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22 mai 2019

Cyclope 2019 / Matières premières : illusions perdues sur fond de guerres commerciales

« Les illusions perdues ». Le sous-titre du dernier rapport Cyclope sur les marchés mondiaux de matières premières emprunté au roman d'Honoré de Balzac illustre bien la situation de l’économie et des marchés mondiaux en 2018 et 2019. Le ralentissement de la croissance économique mondiale, la crise de certaines économies émergentes comme le Brésil et l’Argentine, ou encore le conflit commercial dans lequel se sont engagés les États-Unis de Donald Trump avec la Chine de Xi Jinping ont balayé le vent d’optimisme qui soufflait depuis le retour de la croissance mondiale en 2017. Autant dire que la désillusion est de mise.

« Cette année, le sous-titre [du rapport] Les illusions perdues contraste effectivement avec un certain optimisme qui était le nôtre l’année dernière », a déclaré Philippe Chalmin, co-auteur du rapport Cyclope, lors de la présentation à la presse, le 15 mai à Paris, du 33ème rapport Cyclope. Il faut dire que pratiquement toutes les économies de la planète avaient retrouvé le chemin de la croissance et effacé les dernières scories de la crise de 2008 lorsque la société d’études Cyclope, spécialisée dans l’analyse des marchés mondiaux de matières premières et de commodité, avait publié l’édition 2018 de son rapport sous-titré « Le ciel rayonne et la terre jubile », d’après la cantate BWV 31 de Jean-Sébastien Bach.

Le rapport 2019 épais de 850 pages, fruit du travail de 65 auteurs (économistes, chercheurs, professeurs d’économie…), propose « une couverture totale de l’ensemble des marchés de commodités, de l’ananas au zirconium », a souligné Philippe Chalmin. « Toutes les commodités et les matières premières sont traitées », a-t-il insisté. Des produits alimentaires (céréales, oléo-protéagineux, sucre, café, cacao, viande, produits laitiers) aux matières premières agricoles (caoutchouc, coton, laine, bois, papier) jusqu’au minerais et métaux (cuivre, plomb, zinc, aluminium, nickel, étain, métaux précieux, acier, alliages…) sans oublier le pétrole.

Pétrole, acier et aluminium… sur la ligne de front des conflits commerciaux mondiaux

Le cours de ces commodités évolue dans un climat de tensions commerciales et géopolitiques inédit depuis la fin de la guerre froide. « Nous sommes au cœur d’un monde marqué par le retour de guerres, tout court, de tensions géopolitiques, et, bien entendu, de guerres commerciales », a exposé Philippe Chalmin. Qu’il s’agisse des tensions entre l’Iran et les États-Unis ou des guerres commerciales entre, d’une part, les États-Unis et l’Union européenne, et d’autre, les États-Unis et la Chine, les matières premières et les commodités se retrouvent en première ligne de ces fronts. Pétrole et gaz naturel en tête.

Il y a « un an exactement », comme le rappelait Philippe Chalmin, professeur à l’université Paris-Dauphine et consultant auprès d’organismes internationaux (OCDE, Cnuced…), les tensions géopolitiques étaient déjà présentes avec la sortie des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et la menace des sanctions américaines contre l’Iran.

Les États-Unis ont en effet dénoncé en mai 2018 l’accord sur le nucléaire iranien et imposé un embargo très strict vis-à-vis de l’Iran portant sur les produits pétroliers, le secteur aéronautique et le secteur minier. Néanmoins, huit pays, cinq en Asie Chine, Inde, Japon, Corée du Sud et Taïwan) et trois en Europe (Italie, Grèce et Turquie) ont bénéficié d’exemptions leur permettant d’importer du pétrole iranien. Malgré ces dérogations, l’impact sur les exportations et la production pétrolières de l’Iran a été très important. En quelques mois, le marché du pétrole a perdu un million de barils/jour d’exportations iraniennes selon le rapport Cyclope. Par ailleurs, la fin de l’exemption accordée par les États-Unis à ces huit pays, principaux importateurs de pétrole iranien, est entrée en vigueur le 2 mai dernier.

Outre le pétrole, « bien d’autres produits », a glissé Philippe Chalmin, se sont retrouvés au cœur des conflits commerciaux. Vis-à-vis de l’UE, « Donald Trump a déterré la hache de guerre, il y a un peu plus d’un an, sur l’acier et l’aluminium », a-t-il ainsi précisé. Le président américain a en effet décidé de taxer le 31 mai 2018 les importations américaines d’acier et d’aluminium en provenance d’Europe mais aussi du Canada et du Mexique à hauteur respectivement de 25 % et de 10 %. Les produits agricoles se retrouvent également au cœur des guerres commerciales.

Ph. Chalmin : le soja est la matière première « la plus politique de l’année 2018 »

« La matière première probablement la plus politique de l’année 2018, à l’exception du pétrole, a été le soja », a relaté le spécialiste des marchés de matières premières. Le soja a été touché de plein fouet par la guerre commerciale acharnée que se livrent les États-Unis et la Chine, premier importateur de soja du monde. Explication.

En représailles à l’application par Washington, le 6 juillet 2018, d’une surtaxe de 25 % sur une centaine de produits chinois importés, principalement l’acier et l’aluminium, Pékin a instauré des droits de douane supplémentaires pour des centaines de produits agricoles américains au premier rang desquels le soja.

À côté du soja, les autres produits agricoles touchés sont les viandes porcine et bovine, le coton ou encore les céréales.

Le canola canadien au cœur d’une crise diplomatique avec la Chine

Philippe Chalmin a cité un autre exemple de produit agricole victime collatérale des crises commerciales entre grandes nations : le canola canadien (huile de cuisson extraite des graines de la plante de canola, une variété canadienne de colza).

Début mars dernier, Pékin a interdit les importations de canola canadien pour des raisons sanitaires invoquant la présence de parasites dangereux dans les cargaisons d'exportateurs canadiens de canola à destination de la Chine. « Vous ne pouvez pas ne pas voir un lien avec l’arrestation de la directrice financière et fille du fondateur de Huawei », a commenté le co-auteur du rapport Cyclope. Rappelons que le 1er décembre dernier, Meng Wanzhou, fille du fondateur du géant chinois des smartphones et des télécommunications et numéro deux du groupe, a été arrêtée au Canada sur demande des États-Unis en pleine crise commerciale sino-américaine.

« On pourrait rallonger cette liste de produits qui se trouvent, de prêt ou de loin, pris dans ce maelström de montée des tensions », a indiqué Philippe Chalmin.

Les incertitudes géopolitiques et commerciales face à cette nouvelle logique de conflits dans laquelle se sont engagés les États-Unis de Donald Trump demeurent. « Le bras de fer entre Pékin et Washington, déjà fortement inscrit dans le paysage stratégique depuis le début du siècle et renforcé depuis l’élection de Trump, sera l’un, ou même LE sujet majeur de 2019 », conclut le nouveau rapport Cyclope.

Venice Affre

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