Économie
Dernière mise à jour : avril 2026
Informations pays
Monnaie : Rial yéménite (YER)
Population : 41,8 millions d’habitants en 2025 ; projection à 43,0 millions en 2026 (Nations Unies, révision 2024)
PIB nominal : 17,35 milliards USD en 2025 (FMI) ; 19,10 milliards USD en 2024 (Banque mondiale)
PIB par habitant (nominal) : 415 USD en 2025, contre 471 USD en 2024 (FMI)
PIB par habitant (PPA) : 1 996 USD en 2023 (FMI) — l’un des plus bas au monde
Taux de croissance du PIB réel : 2025 : −0,5 % ; 2023 : −10 % environ (FMI, Conseil d’administration, avril 2026) ; 2026 : contraction modeste de −0,7 % projetée par le FMI
Inflation : 27 % en 2024, remontée au-dessus de 35 % en glissement annuel en juillet 2025, sous l’effet d’une dépréciation du rial de 30 % depuis le début de l’année (FMI, octobre 2025) ; 18,5 % projeté pour 2026 (FMI)
Dette publique / PIB : 70,9 % du PIB en 2024 ; au-delà de 100 % du PIB du gouvernement internationalement reconnu (GIR) à mi-2025 (FMI)
Solde du compte courant / PIB : déficit ramené de −40,6 % du PIB en 2022 à une moyenne de −14,5 % sur 2023-2024, grâce à la compression des importations, des transferts robustes et des dons bilatéraux (FMI)
Chômage : environ 17,1 % en 2024 (données Trading Economics)
⚠ Point d’attention : Le 28 mars 2026, les Houthis ont repris leurs attaques contre Israël en s’associant au conflit Iran-Israël de 2026. Des missiles balistiques ont été lancés et plusieurs UAVs ont été interceptés en direction d’Eilat début avril 2026. Si les Houthis reprennent leurs attaques sur la mer Rouge, la route du Bab al-Mandeb — qui gère environ 12 % du commerce maritime mondial d’hydrocarbures — serait à nouveau menacée, ouvrant un second front maritime au conflit régional.
Conjoncture économique
Des années de guerre civile ont fait du Yémen l’un des États les plus fragiles au monde. Sur la dernière décennie, le PIB réel s’est contracté d’environ 27 %, les revenus par habitant ont chuté et la dépréciation monétaire a réduit les revenus réels des ménages.
L’économie se relève progressivement de la profonde récession entamée après l’arrêt des exportations pétrolières en 2022, le rythme de contraction s’étant modéré — de −10 % environ en 2023 à −0,5 % en 2025. En 2024, le PIB s’est contracté pour la troisième année consécutive de 1,5 %, sous l’effet de la baisse de la production pétrolière et de GLP, des exportations, et de la consommation intérieure pesant sur les salaires du secteur public.
L’inflation, qui avait atteint 27 % en 2024, a dépassé 35 % en glissement annuel à juillet 2025, conséquence d’une dépréciation du rial yéménite de 30 % depuis le début de l’année. Pour y remédier, le gouvernement internationalement reconnu (GIR) a mis en place en août 2025 des mesures de stabilisation du marché des changes. Ces mesures ont conduit à une appréciation et à une stabilisation notables du rial, contribuant à faire baisser l’inflation.
Pour 2026, le FMI projette une contraction modeste de −0,7 % dans un contexte d’inflation toujours élevée et d’affaiblissement de la consommation privée. La hausse des importations et la faiblesse des exportations devraient détériorer la position extérieure, peser sur le taux de change et épuiser des réserves déjà très faibles. Les réserves de change couvrent à peine un mois d’importations — principalement de denrées alimentaires, d’énergie et de médicaments.
Le soutien financier saoudien de 368 millions USD annoncé en septembre 2025 pour les postes budgétaires, énergétiques et de santé, complété par l’aide des Émirats arabes unis, constitue une avancée positive mais reste insuffisant au regard de l’ampleur des besoins.
À moyen terme, la croissance est attendue à +0,5 % en 2026 par les services du FMI (estimation antérieure à la révision d’avril 2026), avant d’atteindre environ 2,5 % d’ici 2030, portée par le développement des exportations non pétrolières, les transferts de la diaspora et la production de produits pétroliers raffinés pour la production d’électricité.
Structure économique et commerce extérieur
Le secteur pétrolier, pourtant essentiel, souffre d’un sous-investissement chronique, de problèmes de maintenance et de difficultés à attirer les capitaux étrangers. Le secteur non pétrolier est, lui, paralysé par les obstacles physiques au commerce intérieur, les pénuries d’intrants, la double imposition généralisée et l’absence de coordination des politiques publiques.
Depuis que les attaques houthies sur les infrastructures pétrolières ont stoppé les exportations de brut en 2022, le Yémen est devenu importateur net de pétrole, renversant la structure historique de son économie. Les exportations ont continué de chuter, passant de 61,4 millions USD en 2023 à 49,7 millions USD en 2024. Les cinq premiers produits d’exportation en 2024 sont désormais la ferraille de fer et d’acier, le poisson frais et surgelé, les mollusques, et les oignons et légumes.
Le déficit commercial s’est établi à 4,3 milliards USD en 2024. Le Yémen importe essentiellement des carburants, du blé et du maïs, du riz, des produits pharmaceutiques, du sucre et des véhicules. Le pays importe environ 90 % de ses denrées alimentaires et biens de consommation.
Les Yéménites demeurent très vulnérables aux fluctuations des envois de fonds de la diaspora et des flux d’aide internationale, véritables bouées de sauvetage pour l’économie, ainsi qu’aux effets du changement climatique sur l’agriculture et les ressources en eau.
Situation humanitaire et aide internationale
La crise humanitaire yéménite figure parmi les pires au monde, avec plus de la moitié de la population dans le besoin urgent d’assistance. Le conflit a provoqué une insécurité alimentaire généralisée, des épidémies, des déplacements massifs et un accès limité à l’eau potable, affectant tout particulièrement les enfants.
À fin septembre 2025, seulement 19 % des 2,5 milliards USD requis au titre du Plan de réponse humanitaire des Nations Unies pour le Yémen avaient été financés — le niveau le plus bas depuis plus d’une décennie. Plus de 60 % des ménages, aussi bien dans les zones contrôlées par le GIR que dans celles des Houthis, déclarent une consommation alimentaire insuffisante.
Dynamiques politiques et sécuritaires récentes
Depuis 2015, le Yémen est divisé entre les Houthis soutenus par l’Iran au nord et le Conseil de leadership présidentiel (CLP) internationalement reconnu au sud. Bien que les lignes de front principales soient largement figées depuis le cessez-le-feu de 2022, une réorganisation rapide des forces du CLP s’est produite entre décembre 2025 et janvier 2026. En décembre 2025, le Conseil de transition du Sud (CTS) a élargi son contrôle sur le Yémen méridional non-houthi et annoncé un projet de référendum sur l’indépendance. En janvier 2026, une contre-offensive du CLP a récupéré l’ensemble des gains territoriaux du CTS.
Le 6 mai 2025, un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et les Houthis, négocié par Oman, a mis fin aux frappes américaines conduites depuis mars 2025 ainsi qu’aux frappes aéronavales conjointes États-Unis/Royaume-Uni menées dans le cadre de la crise en mer Rouge. Les Houthis ont accepté de suspendre leurs attaques contre les navires en mer Rouge, en précisant toutefois que ce cessez-le-feu ne s’appliquait pas à Israël.
Si les attaques houthies ont pris fin en octobre 2025, le trafic maritime en mer Rouge n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant 2023, et plusieurs compagnies maritimes restent détournées de cette route depuis le conflit israélo-iranien de 2026.
⚠ Point d’attention : Le 28 février 2026, en réponse à la guerre Iran-Israël de 2026, les Houthis ont menacé d’escalade et de reprise des attaques en mer Rouge. L’envoyé spécial de l’ONU Hans Grundberg a appelé les Houthis à s’abstenir de tout acte escalatoire. Les Houthis n’ont pas exclu la fermeture du détroit de Bab al-Mandeb, avertissant que cette option était « probable » en cas d’escalade de l’agression contre l’Iran ou si les États du Golfe rejoignaient directement la guerre. Ce détroit est l’un des points de passage les plus critiques au monde, gérant environ 12 % du commerce maritime mondial d’hydrocarbures. Une nouvelle fermeture aurait des répercussions directes sur les approvisionnements importés par le Yémen et sur les exportations non pétrolières du pays.
Points de vigilance
Économie dualisée : Le conflit a accentué la division du pays en deux régions économiques distinctes, chacune disposant de ses propres institutions, dont deux banques centrales avec des monnaies et des politiques séparées, engendrant des disparités croissantes.
Dépendance aux importations alimentaires : Le Yémen importe la quasi-totalité de ses denrées alimentaires. Toute nouvelle perturbation maritime en mer Rouge ou en mer d’Arabie renchérirait immédiatement le coût des importations vitales et aggraverait l’insécurité alimentaire.
Secteur financier sous tension : Le secteur bancaire traverse de graves difficultés, avec la relocalisation des banques de Sanaa vers Aden pour échapper aux sanctions et aux contraintes réglementaires.
Risque de change : Le FMI souligne l’importance d’un régime de taux de change fondé sur le marché pour renforcer la crédibilité des politiques et améliorer l’allocation des devises. Le renforcement du cadre d’adjudication des changes et la correction des désalignements émergents sont des priorités essentielles.
Aide humanitaire en chute libre : Le maintien du blocus des exportations pétrolières, les faibles réserves de change et la baisse de l’aide internationale contraignent la capacité du GIR à maintenir les services essentiels et à financer les importations.
Risque géopolitique régional : Si le conflit régional au Moyen-Orient se prolonge, il fait peser des risques substantiels sur le Yémen — notamment via la hausse des prix alimentaires et énergétiques, les perturbations d’approvisionnement et la baisse des transferts de fonds — susceptibles d’intensifier la dépréciation de la monnaie et l’inflation.
Sources : FMI – Conclusions de l’Article IV 2025 (avril 2026), FMI – Déclaration de conclusion de la mission Article IV 2025 (octobre 2025), Banque mondiale – Yemen Economic Monitor, novembre 2025, Banque mondiale – Macro Poverty Outlook Yemen (2025), FMI – Fiche pays Yémen (2026), House of Commons Library – Yemen in 2025/26 (avril 2026), UNHCR – Yémen (2025), Trading Economics – Balance commerciale Yémen (2024)
Commerce extérieur
Dernière mise à jour : avril 2026
Commerce extérieur du Yémen
⚠ Point d’attention : La situation sécuritaire au Yémen demeure extrêmement volatile en avril 2026. Après la suspension des attaques Houthis sur le trafic maritime en mer Rouge à la suite du cessez-le-feu Gaza d’octobre 2025, le 28 février 2026, en réponse à la guerre Iran-Israël de 2026, les Houthis ont menacé d’escalader le conflit et de reprendre les attaques en mer Rouge. Parallèlement, les lignes de front Houthis-CLP (Conseil de leadership présidentiel) sont restées largement figées depuis le cessez-le-feu de 2022, mais un réaménagement rapide des forces du CLP s’est produit de décembre 2025 à janvier 2026 : le Conseil de transition du Sud (CTS), faction séparatiste, avait étendu son contrôle sur le Yémen non houthiste méridional avant que la contre-offensive du CLP, en janvier 2026, ne reprenne l’ensemble des gains territoriaux du CTS. Bien que les attaques Houthies aient cessé en octobre 2025, le trafic maritime en mer Rouge n’a pas retrouvé ses niveaux d’avant 2023, et certaines compagnies de transport évitent déjà cette route depuis le conflit Israël/États-Unis-Iran de 2026.
Aperçu général
Le commerce extérieur du Yémen, qui représentait autrefois plus de 80 % du PIB, a diminué avec la guerre civile, atteignant à peine 49 % du PIB en 2018, selon la Banque mondiale, qui a cessé de publier des données sur le commerce du Yémen depuis cette date. Le Yémen a une balance commerciale structurellement négative car il doit importer la majeure partie de sa consommation d’énergie, contrairement à la plupart des autres pays de la région. Le pays importe environ 90 % de ses denrées alimentaires et biens de consommation.
Flux commerciaux (données les plus récentes disponibles)
Les exportations du Yémen ont diminué à 49,73 millions USD en 2024, contre 61,43 millions USD en 2023, reflétant l’impact du blocus houthi sur les exportations pétrolières du gouvernement internationalement reconnu (GIR). Les importations se sont établies à 4 347 millions USD en 2024, contre 4 529 millions USD en 2023. Le déficit commercial est estimé à -8,2 milliards USD pour 2024, en réduction de -26,6 % par rapport aux -11,2 milliards USD de 2023.
Note : selon FocusEconomics, les exportations totales s’établissaient à 0,20 milliard USD en 2023, tandis que les importations totales atteignaient 5 milliards USD. Les données disponibles varient sensiblement selon les sources en raison de la fragmentation institutionnelle du pays et de l’absence de statistiques officielles consolidées.
Principaux produits exportés
Les cinq premiers produits exportés depuis le Yémen en 2024 sont la ferraille de fer et d’acier, le poisson frais entier, le poisson congelé entier, les mollusques, puis les oignons, l’ail et les poireaux ; ces cinq catégories représentent collectivement près de la moitié (47 %) de la valeur totale des exportations yéménites. Le pétrole brut, historiquement premier poste d’exportation, demeure bloqué : le blocus des exportations pétrolières du GIR imposé par les Houthis a eu un impact significatif sur l’économie du Yémen.
Principaux produits importés
Le Yémen importe principalement des carburants, du blé et du maïs, du riz, de la viande, des produits pharmaceutiques, du sucre et des véhicules. Les principales importations en valeur comprennent les huiles de pétrole et préparations (hors brut) pour 1 333 millions USD, le blé dur pour 547 millions USD, le sucre brut de canne pour 165 millions USD et le maïs pour 164 millions USD.
Partenaires commerciaux
Principaux clients (2022, données OEC) : Selon les données de l’OEC pour 2022, les principaux clients du Yémen étaient la Chine (31,7 %), la Thaïlande (20,5 %), l’Inde (11,9 %), les Émirats arabes unis (6,9 %) et Oman (4,8 %). Les principaux partenaires à l’export sont la Chine, l’Inde, la Thaïlande, les Émirats arabes unis, Singapour, l’Afrique du Sud et le Japon.
Principaux fournisseurs (2022, données OEC) : Les importations proviennent principalement de Chine (25,7 %), des Émirats arabes unis (14,0 %), de Turquie (10,0 %), d’Inde (9,8 %) et d’Oman (3,8 %).
Relations commerciales avec la France
Le Yémen ne figure pas parmi les partenaires commerciaux significatifs de la France. Les échanges bilatéraux demeurent marginaux en raison du conflit armé qui dure depuis 2015. Les exportations américaines de biens vers le Yémen en 2025 s’élevaient à 42,7 millions USD, en recul de 67,6 % par rapport à 2024, illustrant la tendance générale au tarissement des exportations occidentales vers ce marché. Les données spécifiques France-Yémen publiées par la DG Trésor ne sont pas disponibles pour les années récentes, reflet de l’insignifiance statistique de ces flux.
Politique commerciale et cadre multilatéral
Le Yémen est membre de l’OMC depuis le 26 juin 2014. Le pays est également membre de la Grande Zone Arabe de libre-échange (GAFTA), un accord de la Ligue arabe entré en vigueur le 1er janvier 2005, visant à former une zone de libre-échange arabe. Toutefois, le conflit a limité la capacité du Yémen à bénéficier pleinement de ces accords, car de nombreux ports et routes commerciales ont été perturbés.
Infrastructure portuaire et logistique
Plus de 90 % des importations du Yémen transitent par ses ports maritimes. La situation portuaire est profondément affectée par le conflit :
Port d’Aden (golfe d’Aden, sous contrôle du GIR) : principal port commercial du Yémen reconnu par la communauté internationale. En septembre 2024, la Yemen Gulf of Aden Ports Corporation (YGAPC) a annoncé l’introduction d’une déclaration anticipée de cargaison (ACD) pour les marchandises conteneurisées à destination de ses ports, exigeant un numéro ACD au port de chargement mentionné sur le connaissement. Cette exigence est devenue obligatoire pour les expéditions vers le Yémen à partir du 1er février 2025.
Port de Hodeidah (mer Rouge, sous contrôle houthi) : les frappes aériennes répétées et la hausse des coûts d’assurance ont réduit sa capacité opérationnelle de 70 %, selon des données Reliefweb de janvier 2025. En 2025, aucune réglementation ACD documentée n’a été confirmée pour les ports hors du contrôle du gouvernement reconnu, comme Hodeidah, administré par les autorités houthies, ou le port de Moka — les exigences dans ces ports sont à confirmer auprès d’agents locaux ou de compagnies maritimes.
Ports de Saleef et Ras Issa : également endommagés à la suite des frappes israéliennes de décembre 2024.
Pour les navires à destination des ports d’Aden, Mukalla et terminaux côté gouvernemental : une demande d’autorisation auprès du QG de la coalition à Riyad est requise préalablement à l’arrivée. Pour Hodeidah et Saleef : l’autorisation doit être sollicitée auprès de l’UNVIM à Djibouti (tél. : +253 77 103118, e-mail : [email protected]).
Impact de la crise en mer Rouge
La mer Rouge est un corridor stratégique du commerce international, en particulier pour les échanges entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique via le canal de Suez. Cette zone subit depuis novembre 2023 des attaques menées par les rebelles Houthis contre des navires marchands. La part du trafic maritime mondial transitant par le canal de Suez est passée de 12 % à 9 %. Le trafic de porte-conteneurs via Suez a chuté de 90 % en 2024.
Les Houthis ont repris les attaques contre certains navires non américains en juillet 2025 et ont continué leurs frappes à longue portée contre des cibles en Israël. Ils ont suspendu leurs attaques à la suite du cessez-le-feu israélo-Hamas d’octobre 2025 mais ont signalé leur volonté de les relancer si la guerre reprend à Gaza. En avril 2026, le cessez-le-feu brokered par le Pakistan ne comportait aucune obligation pour les Houthis et ne fixait aucune condition sur le Yémen. Le groupe militant a commencé à filtrer les navires transitant en mer Rouge selon leur identité politique.
Corruption et environnement des affaires
Parmi les pays les moins bien classés de la région, le Yémen (score : 13) reste dans un état d’incertitude lié à des conflits récents ou en cours. Le pays obtient un score de 13/100 à l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2025 de Transparency International, se classant 177e sur 182 pays, avec un score stable par rapport à l’édition précédente. Historiquement, la moyenne du Yémen de 2003 à 2024 est de 19 points, le score minimal de 13 points ayant été atteint en 2024.
Points de vigilance
Risque sécuritaire maximal : le Yémen demeure classé pays en guerre. En 2024, le Yémen est considéré comme le pays le moins pacifique au monde selon l’Indice mondial de la paix. Tout opérateur doit disposer d’une couverture d’assurance spécifique et réaliser une due diligence approfondie avant toute opération.
Double autorité portuaire : la dualité de gouvernance (GIR au Sud / Houthis au Nord) impose des procédures d’autorisation distinctes selon le port de destination. En 2025, les exigences réglementaires aux ports hors du contrôle du gouvernement reconnu peuvent varier et sont à confirmer auprès d’agents locaux ou de compagnies maritimes.
Dépendance alimentaire critique : le Yémen importe plus de 90 % de ses produits alimentaires et biens de consommation, rendant le marché potentiel pour les exportateurs de denrées alimentaires, de médicaments et d’équipements humanitaires — à condition de travailler via des organisations internationales et humanitaires.
Sanctions : le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté en novembre 2025 la résolution 2801, prolongeant d’un an le régime de sanctions contre le Yémen, maintenant le gel des avoirs financiers, les interdictions de voyage et l’embargo sur les armes imposés aux rebelles Houthis. Les exportateurs français doivent vérifier la liste des entités sanctionnées avant toute transaction.
Instabilité institutionnelle en 2026 : en décembre 2025 et janvier 2026, l’Arabie saoudite est intervenue militairement contre le CTS séparatiste, inversant sa mainmise sur les gouvernorats orientaux du Yémen et Aden. L’Arabie saoudite a accusé les Émirats arabes unis de soutien militaire au CTS, et les forces émiraties restantes ont quitté le Yémen. Cette recomposition interne génère une incertitude accrue sur la gouvernance du port d’Aden et les interlocuteurs institutionnels.
Corruption structurelle : le score IPC 2025 de 13/100 place le Yémen parmi les cinq pays les plus corrompus au monde. Les paiements informels, la double imposition et les pratiques non coordonnées entre les deux zones économiques sont documentés.
Risque de change : le pays est scindé en deux systèmes monétaires distincts : le conflit a accentué la division du pays en deux régions économiques distinctes, chacune régie par son propre ensemble d’institutions, y compris deux banques centrales avec leurs monnaies et politiques respectives.
Sources : Trading Economics – Yemen Exports (2024), Trading Economics – Yemen Imports (2024), World’s Top Exports – Yemen Top Exports 2024 (2025), Transparency International – IPC 2025, MENA (2026), OMC – Yémen membre (2014), Agence ADOCC – Profil commercial Yémen (oct. 2025), House of Commons Library – Yemen 2025/26 (mars 2026), Congressional Research Service – Yemen: Conflict & Red Sea Security (fév. 2026), Security Council Report – Yemen Feb. 2026, Revue Conflits – Mer Rouge (juin 2025), Tradlinx – Yemen Port List (mai 2025), UNVIM – Mécanisme de vérification ONU Yémen, USTR – Yemen Trade 2025
Risques et paiements
Mobilité
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : Le conflit au Yémen connaît une escalade majeure en 2025-2026. Les frappes israéliennes des 6 et 28 mai 2025 ont gravement endommagé puis mis hors service l’aéroport international de Sanaa. Par ailleurs, depuis fin février 2026, les Houthis ont repris leurs attaques contre Israël dans le cadre de la guerre régionale impliquant l’Iran. En parallèle, l’offensive du Conseil de Transition du Sud (décembre 2025 – janvier 2026) a reconfiguré les lignes de contrôle du territoire, avec une déclaration d’état d’urgence et la fermeture temporaire des points d’entrée. La situation sécuritaire et logistique du pays est au niveau de criticité maximale.
S’y rendre
Avertissement sécuritaire maximal
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) déconseille formellement tout séjour au Yémen. La fiche est datée du 7 avril 2026 : tout séjour au Yémen est à proscrire. Les ressortissants qui se trouvent encore sur place sont invités à quitter le pays sans délai.
⚠ Point d’attention : Fin mars 2026, les Houthis ont revendiqué plusieurs attaques contre Israël, lançant « des missiles de croisière et des drones » vers des objectifs militaires israéliens, dans le contexte de la guerre régionale ouverte à partir du 28 février 2026 impliquant notamment l’Iran. Le chef houthi Abdulmalik al-Houthi a déclaré que la mer Rouge reste bloquée pour les États-Unis et Israël.
Accès aérien : situation dégradée
⚠ Point d’attention : Les frappes aériennes israéliennes des 6 et 28 mai 2025 contre l’aéroport international de Sanaa ont détruit tous les avions commerciaux qui étaient garés sur le tarmac, privant les civils de la principale voie d’accès au monde extérieur. Les pertes liées à ces frappes sur l’aéroport ont été estimées à environ 500 millions de dollars. Depuis 2022, l’aéroport de Sanaa n’accueillait qu’une liaison de la compagnie nationale Yemenia avec Amman ainsi que des vols humanitaires ONU. Les autorités houthies avaient annoncé la reprise des vols vers la Jordanie une dizaine de jours après les premières frappes de mai, avant que de nouvelles frappes ne remettent en cause cette reprise.
L’aéroport d’Aden (ADE) reste le principal aéroport opérationnel du Yémen avec des liaisons vers 11 destinations dans 7 pays. L’aéroport de Riyan (Mukalla), en cours de réhabilitation, a accueilli des vols domestiques depuis Aden début 2026, avec des préparatifs pour l’ouverture de lignes internationales. Il n’existe aucune liaison directe entre le Yémen et la France. Le transit par des hub régionaux (Amman, Djibouti, Djeddah, Dubaï, Le Caire) était la voie habituelle, sous réserve de l’état des pistes et de la sécurité.
Visa et formalités d’entrée
Les ressortissants français doivent obligatoirement disposer d’un visa valide pour entrer au Yémen. Compte tenu de la fermeture de l’ambassade de France à Sanaa depuis 2015 et de l’interdiction de séjour, ces informations n’ont qu’une portée théorique pour l’immense majorité des situations. Les demandes de visa pour la France depuis le Yémen doivent être adressées à l’ambassade de France à Djibouti, en Égypte ou en Arabie saoudite.
Présence française et représentation consulaire
L’ambassade de France au Yémen est fermée depuis le 13 février 2015. Pour les urgences consulaires, les Français restés au Yémen peuvent s’adresser à la section consulaire de l’ambassade de France à Djibouti (information mise à jour le 26 mars 2025). La section consulaire de l’ambassade de France à Djibouti est compétente pour l’ensemble du territoire de Djibouti, de l’Érythrée, du Soudan et du Yémen.
Contacts de la section consulaire de l’ambassade de France à Djibouti : Boulevard du Maréchal Lyautey, BP 75, Djibouti — Tél. : (00 253) 77 86 32 93 — dj.ambafrance.org — Horaires : dimanche au jeudi 7h30–13h00.
Les frais médicaux ou de rapatriement ne pourront en aucun cas être pris en charge par l’État français, l’ambassade de France à Sanaa étant fermée.
Chiffres clés — Sécurité et contexte
Global Peace Index 2025 : Le Yémen est classé 159e sur 163 pays, avec un score GPI de 3.229. Il figure parmi les cinq pays les moins pacifiques du monde selon le GPI 2025, reflétant ce que beaucoup considèrent comme la pire crise humanitaire mondiale.
Besoins humanitaires 2026 : Plus de 22 millions de personnes — dont 10,95 millions de femmes et de filles — nécessitent une assistance humanitaire et une protection au Yémen en 2026, incluant 5,2 millions de déplacés internes, 329 000 migrants et 63 000 réfugiés.
Insécurité alimentaire : La sécurité alimentaire aiguë reste alarmante : 18,3 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë, avec des analyses IPC indiquant une détérioration, y compris des poches de conditions catastrophiques.
Système de santé : Seuls 59,3 % des établissements de santé sont pleinement fonctionnels, la couverture vaccinale complète est de 63 %, et le pays fait face à un lourd fardeau de maladies épidémiques.
Financement humanitaire 2026 : L’ONU et ses partenaires ont besoin de 2,16 milliards USD pour atteindre 12 millions de personnes en 2026.
Situation sécuritaire et géopolitique
Fragmentation du territoire
Le Yémen continue de souffrir d’une insécurité omniprésente, d’une crise humanitaire qui s’approfondit et d’un règlement politique bloqué depuis dix ans. Les Houthis exercent un contrôle de facto sur le nord-ouest du pays, incluant la capitale Sanaa qu’ils ont saisie en 2014, tandis que le Conseil de direction présidentiel (PLC) constitue le gouvernement internationalement reconnu.
L’offensive du sud du Yémen de 2025-2026 a débuté le 2 décembre 2025, lorsque le Conseil de Transition du Sud (STC) a lancé une vaste opération militaire dans le gouvernorat de l’Hadramaout, alors sous contrôle du gouvernement reconnu internationalement. Le 2 janvier 2026, le dirigeant du STC a déclaré vouloir organiser un référendum pour proclamer l’indépendance du Yémen du Sud, avant qu’une intervention saoudienne n’oblige les EAU à retirer officiellement leurs forces du Yémen.
Houthis, mer Rouge et dynamique régionale
Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont été fragilisés par des frappes américaines intensives au printemps 2025, survenues en réponse à leurs attaques contre des navires en mer Rouge, qui ont provoqué une réduction majeure et durable du transit maritime à travers le détroit de Bab el-Mandeb. En juillet 2025, les Houthis ont repris leurs attaques contre des navires commerciaux en mer Rouge pour la première fois depuis fin 2024, dans le cadre de leur offensive contre Israël.
À partir du 15 mars 2025, l’armée américaine a mené des bombardements quasi quotidiens contre les Houthis. Ces bombardements intensifiés ont fait des centaines de morts selon les Houthis, avant qu’un cessez-le-feu américano-houthi ne soit annoncé par le président Trump le 6 mai 2025.
Santé
Le système de santé au Yémen est totalement déstructuré depuis le printemps 2015. Du fait des nombreuses coupures d’électricité, les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner correctement et sont parfois dans l’incapacité de soigner les patients.
Afin de faire face aux frais d’hospitalisation et aux dépenses de santé parfois très élevées à l’étranger, il est vivement recommandé de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux et de rapatriement sanitaire, au risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale.
Parmi les risques épidémiques recensés : dengue, choléra, paludisme. Le recours à un médecin avant tout déplacement pour mise à jour vaccinale et conseils préventifs reste impératif, dans les rares cas où un déplacement serait absolument incontournable (mission humanitaire ou diplomatique agréée).
Coût de la vie
Selon Numbeo (données actualisées au 2 janvier 2026), le coût de la vie estimé pour une famille de quatre personnes est de 3 429,8 USD par mois (hors loyer) et de 925,5 USD pour une personne seule. Le coût de la vie au Yémen est en moyenne 21,8 % inférieur à celui des États-Unis et les loyers y sont 85,4 % moins élevés. Ces données, issues de contributeurs locaux, sont à relativiser fortement : elles ne reflètent pas les conditions d’hyperinflation dans certaines zones de conflit ni la profonde dualité entre les territoires contrôlés par les Houthis et ceux du gouvernement reconnu, avec des monnaies et des niveaux de prix distincts.
Marché du travail et expatriation
Dans le contexte actuel, toute expatriation professionnelle au Yémen est à exclure pour les ressortissants français. Le marché du travail est paralysé par onze années de guerre civile. Les rares présences étrangères sur le terrain se limitent au personnel d’organisations humanitaires internationales (ONU, ONG) opérant sous protocoles de sécurité stricts, souvent depuis des bases délocalisées hors du pays. En 2025, l’environnement opérationnel très contraignant dans les zones contrôlées par les autorités de facto a conduit l’ONU à réduire des programmes humanitaires essentiels en fin d’année.
Conseils pratiques
Ne pas se rendre au Yémen. Tout séjour dans ce pays est formellement déconseillé par les autorités françaises.
Si vous vous trouvez exceptionnellement au Yémen dans le cadre d’une mission humanitaire ou diplomatique agréée : enregistrez-vous auprès du centre de crise du MEAE et suivez en permanence les avis de sécurité.
Pour toute urgence consulaire depuis le Yémen : contacter la section consulaire de l’ambassade de France à Djibouti — dj.ambafrance.org
Aucune compagnie aérienne occidentale ne dessert actuellement le Yémen depuis l’Europe. L’aéroport d’Aden demeure le seul hub international partiellement opérationnel, avec des connexions via le Moyen-Orient (Djeddah, Doha, Dubai) sous réserve de la situation sécuritaire.
En cas de présence professionnelle absolument incontournable, vérifier quotidiennement la page Conseils aux voyageurs — Yémen du MEAE, ainsi que les alertes du Centre de crise et de soutien (CDCS) : +33 (0)1 53 59 11 00.
Sources : MEAE – Conseils aux voyageurs Yémen (mis à jour 7 avril 2026), Service-Public.fr – Ambassade de France au Yémen (mars 2025), Vision of Humanity – GPI 2025, OCHA Yemen 2026, OCHA – Plan de réponse humanitaire Yémen 2026 (mars 2026), Numbeo – Coût de la vie Yémen (janvier 2026), Security Council Report – Yémen août 2025, Ambassade de France à Djibouti
Contacts
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : Le cap des 11 ans de guerre au Yémen est franchi en mars 2026, un conflit qui n’en finit pas, avec des combats en recrudescence et une population en première ligne. Le 6 mai 2025, les États-Unis ont annoncé la fin de leurs frappes contre le Yémen, résultat d’un accord de cessez-le-feu avec les Houthis négocié par Oman. Les Houthis ont accepté de cesser leurs attaques contre les navires américains, mais ont explicitement précisé que l’accord ne s’applique en « aucune façon » à Israël. En juillet 2025, les Houthis ont repris les attaques contre la navigation commerciale, coulant deux navires battant pavillon libérien. L’arrêt des financements américains et le retrait de plusieurs ONG fragilisent la réponse humanitaire ; l’ONU ne parvient pas à réunir le quart du financement nécessaire en 2025, faisant craindre une détérioration dramatique de la situation en 2026. Par ailleurs, depuis décembre 2025, le Conseil de transition du Sud a lancé une nouvelle offensive dans le sud du Yémen, avec des aspirations séparatistes affichées pour le Yémen du Sud en janvier 2026. Dans ce contexte, toute démarche commerciale vers le Yémen doit être appréhendée avec la plus grande prudence.
Les acteurs publics
AMBASSADE DE FRANCE — COMPÉTENCE YÉMEN (fermée à Sanaa)
L’ambassade de France au Yémen est fermée depuis le 13 février 2015. La France est représentée par son ambassadeur pour le Yémen et son équipe, basés à Riyad, en Arabie saoudite.
Pour les urgences consulaires, les Français restés au Yémen peuvent s’adresser à la section consulaire de l’ambassade de France à Djibouti.
Site : diplomatie.gouv.fr — Yémen
SECTION CONSULAIRE — AMBASSADE DE FRANCE À DJIBOUTI
La section consulaire de l’ambassade de France à Djibouti gère l’Érythrée, le Soudan et le Yémen.
Adresse : Boulevard Idriss Omar Guelleh, BP 2039, Djibouti
Tél. (urgences) : +253 77 86 32 93
Tél. (France consulaire) : 03 59 39 70 03 (lun-ven, 8h-16h, heure de Paris)
Ambassadeur : Jérôme Bresson
Site : dj.ambafrance.org
BUSINESS FRANCE — PROCHE ET MOYEN-ORIENT (hub Dubaï)
Le Yémen ne dispose pas de bureau Business France dédié. Axel Baroux assure la direction régionale Business France pour le Proche et Moyen-Orient depuis Dubaï. Le Golfe est la troisième région en importance pour l’opérateur derrière l’Amérique du Nord et l’Europe.
Site : world.businessfrance.fr/middle-east/
SERVICE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL — DG TRÉSOR (Abu Dhabi)
Basé à Abu Dhabi, le Service Économique Régional couvre les pays de la Péninsule arabique (Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Qatar, Oman, Yémen).
Adresse : Etihad Towers 3, Corniche Rd, 22e étage, PO Box 4014, Abu Dhabi, Émirats arabes unis.
Site : tresor.economie.gouv.fr/Pays/AE
Suivi Yémen : tresor.economie.gouv.fr — tag Yémen
SANCTIONS ÉCONOMIQUES UE — YÉMEN (DG TRÉSOR)
Le Règlement (UE) 1352/2014 concernant des mesures restrictives eu égard à la situation au Yémen reprend les résolutions 2140 (2014) et 2216 (2015) du Conseil de sécurité de l’ONU. Tout exportateur français vers le Yémen doit vérifier les listes de personnes et entités sanctionnées.
Site : tresor.economie.gouv.fr — Sanctions Yémen
Les acteurs privés
CCI FRANCE UAE (hub Moyen-Orient)
En l’absence de chambre de commerce franco-yéménite opérationnelle, la CCI France UAE à Dubaï et Abu Dhabi constitue le relais régional le plus pertinent pour les entreprises françaises souhaitant opérer dans la zone Péninsule arabique.
Ses centres d’affaires à Dubaï et Abu Dhabi offrent des solutions flexibles et personnalisées aux entreprises françaises souhaitant s’implanter et se développer au Moyen-Orient.
Site : ccifranceuae.com
Avocats d’affaires — cabinets couvrant le Yémen
En raison de la fermeture de l’ambassade de France et de l’état de conflit persistant, aucun cabinet d’avocats francophone n’est implanté au Yémen. Les cabinets internationaux à référence pour les dossiers yéménites travaillent principalement depuis Dubaï, Riyad ou Londres. Les cabinets locaux suivants, travaillant en anglais et arabe, sont reconnus par Chambers & Partners et Legal 500 pour les dossiers impliquant des clients internationaux :
LUQMAN LEGAL ADVOCATES & LEGAL CONSULTANTS
Établi en 2004 comme premier cabinet moderne du Yémen, Luqman Legal est devenu le choix de référence pour les clients recherchant des services juridiques de qualité internationale au Yémen, notamment en arbitrage international et contentieux. Les membres du cabinet offrent leurs services en arabe, en anglais et en français.
Localisation : Sanaa
Site : luqmanlegal.com
ALAGHBARI & PARTNERS, LAWYERS AND LEGAL CONSULTANTS
Cabinet de premier plan basé à Sanaa, Alaghbari & Partners offre de nombreuses années d’expérience dans les domaines judiciaires et juridiques depuis 1994. L’équipe réunit des avocats et consultants spécialisés dotés d’une expérience au Yémen et dans d’autres juridictions, ce qui lui permet de mieux appréhender les besoins des clients étrangers.
Site : aghbarilaw.com
LAW OFFICES OF SHEIKH TARIQ ABDULLAH
Cabinet notable, régulièrement classé pour ses activités maritimes et ses litiges de toutes tailles. Bien versé dans l’arbitrage international, il dispose également d’une solide expérience en banque et finance. Basé à Aden, il est dominant dans le sud du Yémen.
Localisation : Aden
Site : (à confirmer sur chambers.com)
Note pratique : Dans le contexte actuel de conflit, la praticabilité de recours juridiques au Yémen reste très limitée. Pour tout litige international, il est fortement recommandé d’inclure une clause d’arbitrage international (CCI Paris, DIFC, ou SIAC) dans tout contrat impliquant une contrepartie yéménite.
Sources d’information internet
Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères — Conseils aux voyageurs Yémen
Ambassade de France à Djibouti (compétence consulaire Yémen)
DG Trésor — Service économique régional Abu Dhabi (couverture Yémen)
DG Trésor — Sanctions économiques Yémen
Business France — Proche et Moyen-Orient
CCI France UAE — hub régional Dubaï / Abu Dhabi
OSCI — Annuaire des sociétés de conseil à l’international
Human Rights Watch — Rapport 2026 Yémen
Sources : Service-Public.fr — Ambassade de France Yémen (2025), DG Trésor — Émirats arabes unis/Yémen (2025), France ONU — Yémen (2025), Human Rights Watch World Report 2026 — Yémen (2026), Oxfam France — Crise humanitaire Yémen (2026), Amnesty International — Crise humanitaire Yémen (2025), Legal 500 — Yémen, Chambers & Partners — Yémen (2025)
Logistique & Douane
Dernière mise à jour : avril 2026
Logistique et douane — Yémen
⚠ Point d’attention : La situation logistique au Yémen reste d’une extrême complexité en avril 2026. Après deux ans d’attaques houthies sur le trafic maritime en mer Rouge (octobre 2023 – octobre 2025), le trafic maritime en mer Rouge ne s’est pas encore rétabli à ses niveaux d’avant 2023, et certaines compagnies maritimes l’évitent depuis le conflit israélo-américano-iranien de 2026. Par ailleurs, le 28 février 2026, en réponse à la guerre avec l’Iran, les Houthis ont menacé d’escalader le conflit et de reprendre les attaques en mer Rouge. Au sein même du territoire yéménite sous contrôle du Gouvernement Reconnu Internationalement (GRI), en décembre 2025 et janvier 2026, l’Arabie saoudite est intervenue militairement contre le Conseil de Transition du Sud (CTS), renversant la prise de contrôle par le CTS des gouvernorats orientaux du Yémen et d’Aden, siège du gouvernement reconnu internationalement.
Indicateurs de performance logistique
Le Yémen figure parmi les pays les moins bien classés au monde en matière de logistique. Selon l’édition 2023 du Logistics Performance Index (LPI) de la Banque mondiale — la plus récente disponible, le LPI n’ayant pas été actualisé en 2024 ni 2025 — le Yémen affiche un score de 1,7/5 en douane et 1,7/5 pour les expéditions internationales, le plaçant parmi les derniers du classement mondial. Plusieurs pays n’ont pu être notés en raison de l’indisponibilité des données ou de la guerre en cours ; le Yémen fait partie de ces pays non classés dans certaines éditions récentes.
Le programme B-READY (Business Ready) de la Banque mondiale, qui a remplacé le Doing Business en 2024, ne couvre pas encore le Yémen en raison du conflit et de l’absence de données fiables.
La Heritage Foundation (Index of Economic Freedom) ne publie pas non plus de score pour le Yémen, le pays étant exclu du classement en raison de la guerre en cours (données non disponibles, édition 2025).
Infrastructures portuaires
Le Yémen dispose d’un réseau portuaire divisé selon les lignes de front du conflit. Depuis janvier 2025, plusieurs ports yéménites — notamment Aden, Mukalla, Salif et Hodeidah — sont signalés comme opérationnels, tandis que d’autres comme le terminal marin de Ras Isa et le terminal GNL de Balhaf restent fermés.
Port d’Aden (sous contrôle GRI) : principal port du Sud, il est géré par la Yemen Gulf of Aden Port Corporation (YGAPC). Le port opère sous l’autorité exclusive de la YGAPC, assurant la sécurité des navires via des pilotes certifiés, des remorqueurs et des embarcations d’amarrage. Il respecte les normes du Code ISPS et a récemment mis à niveau son système de gestion du trafic maritime (VTMIS). Des responsables maritimes yéménites estiment que les ports de la mer d’Arabie ont le potentiel de devenir des hubs logistiques mondiaux, eu égard à leurs avantages compétitifs et leur capacité à accueillir différents types de navires commerciaux. Le terminal à conteneurs Ma’alla est équipé de cinq grues à portique Post-Panamax. En avril 2026, la compagnie aérienne FlyAden, dont les opérations sont liées à l’aéroport international d’Aden, concrétise l’ambition d’Aden comme hub régional.
Ports de la mer Rouge (sous contrôle houthi) : Hodeidah, Salif et Ras Isa constituent les principales voies d’entrée des marchandises vers le nord du pays. Les données de trafic sont très limitées et peu fiables en raison du conflit. La capacité des ports de la mer Rouge, y compris Hodeidah, Salif et Ras Isa, a été réduite d’environ 70 % selon des estimations de mars 2025. Les autorités affiliées aux Houthis à l’ouest du Yémen ont intensifié leurs efforts pour réhabiliter et étendre les ports stratégiques d’Hodeidah, de Ras Isa et de Salif, en construisant de nouveaux quais et en améliorant les infrastructures endommagées par les frappes aériennes. Dans les zones sous contrôle houthi, les frappes sur les ports clés et les pénuries de liquidités persistantes ont encore restreint les importations et l’accès aux biens essentiaux.
Port de Mukalla : sous contrôle GRI, le port de Mukalla se distingue par sa capacité à recevoir tous types de navires, en faisant un point d’entrée alternatif pour les marchandises commerciales à destination de l’est du pays.
Mécanismes d’inspection et de dédouanement portuaire
L’accès aux ports yéménites est soumis à un double régime d’autorisation. Dans le contexte du conflit et de la crise humanitaire, l’UNVIM (Mécanisme de Vérification et d’Inspection des Nations Unies pour le Yémen) facilite la circulation des marchandises commerciales par le biais de vérifications et d’inspections, ainsi que de demandes d’autorisation pour les navires commerciaux à destination des ports yéménites — à savoir Hodeidah et Salif. L’UNVIM, opéré depuis Djibouti par l’UNOPS, doit être saisi au minimum cinq jours avant l’arrivée du navire. Les demandes d’autorisation pour les autres ports yéménites (Aden, Mukalla, etc.) sous contrôle du gouvernement légitime sont gérées directement par le ministère des Transports du gouvernement.
Le ministère des Transports du Yémen contrôle les ports d’Aden et de Mukalla ainsi que les autres terminaux du sud du Yémen. Tous les navires faisant escale à Aden, Mukalla, Ash Shihr, au terminal Rudhum et au port de Nishtun doivent demander une autorisation auprès du QG de la coalition à Riyad avant leur arrivée. Contact coalition : [email protected] — Tél. : +966 550 144 425. Contact UNVIM (Djibouti) : Tél. : +253 77 103118 — Email : [email protected] — Site : vimye.org.
Douanes
L’autorité douanière yéménite (Yemen Customs Authority — YCA) reste opérationnelle depuis Aden, siège du gouvernement de transition. Le ministre des Transports a mis en avant la volonté du gouvernement d’activer le système de « guichet unique » dans les ports maritimes afin de lutter contre la corruption, simplifier les procédures et consolider les recettes publiques, dans le cadre d’un plan global de développement des secteurs maritime et terrestre.
Les documents requis pour le dédouanement à l’import comprennent : une facture commerciale détaillée, une liste de colisage complète, et un certificat d’origine attestant le pays d’origine des marchandises, notamment utile pour déterminer les tarifs douaniers applicables. Un connaissement original (Bill of Lading) avec endossement bancaire est exigé pour les envois commerciaux. Le Yémen impose des droits et taxes sur la plupart des marchandises importées. Les taux varient selon le type de marchandises et leur classification dans le tarif douanier, calculés généralement sur la valeur des marchandises, frais de transport inclus. Certains produits peuvent être exemptés de droits, notamment ceux liés à l’aide humanitaire ou aux biens essentiels tels que les denrées alimentaires et les médicaments.
Le dédouanement peut prendre un temps considérable en raison du conflit ; il est donc important de prévoir des délais supplémentaires et de s’assurer que toute la documentation est en ordre pour éviter des retards ou des pénalités.
Transport aérien
Le secteur aérien yéménite a subi des dommages considérables. L’aéroport international de Sanaa a suspendu tous les vols jusqu’à nouvel ordre en raison des dégâts importants causés par des frappes israéliennes en mai 2025. Israël a intensifié sa campagne aérienne contre les Houthis, conduisant à des frappes sur l’aéroport international de Sanaa et à la destruction des quatre appareils opérationnels de Yemenia en mai 2025. L’aéroport a depuis rouvert partiellement, n’accueillant depuis 2022 qu’une liaison avec Amman et des vols humanitaires de l’ONU.
L’aéroport international d’Aden (ADE) constitue désormais la principale porte d’entrée aérienne commerciale du pays. L’arrivée d’un premier A320 à Aden intervient dans un contexte de lente reprise du trafic international, encore largement contraint par la situation sécuritaire ; la capitale historique Sanaa reste très limitée en opérations commerciales, ce qui fait de l’aéroport international d’Aden une porte d’entrée essentielle. FlyAden, créée en 2024, a lancé ses opérations commerciales en novembre 2025, représentant un signe de normalisation progressive, aux côtés de la compagnie nationale Yemenia.
Transports terrestres
Le réseau routier yéménite est l’un des plus sous-développés de la région. Le Yémen est un pays à dominante rurale, avec plus de 70 % de la population vivant dans des zones rurales. Le transport routier est donc essentiel pour le développement du pays. Avec seulement environ 3 744 km de routes rurales goudronnées, représentant approximativement 6,4 % de l’ensemble des routes, le réseau routier négligé pose d’importants défis. Il n’existe pas de réseau ferroviaire. Les années de conflit au Yémen ont causé des dommages généralisés aux infrastructures urbaines, y compris de transport, avec des conséquences socio-économiques supplémentaires sur la mobilité et l’accès aux services essentiels.
Des efforts de réhabilitation sont en cours : le Projet d’urgence pour la connectivité des routes vitales (Emergency Lifeline Connectivity Project) de la Banque mondiale a soutenu l’amélioration de l’accès aux opportunités économiques et aux services sociaux, à la sécurité alimentaire via l’accès à l’aide humanitaire, et à la sécurité routière grâce à des routes réhabilitées. Des projets incluent l’expansion et la réhabilitation de plusieurs artères stratégiques, notamment la route Al-Abr et la route Haijat Al-Abd, dans le cadre d’un accord signé entre le ministre yéménite des Travaux publics et l’ambassadeur saoudien au Yémen.
Le Yémen importe environ 90 % de ses denrées alimentaires et de ses biens de consommation. Les prix des transports ont doublé dans certaines zones.
Impact de la crise de la mer Rouge
La crise maritime initiée en octobre 2023 a profondément reconfiguré les routes d’approvisionnement du Yémen et du commerce mondial dans cette région. Les tensions en mer Rouge, avec plus de 450 incidents de sécurité maritime en 2024, ont gravement perturbé les routes commerciales via le détroit de Bab el-Mandeb, augmentant les coûts d’expédition. Le nombre d’attaques houthies sur les navires commerciaux est tombé à seulement 7 en 2025, contre 150 en 2024, reflétant une recalibration stratégique plutôt qu’une capacité diminuée. Bien que les attaques houthies en mer Rouge aient fortement diminué en 2025, le trafic commercial n’a pas encore repris : les transits par Bab al-Mandab ont atteint un niveau record à la baisse en juin 2025 — en baisse de 65 % par rapport à juin 2023.
Un accord négocié par Oman entre les États-Unis et les Houthis a mis fin aux frappes américaines en mai 2025 : les Houthis ont accepté de cesser de cibler les navires américains, tandis que les États-Unis acceptaient d’arrêter les frappes sur les Houthis. Les Houthis ont suspendu leurs attaques sur Israël et le trafic maritime international après l’annonce d’un cessez-le-feu à Gaza le 10 octobre 2025, mais ont menacé de les reprendre si Israël rompait le cessez-le-feu. Depuis les frappes israélo-américaines sur l’Iran à partir de février 2026, le groupe a menacé d’intervenir en soutien à l’Iran, comme ils l’avaient fait en soutien au Hamas à Gaza de 2023 à 2025 en attaquant le trafic en mer Rouge.
Points de vigilance
Double régime d’autorisation portuaire : Toute expédition vers le Yémen doit impérativement distinguer le port de destination selon le contrôle territorial. Le conflit en cours entraîne des conditions d’entrée spécifiques pour les navires appelant aux ports non sous contrôle direct du gouvernement yéménite : la clearance de l’UNVIM est obligatoire, avec soumission au moins cinq jours avant l’arrivée.
Risques d’assurance majeurs : Les perturbations des opérations portuaires limitent sévèrement l’importation de biens essentiels. L’augmentation des coûts d’expédition liés aux primes d’assurance risque de guerre et aux processus d’inspection complexes est répercutée directement sur les consommateurs. L’assurance cargo est indispensable car l’expédition vers le Yémen présente des risques élevés.
Fragmentation économique : L’économie est fragmentée, les opérations portuaires étant influencées par le contrôle d’autorités différentes. Toute marchandise destinée au nord du pays transite par des infrastructures sous contrôle houthi, soumises à des restrictions et à des risques propres.
Dépendance aux importations : Le Yémen importait avant-guerre plus de 90 % de ses produits alimentaires et de base. Cette dépendance persiste et amplifie la vulnérabilité de toute chaîne d’approvisionnement à destination du pays.
Risques de sanctions : Les navires faisant escale dans les ports contrôlés par les Houthis, dont Hodeidah, sont exposés à des risques de sanctions et de rétention des navires. Il convient de vérifier auprès de son service juridique et de son assureur la conformité de toute opération avant engagement.
Délais douaniers et imprévisibilité : Les procédures douanières restent longues et peu prévisibles, aggravées par la fragmentation institutionnelle entre les administrations douanières opérant dans les zones sous contrôle GRI et celles sous contrôle houthi.
Sources : Banque mondiale — LPI 2023, Banque mondiale — Yemen Economic Monitor, novembre 2025, UNVIM (2025), NorthStandard Marine Insurance — Yemen Port Situation (2026), USNI News — CRS Report Yemen & Red Sea Security, février 2026, House of Commons Library — Yemen 2025/26, avril 2026, Port of Aden (2025), Air Journal — FlyAden A320, avril 2026, Asharq Al-Awsat — Yemen-Saudi Arabia infrastructure partnership, février 2026, Banque mondiale — Transport MENA, mai 2025
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