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16 octobre 2019

Bpifrance Inno Génération 2019 : la Zleca en vedette sur le campus Afrique

© V. Affre

La Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) a été en vedette sur le campus Afrique de Bpifrance Inno Génération, grand-messe des entrepreneurs qui a attiré 52 000 participants le 10 octobre à Paris (notre photo). Ses perspectives ont été au centre d'un atelier organisé par Le Moci, partenaire média de la manifestation, avec le CIAN (Conseil des investisseur français en Afrique) sur le thème « Profitez des zones de libre-échange africaines pour développer des stratégies transfrontalières ».

La Zleca a été lancée officiellement le 7 juillet dernier à l'issue du Sommet de l'Union africaine (UA) à Niamey au Niger. À l’exception de l'Érythrée qui n'a pas rejoint la Zleca, 54 des 55 pays membres de l’UA ont signé l'accord de libre-échange et 27 l’ont ratifié. Un message fort à l'heure du protectionnisme de Donald Trump. Si elle voit le jour, la Zleca constituera l’une des plus grandes zones de libre-échange depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), avec une population africaine de 1,2 milliard d’habitants qui devrait doubler à 2,5 milliards d’ici 2050.

La Zleca éliminera progressivement les droits de douane, de 6,1 % en moyenne, sur le commerce intra-africain. Sa mise en œuvre va demander du temps mais son processus de création est bien en ordre de marche.

Quels sont ses défis et ses enjeux ?

Des échanges commerciaux intra-africains limités

« L’Afrique, on le sait, c’est une terre de commerce de longue date. Mais pour l’essentiel, ce commerce est informel », a estimé Christine Gilguy, rédactrice en chef du Moci, en introduction. « Sur le plan formel, c’est une autre histoire », a-t-elle ajouté. L’Afrique est un acteur marginal dans le commerce mondial car le continent a peu développé ses échanges intérieurs formels. De plus, ses échanges extérieurs sont structurellement déséquilibrés.

L’Afrique représente ainsi 2,4 % des exportations mondiales. Alors qu'il importe principalement des produits manufacturés, le continent exporte à 75 % des minerais, combustibles, produits sylvicoles et agricoles pas ou peu transformés. Autre constat, dans le Top 20 des pays en développement exportateurs de biens, « il n’y a aucun pays d’Afrique », a dévoilé Christine Gilguy.

La Zleca va-t-elle donner une nouvelle impulsion aux échanges intra-africains ? C’est à cette question qu’a tenté de répondre Patrick Sevaistre, consultant spécialisé dans les politiques publiques et le développement du secteur privé en Afrique, et membre du comité directeur du CIAN.

Un continent fragmenté : 54 pays, 8 blocs sous-régionaux

L’Afrique est constituée de 54 nations. « 30 % des pays du continent sont des pays enclavés qui n’ont pas accès à la mer, les trois-quarts ont moins de 30 millions d’habitants et la moitié ont un PIB inférieur à 10 milliards de dollars », a déroulé l'expert. « C’est surtout le continent qui échange le moins avec lui-même », a-t-il souligné. Sur la période 2015-2017, le commerce intra-régional a ainsi représenté 15 % du total des échanges du continent.

Ces échanges intra-régionaux se répartissent entre huit blocs sous-régionaux, les communautés économiques régionales (CER) :

- UMA : Union du Maghreb arabe (5 pays)
- COMESA : Common Market for Eastern and Southern Africa (19 pays)
- CEN–SAD : Communauté des États sahélo-sahariens (29 pays)
- CEEAC : Communauté économique des États d’Afrique centrale (10 pays)
- CEDEAO : Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (15 pays)
- CAE : Communauté d’Afrique de l’Est (5 pays)
- SADC : Southern African Development Community (15 pays)
- IGAD : Intergovernmental Authority on Development (7 pays)

Ces huit blocs sont engagés dans un processus d’intégration régionale dont les travaux d'avancement sont inégaux. « Certains sont déjà en zone de libre-échange, c’est le cas de la COMESA et de la CEDEAO », a ainsi précisé Patrick Sevaistre, également chercheur associé à l’Institut Thomas More (ITM). C’est le cas aussi de la SADC (en français, Communauté de développement de l’Afrique australe) et de la CAE. La CEDEAO et la CAE sont également en zone d’union douanière alors que l’intégration régionale d’autres CER comme la CEEAC ou l’UMA reste peu avancée en la matière.

Divers obstacles au commerce

Les échanges commerciaux au sein de ces CER demeurent faibles du fait des droits de douane encore élevés (entre 12 et 15 % en moyenne), y compris dans les CER en zone de libre-échange. « Plus vous mettez des droits de douane, plus vous encouragez la contrebande », a exposé le consultant.

Exemple récent : la contrebande de riz entre le Bénin et le Nigeria. « On s’est aperçu que le Bénin est devenu un gros importateur de riz d’Asie », a raconté Patrick Sevaistre. Les besoins annuels de ce pays de 11 millions d’habitants sont évalués à 400 000 tonnes pourtant « il en importe quasiment 1 million ». Le riz thaïlandais est ensuite réexporté vers le Nigeria voisin. Pour lutter contre ce commerce de contrebande de riz, le 18 août dernier, le Nigeria a donc fermé jusqu’à nouvel ordre ses frontières avec le Bénin et le Niger.

Autre entrave, « il y a encore des droits de douane élevés », a déploré Patrick Sevaistre qui est également membre du bureau de la commission Afrique des Conseillers du commerce extérieur de la France (CCE). Ainsi, pour protéger son marché, le Nigeria impose des droits de douane allant jusqu’à 60 %.

Néanmoins, il ne suffit pas de baisser les droits de douane pour favoriser les échanges intra-régionaux a estimé l'expert. Il faut selon lui améliorer –en particulier dans les pays enclavés et à faible revenu– les services liés aux échanges de marchandises à savoir la logistique du commerce et les infrastructures de transport, et plus largement « tout ce qui entrave les échanges », a-t-il résumé : règles d’origine complexes, réglementations sanitaires, phytosanitaires et techniques divergentes ou encore les procédures douanières restrictives qui constituent d’autres obstacles majeurs.

Porter à 23 % le commerce intra-africain d’ici 2023

Dans ce contexte, la Zleca a plusieurs enjeux parmi lesquels stimuler le commerce intra-régional et à terme créer un nouveau marché unique pour encourager l’investissement étranger en Afrique. « C’est un enjeu très libéral », a observé Patrick Sevaistre.

La Zleca vise à cet égard à lever 90 % des barrières tarifaires sur une période de cinq à dix ans. « On estime que ça devrait porter le commerce [entre les pays africains] à 23 % d’ici 2023 au lieu des 16 % actuellement », a indiqué Patrick Sevaistre. Néanmoins, 10 % des biens, les produits sensibles notamment, resteront protégés.

À ce jour, 27 pays ont ratifié l’accord commercial, une majorité suffisante pour que la Zleca entre en vigueur dès juillet 2020. « C’est un long processus, ça va prendre beaucoup de temps », a néanmoins prévenu le consultant. L’expérience des CER montre en effet qu’il ne suffit pas de réduire les droits de douane pour accélérer l’intégration régionale.

Cinq grands défis pour la Zleca

Pour réussir cet ambitieux projet d'intégration continental, l'Afrique devra relever cinq défis.

Le premier est la synchronisation des blocs régionaux existants en vue de mettre fin au spaghetti bowl africain.

Le deuxième défi consiste à éliminer les barrières non tarifaires qui entravent les échanges. Pour ce faire, il faudra améliorer la logistique du commerce et les infrastructures de transport. « Aujourd’hui, on sait qu’entre Douala au Cameroun et N’Djamena au Tchad, ça coûte six fois plus cher de faire circuler un conteneur qu’entre Shanghai et Douala, et c’est trois fois plus long », a souligné Patrick Sevaistre.

Troisième défi, la définition commune des règles d’origine, autrement dit la part de valeur ajoutée locale exigée pour qu’un produit soit considéré comme « made in Africa » et bénéficie des facilités de la Zleca. Sur ce sujet sensible, le débat interne entre gouvernements africains penche actuellement pour une moyenne de 50 % de valeur ajoutée africaine. « Ce qu’il faudrait, c’est qu’il y ait au moins une règle d’origine qui soit claire, transparente et unique », a estimé Patrick Sevaistre.

Le quatrième défi consiste à diversifier les économies du continent. « Pourquoi des zones comme l’Afrique centrale, par exemple, n’échange pas beaucoup, c’est parce que les économies ne sont pas complémentaires, elles sont structurellement identiques », a remarqué Patrick Sevaistre, citant en exemple le fait que les pays d’Afrique centrale, à l’instar du Gabon, du Congo, du Tchad et du Cameroun, sont tous des pays pétroliers.

Enfin, le cinquième défi réside dans la prise en compte des accords commerciaux externes déjà en vigueur comme les Accords de partenariat économiques (APE) conclus entre l’Union européenne (UE) et des pays africains ou encore la loi fédérale américaine African Growth and Opportunity Act (AGOA).

« La machine est en marche, elle ne s’arrêtera pas », a toutefois conclu Patrick Sevaistre. « Pour l’Afrique, [la Zleca] c’est une formidable opportunité de sortir de l’économie de rente », a-t-il déclaré. En effet, en développant des chaînes de valeur régionales sur la base de règles d’origine souples, simples, et prévisibles. Pour les entreprises françaises, c'est un champ nouveau de partenariat avec les opérateurs privés africains.

Venice Affre

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