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Découvrez le numéro 2 de la newsletter Périscope

Les philippines se mettent aux vert, l'inde veut trinquer premium, etc.

Par Le Moci
Publié il y a 1 semaine
Dans Actualités, L'Info Export, Pays & marchés, Secteurs
Temps de lecture : 10 mins read
Découvrez le numéro 2 de la newsletter Périscope

Périscope, le détecteur de tendances et d’opportunités commerciales à l’international.

Par Thomas Blachère

 

Ce qu’on a repéré pour vous cette semaine

  1. Ciao fossiles : le bond vert des Philippines · énergie · IA
  2. Les Indiens ne boivent plus comme avant · vins & spiritueux
  3. Ce sultanat qui déroule le tapis rouge · fintech
  4. L’Afrique maintient ses ambitions pharmaceutiques · santé · compliance
  5. La construction préfabriquée a la baraka · BTP 

1.

Aux Philippines, l’immense marché des énergies renouvelables frémit. Le sujet est stratégique pour l’archipel. Durement frappé par la crise pétrolière actuelle, le pays ambitionne 35 % d’énergies renouvelables (EnR) dans sa production d’électricité en 2030 et 50 % en 2040, et promeut l’interconnexion électrique régionale. Dans cette optique, Manille s’efforce d’attirer des investissements directs étrangers plus verts, en surfant notamment sur les réformes qui autorisent la détention à 100 % par des investisseurs étrangers de projets d’EnR. Dans le futur accord de libre-échange entre l’UE et les Philippines, dont la signature est espérée en 2027, le secteur de l’énergie figure justement en bonne place.

Mais les lignes (pas seulement électriques) bougent déjà un peu partout. Dernier exemple en date : le 23 septembre, l’Autorité de la zone économique et du port franc Aurora Pacific (APECO) a signé avec le Chinois Huge Energy un protocole d’accord (MoU) autour d’un vaste projet d’énergie renouvelable de 1 GW. Des groupes asiatiques, mais aussi l’Australie, sont à l’affût. Canberra y a lancé le 22 septembre un programme de 45 millions de dollars australiens sur cinq ans, dont les priorités incluent les renouvelables, l’éolien offshore et la création d’un marché du carbone. Pour la Chambre britannique de commerce aux Philippines (BCCP), qui organisait mardi un forum consacré au sujet, les opportunités commerciales sont larges. Le pays aura aussi besoin, par exemple, de solutions numériques pour fiabiliser le réseau, absorber les pics de demande et intégrer les renouvelables. C’est là que l’IA s’invite dans l’équation.

L’un des grands emblèmes de cette stratégie philippine à la croisée des enjeux est le projet de pôle industriel de New Clark City, 1 620 hectares consacrés aux semi-conducteurs, à l’électronique et à l’IA. On dit qu’il pourrait créer de 130 000 à 190 000 emplois directs et attirer jusqu’à 70 milliards de dollars d’investissements. Il deviendrait également dans le pays le premier site de l’initiative américaine « Pax Silica », qui a pour but de sécuriser les chaînes d’approvisionnement technologiques à travers le monde.


2.

Les goûts des jeunes indiens pour l’alcool s’affinent et la France a de quoi les séduire. Quand le reste du monde lève le pied sur l’alcool, l’Inde lève le coude. Selon l’institut ISWR, le pays va devenir le quatrième marché mondial d’ici 2027, dépassant le Japon. Rien qu’entre 2019 et 2024, les importations de spiritueux y ont explosé de 16 % par an en moyenne. De 19 Mds$ en 2024, le marché indien du whisky devrait à lui seul atteindre près de 49 Mds$ en 2030. L’explication repose en partie sur la pyramide des âges indienne : des millions d’habitants atteignent la majorité et vivent dans des villes où les bars et restaurants fleurissent. La démocratisation d’une consommation régulière mais plus qualitative est le signe d’une structuration de la classe moyenne et supérieure. Les observateurs sont unanimes : la manière de consommer évolue et les goûts avec. Les jeunes indiens trinquent à la qualité, aux expériences et à une consommation raisonnable.

A ce sujet, la dernière enquête annuelle What India Is Drinking est riche d’enseignements. Si les Indiens disent oui aux saveurs « audacieuses et originales » (bonjour épices et amertume), les classiques européens séduisent fort. Les vins et spiritueux importés ont la cote, en particulier français. Dans la catégorie des liqueurs, le Cointreau remonte de la 4e à la 3e place. Côté apéritifs, le Lillet grimpe à la 5e place (mais Ricard sort du top 10). Dans les vodkas, la française Grey Goose reste en tête. Le cognac français est lui toujours plébiscité. Pour les champagnes, si Moët & Chandon demeure n°1, la progression de Billecart-Salmon dans le top 5 montre un intérêt croissant pour des maisons moins mainstream. Les auteurs de l’étude d’ajouter : « Les marques qui déploient les efforts les plus constants en matière de promotion auprès du secteur CHR et d’initiatives de développement communautaire, comme les concours de barman, en récoltent les fruits ».

Bref, le marché indien sera, et pour longtemps, l’un des plus dynamiques pour le secteur des alcools français, surtout que l’accord de libre échange UE-Inde signé en janvier prévoit une réduction tarifaire majeure sur ces produits, pour parvenir, dans 7 ans, à 20 % pour le vin et 40 % pour les spiritueux. Santé.

Mais n’oubliez pas : exporter en Inde, ça ne s’improvise pas.


3.

En dépit des turbulences régionales, Oman s’ouvre à son tour aux fintech. Dans leur quête de diversification économique, les pays de la région continuent à déblayer la voie pour développer ce pan porteur de la tech. Le dernier mouvement en date n’est pas le moins surprenant : la Banque centrale d’Oman (CBO), l’autorité des services financiers (FSA) et le ministère des Finances ont annoncé le lancement d’une stratégie nationale fintech. Une plateforme d’entrée de marché, nommée Fintech Gate, a vu le jour (elle est hébergée sur Invest Oman). Les candidats peuvent l’utiliser pour cerner les exigences réglementaires, compléter la phase initiale de candidature ou entrer en contact avec les diverses parties prenantes nationales. Selon la CBO, la plateforme doit rendre l’entrée sur le marché plus transparente, prévisible et efficace pour les entreprises fintech locales mais aussi internationales.

L’an passé, le petit sultanat avait commencé à baliser le terrain en mettant en place un cadre pour les banques digitales (ouvert aux succursales de banques étrangères) et un cadre d’open banking. Depuis juillet, les frais de virements numériques locaux ont aussi été réduits. Ces évolutions ont de quoi éveiller l’intérêt des fines gâchettes de la fintech, même si Oman est loin d’être une terre conquise pour la tech française. En tout cas, le pays aux 5 millions d’habitants est déterminé à attirer les investisseurs internationaux de ce côté-là de la péninsule. Tout récemment, le gouvernement a approuvé un nouveau programme national visant à renforcer l’environnement des investissements étrangers dans le pays en 2027.

La France dispose de l’un des principaux écosystèmes fintech d’Europe. Au printemps, le Palmarès Fintech100révélait que 73% des sociétés françaises du secteur étaient à l’international ou avaient l’intention de s’y développer. Si l’UE reste leur destination privilégiée, le Moyen-Orient ne manque pas d’atouts, bien que l’accès demeure exigeant et les réglementations disparates. Le marché naissant reste dynamique. Si les startups du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont levé 22 % de moins au premier semestre, selon Wamda, la fintech est restée le premier secteur financé au premier trimestre 2026.


Olivier Vincent, directeur exécutif Export de Bpifrance :  « Nous sommes le banquier et l’assureur de la TFE »

A quelques jours de la 12ème édition de BIG, grand rendez-vous annuel et de plus en plus international des entrepreneurs français organisé par Bpifrance le 8 octobre, Olivier Vincent, son directeur exécutif Export, livre au Moci les premières tendances des activités export de la banque publique pour l’année 2026 et revient sur les évolutions en cours des dispositifs publiques de soutien export, Team France Export (TFE) et Team France Financement.

Lire l’article complet


4.

La souveraineté pharmaceutique est plus que jamais en haut de la pile des priorités des politiques publiques africaines. Industrie relocalisée, écosystème pharmaceutique structuré, renforcement des capacités réglementaires : le chantier est colossal. Lors de l’ouverture du sixième PharmaReg AfriSummit 2026, qui se tient jusqu’au 2 octobre à Nairobi, le ministre de la Santé du Kenya, Aden Duale, a souligné que son pays visait à produire sur son sol au moins la moitié de ses produits de santé essentiels d’ici 2030. C’est demain. Outre la dimension industrielle et logistique, le contrôle réglementaire et la protection des consommateurs doivent également être investis, a-t-il précisé.

Quelques jours plus tôt, des hauts responsables ghanéens appelaient eux aussi au renforcement de la production pharmaceutique locale, alors que le Ghana cherche comme ses voisins à réduire sa dépendance aux importations et à améliorer l’accès aux médicaments essentiels. Une stratégie quinquennale du gouvernement vise à augmenter de 30 % à 70 %  la proportion de médicaments fabriqués localement.

Pour les exportateurs français du secteur, des opportunités se dessinent à tous les échelons, que ce soit dans le transfert de compétence et de technologie, la modernisation et l’innovation industrielle, la formation des ressources humaines (que ce soit dans la recherche ou l’ingénierie), la logistique des produits sanitaires ou la protection des patients. Le 24 septembre, à Abidjan, les acteurs du secteur pharmaceutique de Côte d’Ivoire, réunis en forum, ont également souligné un autre enjeu immense en Afrique de l’Ouest et au-delà : la mise en conformité aux normes internationales. Un chantier où l’expertise de prestataires français en conseil réglementaire et qualité peut là aussi trouver preneur.


5.

D’Australie à l’Arabie saoudite, la construction préfabriquée et modulaire gagne du terrain. Une estimation récente voit le marché mondial atteindre 340 milliards de dollars d’ici 2035, contre 180 milliards de dollars l’an passé, grâce à un taux de croissance annuel de 6,6 %. Manque de main d’œuvre et urbanisation rapide en sont les principales causes.

En Inde, la demande a récemment été boostée par l’initiative gouvernementale « Make in India », qui a fait de la préfabrication un passage obligé pour accélérer la construction de sites industriels, de data centers, d’usines pharmaceutiques ou encore de parcs logistiques. A l’autre bout du monde, le marché affiche des performances en béton armé. En Australie, notamment, une croissance de 10 % est attendue cette année, dans la foulée des années précédentes. Pas de ralentissement en vue avant 2030 au moins. Ces derniers mois, des gouvernements locaux, comme celui de Nouvelle-Galles du Sud, ont ouvert les vannes au préfabriqué et aux logements modulaires pour construire plus vite et moins cher.

Et plus récemment, c’est du côté de Riyad qu’une ode au préfabriqué a retenti. Lors de la conférence « Shaping Mega Projects », le 28 septembre, le PDG par intérim de la Fondation du Parc du Roi Salman, Dale Chadwick, a estimé que le royaume allait devoir recourir en masse à la préfabrication pour pouvoir faire sortir du sable toutes les chambres d’hôtel que l’Arabie saoudite promet pour sa Coupe du monde 2034. « La modularité et la préfabrication sont assurément la solution », a-t-il clamé.

On vous conseille aussi de garder un œil sur👇

  • En Pologne, le marché du jeu vidéo est en train de devenir l’un des plus florissants de l’économie numérique du pays.
  • Entrerait-on dans une ère de réindustrialisation navale ? Pour sortir de la dépendance à la Chine, plusieurs pays pensent pouvoir relancer leur industrie navale de marine marchande. Le Japon veut construire des navires GNL et hydrogène, quand le Royaume-Uni annonce un plan de relance.
  • Welcome to Saoudiwood. Petit à petit, les productions cinématographiques saoudiennes commencent à conquérir les salles obscures du royaume. Un écosystème à surveiller.
  • Le Nigeria officialise un fonds de 300 millions de dollars sur les EnR. Objectif : stimuler les mini-réseaux, les systèmes solaires autonomes et d’autres projets d’électricité non-connectés au réseau national.
  • La Banque africaine de développement débloque 240 millions de dollars pour aider la Tunisie à moderniser le réseau d’eau potable du Grand Tunis et réhabiliter les unités du Groupe Chimique Tunisien (GCT).

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