Économie
Fiche mise à jour le 06/04/2026
Informations générales
Population (2025) : 63,1 millions (estimation mi-2025, Statistics South Africa)¹
Capitale : Pretoria (administrative), Le Cap (législative), Bloemfontein (judiciaire)
Devise : Rand sud-africain (ZAR)
Décalage horaire avec la France : +1 h de novembre à mars. Aucun d’avril à octobre
Climat : Subtropical au centre, tropical au sud-est, méditerranéen dans la région du Cap. À Pretoria, la température moyenne la plus basse d’avril à septembre est de 3 °C
Indicateurs économiques
- Taux de croissance du PIB réel :
2024 : +0,5 % (données révisées à la baisse, DG Trésor / FMI)²
2025 : +1,3 % (estimation FMI, Article IV décembre 2025)³
2026 : +1,4 % (prévision FMI WEO janvier 2026)⁴
Note : l’OCDE prévoit +1,1 % en 2025 et +1,3 % en 2026. - PIB par habitant nominal (2025) : environ 6 667 USD (FMI / Worldometer 2025)⁵
PIB par habitant en PPA (2024) : 13 599 USD internationaux courants (TheGlobalEconomy / Banque mondiale 2024)⁶ - Inflation moyenne :
2024 : 4,4 %
2025 : 3,2 % — plus bas niveau en 21 ans, en dessous de la cible de la SARB (Trading Economics / SARB)⁷
2026 (prévision) : env. 3,6 % (FMI Article IV, décembre 2025) ; l’objectif d’inflation de la SARB a été abaissé à 3 %⁸ - Taux de chômage (définition officielle) :
T4 2024 : 31,9 %
T1 2025 : 32,9 % (Stats SA, mai 2025)⁹
T4 2025 : 31,4 % — plus bas depuis T3 2020 (Stats SA, février 2026)¹⁰
Jeunes 15–24 ans (T4 2025) : 57 % (en légère baisse depuis 58,5 % au T3 2025)¹¹ - Déficit budgétaire :
Exercice 2024/25 : –4,8 % du PIB (DG Trésor, juillet 2025)¹²
Exercice 2025/26 (objectif gouvernement) : réduction progressive ; excédent primaire de 1,5 % du PIB visé (FMI Article IV 2025)¹³ - Dette publique :
Exercice 2024/25 : 76,9 % du PIB (DG Trésor)¹²
Exercice 2025/26 (pic gouvernemental estimé) : 77,4 % du PIB¹²
Projection FMI à long terme : augmentation continue jusqu’à 88,7 % en 2029/30¹²
Structure rassurante : dette à ~80 % domestique, libellée en rand, maturité moyenne > 12 ans.
Conjoncture (maj avril 2026)
L’Afrique du Sud reste la première puissance industrielle du continent africain, dotée d’une économie diversifiée — services financiers (24,4 % du PIB), industrie manufacturière et automobile (11,2 %), mines (4,4 %), agriculture commerciale (2,5 %) et tourisme (8,8 %) —, mais son rythme de croissance demeure insuffisant pour réduire le chômage structurel et les inégalités.
Une reprise timide en 2025, sous-performante. Alors que la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale (GNU) en juin 2024 et l’amélioration de la situation énergétique semblaient présager une embellie, la croissance du PIB est restée atone à 0,5 % en 2024, inférieure à la croissance démographique. La croissance devrait s’établir entre 0,8 % (Banque africaine de développement) et 1,0–1,3 % (FMI) en 2025, les prévisions initiales du gouvernement de +1,4 % semblant hors d’atteinte. Pour 2026, le FMI projette une croissance de 1,4 %, portée par une consommation privée solide. Les réformes en cours dans les secteurs de l’électricité et de la logistique devraient soutenir l’investissement à moyen terme, avec une croissance projetée à 1,8 % d’ici la fin de la décennie.
Un tournant majeur dans le secteur énergétique. La crise des délestages (« load shedding »), qui a paralysé l’économie pendant près d’une décennie, connaît une amélioration spectaculaire depuis fin 2024. Selon les Perspectives estivales d’Eskom publiées en septembre 2025 pour la période jusqu’au 31 mars 2026, aucun délestage n’est prévu ; la compagnie a enregistré 300 jours consécutifs sans coupure. Le facteur de disponibilité énergétique (EAF) a atteint 69,14 % en décembre 2025, soit une amélioration de 12,57 % par rapport à la même période de l’année précédente. Des délestages sont toutefois réapparus brièvement début 2025, soulignant la fragilité persistante du système. Eskom fait l’objet d’une restructuration financière majeure : le gouvernement a couvert environ 254 milliards ZAR (5,5 % du PIB) de sa dette via l’Eskom Debt Relief Act de juin 2023. Pour autant, malgré les récentes améliorations, les contraintes sur l’approvisionnement en électricité demeurent un frein important à la croissance à long terme, selon l’OCDE.
Finances publiques : consolidation engagée, mais trajectoire préoccupante. Après un fort creusement pendant la crise sanitaire, le déficit public s’est temporairement réduit (3,6 % en 2022/23), avant de se redresser à 4,4 % en 2023/24 puis 4,8 % en 2024/25. Selon le MTBPS 2025, le gouvernement est en voie d’atteindre un excédent primaire plus large que prévu, les recettes fiscales dépassant les prévisions d’environ 19,3 milliards de rands. L’Afrique du Sud a enregistré deux années consécutives d’excédents primaires. Néanmoins, alors que le gouvernement table sur une stabilisation de la dette à 77,4 % du PIB en 2025/26 avant décroissance, le FMI prévoit une augmentation continue jusqu’à 88,7 % en 2029/30. Le budget 2025/26 a été marqué par un épisode de tension inédite : une proposition d’augmentation de la TVA de 15 % à 16 % a finalement été abandonnée face à un désaccord profond entre l’ANC et la DA, conduisant à une refonte du budget.
Marché du travail : chômage toujours structurellement élevé, légère détente en fin d’année. Après avoir oscillé entre 31,9 % et 33,2 % au cours de l’année 2025, le taux de chômage officiel s’est établi à 31,4 % au T4 2025, son plus bas depuis le T3 2020. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans s’est légèrement amélioré à 57 % au T4 2025, contre 58,5 % au trimestre précédent, mais reste obstinément élevé. Ces chiffres masquent une réalité encore plus sévère : la mesure élargie LU2 atteignait 34,9 % au T3 2025 et le taux de sous-utilisation composite LU3 s’établissait à 42,4 %.
Contexte politique : un gouvernement d’unité sous tensions, mais qui tient. L’Alliance démocratique (DA) a annoncé en juin 2025 son retrait du « dialogue national » lancé par le président Ramaphosa, fragilisant le gouvernement d’unité nationale (GNU) à l’approche de son premier anniversaire. Les tensions entre l’ANC et la DA sont susceptibles de persister, menaçant les efforts de réforme. Il est toutefois peu probable que la DA quitte la coalition, dans la mesure où elle dispose maintenant d’une opportunité de gouverner. Avec des élections locales prévues en 2026, les deux partis ont de fortes incitations à maintenir la coalition. Un an après sa formation, le GNU reste un « work in progress », susceptible de poursuivre sa route avec incertitude tout en mettant lentement en œuvre des réformes structurelles.
Risques externes : la menace tarifaire américaine. Les prévisions de croissance ont été révisées à la baisse depuis le début de 2025 en raison du contexte international incertain, notamment l’annonce des États-Unis d’imposer des droits de douane de 30 % sur les importations en provenance d’Afrique du Sud dès août 2025, et la suspension de l’aide bilatérale américaine. Dotée d’une richesse minérale abondante, d’institutions indépendantes, d’un cadre crédible de ciblage de l’inflation, d’un régime de change flexible et de marchés de capitaux profonds, l’économie a néanmoins montré sa résilience face à ces turbulences.
Atouts structurels persistants. L’Afrique du Sud bénéficie de ressources naturelles abondantes, d’une agriculture commerciale performante, d’une industrie manufacturière intégrée dans les chaînes de valeur mondiales, d’un secteur financier solide (24,4 % du PIB), d’une industrie touristique en croissance et d’institutions judiciaires fortes et indépendantes. Le retrait récent du pays de la liste des juridictions à haut risque de l’UE constitue également un signal positif pour les flux d’investissement.
Perspectives
La croissance est projetée à 1,3 % en 2025 et 1,4 % en 2026, portée par une consommation privée robuste. Si les exportations restent freinées par les droits de douane et l’incertitude commerciale mondiale, la vigueur des cours des matières premières soutient à court terme les recettes d’exportation. Les réformes en cours dans l’énergie et la logistique devraient stimuler l’investissement à moyen terme, avec une croissance projetée à 1,8 % d’ici la fin de la décennie.
Ces perspectives restent conditionnelles au maintien de la cohésion du gouvernement d’unité nationale, à la concrétisation des réformes structurelles d’Operation Vulindlela Phase 2, à la stabilisation durable du réseau électrique et à l’évolution du contexte commercial mondial. Avec des élections locales au programme en 2026, les deux principaux partis de la coalition ont de fortes incitations à maintenir leur alliance.
Sources
- FMI – Déclaration de conclusion de la mission Article IV 2025 (décembre 2025)
- FMI – Country Report No. 26/34 : Afrique du Sud (Article IV 2025, publié février 2026)
- FMI – Page pays Afrique du Sud (WEO janvier 2026 : croissance 2026 projetée à 1,4 %)
- DG Trésor – Fiche pays Afrique du Sud (juillet 2025)
- DG Trésor – Contraction de l’activité au T1 2025 (juin 2025)
- OCDE – Economic Snapshot Afrique du Sud (2025)
- Statistics South Africa – QLFS T4 2025 (février 2026)
- Statistics South Africa – Mid-Year Population Estimates 2025 (63,1 millions)
- Trading Economics – Inflation IPC Afrique du Sud (inflation 2025 : 3,2 %)
- Ecofinance Guinée – Inflation Afrique du Sud : 3 % en février 2026
- Engineering News – FMI : prévision 1,4 % pour 2026 (janvier 2026)
- Daily Maverick – FMI relève la prévision de croissance 2026 (janvier 2026)
- Afriquinfos – Eskom : 300 jours sans délestage, EAF à 69,14 % (décembre 2025/janvier 2026)
- Atradius – One year on: Can South Africa’s GNU unlock growth? (décembre 2025)
- Coface – Fiche risque Afrique du Sud (2025)
- TheGlobalEconomy – PIB/hab. PPA Afrique du Sud (2024 : 13 599 USD)
Commerce extérieur
Dernière mise à jour : avril 2026
Population (millions, 2025) : 64,1 (source : données ONU, Worldometer 2025)
Taux de croissance du PIB réel : 2025 : 1,0 % (prév. FMI) ; 2026 : 1,3 % (prév. FMI). La croissance s’est établie à 0,5 % en 2024 (révisée à la baisse par rapport aux 0,6 % initialement annoncés).
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2025) : PIB par habitant attendu à 6 400 USD en 2025, selon les projections du FMI.
Échanges de marchandises (2024, Md USD) : Exportations : ~116,3 Md USD ; importations : ~105,1 Md USD, selon les données du South African Revenue Service. L’excédent commercial atteint ~11,2 Md USD, en nette amélioration par rapport à 2023 — la progression résulte davantage d’une contraction des importations (-5,6 Md USD) que d’une hausse des exportations (-1,9 Md USD).
Cinq premiers fournisseurs (avec part de marché en 2025) : 1 – Chine : 22,5 % ; 2 – Inde : 7,3 % ; 3 – Allemagne : 6,87 % ; 4 – États-Unis : 6,86 % ; 5 – Oman : 3,3 %.
Exportations françaises vers l’Afrique du Sud 2024 : Les échanges commerciaux entre la France et l’Afrique du Sud ont légèrement diminué en 2024 (-1,1 %), pour s’établir à 3,2 Mds EUR, principalement du fait d’une réduction des exportations françaises (-5 %, à 1,7 Md EUR). L’Afrique du Sud demeure le premier client de la France en Afrique subsaharienne et son 3ème fournisseur au sein de la région.
Indice de perception de la corruption (CPI 2025) : Score de 41/100, rang 81/182 pays — score stable par rapport à l’année précédente. (Transparency International, février 2026)
⚠ Point d’attention : L’administration Trump a imposé des droits de douane de 30 % sur une large gamme de produits sud-africains. L’AGOA (African Growth and Opportunity Act), accord commercial préférentiel États-Unis–Afrique, a été réactivé jusqu’à fin 2026 ; il favorise depuis 2000 les exportations africaines vers les États-Unis. Les droits de douane américains pourraient faire baisser le PIB de l’Afrique du Sud de 0,2 point de pourcentage et provoquer la perte de 100 000 emplois. Les États-Unis sont le troisième partenaire commercial de l’Afrique du Sud avec 7,5 % du volume commercial total. Les prévisions de croissance pour 2025 ont été révisées à la baisse par l’ensemble des observateurs depuis le début de l’année, face à des difficultés politiques croissantes et au contexte international incertain.
Accords commerciaux
APE UE-SADC (en vigueur depuis 2016) : L’Afrique du Sud, le Botswana, le Lesotho, le Mozambique, la Namibie et l’Eswatini ont signé l’Accord de partenariat économique (APE) UE-SADC le 10 juin 2016 ; il est entré en vigueur à titre provisoire le 10 octobre 2016. L’APE garantit un accès en franchise de droits et sans contingent au marché européen pour 96,2 % des exportations sud-africaines, et 2,5 % partiellement. En retour, l’Afrique du Sud et ses partenaires SADC éliminent les droits de douane sur 86 % des importations en provenance de l’UE.
Nouveau partenariat UE–Afrique du Sud (2025) : L’UE et l’Afrique du Sud ont signé un accord de Partenariat pour le commerce et l’investissement propre (CTIP), centré sur la décarbonation, la transition énergétique et les chaînes de valeur.
AGOA (États-Unis–Afrique, prolongé jusqu’à fin 2026) : En 2024, 8,23 milliards de dollars de marchandises ont été exportées dans le cadre de l’AGOA, dont 50 % depuis l’Afrique du Sud (automobiles, métaux précieux, produits agricoles). La prolongation jusqu’à fin 2026 reste conditionnelle et sous renégociation.
Sources et lectures complémentaires :
Le Moci – UE–Afrique du Sud : signature du CTIP (novembre 2025)
Le Moci – Afrique australe : marchés et opportunités pour les entreprises françaises
Sources : FMI – World Economic Outlook (avril 2026), DG Trésor – Fiche pays Afrique du Sud (juillet 2025), DG Trésor – Objectif Afrique n°253 (septembre 2025), DG Trésor – Commerce bilatéral France–Afrique du Sud (2023), World’s Top Exports – Importations Afrique du Sud (2025), TradeInt – Exportations Afrique du Sud (2024), Transparency International – CPI 2025 Afrique du Sud (février 2026), OCDE – Snapshot Afrique du Sud (2026)
Risques et paiements
Mobilité
Chiffres clés
Population (2026) : environ 65,5 millions d’habitants, dont population urbaine : 66,9 %.
Langues : 11 langues officielles dont l’anglais : 9 % ; l’afrikaans : 15 % et 9 langues bantu.
Religions : chrétienne à 80 %.
Nombre de Français immatriculés : 7 309 (chiffre le plus récent disponible, source MEAE 2020 — donnée à confirmer sur za.ambafrance.org).
Nombre d’entreprises françaises implantées : environ 370 entreprises françaises sont présentes en Afrique du Sud, employant plus de 65 000 personnes.
Émissions CO₂ (tonnes/hab.) : 8,5 t (chiffre le plus récent disponible, source EDGAR 2019).
Indicateur global de sécurité (GPI, 163 pays, 2025) : 124e sur 163 pays (score : 2,347 — amélioration de 3 places par rapport à 2024), niveau « bas ».
Sources : MEAE, Nations Unies (Division de la population, révision 2024), Commission européenne (base de données EDGAR), Institute for Economics & Peace pour le GPI et Le Moci.
S’y rendre
Formalités
Les restrictions sanitaires liées au Covid-19 ont été intégralement levées. Depuis le 23 juin 2022, l’obligation de vaccination contre le Covid-19 est supprimée pour les voyageurs se rendant en Afrique du Sud, que ce soit par voie aérienne, terrestre ou maritime.
Pour des séjours touristiques en Afrique du Sud inférieurs à 90 jours, les titulaires d’un passeport français (ordinaire, diplomatique ou de service) sont dispensés de visa préalable. Un permis de séjour de 90 jours sera délivré à la frontière et à l’entrée sur le territoire sud-africain. Le passeport doit impérativement comporter deux pages vierges et être encore valable 30 jours après la date prévue de sortie du territoire sud-africain. À défaut, les voyageurs sont refoulés à l’arrivée.
Afin d’éviter des difficultés au départ de l’Afrique du Sud, que ce soit pour un court ou un long séjour, il est fortement conseillé de vérifier que la date de validité indiquée sur le tampon apposé par les services d’immigration sud-africains, à l’entrée dans le pays, correspond au temps de séjour obtenu. Tout voyageur quittant le pays après la date d’expiration de son visa encourt une interdiction de séjour sur le territoire sud-africain pour une période de 1 à 5 ans.
Pour un séjour de plus de 90 jours, ou pour un motif professionnel (stage, travail, études, événement sportif, etc.), une demande de visa doit être déposée auprès de l’ambassade d’Afrique du Sud en France, située au 59 quai d’Orsay dans le 7e arrondissement de Paris, au moins deux mois avant le départ. Pour l’obtention d’un permis de résidence ou de travail, la demande est également à formuler auprès de cette ambassade avant le départ.
Consultez l’intégralité des recommandations et des conseils à destination des voyageurs qui se rendent en Afrique du Sud, actualisés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères sur ce lien.
Y travailler
Le marché du travail
L’Afrique du Sud reste confrontée à un chômage structurellement très élevé, l’un des plus importants au monde. Le taux de chômage officiel s’est établi à 31,4 % au quatrième trimestre 2025, contre 31,9 % au trimestre précédent, enregistrant ainsi une deuxième baisse consécutive — son niveau le plus faible depuis le troisième trimestre 2020. Si l’on prend en compte les « actifs découragés » ayant renoncé à chercher un emploi, le taux élargi grimpe à 42,1 % fin 2025.
La situation des jeunes demeure particulièrement préoccupante : le taux de chômage des jeunes sud-africains âgés de 15 à 24 ans a atteint 62,4 % au premier trimestre 2025, contre 50,3 % au premier trimestre 2015. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 34 ans s’établissait à 46,1 % au premier trimestre 2025.
Depuis 1994, les autorités sud-africaines ont mis en œuvre une politique « affirmative action » visant à promouvoir une meilleure représentation de la majorité noire dans les différents secteurs du pays (administration, services publics et parapublics, sociétés nationalisées et privées). Cette politique est appliquée à travers le programme Black Economic Empowerment (BEE), transformé en 2003 en Broad-Based Black Economic Empowerment (B-BBEE).
Si l’on ne dispose pas de qualifications « pointues », les possibilités de trouver individuellement un emploi sont très limitées en raison de la politique de protection du marché de l’emploi local et de l’« affirmative action ». Ainsi, les entreprises souhaitant employer un ressortissant étranger doivent apporter la preuve qu’elles n’ont pu trouver de candidat sud-africain. La politique d’octroi des work permits à des étrangers bénéficiera plutôt à des professions à forte valeur ajoutée ou aux entrepreneurs/investisseurs dont l’installation en Afrique du Sud sera synonyme de création d’emplois.
Une bonne connaissance de l’anglais (parlé et écrit) est indispensable, ainsi que, dans l’idéal, celle d’une autre langue locale comme l’afrikaans, le zoulou ou le xhosa.
Secteurs à fort potentiel : agriculture, technologies de l’information et de la communication (TIC), construction, ingénierie, fabrication, éducation, transports et mines.
Le cadre légal du travail
Pour travailler en tant qu’étranger en Afrique du Sud, il existe 3 types d’autorisation de travail :
-Visa de travail intragroupe. S’applique aux demandeurs employés par une société étrangère « liée » à la société sud-africaine (par exemple, une société mère en France transférant une personne vers sa filiale sud-africaine) et transféré en Afrique du Sud pour une période inférieure à quatre ans. Le candidat doit avoir été employé par la société apparentée non sud-africaine pendant au moins 6 mois. Cette procédure ne s’applique qu’aux mobilités entre entités d’un même groupe.
-Visa de travail général. Si une personne n’a pas une compétence critique mais souhaite travailler en Afrique du Sud, elle a besoin d’un visa de travail général. Une offre d’emploi préalable est indispensable. L’offre de l’employeur doit d’abord être examinée par le département du Travail, qui est tenu de remettre au ministère de l’Intérieur un rapport déterminant si l’employeur a suffisamment tenté de trouver un résident permanent ou un citoyen sud-africain. Le poste doit être publié dans un journal local pendant au moins un mois. La demande de visa de travail de ce type est longue et demeure rarement efficace.
-Visa de travail pour compétences critiques. Réservé aux candidats possédant des compétences figurant sur une liste spécifique publiée au Journal officiel du gouvernement sud-africain. Une personne sans emploi effectif dans le pays peut demander ce visa, valable 12 mois (le temps de trouver un poste). Si elle est déjà employée, le visa est délivré pour 5 ans. Le processus s’est complexifié ces dernières années, entraînant des délais accrus.
-Salaire minimum légal : L’Afrique du Sud dispose d’un salaire horaire minimum national fixé à 28,79 rands (environ 1,56 USD) depuis le 1er mars 2025, en hausse de 4,2 % par rapport à 2024. Les salaires restent très variables en fonction des emplois, des secteurs et des qualifications requises. En raison de la fiscalité locale, les employeurs préfèrent souvent limiter le montant des salaires bruts et verser aux employés des avantages non imposables (prime de transport, prime de logement, prise en charge de la scolarité des enfants, assurance-maladie, etc.).
-Durée de travail : 45 heures par semaine ou 9 heures par jour ; 8 heures par jour pour les employés qui travaillent 6 jours par semaine.
-Durée de la période d’essai/du préavis : un mois civil. Jusqu’à 3 mois pour les postes de cadre ou stratégiques.
-Rémunération, avantages et impôts : la plupart des employeurs proposent un package comprenant fonds de prévoyance, assistance médicale et allocation de déplacement, plus une prime de résultats.
-Jours chômés hebdomadaires : samedi après-midi et dimanche.
Horaires de travail
Administration : 8 h – 17 h.
Entreprises : 8 h 30 – 17 h.
Banques : 9 h – 15 h 30 en semaine ; 8 h 30 – 11 h le samedi matin.
Commerces : 9 h – 18 h en semaine (les supermarchés dans les centres commerciaux ferment plus tard, vers 19 h 30 ou 20 h) ; 17 h ou 18 h les samedis et dimanches.
Sources : MEAE, Business France, Agence Ecofin, Stats SA.
Meilleurs sites d’emploi
www.michaelpage.co.za,
www.careers24.com,
www.careerjunction.co.za,
www.pnet.co.za.
Vie pratique
Coût de la vie
Monnaie : rand (ZAR).
Taux de change : 1 EUR ≈ 19,55 ZAR (début avril 2026 — cours indicatif, à vérifier en temps réel sur BCE).
Se loger : le loyer mensuel dans un quartier résidentiel de Johannesburg est de l’ordre de 400 euros pour un studio et de 800 euros pour un trois pièces. Il existe un important marché locatif, mais relativement étroit pour les logements de classe moyenne. Dans la recherche d’un logement, il est conseillé d’être très attentif aux questions de sécurité (localisation, protections anti-intrusions, accès sécurisés) et de bien valider au préalable le bon fonctionnement des équipements.
Indice Mercer de qualité de vie (2024, 241 villes) : Cape Town se classe 105e, Durban 110e et Johannesburg 115e sur 241 villes classées, ce qui en fait les villes africaines les mieux classées après Port-Louis (Île Maurice).
Sources : MEAE, Mercer Quality of Living 2024, exchange-rates.org, XE currency converter.
Informations utiles
Décalage horaire avec la France : + 1 h de novembre à mars. Aucun d’avril à octobre.
Climat
Subtropical au centre, tropical au sud-est, méditerranéen dans la région du Cap.
À Pretoria : température moyenne la plus basse d’avril à septembre : 3 °C.
Distances de ville à ville
Pretoria – Cape Town : 1 457 km.
Déplacements de ville à ville
L’avion reste le moyen idéal pour traverser le pays. L’Afrique du Sud dispose d’infrastructures portuaires et aéroportuaires internationales de bonne qualité (aéroports de Johannesburg OR Tambo, de Durban King Shaka et du Cap). Les compagnies aériennes sud-africaines (nationales et low-cost) opèrent conformément aux standards internationaux de sécurité.
-Infrastructures routières : si les grands axes (autoroutes, routes nationales, réseaux urbains) sont en très bon état, l’entretien des routes secondaires est moins bon. Il est préférable d’éviter les trajets de nuit en raison du faible éclairage et des travaux ou déviations mal signalés.
-Transport ferroviaire : le réseau ferroviaire est peu usité sur les trajets interurbains. Le Gautrain, ligne de train à grande vitesse reliant Johannesburg à l’aéroport OR Tambo International et à Pretoria, peut être emprunté en toute sécurité. Il est en revanche déconseillé d’emprunter l’ancienne ligne Metro entre Johannesburg et Pretoria, où sévissent de nombreux délinquants.
Source : MEAE.
Nature du réseau électrique
220 volts.
Télécommunications
Indicatif téléphonique : +27 (011 pour Johannesburg ; 012 pour Pretoria ; 021 pour Cape Town).
Qualité du réseau mobile : excellente. La connexion 4G est très largement disponible (hôtels, aéroports), dès lors que le voyageur est muni d’une carte SIM locale ou d’un forfait itinérance adapté.
Qualité du réseau Internet : excellente.
Principaux jours fériés 2026
21 mars : Journée des droits de l’homme (Human Rights Day).
10 avril : Vendredi saint (Good Friday).
13 avril : Lundi de Pâques (Family Day).
27 avril : Journée de la liberté (Freedom Day).
1er mai : Fête du travail (Workers’ Day).
16 juin : Journée de la jeunesse (Youth Day).
9 août : Journée nationale des femmes (National Women’s Day).
24 septembre : Journée du patrimoine (Heritage Day).
16 décembre : Journée de la réconciliation (Day of Reconciliation).
25 décembre : Noël.
26 décembre : Lendemain de Noël (Day of Goodwill).
Santé
La mise à jour de la vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTP) est vivement recommandée, ainsi que la vaccination rubéole-oreillons-rougeole (ROR), la région étant fortement exposée ; la vaccination antituberculeuse est également souhaitable. La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs en provenance d’une zone infectée, y compris toute personne ayant transité pendant plus de douze heures dans un des pays à risque. Cette vaccination, qui ne concerne pas les enfants de moins d’un an, doit avoir été effectuée 10 jours avant l’entrée sur le territoire sud-africain. En fonction des conditions locales de voyage, les vaccinations contre la fièvre typhoïde, la méningite et les hépatites virales A et B peuvent être recommandées.
Source : Conseils aux voyageurs / Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères — www.diplomatie.gouv.fr
Consultez l’intégralité des recommandations et des conseils à destination des voyageurs qui se rendent en Afrique du Sud, actualisés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères sur ce lien.
Sources : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères — Conseils aux voyageurs Afrique du Sud (2025), Institute for Economics & Peace — Global Peace Index 2025 (juin 2025), Trading Economics — Taux de chômage Afrique du Sud (T4 2025), Agence Ecofin — Salaire minimum Afrique du Sud (mars 2025), Mercer Quality of Living City Ranking (2024), Exchange-rates.org — Taux EUR/ZAR (avril 2026), Worldometers / ONU — Population Afrique du Sud (2026), Ambassade de France en Afrique du Sud, Ambassade d’Afrique du Sud à Paris
Contacts
Sources d’informations Internet
www.gov.za : site officiel du gouvernement sud-africain.
https://mg.co.za : Mail & Guardian, site d’information économique et politique en anglais.
www.brandsouthafrica.com : portail d’information institutionnelle sur l’Afrique du Sud.
https://lepetitjournal.com/johannesburg : site d’information en français pour les expatriés à Johannesburg et au Cap, actif en 2026.
www.jobourg-accueil.org : association d’accueil des expatriés francophones à Johannesburg.
Contacts utiles
1. Les acteurs publics
AMBASSADE D’AFRIQUE DU SUD EN FRANCE (en France)
59, quai d’Orsay – 75343 Paris Cedex 07
Tél. : +33 1 53 59 24 10
E-mail : [email protected]
Site : https://dirco.gov.za/paris/
Horaires : lundi au vendredi, 08h30–16h00
Note (2026) : depuis le 26 janvier 2026, les demandes de passeport, de première carte d’identité et d’enregistrement de naissance (0–12 mois) ne sont plus traitées directement par l’ambassade mais via VFS Global Paris.
AMBASSADE DE FRANCE EN AFRIQUE DU SUD (sur place)
250, Melk Street – Nieuw Muckleneuk – 0181 Pretoria
Tél. : +27 12 425 1600 – Fax : +27 12 425 1609
E-mail : [email protected]
Site : https://za.ambafrance.org
L’ambassadeur est également accrédité auprès du Lesotho et du Malawi.
Consulat général de France à Johannesburg :
Rosebank Corner Building, 3ème étage – 191 Jan Smuts Avenue – 2193 Parktown North, Randburg, Johannesburg
Tél. : +27 11 209 0178
SERVICE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL DE PRETORIA (DG Trésor)
Ambassade de France – 250, Melk Street – Nieuw Muckleneuk – 0181 Pretoria
Tél. : +27 12 425 1770 – Fax : +27 12 425 1779
E-mail : [email protected]
Site : www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/ZA
Le Service Économique Régional de Pretoria (SER) couvre dix pays : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Eswatini, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Zambie et Zimbabwe. Il publie régulièrement des brèves économiques d’Afrique australe (dernière mise à jour : semaine du 23 au 27 mars 2026).
BUSINESS FRANCE – BUREAU DE JOHANNESBURG
WeWork Building – 155 West Street – Sandown, Sandton 2031, Johannesburg
Tél. : +27 (0)11 303 7150
E-mail : [email protected]
Site : https://world.businessfrance.fr/sub-saharan-africa/en/
L’équipe de Johannesburg est composée d’une douzaine d’experts locaux couvrant 7 pays : Afrique du Sud, Namibie, Botswana, Zambie, Mozambique, Madagascar et Maurice. Directeur de zone : Marc Cagnard. Business France gère également le programme VIE pour ces pays.
2. Les acteurs privés
FSACCI – CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE FRANCO-SUD-AFRICAINE
(CCI France Afrique du Sud – membre du réseau CCI France International)
Bureau de Johannesburg :
Block A, Inanda Greens Business Park – 98 Albertyn Avenue – 2196 Sandton
Tél. : +27 (0)14 940 0083
E-mail : [email protected]
Site : www.fsacci.com
La FSACCI regroupe plus de 220 entreprises membres et 500 entreprises associées. Elle dispose d’un Business Centre « LeBooster Johannesburg » pour l’hébergement des entreprises et des VIE. Elle est également représentée au Cap. Partenaire officiel de Business France dans le cadre du dispositif Team France Export (hébergement et services associés).
CROSS-BUSINESS
Cabinet de conseil en commerce international, spécialisé dans l’accompagnement des entreprises françaises à l’entrée sur le marché sud-africain.
Basé à Sandton (Johannesburg) – Présence depuis plus de 20 ans.
Site : www.cross-business.com
Référencé par Business France (Team France Export) sur les lots « représentation commerciale dans la durée », « hébergement et services associés » et « droit et fiscalité ». Services : études de marché, test produit/marché, recherche de partenaires, domiciliation, enregistrement de filiale.
WILTONS
Cabinet d’expertise comptable et de services financiers pour les filiales de sociétés internationales en Afrique du Sud.
Créé en 2007 à Johannesburg. French Desk dédié. 15 collaborateurs multiculturels.
Site : www.teamfrance-export.fr (fiche partenaire Business France)
Référencé par Business France (Team France Export) sur les lots « droit et fiscalité » et « administration et gestion de filiale ».
Sources : Ambassade de France en Afrique du Sud – za.ambafrance.org (2025-2026), MEAE – Diplomatie.gouv.fr, Afrique du Sud (mis à jour 28/01/2025), Ambassade d’Afrique du Sud à Paris – dirco.gov.za (2026), DG Trésor – tresor.economie.gouv.fr/Pays/ZA (2026), Business France Afrique du Sud – world.businessfrance.fr (2025), FSACCI – fsacci.com (2025-2026), Consulat général de France à Johannesburg (2025), Cross-Business – cross-business.com (2025), Team France Export – Wiltons (2025)
Logistique & Douane
Logistique et douane
Remplacement de Doing Business : B-READY et LPI
La Banque mondiale a définitivement mis fin à la publication Doing Business en septembre 2021. Son successeur, le rapport Business Ready (B-READY), est actuellement en phase de déploiement progressif sur trois ans (2024-2026). En 2025, le rapport B-READY est une édition intermédiaire couvrant 101 économies représentant tous les niveaux de revenu et toutes les régions du monde. Une édition complète en 2026 offrira une couverture mondiale élargie et conclura la phase de déploiement. L’Afrique du Sud n’est pas encore couverte dans l’édition B-READY 2025 ; sa première inclusion est attendue dans l’édition 2026. La référence la plus récente et complète pour évaluer la performance logistique du pays reste donc l’Indice de Performance Logistique (LPI) 2023 de la Banque mondiale.
Indice de Performance Logistique (LPI) 2023
Le rapport LPI 2023 couvre 139 pays et mesure l’efficacité des connexions fiables dans les chaînes d’approvisionnement. Sur un score maximum de 5,0, l’Afrique du Sud se classe au 19e rang mondial et au 1er rang africain, avec un score global de 3,4. Ce résultat représente une nette progression par rapport à 2018 : le LPI de l’Afrique du Sud a progressé de 3,38 en 2018 à 3,70 en 2023, se situant au niveau d’une performance logistique élevée.
Le détail des six composantes du LPI 2023 pour l’Afrique du Sud se présente comme suit :
- Douanes : 3,3 ; Infrastructures : 3,6 ; Facilité d’organisation des expéditions : 3,6 ; Compétence logistique et qualité : 3,8 ; Délais : 3,8 ; Traçabilité : 3,8.
En Afrique, le Botswana et l’Égypte arrivent en deuxième position avec un score de 3,1, les plaçant au 57e rang mondial. L’Afrique du Sud demeure le premier performeur logistique du continent, avec des ports, un réseau ferroviaire et une capacité d’entreposage de premier plan.
Note : Le LPI 2023 est à ce jour la dernière édition publiée. La prochaine édition n’a pas encore été annoncée par la Banque mondiale. Les données de 2023 constituent donc le référentiel le plus récent disponible (chiffres les plus récents disponibles).
Libertés économiques et environnement des affaires
Selon l’Index of Economic Freedom 2025 de la Heritage Foundation, l’Afrique du Sud est classée au 103e rang mondial et au 10e rang sur 47 pays d’Afrique subsaharienne. Son score de liberté économique est inférieur à la moyenne mondiale, mais supérieur à la moyenne régionale. La valeur 2025 s’établit à 57 points, en hausse par rapport aux 55 points de 2024. L’économie sud-africaine est considérée comme « mostly unfree » selon l’édition 2025. Un régime commercial relativement compétitif a encouragé le développement d’un secteur entrepreneurial, mais la corruption et la faiblesse de l’État de droit alourdissent les coûts des affaires et fragilisent la compétitivité.
Infrastructure portuaire : redressement en cours, défis persistants
Le réseau portuaire sud-africain est opéré par Transnet National Ports Authority (TNPA) et ses filiales. La cinquième édition du Container Port Performance Index (CPPI) 2024, publiée par la Banque mondiale, classe le port de Durban au 403e rang mondial sur l’ensemble des ports évalués, le situant parmi les moins performants. Durban, le plus grand port du pays, figure en dernière position dans ce classement. Coega, Le Cap et Port Elizabeth ont également figuré dans le bas du classement.
Toutefois, une amélioration opérationnelle significative est enregistrée depuis mi-2024 : entre mi-2024 et août 2025, le mouillage des navires dans les ports sud-africains a diminué d’environ 75 %, les mouvements bruts de grues par heure se sont améliorés de 13 % et les mouvements de travail des navires ont progressé de 25 %. Transnet a signalé une augmentation de 10,7 % du manutentionnement de conteneurs dans les ports et des améliorations modestes de la fiabilité ferroviaire à mi-2025.
Sur le port du Cap, les signaux sont particulièrement encourageants : le terminal à conteneurs du Cap a enregistré une performance historique, atteignant 62 % au-dessus de l’objectif pour la semaine se terminant le 20 juillet 2025, représentant le volume hebdomadaire le plus élevé depuis mars 2019. En juin, les volumes de conteneurs réfrigérés ont progressé de 64 % par rapport à l’année précédente. La Banque mondiale a reconnu que le port du Cap avait réalisé la plus forte amélioration de tous les ports mondiaux dans son CPPI 2024, progressant de 237,9 points.
Au niveau des investissements en équipements, Transnet a investi dans de nouveaux équipements, dont 20 chariots cavaliers, 9 portiques sur pneus, 4 grues ship-to-shore, 40 tracteurs et 67 remorques. En décembre 2025, Transnet et l’opérateur de terminaux ICTSI ont finalisé un partenariat pour moderniser et développer le terminal à conteneurs Pier 2 de Durban (DCT2) dans le cadre d’un accord de 25 ans, Transnet conservant une participation majoritaire dans une nouvelle entité ad hoc. La nouvelle infrastructure et la technologie avancée, financées par des investissements privés, permettront d’étendre la capacité du terminal de 2 millions à 2,8 millions de TEU.
Pour les exportateurs français, les délais d’attente en 2025 se situent à des niveaux variables selon les ports : Durban : 1 à 6 jours selon les conditions météorologiques et l’état du terminal ; Le Cap : jusqu’à 3 jours par beau temps, plus long par vents hivernaux ; Ngqura : généralement 0 à 1 jour ; Port Elizabeth : 0 à 2 jours.
Infrastructure ferroviaire : réforme historique en cours
L’Afrique du Sud dispose du réseau ferroviaire le plus étendu d’Afrique, couvrant environ 30 000 kilomètres, et occupe le 14e rang mondial en termes de longueur. Cependant, ce réseau souffre de décennies de sous-investissement aggravées par la mauvaise gestion sous la présidence Zuma. Des années de pénuries d’équipements, de retards de maintenance, de vols de câbles et d’actes de vandalisme ont miné la fiabilité du service. Les volumes de fret ferroviaire de Transnet sont tombés à 152 millions de tonnes pour l’exercice 2023/2024, bien en dessous des 226 millions de tonnes enregistrés en 2017/2018.
Une réforme structurelle majeure a été engagée en 2025 : l’Afrique du Sud permettra désormais aux entreprises privées d’exploiter des trains sur son réseau ferroviaire de fret, marquant une étape majeure dans la réforme ferroviaire. La ministre des Transports Barbara Creecy a annoncé que 11 des 25 candidats avaient satisfait aux exigences pour exploiter des services sur le réseau Transnet. Les nouveaux opérateurs se verront allouer des créneaux sur 41 itinéraires et six corridors clés, principalement pour les marchandises en vrac telles que le charbon, le minerai de fer, le chrome, le manganèse, le sucre, le carburant et les conteneurs.
Le gouvernement prévoit que les nouveaux entrants achemineront 20 millions de tonnes supplémentaires de fret par an à partir de l’exercice 2026/2027, soutenant son objectif de porter les volumes ferroviaires à 250 millions de tonnes par an d’ici 2029. Sur le plan du financement, la Banque africaine de développement a approuvé en juin 2024 un prêt d’un milliard de dollars à Transnet pour une durée de 25 ans, destiné à financer la première phase du plan d’investissement quinquennal de 8,1 milliards de dollars de la société.
Plan stratégique de transport 2030
En juillet 2025, le gouvernement sud-africain a présenté au Parlement une feuille de route stratégique pour le secteur des transports, dans le cadre d’un investissement global de 100 milliards de rands dans les infrastructures. Selon la ministre Barbara Creecy, l’initiative permettra notamment de transporter annuellement dès 2030 250 millions de tonnes de fret via le réseau ferroviaire de Transnet, et d’atteindre 600 millions de voyageurs sur celui de la PRASA. Ces stratégies visent également à renforcer la compétitivité de l’Afrique du Sud en tant que hub logistique régional. Cependant, la réussite du plan dépendra de la mobilisation du financement et d’une exécution rigoureuse, plusieurs initiatives similaires ayant déjà buté sur des problèmes de financement.
Conseil au credit manager
L’Afrique du Sud présente un profil logistique en nette transition : premier hub logistique africain selon le LPI 2023, elle subit néanmoins des contraintes opérationnelles réelles qui pèsent sur les délais et les coûts de livraison. La réforme ferroviaire ouverte aux opérateurs privés (août 2025) et le partenariat ICTSI sur le terminal Pier 2 de Durban (décembre 2025) constituent des signaux positifs structurels. Les ports affichent une amélioration mesurable depuis mi-2024. Pour autant, la volatilité des délais portuaires reste significative — notamment à Durban — et les volumes ferroviaires demeurent très en deçà des niveaux d’avant-crise.
Pour les exportateurs français, il convient de :
- Prévoir des marges de sécurité sur les délais d’acheminement portuaire, en particulier à Durban (1 à 6 jours d’attente en 2025) et à Cape Town en période hivernale (vents) ;
- Considérer les ports alternatifs (Ngqura/Coega, Port Elizabeth) pour les marchandises sèches lorsque Durban est congestionné ;
- Suivre l’évolution de la réforme ferroviaire : l’entrée en service des opérateurs privés sur le réseau Transnet (à partir de 2026/2027) pourrait réduire les délais et les coûts pour les matières premières et les conteneurs sur les six corridors clés ;
- Anticiper l’impact du plan de transport 2030 dont les effets resteront progressifs, avec plusieurs années nécessaires avant une amélioration tangible et durable.
Sources : Banque mondiale – LPI 2023 (2023), Freight News – LPI 2023 Afrique du Sud (2023), Banque mondiale – B-READY 2025 (2025), Heritage Foundation – Index of Economic Freedom, Afrique du Sud (2025), RailFreight.com – Réforme ferroviaire Afrique du Sud (août 2025), Polity.org – Rail reform South Africa (novembre 2025), Ecofin Agency – PPP Durban Terminal ICTSI (décembre 2025), BGCorp – Ports sud-africains 2025 (octobre 2025), BAD – Prêt Transnet (juin 2024), Agence Ecofin – Plan transport 2030 (juillet 2025), Sunday Independent – CPPI 2024 Durban (octobre 2025), Africa Ports – Statistiques portuaires janvier 2026 (février 2026)
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