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© Grecaud Paul-Fotolia.com

Coronavirus / UE : l’arsenal européen pour limiter l’impact économique

19 mars 2020


Les conséquences sur l’économie réelle de la pandémie Covid-19 liée au coronavirus venu de Chine bouscule tous les dogmes économiques. Il est vrai que l’heure est grave, ces conséquences pourraient être comparables à celles de la crise de 2008, a averti Christine Lagarde, la Présidente de la Banque centrale européenne (BCE).

Celle-ci a annoncé dans la soirée du 18 mars la mise en place d'un programme massif de rachat de titres de 750 milliards d'euros, du jamais vu dans la zone Euro, un montant six fois plus élevé que celui annoncé initialement le 12 mars (voir plus bas).

L’UE anticipe désormais une forte récession sur 2020. « Avant la crise, on était aux alentours de 1,4 % » de prévision de croissance « sur l'ensemble du continent. On pense qu'on va avoir un impact entre 2 et 2,5 % » sur cette croissance, a précisé Thierry Breton, le commissaire au Marché intérieur et à l’industrie, sur le plateau de BFM Business lundi 16 mars.

Les ministres de la zone euro prêts à agir « quoi qu’il en coûte »

Si la virulence qu’aura l’épidémie reste difficile à évaluer sur le plan sanitaire, le choc économique, lui, ne fait plus aucun doute. Une perspective qui exige une réponse immédiate et massive des autorités nationales et européennes.

« Nous sommes prêts à agir quoi qu’il en coûte », ont à nouveau martelé les dix-neuf ministres de l’Économie et des finances de la zone euro (Eurogroupe), à l’issue d’une rencontre organisée dans la soirée du lundi 16 mars par visioconférence.

L’objectif est double. Il s’agit d’abord de limiter, autant que possible, l’impact direct et indirect des mesures de confinement qui mettent à l'arrêt de nombreuses activités. Mais aussi de mettre sur la table les moyens nécessaires pour « relancer la machine » une fois que la crise sanitaire sera passée.

« Le confinement forcé met nos économies dans une situation semblable à celle d’une guerre », a déclaré Mario Centeno, le Président de l’Eurogroupe. A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Les Européens sont prêts à sortir l’artillerie lourde pour rassurer les populations et les marchés visiblement peu convaincus par l’arsenal de mesures déjà présenté le 12 mars dernier par la BCE.

Christine Lagarde a mis les États au pied du mur

Car le salut ne viendra pas, cette fois, de la BCE basée à Francfort. Ce jeudi 12 mars, Christine Lagarde a mis les États au pied du mur, quitte à s’exposer à une volée de critiques, du moins dans un premier temps. C’est à eux d’agir « de manière ambitieuse et coordonnée », a estimé l’ex-présidente du FMI.

En clair, il s’agira d’activer la politique budgétaire en mettant sur la table les financements nécessaires pour soutenir l’activité économique.

Dans la foulée, la BCE a néanmoins annoncé qu’elle fournira aux banques commerciales d’amples liquidités, à long terme et à des taux négatifs. L'enveloppe additionnelle de 120 milliards d’euros (Md EUR) initialement annoncée le 12 mars a donc été portée à 750 Md EUR une semaine plus tard : elle visera à accroître ses achats nets d’actifs financiers.

Cette enveloppe est du même niveau désormais que les  700 milliards de dollars proposés par la Réserve fédérale américaine. L’action de la BCE « ne sera pas suffisante », avait déploré le président français Emmanuel Macron après les premières annonces de la BCE : il a été l'un des premiers à saluer aujourd'dui 19 mars la nouvelle initiative de la BCE.

Car rien ne garantit que ces « incitants » soient suffisants pour rassurer les investisseurs. De même, les banques peuvent bien être abondamment pourvues en liquidités par la BCE, à des taux négatifs, et être réticentes à prêter à des entreprises fragilisées par la chute de leurs ventes. Il faut donc frapper un grand coup.

Tirer les leçons du passé

La balle est donc dans le camp des États membres. Et visiblement ceux-ci ont appris les leçons de la crise financière. Pas question de répéter les erreurs du passé en appuyant sur le frein budgétaire. A défaut d’un grand plan de relance européen, comme l’aurait souhaité le Président français, les ministres des Finances de la zone euro ont tenté de remettre un peu d’ordre dans les mesures nationales décidées, dans un premier temps, sans concertation.

Globalement les réponses apportées sur le plan national sont du même registre (aides aux PME, chômage partiel, soutien aux secteurs de la santé, etc.), même si bien sûr les montants engagés ne représentent pas les mêmes efforts selon les pays. Mis bout à bout, « ils représentent déjà 1% du PIB de la zone euro pour 2020 », soit plus de 100 Md EUR, s’est félicité Paolo Gentiloni, le commissaire en charge des Affaires économiques et monétaires.

Quant aux mesures destinées à soulager la trésorerie des entreprises, tel que le report du paiement d’impôts, elles pèseraient déjà environ 10 % du PIB, soit près de 1 000 Md EUR.

La Commission a, quant à elle, augmenté l’enveloppe financière issue en grande partie du budget européen, qui passera de 25 Md EUR, comme annoncé initialement, à 37 Md EUR. Si nécessaire, 28 Md EUR supplémentaires pourront être affectés à la lutte contre les conséquences économiques de l’épidémie.

La BEI annonce la mobilisation de 40 Md EUR

La Banque européenne d’investissement (BEI) participera elle aussi à « l’effort de guerre ». Dans un communiqué publié le 16 mars, l’institution basée au Luxembourg a annoncé qu’elle prévoyait des ressources supplémentaires « pour le secteur de la santé, pour des aménagements d’urgence, et pour la mise au point de médicaments et de vaccins ».

Quelque 40 Md EUR seront également mobilisés, « avec des garanties provenant du Groupe Banque européenne d’investissement et du budget de l’Union européenne », pour apporter son soutien aux entreprises touchées de plein fouet par la pandémie.

Le paquet se compose des éléments suivants :

- des programmes de garanties spécifiques pour les banques afin de permettre un déploiement immédiat de 20 Md EUR de financements ;

- des lignes de liquidités spécifiques pour les banques, destinées à soutenir davantage les fonds de roulement des PME et des ETI, représentant 10 Md EUR ;

- et enfin, « des programmes spécifiques d’acquisition de titres adossés à des actifs pour permettre aux banques de transférer le risque sur des portefeuilles de prêts destinés à des PME », avec à la clé 10 Md EUR.

La BEI appelle également les États à mettre en place une garantie supplémentaire importante et modulable afin d’assurer l’accès des PME et des ETI aux financements, ce qui a déjà été faits dans certains pays comme la France via Bpifrance.

Pour Werner Hoyer, le Président de l’institution financière, la réponse européenne doit être forte et immédiate. « En partenariat avec les États membres, la Commission européenne et d’autres partenaires financiers, et en premier lieu les banques nationales de promotion économique, nous voulons mettre au point un important paquet financier qui peut être déployé immédiatement, sans avoir à passer par une nouvelle législation », a-t-il assuré.

Dans son viseur ? Les PME ainsi que les ETI (entreprises de taille intermédiaire). « Elles ont grandement besoin d’aide, et il faut la leur apporter au plus vite ».

Fin du dogme budgétaire à Bruxelles, assouplissements sur les aides d’État

De son côté la Commission s’est engagée à se montrer la plus flexible possible pour aider les États membres à limiter les conséquences économiques de la crise sanitaire.

Alors que les programmes d’aide nationaux risquent de grever les finances publiques de certains pays, qui comme l’Italie ou la France, ne disposent pas du même matelas financier que l’Allemagne, Bruxelles a garanti qu’ils ne seraient pas tenus de respecter les contraintes budgétaires du pacte de stabilité et de croissance (PSC).

L’exécutif européen a également mis au point une série de mesures temporaires pour approuver plus rapidement les aides d’État en réponse au coronavirus. La mesure sera applicable dans les jours à venir et permettra aux gouvernements nationaux d’injecter des fonds publics sous certaines conditions dans les entreprises, en particulier les PME, et ce sans l’aval de Bruxelles.

Ce cadre « autorisera les États membres à user de toute la flexibilité prévue par la législation sur les aides d’État pour affronter cette situation sans précédent », a expliqué Magrethe Vestager, la vice-Présidente de la Commission en charge du Numérique et de la concurrence.

Les gouvernements seront ainsi autorisés :
-à verser des subventions directes plafonnées à 500 000 euros par société ;
-à accorder des garanties de l’État sur des prêts bancaires ;
-à consentir des prêts publics et privés à taux réduit ;
-et à transférer des liquidités aux banques pour qu’elles les injectent dans les PME.

Ces mesures temporaires « constituent une aide directe aux clients des banques, et non aux banques elles-mêmes », a insisté l’exécutif. Une façon de s’assurer que les banques ne s’approprient pas ces nouvelles liquidités disponibles, comme ce fut le cas lors de la précédente crise.

Kattalin Landaburu, à Bruxelles

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