Économie
Dernière mise à jour : avril 2026
Informations pays
Superficie : 185 180 km²
Population : 25,6 millions d’habitants (estimation mi-2025, Nations Unies) — 26,5 millions estimés à mi-2026 (Nations Unies, révision 2024)
Capitale : Damas
Langue officielle : Arabe
Monnaie : Livre syrienne (SYP). Le 29 décembre 2025, la Banque centrale de Syrie a dévoilé les nouvelles coupures de la livre syrienne redenominée, qui ont commencé à circuler le 3 janvier 2026. Dans le cadre de cette réforme monétaire, 100 livres anciennes sont échangées contre 1 unité de la nouvelle livre syrienne.
Taux de croissance du PIB réel : 2025 : +1,0 % (prévision Banque mondiale, juillet 2025) ; 2024 : −1,5 %
PIB nominal : estimé à environ 23,6 milliards USD en 2022 selon la Banque mondiale ; environ 20 milliards USD en 2023 selon certaines estimations, soit une contraction de 60 à 70 % par rapport au niveau de 2010
Revenu national brut par habitant : 830 USD en 2024 (Banque mondiale), niveau bien inférieur au seuil des pays à faible revenu
Taux d’inflation : 57 % en 2024 (Banque centrale de Syrie), contre 117 % en 2023. En glissement annuel, l’inflation s’établissait à 15,4 % en août 2025 selon le Syrian Center for Policy Research (SCPR).
Dette publique : Le montant exact de la dette extérieure reste incertain ; des estimations suggèrent qu’elle pourrait atteindre 30 à 50 milliards USD, dont une part majoritaire due à des créanciers officiels tels que l’Iran et la Russie.
Taux de pauvreté : L’extrême pauvreté touche désormais un Syrien sur quatre, tandis que deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté des pays à revenu intermédiaire inférieur.
Indice de développement humain : 0,557 en 2022 (157e rang sur 193 pays, PNUD)
Budget de l’État 2026 : Le budget public 2026 est estimé à environ 10,5 milliards USD, soit environ cinq fois celui de 2024.
Conjoncture économique
Une reprise timide après quatorze ans de contraction
Quatorze années de conflit ont dévasté l’économie syrienne, le PIB ayant cumulativement contracté de plus de 50 % depuis 2010. Après une contraction de 1,5 % en 2024, la Banque mondiale prévoit une croissance modeste de 1 % en 2025, qui représenterait la première année de croissance positive depuis plus d’une décennie. En décembre 2025, le gouverneur de la Banque centrale de Syrie estimait que la reprise économique excédait cette prévision de 1 %, notamment grâce au retour de quelque 1,5 million de réfugiés.
Levée des sanctions : un tournant historique en 2025
Le 13 mai 2025, le président Trump a annoncé la levée des sanctions américaines sur la Syrie, formalisée par un décret exécutif en juin. L’Union européenne a, de son côté, levé l’ensemble de ses sanctions économiques restantes le 20 mai 2025. La quasi-totalité des sanctions sectorielles de l’UE ont ainsi été supprimées, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports. En février 2026, le Canada a à son tour procédé à une révision complète des sanctions économiques imposées depuis 2011, levant l’embargo étendu lié à l’ancien régime. En décembre 2025, le président Trump a promulgué la loi abrogeant le Caesar Act, supprimant ainsi la menace de sanctions pour les personnes étrangères fournissant un soutien au gouvernement syrien.
Cette levée des sanctions a produit des effets immédiats tangibles : peu après l’annonce de Trump, la livre syrienne s’est appréciée d’environ 25 %, à 8 000 livres pour 1 dollar. En juin 2025, la Syrie a effectué son premier virement bancaire international direct via SWIFT depuis le début de la guerre civile, entre une banque syrienne et une banque italienne. Cependant, la tendance globale de la livre syrienne pointe vers une dépréciation graduelle, reflétant une pénurie structurelle de devises étrangères, aggravée par la coexistence de deux taux de change de facto — officiel et marché noir.
Réformes économiques du gouvernement de transition
Le gouvernement d’Ahmed al-Charaa a engagé plusieurs réformes structurelles depuis la chute du régime Assad en décembre 2024. La politique d’importation ouverte adoptée par le gouvernement de transition a entraîné un afflux massif de produits étrangers sur les marchés syriens. En 2025, les nouvelles autorités envisagent une baisse de l’impôt sur les sociétés et la mise en place d’une taxe sur la valeur ajoutée, dont la Syrie est l’un des rares pays au monde à ne pas disposer. Le décret n° 69 de 2026 prévoit des exonérations fiscales en faveur des entreprises endommagées, le ministre des Finances estimant qu’il contribuera à la réhabilitation de plus de 30 000 entreprises industrielles, commerciales et touristiques.
Des responsables syriens ont fait état en 2025 d’un excédent budgétaire de plus de 500 millions USD sur les dix premiers mois de l’année, attribué à un meilleur contrôle des dépenses publiques. Le budget 2026 alloue environ 40 % aux secteurs de la santé et de l’éducation, avec des mesures sociales incluant une hausse des salaires et l’introduction d’un salaire minimum.
Secteur énergétique : premiers signaux de reprise
La plupart des champs pétrolifères syriens se trouvent dans le Nord-Est, territoire contrôlé par les Kurdes, qui ont commencé à fournir du pétrole au gouvernement central de Damas en février 2025. Le 1er septembre 2025, la Syrie a exporté 600 000 barils de pétrole brut depuis le port de Tartous, première exportation officielle connue de pétrole syrien depuis le début de la guerre civile. Le 29 mai 2025, les nouvelles autorités ont signé un accord énergétique de 7 milliards USD avec un consortium réunissant des entreprises américaines, qataries et turques pour réhabiliter le secteur électrique. En novembre 2025, le ministère de l’Énergie a finalisé des accords avec UCC Holding (Qatar) pour la construction de quatre nouvelles centrales électriques d’une capacité totale de 5 gigawatts.
Commerce extérieur : réorientation vers la Turquie et le monde arabe
La libéralisation du commerce engagée par le gouvernement syrien a conduit à une dépendance accrue vis-à-vis de la Turquie, les importations syriennes en provenance de Turquie ayant bondi de 60 % par rapport à 2024, tandis que les exportations syriennes vers la Turquie ont chuté de moitié, suscitant la frustration des industriels syriens face à un déficit commercial croissant. En juillet 2025, la Syrie a signé un accord de 800 millions USD avec la société émiratie DP World pour développer le port de Tartous. L’Arabie saoudite a annoncé un investissement de 5,3 milliards USD via ses entreprises dans les secteurs des télécommunications, de l’aviation et des infrastructures hydrauliques.
En 2023, la Syrie était classée au 143e rang des partenaires commerciaux de l’UE, avec des flux commerciaux d’une valeur de 396 millions d’euros. La levée des sanctions crée les conditions d’une reprise, mais les structures d’exportation restent limitées : la balance commerciale syrienne est structurellement négative, les importations s’étant élevées à 5,4 milliards USD en 2020, contre seulement 868 millions USD d’exportations.
Situation humanitaire et marché du travail
Quelque 14,6 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, dont 9,1 millions en situation d’insécurité alimentaire aiguë et 1,3 million en situation sévère. En août 2025, le salaire mensuel moyen d’un fonctionnaire de l’État (niveau d’entrée) atteignait environ 1,12 million SYP, tandis qu’un travailleur du secteur privé percevait environ 1,17 million SYP — des niveaux très inférieurs au seuil de pauvreté national. Le taux de chômage est estimé à 50-57 % selon certaines données.
Depuis le changement de régime, environ 780 000 réfugiés sur les 6,3 millions de Syriens réfugiés à l’étranger, et 1,7 million sur les 7,4 millions de déplacés internes, sont rentrés dans le pays jusqu’à la mi-août 2025. Si ce retour représente un potentiel de croissance à moyen terme, il crée des tensions immédiates sur les services publics déjà exsangues.
Points de vigilance
Les perspectives économiques de la Syrie restent soumises à des risques significatifs. Les défis sécuritaires persistent et la sécurisation des importations de pétrole constitue un défi majeur pour le nouveau gouvernement, susceptible de faire monter les prix du carburant et l’inflation.
Le chemin vers une reprise économique et un processus de reconstruction reste long et semé d’embûches, notamment structurelles et politiques. Les politiques économiques adoptées par la nouvelle classe dirigeante contribuent à rendre plus difficile l’allègement des difficultés économiques et sociales quotidiennes de la population.
En mars 2026, la DG Trésor française signale des tensions inflationnistes persistantes en Syrie, en particulier sur les prix des produits alimentaires.
Les mesures de gestion du taux de change adoptées par la Banque centrale en 2025 ont eu peu d’effet pratique, soulevant des doutes quant à leur faisabilité et leur crédibilité. Restaurer la confiance nécessitera des mesures plus limitées mais réalistes plutôt que des annonces qui dépassent les capacités de la Banque.
Pour toute reprise d’activité en Syrie, la DG Trésor recommande de consulter en amont le bureau des sanctions à l’adresse [email protected].
⚠ Point d’attention : La reconstruction de l’État syrien, déjà fragilisée par les tensions intercommunautaires, se heurte à l’embrasement régional déclenché par la guerre impliquant l’Iran depuis début 2026. L’offensive israélo-américaine lancée le 28 février 2026 contre l’Iran, et son corollaire — la reprise des combats intenses entre Israël et le Hezbollah au Liban —, menacent la reconstruction fragile entamée par les autorités de transition à Damas. Des incidents ont consisté en chutes de débris liées à l’interception de missiles et drones iraniens sur le territoire syrien, tandis qu’une intensification des opérations israéliennes dans l’espace aérien syrien a été signalée par l’ONU. L’envoyé spécial adjoint de l’ONU pour la Syrie a averti que « la reprise, lente mais réelle, pourrait être compromise par l’impact d’un conflit régional prolongé ». Les exportateurs français vers la Syrie et les entreprises envisageant des investissements dans le pays doivent surveiller étroitement l’évolution du conflit régional et son impact potentiel sur la stabilité du pays et les routes commerciales.
Sources : Banque mondiale – Syria Economic Challenges and Recovery Prospects (juillet 2025), Banque mondiale – Syria Macro-Poverty Outlook (2025), SCPR – Bulletin mensuel IPC Syrie, août 2025, DG Trésor – Sanctions Syrie (mis à jour 2025), DG Trésor – Brèves économiques Proche-Orient n°11-2026, OFAC – Sanctions and Export Controls Relief for Syria (décembre 2025), Conseil UE – Déclaration levée des sanctions économiques (mai 2025), ONU Info – Syrie : une reconstruction fragile rattrapée par la guerre régionale (mars 2026), Karam Shaar Advisory – Syrian Pound Exchange Rate 2026 (février 2026), Trading Economics – Syria Inflation Rate (2025)
Commerce extérieur
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : La Syrie traverse une phase de réouverture commerciale sans précédent depuis la chute du régime Assad en décembre 2024. La levée des sanctions occidentales (UE en mai 2025, États-Unis en juin 2025, Royaume-Uni en mars-avril 2025) ouvre formellement la voie à une normalisation des échanges. Toutefois, les données commerciales fiables restent fragmentaires : en novembre 2025, le FMI a dépêché une mission technique à Damas pour évaluer la reprise économique, concluant que la Syrie montre des signes de redressement, mais qu’il existe un manque important de données économiques fiables. Les chiffres d’échanges cités dans cette fiche doivent donc être interprétés avec prudence.
Aperçu général des échanges
La balance commerciale syrienne est structurellement négative, et le déficit s’est creusé depuis le début de la guerre, les exportations ayant chuté plus rapidement que les importations. Un an avant la guerre (en 2010), les importations atteignaient 19,7 Mds USD et les exportations 12,2 Mds USD. Quinze ans de conflit ont profondément désorganisé l’appareil productif et les circuits commerciaux.
En 2024, la Syrie a exporté pour environ 819,6 millions USD de produits, soit un recul de 34,2 % par rapport aux 1,25 milliard USD de 2023. En novembre 2025, les exportations mensuelles atteignaient 260,9 millions USD, contre 834 millions USD d’importations le même mois, enregistrant un déficit mensuel de l’ordre de 573 millions USD.
Les destructions causées par la guerre civile ont aggravé le déficit commercial, les marchandises vendues en Syrie étant désormais largement importées. La réduction des droits de douane par le nouveau régime a principalement bénéficié à la Turquie, à la Jordanie, aux Émirats arabes unis et à la Chine.
Principales exportations
En 2024, les cinq premiers produits d’exportation syriens sont l’huile d’olive, le coton brut, les fruits à coque, les phosphates naturels et les épices (gingembre, safran). Ces cinq catégories représentent près de 57,5 % de la valeur totale des exportations.
L’économie d’exportation a radicalement changé de nature depuis 2011 : le pétrole représentait autrefois 67 % des exportations syriennes avant la guerre. En septembre 2025, la Syrie a réalisé sa première exportation officielle de pétrole depuis le début du conflit, avec 600 000 barils de brut lourd expédiés depuis le port de Tartous. Les réseaux de production de captagon, qui constituaient sous Assad une source majeure de revenus informels évalués à 5,7 Mds USD en 2021, ont été en grande partie démantelés par le gouvernement de transition à partir de janvier 2025.
Principales importations
Les importations syriennes en 2025 sont dominées par les combustibles et huiles minérales (code HS 27), représentant 18,5 % du total, soit environ 1 milliard USD. Le secteur céréalier reste en tête des importations par valeur, suivi par les produits chimiques, les denrées aquatiques et animales, ainsi que les équipements électriques et électroniques. La Syrie est passée, pour la première fois en vingt ans, du statut d’exportateur net de blé à celui d’importateur net.
Clients et fournisseurs
Principaux clients (2024) : les importateurs de produits syriens se concentrent principalement en Irak (20,2 % du total mondial), en Italie (13,4 %), en Allemagne (13 %), en Turquie (5,5 %), en Arabie saoudite (4,8 %), en France (4,3 %), au Liban (3,8 %), en Jordanie et aux États-Unis.
Principaux fournisseurs (2024) : la Turquie domine très largement les importations syriennes avec 47,74 % de parts de marché, soit 3,16 Mds USD. Elle est suivie par la Chine (485 millions USD), les Émirats arabes unis (464 millions USD), l’Égypte (289 millions USD), la Jordanie (115 millions USD), l’Inde (112 millions USD), le Liban (111 millions USD), l’Arabie saoudite (69,3 millions USD), l’Italie (66,6 millions USD) et l’Allemagne (45 millions USD).
La libéralisation du commerce par le nouveau gouvernement a accentué la dépendance vis-à-vis de la Turquie : les importations syriennes en provenance de Turquie ont bondi de 60 % par rapport à 2024, tandis que les exportations vers ce pays ont diminué de moitié. Ce déséquilibre suscite la frustration des industriels syriens face à un déficit commercial croissant avec Ankara.
Exportations françaises 2025 (Douane française) : 27 M EUR, +6,8 %
Relations commerciales France–Syrie
La France figurait, avant 2011, parmi les dix premiers fournisseurs de la Syrie. En 2024, elle est le 6e client de la Syrie avec une part de 4,3 % de ses exportations totales, absorbant principalement des produits agricoles et agroalimentaires (huile d’olive, noix, épices). Les exportations françaises vers la Syrie restent marginales dans le contexte des sanctions qui ont prévalu jusqu’en 2025 ; des données bilatérales actualisées de la DG Trésor ne sont pas encore disponibles pour 2025.
La France a soutenu la décision historique de l’UE de lever les sanctions économiques contre la Syrie le 20 mai 2025, avec l’objectif de soutenir la reprise économique du pays et d’accompagner le processus de transition. En mai 2025, la société française CMA CGM a signé un accord stratégique de 30 ans avec la Syrie pour développer et opérer le port de Lattaquié, représentant un investissement estimé à 230 millions d’euros.
Infrastructure logistique et ouverture commerciale
En juillet 2025, la Syrie a finalisé un accord de 800 millions USD avec la société émiratie DP World pour réhabiliter le port de Tartous sur la Méditerranée. Cet accord, d’une durée de 30 ans, prévoit une modernisation complète de l’infrastructure portuaire pour en faire un hub commercial régional reliant l’Europe méridionale, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. DP World a officiellement pris en charge les opérations à Tartous en novembre 2025, après la remise formelle du port par les autorités syriennes.
Réintégration financière et SWIFT
La Syrie a effectué son premier virement international via le réseau SWIFT depuis le début de la guerre civile, une transaction effectuée d’une banque syrienne vers un établissement italien, que le gouverneur de la Banque centrale a qualifiée de « nouvelle phase » pour le secteur financier syrien. Le retour à SWIFT est destiné à réduire les coûts des importations, à faciliter les exportations et à mettre fin à la dépendance vis-à-vis des réseaux financiers informels qui prélevaient jusqu’à 40 % de commission sur les transferts internationaux.
Indice de perception de la corruption
Dans le classement CPI 2025 de Transparency International (publié en février 2026), la Syrie obtient un score de 15/100, ce qui reflète une érosion structurelle de longue date des systèmes d’intégrité, liée à l’affaiblissement institutionnel et aux réseaux clientélistes. Ce score est en légère amélioration par rapport au score de 12/100 obtenu dans le CPI 2024. La chute du régime Assad représente une opportunité pour la société civile syrienne de mettre en place un nouveau cadre démocratique intégrant des mesures anticorruption.
Points de vigilance
Données statistiques lacunaires : l’absence d’un système statistique fiable — confirmée par le FMI en novembre 2025 — rend toute évaluation des flux commerciaux syriens incertaine. Les chiffres disponibles sont souvent partiels ou déclaratifs.
Dépendance commerciale excessive envers la Turquie : avec près de 48 % des importations en 2024, la Syrie est exposée à un risque de concentration fournisseur majeur. L’accord de libre-échange turco-syrien de 2007 est en cours de renégociation, après avoir été suspendu depuis 2011.
Balance commerciale structurellement déficitaire : les exportations officielles (environ 820 millions USD en 2024) couvrent moins du quart des importations, créant une dépendance aux transferts des diasporas et à l’aide internationale pour financer les achats à l’étranger.
Corruption persistante : avec un score de 15/100 au CPI 2025, la Syrie demeure parmi les pays perçus comme les plus corrompus au monde. Les paiements informels et les pratiques opaques dans les procédures douanières restent un risque opérationnel réel pour les exportateurs français.
Risque de « snap-back » des sanctions : la levée des sanctions reste conditionnelle à l’évolution de la situation en Syrie, avec possibilité de réintroduction des mesures restrictives. Toute dégradation sécuritaire ou violation grave des droits humains pourrait remettre en cause l’ouverture commerciale en cours.
Accès bancaire encore fragile : si le retour à SWIFT constitue une avancée majeure, la mise en place effective de relations de correspondance bancaire avec les banques occidentales prend du temps. Les exportateurs français devront s’appuyer sur des lettres de crédit confirmées ou des garanties de premier rang pour tout contrat significatif.
Sources : Transparency International, CPI 2025 (février 2026), Euronews – Levée des sanctions UE (mai 2025), Diplomatie française – Levée des sanctions (mai 2025), World’s Top Exports – Exportations syriennes 2024, DP World – Tartous (novembre 2025), Al Jazeera – Accord Tartous (juillet 2025), Enab Baladi – SWIFT Syrie (novembre 2025), TRT Français – Commerce Turquie-Syrie (janvier 2025), LCB-FT – Levée des sanctions européennes (juin 2025), CEIC Data – Exportations syriennes (2025)
Risques et paiements
Mobilité
Dernière mise à jour : avril 2026
Syrie — Mobilité et pratique
⚠ Point d’attention : En raison des frappes militaires en Iran et du risque d’escalade militaire régionale, il est conseillé aux Français de passage ou résidant en Syrie de suivre strictement les consignes diffusées par les autorités locales, de limiter leurs déplacements et de se mettre à l’abri en cas d’alerte. Il est déconseillé aux Français de se rendre en Syrie. Des mesures de fermeture de l’espace aérien, des annulations et reports de vols peuvent survenir.
⚠ Point d’attention : La fragile transition politique en Syrie a pris un nouvel élan grâce à un accord historique entre Damas et les Kurdes du nord-est, mais la reprise des violences dans le sud, les incursions israéliennes et les besoins humanitaires soulignent à quel point le chemin vers la stabilité reste précaire (ONU Info, février 2026). En janvier 2026, les forces militaires syriennes ont rapidement regagné le contrôle de larges territoires au sein du pays, précédemment occupés par les Forces démocratiques syriennes (FDS) au nord-est de la Syrie. Malgré un cessez-le-feu en place depuis le 20 janvier 2026, de nombreuses violations ont été signalées.
S’y rendre
Niveau de vigilance
Tout déplacement en Syrie est formellement déconseillé, selon le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (diplomatie.gouv.fr, confirmé au 5 avril 2026). Ayant été touchée par des conflits armés sur l’ensemble de son territoire, la Syrie est un pays en transition où des affrontements persistent encore et dans lequel la sécurité des personnes ne peut être garantie. Les ressortissants français doivent être conscients qu’ils s’exposent, dans ce climat de forte insécurité, à des risques très élevés, notamment d’attentats terroristes et d’enlèvement. La Syrie figure parmi les pays les moins bien classés du Global Peace Index 2025, avec un rang de 157e sur 163 pays.
Conditions d’entrée et visa
La France a réengagé sa relation diplomatique avec la Syrie et un Chargé d’affaires a été nommé en mai 2025. Cependant, l’ambassade de France en Syrie est localisée à Beyrouth et la France ne peut assurer aucune protection consulaire en Syrie.
Pour les ressortissants français qui, malgré les recommandations, décideraient de se rendre en Syrie, l’accès au territoire syrien est soumis à l’obtention d’un visa, qui peut désormais être obtenu aux points d’entrée à la frontière. L’entrée illégale sur le territoire syrien expose à des poursuites pénales et une incarcération en Syrie. Quelle que soit la durée de validité du visa, toute personne qui réside plus de quinze jours en Syrie doit se présenter auprès des services de l’immigration pour régularisation.
Chiffres clés
GPI 2025 : 157e rang sur 163 pays (Global Peace Index 2025, Institute for Economics & Peace).
Personnes nécessitant une aide humanitaire (2025) : Environ 16,5 millions de personnes avaient besoin d’aide, et plus de 90 % des Syriens vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2025 (HRW, rapport mondial 2026).
Réfugiés (2024) : 5,9 millions selon les Nations unies, dont 2,9 millions en Turquie, 755 000 au Liban et 611 000 en Jordanie.
Hôpitaux publics opérationnels (fin 2025) : 87 hôpitaux publics, contre 70 au début de 2025.
Budget d’État 2026 : 10,5 milliards de dollars annoncés par le président intérimaire Ahmed al-Charaa (mars 2026).
Sécurité sur place
La menace terroriste est actuellement jugée très élevée en Syrie, y compris à Damas. Tout ressortissant français présent en Syrie est susceptible de constituer une cible d’opportunité pour les groupes terroristes. Les lieux où se rendent et/ou séjournent les occidentaux représentent également de potentielles cibles.
Les enlèvements contre rançon sont courants dans diverses parties du pays, notamment dans les zones tribales et dans tout le sud de la Syrie. Certaines victimes sont portées disparues. Les enlèvements commis par des groupes armés et terroristes pour des raisons politiques se terminent souvent par des exécutions ou des disparitions (gouvernement du Canada, 2025-2026).
Même dans les villes qualifiées de « plutôt sûres » comme Damas, Alep, Lattaquié ou Tartous, il reste une menace résiduelle d’attentats, de frappes, d’armes non explosées ou de criminalité. Le kidnapping d’étrangers, en particulier occidentaux, par des groupes jihadistes ou criminels est une menace documentée.
Il est interdit de photographier certains sites civils, militaires et stratégiques. Cette observation doit être rigoureusement respectée sous peine de poursuites. Les déplacements dans les régions frontalières sont particulièrement sensibles.
Contact consulaire d’urgence
Les Français présents en Syrie peuvent s’adresser pour les urgences consulaires au Consulat général de France à Beyrouth, par téléphone : +961 1 420 100 ou courriel : [email protected]. Ils peuvent également contacter l’ambassade de France en Jordanie, par téléphone : +962 6 460 46 31 (ligne fixe), ou +962 777 384 146 (téléphone portable), ou par courriel : [email protected].
Adresse de l’ambassade de France en Syrie (délocalisée) : Espace des lettres, Rue de Damas, Ras El-Nabaa, Beyrouth, Liban (mis à jour le 3 février 2026).
Site officiel : sy.diplomatie.gouv.fr — Inscription au Fil d’Ariane : pastel.diplomatie.gouv.fr/fildariane
Marché du travail et présence internationale
Pour un expatrié, deux grands canaux d’emploi dominent en Syrie : les organisations internationales/humanitaires et les postes détachés par des entreprises étrangères. Une longue liste d’agences des Nations unies (UNHCR, WFP, UNDP, FAO, UNICEF, OCHA, IOM…) et d’ONG internationales (MSF, Danish Refugee Council, Norwegian Refugee Council, Action contre la Faim, Save the Children, IRC, Croix-Rouge…) travaillent en Syrie.
Les postes internationaux, en particulier au sein des Nations unies, offrent des rémunérations sans commune mesure avec les salaires syriens : de l’ordre de 30 000 à plus de 100 000 USD annuels selon le grade et les indemnités de hardship. Ils s’accompagnent généralement d’un package incluant assurances, congés, frais de voyage et parfois logement.
Le salaire minimum en Syrie a été ajusté en 2025 à SYP 278 910 par mois, soit moins de 30 USD au taux de change parallèle, les niveaux de salaires en Syrie en 2025 restant bien en dessous du coût de la vie. Pour beaucoup d’expatriés, la solution réaliste consiste à être employé par une structure étrangère (ONG, entreprise internationale) payant le salaire sur un compte hors de Syrie.
Plateformes de recrutement : sites officiels des ONG, plateformes spécialisées telles que SyriaJOB et Bayt.com.
Coût de la vie
Le coût moyen de la vie, logement inclus, est estimé autour de 544 USD par mois pour une personne seule et 1 270 USD pour une famille de quatre personnes, avec de fortes disparités entre locaux, expatriés et nomades travaillant à distance. Ces données, issues de sources agrégées (Numbeo, 2025), reflètent une économie à deux vitesses où seuls les ménages recevant des revenus extérieurs (remises, salaires d’ONG, revenus en devises) peuvent vivre confortablement.
Infrastructures sanitaires
Les installations de santé syriennes font face à un manque de travailleurs qualifiés et d’équipements ; la guerre avait poussé environ 50 à 70 % du personnel de santé à quitter le pays. Des progrès ont été accomplis en 2025 : le nombre d’ambulances a été porté de 150 à 304, et le nombre d’hôpitaux publics opérationnels a atteint 87 contre 70 au début de 2025. Ces chiffres restent néanmoins insuffisants au regard de l’ampleur des besoins : les Nations unies estimaient à 16,5 millions le nombre de personnes ayant besoin d’aide humanitaire en 2025.
Pour tout déplacement en Syrie, une assurance santé/rapatriement couvrant spécifiquement les zones de conflit est indispensable. La plupart des assurances standard excluent la Syrie au titre des destinations formellement déconseillées.
Contexte réglementaire et sanctions
Le 27 mai 2025, le règlement UE 2025/1098 a levé la quasi-totalité des mesures sectorielles imposées à la Syrie, avec une entrée en vigueur le 29 mai 2025, avec pour objectifs de soutenir la reconstruction et la transition politique. Les États-Unis ont également annoncé la levée de leurs sanctions contre la Syrie en mai 2025. Les sanctions de l’Union européenne sur la vente d’armes à la Syrie restent en vigueur.
L’UE a clairement indiqué qu’elle continuerait à surveiller de près l’évolution de la situation et qu’elle se tient prête à réintroduire des mesures restrictives si les circonstances l’exigent, notamment en cas de nouvelles violations des droits de l’homme.
Conseils pratiques
S’inscrire obligatoirement sur le Fil d’Ariane du MEAE avant tout déplacement en Syrie.
Assurance : Vérifier impérativement que votre contrat couvre les zones de conflit actif et inclut un rapatriement médical. La quasi-totalité des assurances classiques excluent la Syrie.
Visa : Le visa peut désormais être obtenu aux points d’entrée à la frontière, mais toute entrée illégale reste passible de poursuites pénales.
Photographie : Il est interdit de photographier certains sites civils, militaires et stratégiques. En cas de doute, s’abstenir.
Déplacements : Éviter les zones frontalières (Turquie, Israël, nord-est), les rassemblements publics, et varier systématiquement les itinéraires.
Santé : Prévoir un stock de médicaments personnels suffisant. L’accès aux médicaments spécialisés reste aléatoire, malgré les progrès signalés en 2025.
Finances : L’accès au système bancaire international demeure difficile malgré la levée des sanctions UE/USA (mai 2025). Prévoir des liquidités en devises (USD, EUR).
Emploi : Les recrutements pour expatriés se font quasi exclusivement via des organisations internationales (ONU, ONG) ou des entreprises étrangères, avec rémunération hors de Syrie recommandée.
Sources : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères – Conseils aux voyageurs Syrie (confirmé 5 avril 2026), La France en Syrie (2026), Vision of Humanity – Global Peace Index 2025, ONU Info – Transition en Syrie (février 2026), Human Rights Watch – Rapport mondial 2026, Syrie, Conseil de l’UE – Levée des sanctions contre la Syrie (mai 2025), Parlement européen – Situation nord-est Syrie (février 2026), SANA – Secteur santé syrien 2025 (janvier 2026), Guide pratique expatriation Syrie (janvier 2026), Analyse salaires Syrie 2025 (9cv9, mai 2025), Syria Intelligence – Budget 2026 (mars 2026)
Contacts
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : La Syrie est en phase de transition politique post-Assad depuis décembre 2024. La France a réengagé sa relation diplomatique avec la Syrie et un Chargé d’affaires a été nommé en mai 2025. Cependant, l’ambassade de France en Syrie est localisée à Beyrouth et la France ne peut assurer aucune protection consulaire en Syrie. Le pays demeure formellement déconseillé aux ressortissants français par le MEAE (situation en vigueur au 5 avril 2026).
Les acteurs publics
AMBASSADE DE FRANCE EN SYRIE (sise à Beyrouth)
L’ambassade de France en Syrie est située Espace des lettres, Rue de Damas, Ras El-Nabaa, Beyrouth, Liban (mise à jour : 3 février 2026). Le Chargé d’affaires pour la Syrie est Jean-Baptiste Faivre.
Adresse : Espace des lettres – Rue de Damas – Ras El-Nabaa – Beyrouth, Liban
Site : sy.diplomatie.gouv.fr
CONSULAT GÉNÉRAL DE FRANCE À BEYROUTH
En l’absence de services consulaires en Syrie, les Français présents sur le territoire syrien doivent s’adresser en priorité au Consulat général de France à Beyrouth pour toute urgence consulaire.
Tél. : +961 1 420 100
Email : [email protected]
Site : lb.consulfrance.org
AMBASSADE DE FRANCE EN JORDANIE
Tél. : +962 6 460 46 31 (ligne fixe) ou +962 777 384 146 (portable)
Email : [email protected]
Point de contact secondaire pour les urgences consulaires des Français en Syrie.
Site : jo.ambafrance.org
SERVICE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL (DG TRÉSOR) – BEYROUTH
Basé à Beyrouth, le Service Économique Régional couvre les pays du Proche-Orient (Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Territoires Palestiniens), l’Irak et l’Iran. Le MEDEF International a bénéficié de l’appui et de la participation du service économique régional de Beyrouth lors de la première mission d’entreprises à Damas en octobre 2025.
Adresse : Espace des Lettres – Rue de Damas – Beyrouth, Liban
Tél. : +961 (0)1 420 150
Email : [email protected]
Site : tresor.economie.gouv.fr/Pays/LB
BUSINESS FRANCE – HUB PROCHE ET MOYEN-ORIENT
Business France ne dispose pas de bureau permanent en Syrie. La couverture du marché syrien est assurée depuis le hub régional Proche et Moyen-Orient. Les entreprises françaises souhaitant prospecter la Syrie sont invitées à contacter le bureau Business France compétent pour la région.
Site : world.businessfrance.fr/middle-east/
Les acteurs privés
MEDEF INTERNATIONAL – CONSEIL D’ENTREPRISES SYRIE
La visite organisée par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) International, en octobre 2025, est la première mission franco-syrienne à une telle échelle depuis 2008 et a rassemblé 44 grandes entreprises. MEDEF International constitue aujourd’hui le principal point d’entrée collectif pour les entreprises françaises souhaitant explorer le marché syrien.
Site : medefinternational.fr
AUTORITÉ DES INVESTISSEMENTS SYRIENNE (Syrian Investment Authority)
La délégation MEDEF International a participé au forum d’affaires franco-syrien organisé avec l’appui de l’Ambassade de France en Syrie et l’Autorité des Investissements syrienne, présidée par Talal Al-Hilali. L’AIS est l’interlocuteur officiel syrien pour les projets d’investissement étrangers.
Site : sia.gov.sy (à confirmer sur le site officiel)
Note : Il n’existe pas, à ce jour (avril 2026), de CCI France implantée en Syrie. La Syrie ne figure pas dans le réseau des 98 pays couverts par CCI France International. Les entreprises françaises peuvent néanmoins se rapprocher de la CCI France Liban (Beyrouth), qui joue un rôle de plateforme régionale vers la Syrie.
Avocats d’affaires francophones
Le système juridique syrien est d’inspiration romano-civiliste avec une forte influence du droit français, ce qui facilite l’approche pour les praticiens francophones. Plusieurs cabinets actifs en droit des affaires interviennent en français ou ont des liens étroits avec des cabinets français.
SRDB LAW FIRM (cabinet français avec desk Syrie)
SRDB dispose de bureaux à Beyrouth, Damas et Latakia, ainsi que de bureaux français, ce qui représente un atout majeur pour les entreprises et investisseurs étrangers souhaitant participer à la reconstruction syrienne. SRDB s’appuie sur l’expertise de M. George Bassous, Managing Partner de SRDB en Syrie, et de M. Osama Karawani, deux avocats de renom qui accompagnent des clients internationaux sur le marché syrien depuis plus de trente ans.
Cabinet Paris : 43, rue de Rennes – 75006 Paris
Tél. (Paris) : +33 1 85 09 10 99
Site : srdb-lawfirm.com
HAKIM LAW FIRM
Fondé en 1955 par le Pr Jacques el-Hakim, c’est le plus ancien cabinet syrien de Damas encore en activité. Le fondateur était agrégé des facultés de droit françaises et a exercé en Syrie, au Liban et en France pendant plus de cinq décennies. Le cabinet occupe une position de premier plan en Syrie, notamment en arbitrage international et en banque-finance. Classé Chambers Global 2025.
Adresse : Victoria Bridge – Jumhooriah Street – Mardam-Bey Bldg. – B.P. 5788 – Damas, Syrie
Site : hakimlegal.com
SARKIS & ASSOCIATES
Fondé en 1960, Sarkis & Associates est l’un des plus grands cabinets syriens intégrés, offrant une gamme complète de services juridiques spécialisés aux clients nationaux et internationaux. Le cabinet dispose de deux bureaux stratégiquement situés à Damas et d’un réseau de correspondants dans les 14 gouvernorats syriens.
Adresse : Rawda – B.P. 7633 – Damas, Syrie
Tél. : +963 11 33 22 477
Email : [email protected]
Site : sarkislaw.com
Note : En raison du contexte sécuritaire et de la transition institutionnelle en cours, il est vivement recommandé de vérifier l’opérationnalité de chaque contact avant tout déplacement ou engagement contractuel. Le Barreau des avocats de Damas (damascusbar.org) dispose d’un annuaire des professionnels du droit accessible en français.
Sources d’information internet
Logistique & Douane
Dernière mise à jour : avril 2026
Syrie — Logistique et douane
⚠ Point d’attention : La chute du régime de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024 a déclenché une transformation radicale de l’environnement logistique et douanier syrien. Le nouveau gouvernement de transition conduit par Ahmed al-Charaa (Abu Mohammed al-Julani) reconstruit l’ensemble du système depuis la base : nouvelle autorité portuaire, tarif douanier unifié, réouverture des aéroports, levée des sanctions occidentales et afflux de grands opérateurs internationaux. Cette dynamique est porteuse d’opportunités mais reste fragile : l’infrastructure est dévastée, la fragmentation territoriale persiste à l’est du pays (zones SDF), et les tensions intercommunautaires alimentent une instabilité résiduelle.
Indicateurs de performance logistique
LPI Banque mondiale (2023) : La Syrie ne figure pas dans le classement LPI 2023, qui couvre 139 pays. En 2016, la Syrie ravagée par la guerre civile occupait la dernière position mondiale avec un score LPI de 1,60. La Banque mondiale n’a pas réintégré la Syrie dans les éditions 2018 et 2023 du fait de l’impossibilité de collecter des données fiables en contexte de conflit. Une réintégration dans les prochaines éditions dépendra de la stabilisation du pays.
B-READY (Banque mondiale) : Le programme B-READY est en phase de déploiement progressif sur trois ans (2024-2026) ; l’édition 2025 présente des données pour 101 économies. La Syrie n’est pas couverte dans les éditions 2024 et 2025. Une intégration future est envisageable à mesure que les réformes institutionnelles progressent.
Index de liberté économique Heritage Foundation (2026) : La Syrie ne figure pas dans l’édition 2026 de l’Index, qui couvre 176 pays. Environ 50 % des pays notés obtiennent un score inférieur à 60, dont 30 sont classés « réprimés ». L’absence de la Syrie dans le classement reflète l’impossibilité d’obtenir des données institutionnelles fiables en période de transition.
Contexte général : un système logistique à reconstruire
Selon un rapport de la Banque mondiale publié en octobre 2025, les coûts de reconstruction de la Syrie sont estimés à 216 milliards de dollars après plus de treize ans de conflit. Les dommages physiques directs aux infrastructures s’élèvent à 52 milliards de dollars, soit 48 % du total des dommages recensés — la catégorie la plus sévèrement touchée. La croissance du PIB syrien, après une contraction de 1,5 % en 2024, est projetée à 1 % pour 2025, dans un contexte de défis sécuritaires persistants et de contraintes de liquidités.
Ports maritimes
Port de Lattaquié
Le port de Lattaquié est la principale infrastructure maritime syrienne sur la Méditerranée, actuellement capable de traiter environ 13 millions de tonnes de marchandises par an. En mai 2025, CMA CGM a signé un accord de 30 ans avec le gouvernement de transition syrien pour moderniser et opérer le port de Lattaquié. En novembre 2025, AD Ports Group (Abu Dhabi) a signé un accord avec CMA CGM pour acquérir une participation minoritaire de 20 % dans le terminal à conteneurs international de Lattaquié (LICT) pour 22 millions USD. Le LICT traite plus de 95 % des volumes de conteneurs du pays, notamment pour les produits agricoles et industriels.
Dans le cadre de la concession renouvelée de 30 ans signée le 1er mai 2025, CMA CGM investira 200 millions d’euros pour étendre et moderniser le terminal à conteneurs, viser une capacité supérieure à 1 million d’EVP par an, digitaliser les opérations portuaires, permettre l’accès à des navires de grand gabarit (tirant d’eau de 16 mètres) et connecter le terminal aux réseaux ferroviaires et routiers.
Port de Tartous
En juillet 2025, la Syrie a finalisé un accord de 800 millions USD avec DP World (Dubaï) pour réaménager le port de Tartous. Le contrat de concession de 30 ans a été signé à Damas entre DP World et l’Autorité générale des ports terrestres et maritimes, en présence du président Ahmed al-Charaa. La Russie, qui gérait auparavant Tartous via Stroytransgaz, a vu cet accord annulé par le gouvernement de transition en janvier 2025.
Infrastructure routière et ferroviaire
Le conflit syrien a dévasté la majeure partie des infrastructures de transport : routes, chemins de fer, aéroports et ports ont subi d’importants dommages, entravant le commerce et l’acheminement des marchandises.
Réseau ferroviaire : Sur un réseau total de 2 800 kilomètres, seulement 1 052 kilomètres sont actuellement en service, selon le ministre des Transports syrien. Il estime qu’il faudra trois à cinq ans pour que les infrastructures de transport reviennent à pleine capacité. La réhabilitation et la modernisation du réseau ferroviaire nécessiteront environ 5,5 milliards USD d’investissements. La priorité immédiate est de remettre en service le corridor reliant les mines de phosphate au port de Tartous, ainsi que la ligne entre Lattaquié et le port sec d’Alep.
Des opérations-tests sur la ligne principale entre Alep et Hama ont débuté en août 2025. La Turquie a accepté de financer la reconstruction de 30 km de voie ferrée en Syrie détruits pendant la guerre civile. En septembre 2025, une délégation trilatérale syro-jordanienne-turque s’est réunie à Amman pour renforcer la coopération dans les transports et relancer le trafic de transit, notamment sur la voie du Hedjaz et les liaisons routières.
Réseau routier : Les priorités immédiates portent sur la remise en état des infrastructures existantes pour rétablir la connectivité de base, notamment la réparation des grands axes et routes artérielles reliant les principales villes et zones industrielles. Des endommagements ponctuels persistent : le pont 46 situé dans le gouvernorat de Lattaquié a été partiellement endommagé par des restes du régime, fermant l’autoroute en juillet 2025 pour travaux.
Transport aérien
Les opérations à l’aéroport international de Damas ont repris le 7 janvier 2025, quelques semaines après la chute du régime Assad. L’aéroport international d’Alep a repris des opérations commerciales limitées le 24 mars 2025, après trois mois de fermeture.
Plus de 14 compagnies aériennes avaient repris des services vers ces aéroports à la fin de 2025. Parmi elles : AnadoluJet (Istanbul-Damas depuis le 2 juillet 2025), Syrian Air vers Istanbul (depuis le 10 juin 2025), et Jazeera Airways (Koweït) après 13 ans d’absence. En avril 2026, la Syrie a officiellement rouvert son espace aérien aux vols commerciaux.
Un investissement de 4 milliards USD pour réaménager l’aéroport international de Damas, mené par le consortium qatari UCC Holding associé à des entreprises turques, a été annoncé en août 2025.
Zones franches et ports secs
L’Autorité générale des ports terrestres et maritimes a annoncé l’ouverture de l’enregistrement pour des opportunités d’investissement dans les zones franches de Syrie : Damas, aéroport international de Damas, Adra, Homs, Alep (al-Maslamiyah), zone interne de Lattaquié, zone portuaire de Lattaquié et zone portuaire de Tartous.
Le 23 mai 2025, l’Autorité générale des ports terrestres et maritimes a signé un mémorandum d’entente stratégique avec CMA CGM pour établir et opérer des ports secs dans la zone franche syro-jordanienne et dans la zone franche d’Adra (banlieue de Damas). L’objectif est d’intégrer ces zones aux réseaux maritimes et terrestres internationaux afin d’accélérer le mouvement des marchandises et de réduire les coûts.
La même autorité a annoncé la signature d’un mémorandum avec la société chinoise Fidi Contracting pour investir dans des zones franches couvrant plus d’un million de mètres carrés, notamment dans la zone franche de Hasya (Homs) d’environ 850 000 m² — destinée à un parc industriel intégré.
La zone franche de l’aéroport international de Damas a repris ses opérations après 14 ans de suspension, recevant son premier chargement commercial en octobre 2025.
Réglementation douanière
Réforme du tarif douanier syrien
Le gouvernement de transition syrien a mis en place un système tarifaire douanier unifié applicable à l’ensemble des bureaux de douane terrestres, maritimes et aéroportuaires, suscitant un large débat. Cette décision du 11 janvier 2025 a remplacé les anciens tarifs de l’ère Assad. Le nouveau tarif couvre environ 6 000 biens et matériaux — bruts, semi-manufacturés et finis — à l’importation et à l’exportation.
La nouvelle administration a révisé 6 302 droits de douane dans le cadre d’une transition vers une politique douanière unifiée visant à accroître les recettes ; si certains droits ont augmenté, d’autres ont fait l’objet de réductions. Face aux protestations turques, la Syrie a rapidement annoncé une réduction des droits de douane sur 269 produits, dont le lait, les œufs, la farine, le fer, l’acier et les produits en plastique.
Sanctions internationales levées
La décision européenne de suspendre puis lever la majorité des sanctions économiques contre la Syrie a suivi rapidement la chute du régime al-Assad. Dès février 2025, le Conseil a suspendu les mesures visant les activités énergétiques, les transports et le secteur bancaire. Le 27 mai 2025, le règlement 2025/1098 a levé la quasi-totalité des mesures sectorielles imposées à la Syrie, avec une entrée en vigueur le 29 mai.
Le président Donald Trump a signé un décret exécutif le 30 juin 2025 mettant fin au programme de sanctions américaines contre la Syrie, révoquant la vaste majorité des restrictions commerciales et d’investissement américaines imposées au pays. En décembre 2025, le président Trump a signé une loi abrogeant la loi Caesar, supprimant la menace de sanctions obligatoires pour les personnes fournissant un soutien au gouvernement syrien ou effectuant certaines transactions dans des secteurs-clés.
Restrictions maintenues : L’UE maintient les sanctions liées au régime Assad, ainsi que des sanctions fondées sur des impératifs sécuritaires, notamment un embargo sur les armes et les technologies susceptibles d’être utilisées pour la répression interne. Par ailleurs, l’importation de biens culturels appartenant au patrimoine syrien reste interdite dans l’UE, sauf preuve que ces biens sont sortis du pays avant le 9 mai 2011.
Documents requis à l’importation (principaux)
Facture commerciale en arabe ou en anglais
Certificat d’origine (indispensable pour bénéficier d’accords préférentiels GAFTA ou d’accords bilatéraux)
Connaissement maritime (B/L) ou lettre de transport aérien (AWB)
Liste de colisage (packing list)
Certificat phytosanitaire ou vétérinaire selon la nature du produit
Autorisation d’importation spécifique pour certaines catégories (médicaments, produits chimiques, matériaux de construction)
Points de vigilance
Instabilité réglementaire : Le gouvernement de transition considère la réforme tarifaire comme le premier volet d’une stratégie économique plus large visant à reconstruire la base industrielle et agricole syrienne tout en unifiant les systèmes économiques fracturés. Toutefois, les règles changent rapidement et peuvent être modifiées sans préavis suffisant.
Fragmentation territoriale : Le nord-est du pays (zones sous contrôle des Forces démocratiques syriennes / SDF) opère encore de manière distincte du gouvernement central de Damas, créant des incertitudes sur les droits de transit et de passage.
Corruption et contrebande : Les droits de douane restent parmi les taxes les plus exposées à la fraude, à travers la sous-facturation, la contrebande et la corruption, coûtant à la Syrie des dizaines de millions de dollars chaque année.
Crise de liquidités : L’assouplissement des sanctions offre un potentiel à la hausse, mais les progrès restent limités car les avoirs gelés et l’accès restreint aux banques internationales continuent d’entraver l’approvisionnement en énergie, l’aide extérieure et les échanges commerciaux.
Infrastructure dégradée : La Banque mondiale estime que les dommages physiques aux infrastructures syriennes se chiffrent en dizaines de milliards de dollars. Les délais de livraison et de dédouanement restent imprévisibles.
Opacité des grands contrats : Peu d’informations sont disponibles sur la façon dont les grands contrats d’investissement sont négociés, sur la sélection des partenaires et sur les détails concernant la propriété et l’exploitation à long terme. Les entreprises doivent exercer une diligence renforcée avant tout engagement.
Accord de libre-échange avec la Turquie : L’accord de libre-échange Turquie-Syrie, signé en 2007 mais suspendu pendant la guerre civile, fait l’objet de négociations pour une relance selon une approche produit par produit, à laquelle la partie syrienne a répondu positivement. Son rétablissement modifierait les conditions tarifaires pour les exportateurs français via la Turquie.
Sources : Banque mondiale – Logistics Performance Index 2023, Banque mondiale – Syria Physical Damage Assessment (octobre 2025), Banque mondiale – Syria Macro Fiscal Assessment (juillet 2025), DG Trésor – Sanctions Syrie (2025), Conseil de l’UE – Levée des sanctions économiques (mai 2025), OFAC – Syria Sanctions (juillet 2025), Enab Baladi – Transport Minister (octobre 2025), Offshore Energy – CMA CGM Lattaquié (août 2025), Al Jazeera – DP World Tartous (juillet 2025), AD Ports Group – Lattaquié (novembre 2025), Enab Baladi – Ports secs CMA CGM (mai 2025), Harmoon Center – Tarif douanier syrien (2025), Heritage Foundation – Index of Economic Freedom Syrie (2026)
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