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Relations bilatérales : la France fait face à de nouveaux émergents

Si l’Hexagone reste numéro un dans son ancienne colonie, elle, est, néanmoins confrontée à une concurrence agressive de la part de grands émergents. à commencer par la Chine, la Turquie et le Maroc.

La France « devrait exporter aux environs de 700 millions d’euros et sa part de marché se maintenir aux environs de 28 % », estime Dominique Grancher, chef du Service économique à Libreville. Toujours premier fournisseur, sa position dominante s’érode, toutefois, depuis l’arrivée des pays émergents. Les sociétés chinoises, notamment, percent dans les travaux publics, bénéficiant du soutien financier de l’Eximbank. 

En février dernier, des rencontres d’affaires entre opérateurs turcs et gabonais ont été organisées à Libreville, avec le soutien de l’Agence de promotion des investissements et des exportations (Apiex). Un forum, organisé un peu plus d’un an après la visite du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, en janvier 2013, conclue par la signature de contrats avec l’Agence nationale des grands travaux (ANGT), dans la construction d’habitations et la transformation du bois. Le Maroc a aussi réalisé une percée au Gabon, avec la prise de contrôle de Gabon Telecom par Maroc Telecom, l’entrée sur le marché bancaire d’Attijariwafa Bank ou encore de la société aurifère Managem, qui aurait produit une tonne d’or en 2013.

Le deuxième producteur mondial de manganèse à haute teneur (15 % du marché), la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog/ groupe Eramet), est français. Comilog se diversifie au Gabon dans le niobium, les terres rares et le tantale, des matières premières utilisées dans l’aéronautique, l’automobile ou l’électronique. Avec sa filiale Maboumine, elle développe ainsi le gisement de Mabounié, à 50 kilomètres de Lambaréné. « Ce projet de recherche et développement avance bien et une usine pilote devrait toujours être ouverte d’ici à deux ans », se félicite Dominique Grancher.
 
Selon Arthur Nganie, directeur général de Maboumine, deux à trois milliards d’euros doivent alimenter le projet. De façon générale, les capitaux injectés par le groupe Eramet et les compagnies pétrolières tricolores (Total, Perenco, Maurel & Prom) expliquent que la France reste de loin le premier investisseur au Gabon, avec plus d’un milliard d’euros par an. Au total, le petit État d’Afrique centrale abrite plus de 110 filiales de sociétés françaises.

François Pargny



Total, entre découverte et redressement fiscal

Dans le pétrole, le gouvernement compte sur les compagnies comme Total pour l’exploration du sous-sol en eau profonde et très profonde, alors que la production gabonaise stagne à 240 000 barils par jour. « En mettant en vente 43 lots, il a suscité un engouement très fort, notamment des majors », constate Dominique Grancher, chef du Service économique à Libreville. Une dizaine de lots a déjà été attribuée à Repsol, Exxon Mobil, Petronas, Perenco ou encore Marathon. Shell Gabon, n’a rien obtenu, tout comme Total Gabon, qui, cependant, a annoncé une importante découverte sur le permis Diaba à – 1 729 mètres. L’annonce de gaz à condensats en eaux très profondes est sans nul doute une bonne nouvelle. Malheureusement, les relations entre l’État et plusieurs entreprises se sont tendues, notamment avec Total, qui a reçu, le 14 février dernier, un avis de redressement fiscal du ministère de l’Économie et de la prospective, d’un montant de 805 millions de dollars. Des raisons politiques sont évoquées – le soutien à l’opposant Jean Ping, qui se prépare au scrutin présidentiel de 2016 – mais aussi financières avec le besoin d’alimenter le budget.

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