 2009, à laquelle s’ajoute maintenant celle des pays émergents ». Pour ces deux sous-secteurs, la conquête de nouveaux marchés risque de demeurer encore difficile pour un moment.

François Pargny

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