Économie
Dernière mise à jour : avril 2026
Informations pays
Capitale : Kinshasa
Devise : Franc congolais (CDF)
Population (millions, 2026, estimation mi-année) : 116,5
Taux de croissance du PIB réel : 2026 : +5,3 % (prév.) ; 2025 : +4,8 % (est.) ; 2024 : +6,2 %
PIB nominal (Mds USD courants) : 2025 : 82,3 ; 2026 : 84,8 (prév.)
Revenu national brut/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD courants, 2024) : 1 650
Inflation (glissement annuel fin de période) : 2024 : 12,8 % ; 2025 : ~7,8 % (oct. 2025) ; 2026 : 7,1 % (prév.)
Dette publique (% du PIB, 2025) : ~23,2 %
Indice de développement humain (IDH) : 0,522 (rapport 2025, PNUD) — 171e rang sur 193 pays
Sources : FMI – RDC (2026), BAD – Perspectives économiques RDC (2026), Banque mondiale (2025), World Population Review (2026), PNUD – Rapport IDH 2025
Conjoncture
⚠ Point d’attention : Depuis début 2025, le conflit dans l’Est de la RDC a connu une escalade majeure. L’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23), soutenue selon Kinshasa par les forces rwandaises, a pris le contrôle de Goma en janvier 2025 puis de Bukavu en février 2025, instaurant une administration parallèle sur les deux provinces du Kivu. Un accord de paix RDC-Rwanda a été signé à Washington le 27 juin 2025, suivi d’un cessez-le-feu à Doha en juillet — mais les combats se sont poursuivis, compromettant les perspectives de paix. En avril 2026, le processus de Doha demeure dans l’impasse, en partie du fait de la situation géopolitique au Moyen-Orient mobilisant le Qatar médiateur. Le conflit génère plus de 7 millions de déplacés internes, détériore la situation sanitaire et ampute les recettes budgétaires — le ministère des Finances estimant à 5 % la perte de recettes imputable à la dégradation sécuritaire. Parallèlement, un accord de partenariat stratégique sur les minerais critiques a été signé entre la RDC et les États-Unis le 4 décembre 2025, accordant aux entreprises américaines un accès préférentiel aux ressources minières congolaises (cobalt, cuivre, coltan, lithium) en échange d’un appui sécuritaire. Cet accord est contesté devant la Cour constitutionnelle congolaise depuis janvier 2026.
Un géant aux pieds d’argile
Avec ses 2,3 millions de km², ses 9 pays frontaliers et une population estimée à 116,5 millions d’habitants en 2026 (croissance démographique de 3,3 % par an), la RDC est le 1er pays francophone et le 2e pays d’Afrique par la superficie. Son sous-sol constitue un « scandale géologique » : premier producteur mondial de cobalt (~76 % de la production mondiale en 2024), grand producteur de cuivre, de coltan, d’or et de diamants. Le secteur extractif représente 39 % du PIB, 95 % des exportations et 42 % des recettes fiscales, ce qui fait de l’économie congolaise l’une des plus concentrées sur les matières premières du continent.
Malgré ces richesses, la RDC reste l’un des pays les moins développés de la planète. Son IDH s’établit à 0,522 selon le rapport PNUD 2025 (171e rang sur 193), dans la catégorie « développement humain faible ». Environ 72 % de la population vivait dans l’extrême pauvreté (moins de 2,15 USD/jour) en 2022, et la DG Trésor estimait en 2025 que 75 % des quelque 106 millions de Congolais vivent au seuil de pauvreté. L’espérance de vie à la naissance a progressé pour atteindre 59,7 ans selon le PNUD, mais reste très inférieure à la moyenne mondiale.
Une croissance solide mais fragile
L’économie congolaise a affiché une remarquable résilience macroéconomique. Après une croissance de +6,2 % en 2024 (tirée par le secteur extractif qui avait progressé de 11,6 %) et de +8,6 % en 2023, elle a ralenti à +4,8 % en 2025 sous l’effet du conflit dans l’Est et d’une expansion minière moins soutenue. Le FMI et la BAD projettent une reprise à +5,3 % en 2026, portée par les industries extractives, les services et l’investissement. Le PIB nominal était estimé à 82,3 Mds USD en 2025, plaçant la RDC au 9e rang des économies d’Afrique subsaharienne.
L’inflation, qui avait culminé à 23,8 % fin 2023, a nettement reculé à 12,8 % fin 2024, puis à environ 7,8 % en octobre 2025 — une première historique sous le seuil des 10 % —, grâce à la politique monétaire restrictive de la Banque centrale du Congo (BCC, taux directeur maintenu à 25 % jusqu’en octobre 2025). La BCC projette une inflation à 6,8 % en 2026, conformément à son objectif à moyen terme. Le franc congolais (CDF) s’est apprécié d’environ 11,6 % sur le marché officiel en 2025, rompant avec la tendance à la dépréciation. Les réserves de change ont fortement progressé, passant de 0,7 Mds USD en 2020 à 6,7 Mds USD en 2024.
Finances publiques et soutien international
L’équilibre budgétaire demeure fragile. Le secteur minier représente plus d’un tiers des recettes publiques et l’aide extérieure devrait couvrir 27 % des recettes totales en 2025 (contre 21 % en 2024), dont 75 % acheminés par la Banque mondiale. La dette publique reste maîtrisée, estimée à 23,2 % du PIB en 2025 — bien en deçà du seuil FMI de 35 % pour les PMA — quoique ce chiffre n’intègre pas la dette des entreprises publiques (7,3 % du PIB supplémentaires). Le risque de surendettement est jugé « modéré » par le FMI.
En janvier 2025, le FMI a approuvé deux nouveaux programmes en faveur de la RDC : une Facilité élargie de crédit (FEC) de 1,73 Mds USD sur 38 mois, visant la stabilité macroéconomique, la gouvernance et la croissance inclusive, et une Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) de 1,04 Mds USD sur la même durée, consacrée à l’adaptation climatique et au rôle de « pays solution » de la RDC dans la transition énergétique mondiale.
Minerais critiques : un levier stratégique sous tension
La politique du cobalt illustre la volonté de Kinshasa de reprendre la main sur la valorisation de ses ressources. Le gouvernement a décrété en février 2025 un embargo de 10 mois sur les exportations de cobalt, afin de soutenir les cours effondrés. Remplacé à partir d’octobre 2025 par un système de quotas, cet embargo a contribué à faire remonter les prix du cobalt de ~22 000 USD la tonne à plus de 54 000 USD, au prix toutefois d’une perte temporaire de recettes fiscales. En parallèle, le partenariat stratégique signé avec les États-Unis en décembre 2025 vise à diversifier les partenaires miniers du pays, longtemps dominés par des opérateurs chinois — la Chine absorbant historiquement plus de 50 % des exportations congolaises —, en offrant aux entreprises américaines un droit de première offre sur certains actifs miniers en échange d’un soutien sécuritaire. La mise en œuvre de cet accord reste conditionnée à l’apaisement du conflit dans l’Est.
Sources : DG Trésor – Économie de la RDC (2025), FMI – Approbation FEC/FRD RDC, janvier 2025, BAD – Perspectives économiques RDC (2026), FMI – Fiche pays RDC (2026), Coface – Risque pays RDC, PNUD – Rapport IDH 2025, US State Dept – Accord de partenariat stratégique RDC-USA (déc. 2025), Agence Ecofin – Embargo cobalt RDC (2025), Congo Quotidien – Impact économique M23 au Sud-Kivu (avril 2026)
Commerce extérieur
Dernière mise à jour : avril 2026
Population (millions, 2025) : ~112,8 (estimation ; le premier recensement général remonte à 1984)
Taux de croissance du PIB réel : 2024 : 6,3 % (réalisé) ; 2025 : 4,2 % (estimé) ; 2026 : 4,7 % (projection DG Trésor, février 2026)
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2024) : 1 431 (chiffre le plus récent disponible, Banque mondiale)
Échanges de marchandises (2024, Md USD) :
Export : 29,3 Md USD (+2,8 % sur 2023) ; Import : ~17,3 Md USD (estimation 2024)
Cinq premiers fournisseurs (part de marché, données OEC 2023) :
1 – Chine : 34,8 %
2 – Zambie : 12,4 %
3 – Afrique du Sud : 12,1 %
4 – Inde : 4,6 %
5 – Belgique : 4,0 %
Exportations françaises 2024 : 0,209 Md EUR (+46 % sur cinq ans, DG Trésor)
Indice de perception de la corruption (CPI 2025) : 163e/182, score 20/100 (Transparency International, publié en février 2026)
⚠ Point d’attention : La prévision de croissance pour 2025 reste susceptible d’être révisée à la baisse en raison du conflit armé dans l’Est du pays opposant les forces gouvernementales aux rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda. Cette détérioration sécuritaire a entraîné une baisse estimée des recettes publiques à hauteur de 5 % et une hausse significative des dépenses militaires. Par ailleurs, la RDC a décrété le 22 février 2025 un embargo de quatre mois sur ses exportations de cobalt — dont elle assure 70 % de la production mondiale — mesure susceptible d’affecter les flux d’approvisionnement des acheteurs internationaux.
Sources : FMI (2025-2026), DG Trésor – Économie de la RDC (2025), DG Trésor – Relations bilatérales France-RDC (2025), World’s Top Exports – RDC 2024, Lloyd’s Bank Trade – profil commerce RDC (2025), Transparency International – CPI 2025
Risques et paiements
Mobilité
Dernière mise à jour : avril 2026
S’y rendre
⚠ Point d’attention : La situation sécuritaire en RDC s’est très fortement dégradée depuis début 2025. Les voyages touristiques sont déconseillés sur l’ensemble du territoire. Bien que le pays compte plusieurs parcs nationaux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, les conditions de sécurité ne sont pas réunies, a fortiori dans l’est de la RDC. La prise de Goma (Nord-Kivu) puis Bukavu (Sud-Kivu) par la rébellion du M23, soutenu par les forces armées rwandaises, a entraîné une dégradation de la sécurité liée à la dissémination d’armes à feu, à la présence de nombreux groupes armés et une situation humanitaire catastrophique affectant la population locale. Bukavu et Goma connaissent un regain de violences lié à un moindre contrôle de ces villes par le M23. Il convient donc d’éviter de se rendre, quel qu’en soit le motif, dans ces régions, formellement déconseillées.
⚠ Point d’attention : Malgré la signature d’un accord de paix RDC-Rwanda à Washington en juin 2025 et d’une déclaration de principes avec le M23 à Doha en juillet 2025, les hostilités persistent. L’après-ultimatum du 1er avril 2026 marque un tournant critique : loin de conduire à une désescalade, il met en évidence l’incapacité ou le manque de volonté du M23 et de l’armée rwandaise à respecter l’accord de Washington, avec un risque d’escalade régionale et d’aggravation de la crise humanitaire. Des négociations entre le M23 et le gouvernement congolais sont prévues à la mi-avril 2026 en Suisse. Situation à suivre impérativement avant tout déplacement.
Formalités d’entrée
Un visa d’entrée est nécessaire pour se rendre en RDC : si vous êtes ressortissant français, vous devez obligatoirement obtenir un visa avant votre départ, quels que soient le motif et la durée de votre voyage. Le visa s’obtient auprès de l’Ambassade de la RDC à Paris (32, cours Albert 1er, 75008 Paris – ambardcparis.com). Depuis novembre 2020, la RDC propose également un Visa Aéroportuaire (VAP) électronique sur le portail evisa.gouv.cd, dédié aux touristes, visiteurs familiaux et voyageurs d’affaires, approuvé en 72 heures, au tarif de 390 USD (dont 300 USD en ligne et 90 USD à l’arrivée).
Pour une période d’une semaine seulement, un visa touristique accompagné d’une lettre de mission est suffisant pour travailler en RDC. Au-delà de cette période, les ressortissants français souhaitant se rendre en RDC à des fins professionnelles doivent solliciter un Visa d’établissement de travail (VET) auprès du ministère de l’Emploi, du travail et de la prévoyance sociale (METPS). En parallèle, l’employeur doit solliciter un Visa d’établissement systématique (VETS) auprès de la Direction générale de Migration (DGM).
Afin d’être autorisé à entrer sur le territoire de la RDC, vous devez être en possession d’un carnet de vaccination mentionnant la vaccination contre la fièvre jaune. Ce document est exigé à l’arrivée sans exception.
En raison des procédures administratives locales, les personnels des ONG et organisations internationales déployés en zone rouge (est et centre de la RDC) sont souvent privés de leur titre de voyage pour une durée de plusieurs mois. Il est vivement conseillé à ces personnels de se munir d’un second passeport avant leur entrée en RDC, de façon à pouvoir être évacués en urgence si nécessaire.
Liaisons aériennes
Des compagnies aériennes assurent plusieurs vols hebdomadaires entre Paris-CDG et Kinshasa-N’Djili. Bien que les formalités d’immigration soient multipliées par une traversée fluviale de Kinshasa à Brazzaville, la liaison Paris-Brazzaville peut constituer une alternative ; certaines compagnies aériennes assurent des vols depuis et vers Bruxelles.
Il est déconseillé de voyager sur des vols intérieurs, la plupart des compagnies opérant ces vols étant interdites par l’Union européenne. Pour les déplacements vers l’intérieur du pays, privilégiez les compagnies qui ne figurent pas sur la liste noire de l’UE.
Sécurité sur place
L’est du pays, en particulier les provinces des Kivu et de l’Ituri, demeure marqué par la présence de nombreux groupes armés, notamment le groupe islamique des Forces démocratiques alliées (ADF), présent dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, dont les dernières attaques ont été revendiquées par l’« État islamique ». Les Forces armées de RDC (FARDC) et celles d’Ouganda (UPDF) ont lancé contre ce groupe plusieurs offensives qui se poursuivent toujours.
Il est formellement déconseillé de se rendre dans le parc national des Virunga, le parc de Kahuzi-Biega et le parc de la Garamba, des enlèvements étant régulièrement signalés. Le niveau d’insécurité déjà élevé dans la capitale tend à se dégrader avec la situation économique.
Des manifestations et même des événements mineurs peuvent rapidement dégénérer de façon inopinée et donner lieu à des actes de violence. De plus en plus de manifestations ont lieu, parfois dirigées contre la communauté internationale, notamment occidentale. Fin janvier 2025, des attaques contre des ambassades étrangères ont eu lieu lors de violentes manifestations à Kinshasa.
Le 11 mars 2026, une attaque de drone a touché durant la nuit un complexe résidentiel dans le centre de Goma et a fait une victime civile. Dans la province de la Tshopo, l’aéroport international de Bangoka (Kisangani) a été visé par des tentatives d’attaques de drones à deux reprises, fin février et début mars 2026.
Les Français de passage en RDC sont vivement invités à signaler leur présence au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères par l’intermédiaire de la plateforme Ariane.
Chiffres clés
Global Peace Index 2025 : La RDC a enregistré la quatrième plus forte dégradation de la paix sur l’édition 2025 du GPI, reculant de trois places pour se classer 160e sur 163 pays.
Classement GPI 2025 : Pour la première fois, la Russie est classée pays le moins pacifique du monde, suivie de l’Ukraine, du Soudan, de la RDC et du Yémen.
Personnes dans le besoin : En 2025, plus de 27 millions de personnes avaient besoin d’assistance selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés.
SMIG 2026 : Depuis janvier 2026, le SMIG s’élève à 21 500 FC/jour, soit environ 220 USD par mois.
Décalage horaire : −1h par rapport à la France métropolitaine (heure de Paris)
Langue officielle : Français (+ lingala, swahili, kikongo, tshiluba)
Monnaie : Franc congolais (FC) ; le dollar américain (USD) est très utilisé dans les transactions commerciales
Indicatif téléphonique : +243
S’y installer
Représentation française
L’Ambassade de France est située Avenue du Colonel Mondjiba, Gombe, Kinshasa. Téléphone : +243 815 559 999 (standard). Site officiel : cd.ambafrance.org. Les ressortissants français qui s’installent durablement en RDC sont invités à s’inscrire au Registre des Français établis hors de France auprès de la section consulaire.
Logement
Le marché immobilier de Kinshasa est caractérisé par des coûts élevés, particulièrement dans les quartiers prisés des expatriés. Les préoccupations sécuritaires et la faible offre de logements de qualité font monter les prix. La plupart des expatriés vivent dans des compounds sécurisés ou des résidences fermées offrant sécurité 24h/24, générateurs et systèmes de stockage d’eau.
Gombe reste le quartier le plus recherché pour les expatriés, les entreprises et les institutions internationales. Les appartements y varient de 1 500 à 5 000 USD/mois, et les villas de 2 500 à 10 000 USD/mois. Ngaliema est un quartier résidentiel apprécié pour son ambiance plus détendue, avec des maisons et villas spacieuses, des résidences sécurisées avec parking et gardiennage ; c’est un excellent choix pour les familles. Les utilities (électricité, eau, internet) représentent un coût mensuel supplémentaire de 150 à 300 USD ; les coupures de courant sont fréquentes, rendant les générateurs indispensables.
Les frais de scolarité des écoles internationales varient de 5 000 à 25 000 USD par an. Il est impératif de négocier ces dépenses dans le package d’expatriation dès l’embauche.
Marché du travail
Le marché de l’emploi à Kinshasa est fortement influencé par les ressources naturelles, notamment le secteur minier. La capitale offre des opportunités principalement dans les mines, les télécommunications, la banque, la construction et les services aux organisations internationales. Avec une croissance économique projetée à 5,1 % en 2025, la demande de professionnels qualifiés se maintient, surtout en ingénierie, finance, informatique et rôles techniques spécialisés.
Un arrêté du 5 août 2025 fixe les nouveaux pourcentages maximaux de travailleurs étrangers autorisés au sein des entreprises en RDC. Ce texte modifie l’arrêté de 2005 en relevant les quotas d’expatriés. L’agriculture, les industries extractives, les industries manufacturières ainsi que le BTP passent désormais à 6,5 % de l’effectif global. Les banques, l’immobilier, le commerce, les transports et les technologies de l’information sont pour leur part limités à 4 %.
Pour les travailleurs congolais, les salaires varient entre 300 et 800 USD par mois selon les qualifications et le secteur. À l’inverse, les expatriés recrutés par des ONG, institutions internationales ou multinationales peuvent prétendre à des rémunérations allant de 2 000 à 10 000 USD par mois selon leur fonction et leur expérience.
Principaux sites d’offres d’emploi en RDC : Emploi.cd, MediaCongo, Radio Okapi.
Coût de la vie
Les comparateurs de coût de la vie placent régulièrement Kinshasa dans le top 10 des villes africaines les plus onéreuses pour les expatriés. Selon Livingcost.org (2025), il faut compter en moyenne 1 019 USD/mois pour une personne seule et environ 2 350 USD pour une famille de quatre. Ces montants s’entendent hors logement, qui constitue le poste de dépense le plus important.
Dans le cadre d’une expatriation, il est recommandé d’exiger dans son contrat : allocation logement, transport, scolarité, couverture santé et, le cas échéant, générateur/énergie. Les frais annexes représentent souvent plus de 40 % du budget mensuel et ne doivent jamais être sous-estimés.
Santé
Vaccinations et prophylaxie
La vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour entrer sur le territoire de la RDC ; le carnet de vaccination international doit en attester. Le vaccin doit être administré dans un centre agréé, au moins dix jours avant le départ, et le certificat est valable à vie. Consultez le Centre médical de l’Institut Pasteur avant tout départ.
Le risque de paludisme (malaria) est élevé dans tout le pays. Des mesures anti-moustiques du crépuscule à l’aube doivent être combinées avec des comprimés antipaludéens. En cas de fièvre pendant ou après le voyage, un test de dépistage de la malaria doit être réalisé le plus rapidement possible.
Depuis le début de l’année 2025, plus de 30 000 cas de choléra ont été signalés à travers le pays, avec une augmentation particulièrement marquée à Kinshasa, où 25 des 35 zones de santé sont touchées. Les autorités ont annoncé que la situation constitue une urgence sanitaire nationale.
La RDC est régulièrement touchée par des épidémies de virus Ebola. Les autorités congolaises ont confirmé le 4 septembre 2025 une nouvelle épidémie d’Ebola dans la province du Kasaï. Surveiller les alertes sanitaires de l’OMS et du MEAE avant et pendant tout séjour.
Le mpox (variole du singe) reste endémique en RDC. Le mpox est un virus qui se transmet de l’animal à l’homme et entre humains par contact direct cutané ; les symptômes apparaissent après une période d’incubation de 5 à 21 jours et incluent éruption vésiculeuse, fièvre, maux de tête, courbatures et ganglions enflés.
Structures de soins
Les structures de santé publiques congolaises disposent d’équipements obsolètes et sont rarement en mesure de dispenser des soins de qualité. Des praticiens de bon niveau exercent dans le secteur privé à Kinshasa et Lubumbashi, où quelques cliniques se rapprochent des standards européens. La souscription d’une assurance médicale couvrant les frais de rapatriement sanitaire est impérative avant tout départ.
Conseils pratiques
Déplacements sur place
Seule une très faible partie du réseau routier est asphaltée, principalement sur les axes Kinshasa-Matadi, Kinshasa-Kikwit, Lubumbashi-Likasi et Kisangani-Lubutu. Les déplacements hors de la capitale nécessitent une planification minutieuse et l’appui systématique d’un opérateur de sécurité local.
Les permis de conduire français ou internationaux ne sont pas valables en RDC. Les ressortissants étrangers doivent obtenir un permis de conduire local auprès de la CONADEP (Commission nationale de délivrance des permis), joignable au +243 816 233 271, dont les bureaux sont situés près de la Régie des voies aériennes (RVA) à Ndolo.
Communications
Il n’existe pas de réseau téléphonique filaire. Les opérateurs de téléphonie mobile sont Airtel, Africell, Vodacom et Orange ; le taux de couverture de la population est de 51 % et les réseaux sont interconnectés. L’indicatif de la RDC est le +243. Il est désormais possible de se procurer des cartes SIM 4G à Kinshasa.
Travailler en RDC : points de vigilance
Le visa de courtoisie n’est pas destiné à exercer une activité professionnelle en RDC, même si cette activité est de courte durée. Il est recommandé de refuser l’apposition de ce type de visa sur votre passeport si vous devez avoir une activité professionnelle dans le pays.
Il convient d’anticiper l’inflation et la volatilité monétaire, de prévoir une réserve en devises (USD, EUR) et une marge de sécurité d’au moins 20 % du budget mensuel, et de se renseigner régulièrement sur le taux de change FC/USD.
En cas de troubles, l’interruption temporaire de vols et le blocage de l’unique route menant à l’aéroport international N’Djili (Kinshasa) ne peuvent pas être exclus. Tout expatrié doit disposer d’un plan d’évacuation et maintenir un contact régulier avec l’ambassade de France.
Sources : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères – Conseils aux voyageurs RDC, sécurité (mis à jour 12/03/2026), MEAE – Informations utiles RDC (mis à jour 07/04/2026), Ambassade de France à Kinshasa, Global Peace Index 2025 – Vision of Humanity (IEP), Institut Pasteur – Voyages en RDC, Bankable Africa – Quotas travailleurs étrangers RDC (août 2025), Karib Afrik – Emploi et coût de la vie à Kinshasa (2025), Actualite.cd – Négociations M23-Kinshasa (avril 2026), SPF Affaires étrangères Belgique – Conseils aux voyageurs RDC (2026)
Contacts
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : L’est de la RDC (provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu) reste en proie à un conflit armé grave impliquant le mouvement M23, soutenu par le Rwanda. Des accords préliminaires ont été signés à Washington en décembre 2024, mais la situation sécuritaire demeure volatile et peut affecter directement les opérations commerciales dans ces régions. Les acteurs économiques présents ou envisageant une implantation dans l’est du pays doivent exercer une vigilance accrue.
Les acteurs publics
AMBASSADE DE FRANCE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Représentation diplomatique française à Kinshasa, point de contact pour les ressortissants français et les entreprises implantées en RDC.
Adresse : Avenue du Colonel Mondjiba, Gombe – Kinshasa
Tél. : +243 815 559 999 (standard)
Site : https://cd.ambafrance.org
SERVICE ÉCONOMIQUE DE LA DG TRÉSOR – KINSHASA
En liaison avec le Service Économique Régional pour l’Afrique centrale basé à Yaoundé, le Service Économique de Kinshasa est en charge du suivi économique, de l’appui à la conclusion des grands contrats et de l’animation de la communauté d’affaires française en RDC.
Adresse : 1, avenue du Colonel Mondjiba, Kinshasa (enceinte de l’Ambassade)
Tél. : +243 81 555 9930
Site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/CD
BUSINESS FRANCE – COUVERTURE RDC DEPUIS LUANDA (ANGOLA)
Pour accompagner les entreprises françaises, la Team France Export s’appuie notamment sur le bureau de Business France basé à Luanda, en liaison avec l’ambassade de France et la Chambre de Commerce et d’industrie France-RDC (CCIFC).
Contact depuis la France : https://www.businessfrance.fr
AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT (AFD) – KINSHASA
En RDC, le groupe AFD déploie toute sa palette d’outils au service des acteurs du développement économique et social. Entre 2017 et 2023, les engagements de l’AFD en RDC s’élèvent à 429 millions d’euros.
Adresse : 17, avenue du Comité Urbain, Kinshasa-Gombe
Tél. : +243 998 682 598
Email : [email protected]
Site : https://www.afd.fr/fr/page-region-pays/republique-democratique-du-congo
AGENCE NATIONALE POUR LA PROMOTION DES INVESTISSEMENTS (ANAPI)
Sous la supervision du ministère du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, l’ANAPI est l’institution publique responsable de l’amélioration du climat des affaires et de la facilitation des investissements en RDC.
Adresse : 33C, croisement des avenues Premier Mall et Boulevard du 30 Juin, Kinshasa-Gombe
Tél. : +243 999 925 026
Email : [email protected]
Site : https://www.investindrc.cd
Les acteurs privés
CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE FRANCO-CONGOLAISE (CCIFC)
La CCI Franco-Congolaise, réseau de près de 200 entreprises, accompagne depuis 1987 les projets d’implantation sur le marché congolais. Porte d’entrée du marché congolais, présente sur les trois grandes villes du pays, elle accueille et conseille les entreprises françaises pour leur prospection et leur démarrage.
Adresse : 407, avenue Roi Baudouin 1er, Commune de Gombe – Kinshasa (BP 8211)
Tél. : +243 844 278 703
Email : [email protected]
Secrétariat : [email protected]
Direction : Hélène DUFFAR-CHAMPREDON – [email protected]
Site : https://www.ccife-rdcongo.org
CLUB FRANÇAIS DES AFFAIRES (CFA) EN RDC
Le CFA comprend une quarantaine de membres, représentant des multinationales et des PME, exerçant dans des domaines d’activités variés : exploitation/distribution/logistique pétrolières, banque, assurance, restauration, santé, automobile, services aux entreprises, activités extractives. Depuis le 1er février 2016, le CFA a conclu avec Business France une relation de partenariat afin de mieux appuyer les PME françaises à l’exportation désireuses de pénétrer le marché congolais.
Contact : (à confirmer sur https://cd.ambafrance.org/Autres-acteurs-economiques)
FÉDÉRATION DES ENTREPRISES DU CONGO (FEC)
Organisation patronale regroupant les principales entreprises implantées en RDC, interlocuteur clé pour la communauté d’affaires locale.
Adresse : 10, avenue des Aviateurs, Gombe – Kinshasa
Tél. : +243 812 488 909
Email : [email protected]
Site : https://www.fec.cd
Avocats d’affaires francophones
TSHIBANGU ILUNGA & ASSOCIÉS SCA (TI&A)
TI&A SCA est un cabinet d’avocats ayant ses bureaux principaux à Kinshasa, République Démocratique du Congo. Il est principalement axé sur le droit des affaires, avec des compétences particulières en droit minier, droit des sociétés, droit commercial, droit fiscal, droit maritime, droit du travail, droit des télécommunications et droit bancaire, avec des représentations dans toute la région OHADA francophone.
Site : https://www.tshibangulegal.com
DS AVOCATS ET ASSOCIÉS
DS Avocats et Associés est un cabinet d’avocats indépendants fondé par Maître Delly Sesanga, avocat au Barreau de Paris et de Kinshasa-Gombe. Titulaire d’un Master 2 en droit des affaires et fiscalité de l’Université Paris II Panthéon-Assas, le cabinet a développé des méthodologies rigoureuses pour accompagner les entreprises dans les complexités de l’environnement économique congolais, avec une spécialisation en droit fiscal et douanier, droit minier, droit des contrats et contentieux des affaires.
Adresse : Immeuble Horizon, 302, avenue Lieutenant-Colonel Lukusa, Quartier Croix-Rouge – Kinshasa
Site : https://sesangavocats.com
THAMBWE MWAMBA & ASSOCIÉS
Cabinet de sept avocats expérimentés couvrant le droit des affaires, le droit commercial, le droit des sociétés (OHADA), le droit minier, le droit des hydrocarbures, le droit fiscal, le droit immobilier et le droit du travail.
Adresse : 364, Boulevard du 30 Juin, Immeuble Kiyo ya Sita, 6e étage, Bureau 601, Gombe – Kinshasa
Site : https://cabinetthambwe.cd
SHEMATSI & ASSOCIATES LAW FIRM SCP
Cabinet d’avocats basé en République Démocratique du Congo, spécialisé en droit des affaires. Le cabinet couvre notamment la passation des marchés publics, les contentieux fiscaux et douaniers, les contentieux de droit public et les relations d’affaires avec les structures de l’État.
Adresse : Avenue Uvira 81, Quartier Clinique, Commune de la Gombe, Alfa’s Building – Kinshasa (également présent à Goma)
Site : https://shematsi-associates.com
MAVINGA DECLERC & PARTNERS
Association d’Avocats à Responsabilité Professionnelle Individuelle (AARPI) implantée en RDC depuis 2004 à Kinshasa, avec des extensions à Matadi (Kongo Central, depuis 2008) et à Lubumbashi (Haut-Katanga, depuis 2016).
Adresse : 1er étage, Immeuble Parkland, Concession RAFI, 1, avenue Ngongo-Lutete, Kinshasa-Gombe
Tél. : +243 854 517 250 / +243 812 939 716
Site : https://cabinetmavingadp.com
Sources d’information internet
Ambassade de France en RDC – informations pratiques, acteurs économiques, conseils aux entreprises
DG Trésor – fiche RDC – analyse économique, relations bilatérales, lettre d’information Afrique centrale
CCI Franco-Congolaise (CCIFC) – actualités, services aux entreprises, Semaine Française de Kinshasa
ANAPI – Agence Nationale pour la Promotion des Investissements – code des investissements, procédures de création d’entreprise
AFD – RDC – projets de développement, financement des entreprises
France Diplomatie – RDC – conseils aux voyageurs, sécurité, voyages d’affaires
Business France – accompagnement export, dispositifs Team France Export
Fédération des Entreprises du Congo (FEC) – organisation patronale locale
Sources : Ambassade de France en RDC – coordonnées (2025), DG Trésor – RDC (2025), France Diplomatie – voyages d’affaires RDC (2025), CCIFC (2026), Ambassade de France – acteurs économiques RDC (2024), ANAPI (2025), AFD – offre groupe RDC (2025), Tshibangu Ilunga & Associés (2025), DS Avocats et Associés (2024), Thambwe Mwamba & Associés (2025), Shematsi & Associates (2025), Mavinga Declerc & Partners (2025)
Logistique & Douane
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : Le conflit armé dans l’est de la RDC a atteint un niveau critique en 2025. Début 2025, le M23 a progressé dans les provinces orientales du Nord et du Sud-Kivu, s’emparant des villes stratégiques de Goma et de Bukavu en janvier et février. Des groupes armés ont transformé les régions riches en minerais en zones de conflit, alimentant une économie illicite et coûtant au gouvernement environ 900 millions USD de pertes de recettes après avoir perdu le contrôle des Kivu. Un cessez-le-feu signé le 24 avril 2025 sous médiation qatarie et réaffirmé par une déclaration de principes le 19 juillet a été rompu le 10 août ; depuis, les combats se poursuivent, chaque partie rejetant la responsabilité sur l’autre, ce qui compromet les perspectives de paix. Entre janvier et mars 2026, la situation sécuritaire au Nord-Kivu reste relativement stable, les lignes de front changeant peu malgré des combats réguliers. Ce contexte sécuritaire pèse directement sur les corridors de transport de l’est du pays, perturbe les chaînes logistiques minières et génère des surcoûts significatifs pour les opérateurs.
⚠ Point d’attention : La RDC a instauré en février 2025 un embargo total sur ses exportations de cobalt — métal dont elle représente 78 % de la production mondiale en 2024. De février à octobre 2025, le gouvernement a appliqué une interdiction complète d’exportation, retirant de fait le premier producteur mondial des chaînes d’approvisionnement internationales. La transition vers un système de quotas en octobre 2025 a marqué un passage du contrôle binaire à la gestion graduée de l’offre. Cependant, des effondrements de ponts sur des axes routiers clés ont créé des goulots d’étranglement immédiats affectant le mouvement des matières des sites miniers vers les installations portuaires, représentant le type de perturbations imprévues susceptibles de paralyser les flux d’exportation indépendamment de la disponibilité des quotas.
Performance logistique et environnement douanier
Indicateurs de référence
Le classement Doing Business de la Banque mondiale a été définitivement suspendu en 2021 après la détection d’irrégularités méthodologiques. Son successeur, le B-READY (Business Ready), constitue la deuxième édition de ce classement de remplacement publié fin décembre 2025 par la Banque mondiale. En Afrique, la Banque mondiale a couvert 29 pays dans l’édition 2025, contre 15 en 2024, et la RDC figure parmi les nouveaux entrants, aux côtés du Bénin, du Sénégal, de la Tunisie et de la Namibie. Le rapport B-READY 2025 évalue le cadre réglementaire et les services publics destinés aux entreprises, ainsi que l’efficacité avec laquelle ce cadre et ces services sont combinés dans la pratique. Les scores détaillés par pays et par domaine — notamment le domaine International Trade — ne sont pas encore accessibles au niveau de granularité requis pour publication ; les données précises pour la RDC seront intégrées dès leur disponibilité publique complète. Pour comparaison, le dernier LPI (Logistics Performance Index) de la Banque mondiale date de 2023 et couvre 139 pays. Il classe les pays selon six dimensions du commerce : performance douanière, qualité des infrastructures, facilité d’organisation des expéditions, compétence des services logistiques, traçabilité des envois et respect des délais de livraison. Les données LPI 2023 spécifiques à la RDC ne sont pas disponibles dans des agrégateurs accessibles sans abonnement ; les données antérieures à 2023 plaçaient régulièrement la RDC parmi les pays les moins bien classés du continent africain.
Infrastructure portuaire et corridors de transport
La RDC dispose d’une façade maritime de seulement 37 km et s’appuie sur un réseau portuaire intérieur limité. Ses deux ports existants, Matadi et Boma, sont situés sur le fleuve Congo et ont un tirant d’eau limité, ce qui empêche les très grands navires d’y accoster. De ce fait, la plupart des échanges internationaux transitent par des ports maritimes en Angola et à Pointe-Noire (République du Congo), les marchandises étant ensuite acheminées par route ou transbordées sur des navires plus petits vers la RDC, à un coût accru pour les consommateurs.
Situé sur le fleuve Congo, à environ 148 kilomètres de la côte atlantique, le port de Matadi est la principale porte d’entrée maritime du corridor ouest de la RDC — la plus cruciale des infrastructures portuaires de la partie occidentale du pays, dont la capitale Kinshasa. C’est le cœur logistique par lequel doit transiter la majorité des marchandises importées. Actuellement, 90 % des importations et exportations conteneurisées et de marchandises générales de la RDC sont traitées à Matadi, qui présente des contraintes sur la taille des navires qu’il peut accueillir en raison de la profondeur et de la largeur du fleuve Congo. Le port SCTP de Matadi n’est pas assez profond pour accueillir les grands navires ; les cargaisons doivent donc être transbordées sur des navires feeders dans les ports voisins.
Le projet de port en eaux profondes de Banana constitue la principale perspective de transformation logistique du pays. En mars 2025, DP World a sélectionné Mota-Engil pour mener le développement du port de Banana, un projet vital devant renforcer la position de la RDC comme hub commercial de premier plan, en fournissant une infrastructure de pointe, en réduisant les coûts pour les entreprises et en renforçant l’indépendance économique de la RDC. Le port comprendra un quai de 600 mètres, un tirant d’eau de 18 mètres et une capacité de traitement annuelle d’environ 450 000 EVP. La première phase de ce premier port en eaux profondes de la RDC progresse dans les délais prévus, avec une livraison projetée début 2027. Selon British International Investment (BII), les gains d’efficacité engendrés par l’entrée en service du port de Banana devraient réduire de 12 % le coût des échanges en RDC.
L’accès aux ports depuis l’intérieur du pays reste un obstacle majeur. Le port est relié à Kinshasa par une route nationale revêtue de 355 km (RN1) en bon état, soit environ 9 à 11 heures de trajet. Toutefois, en raison de la route unique permettant de quitter la ville depuis le port, Matadi est confrontée à des problèmes de congestion. La liaison Kinshasa–Matadi est une route à deux voies avec un trafic très dense dû au nombre élevé de camions, et les accidents sont fréquents, pouvant bloquer la circulation dans les deux sens pendant plusieurs heures. Pour le corridor sud-est, le port de Matadi n’est essentiel que pour le sud-ouest du pays, et en raison des coûts de transport intérieurs élevés et des grandes distances, le commerce du sud-est de la RDC est principalement acheminé via les corridors vers l’Afrique australe.
La RDC possède plus de voies navigables et déplace plus de passagers et de marchandises par voie fluviale que tout autre pays d’Afrique. Kinshasa, avec ses 7 km de front de rivière occupés par des quais et des jetées, est le plus grand port de voies intérieures du continent. Le pays dispose de l’un des plus grands réseaux mondiaux de voies navigables, s’étendant sur plus de 25 000 kilomètres. L’utilisation accrue du transport fluvial et lacustre peut contribuer à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté, en desservant les régions intérieures du pays à fort potentiel agricole.
Procédures douanières et barrières au commerce
La plupart des obstacles commerciaux de la RDC résultent de réglementations complexes, d’une multiplicité d’agences administratives aux compétences chevauchantes et d’un manque fréquent de capacité et de contrôle des agents responsables de l’application des règlements. La RDC possède de nombreuses agences dotées d’une autorité légale en matière commerciale. Les entreprises rencontrent des difficultés à obtenir les signatures requises, les règlements sont complexes et mal codifiés, leur application varie largement selon les régions du pays, la corruption est endémique et les négociations avec de nombreux fonctionnaires sont monnaie courante.
Sur le plan institutionnel, le gouvernement a créé le Guichet Unique Intégral pour le Commerce Extérieur (GUICE) pour rationaliser les procédures administratives relatives aux opérations d’import, d’export, de transit et de transbordement. Le programme a été mis en œuvre à Kinshasa, au port de Matadi, au poste-frontière de Kasumbalesa à la frontière RDC-Zambie, dans la ville orientale de Beni, et est en cours de déploiement dans d’autres zones, même si le manque de financement continue d’entraver les progrès. En avril 2025, la RDC a signé un décret interministériel pour mettre en œuvre le Régime Simplifié du Commerce de la COMESA, facilitant la formalisation et le soutien aux petits commerçants transfrontaliers.
Les délais de dédouanement demeurent significatifs. Avec un transitaire compétent et des documents en ordre, le processus peut prendre de 7 à 14 jours au port de Matadi. Il est cependant prudent de prévoir jusqu’à 21 jours pour tenir compte des retards potentiels, des inspections ou des obstacles administratifs. Au niveau tarifaire, la TVA est fixée à 16 % sur la plupart des importations (8 % sur certains produits agricoles) et les droits de douane varient de 5 à 40 % selon le code SH (électronique, textiles, machines, etc.).
Une évolution notable en matière de change : en 2025, les administrations fiscales — DGI, DGDA, DGRAD — n’acceptent plus aucun paiement en devises étrangères, y compris pour les entreprises du secteur extractif qui bénéficiaient auparavant de certaines exemptions. Cette dédollarisation partielle des paiements fiscaux introduit une contrainte supplémentaire pour les opérateurs étrangers.
Points de vigilance
Dépendance au corridor occidental : 90 % des importations et exportations conteneurisées transitent par Matadi, un port aux capacités limitées et soumis à des congestions chroniques sur la liaison routière vers Kinshasa. Prévoir systématiquement des délais de transport étendus depuis ce nœud.
Multiplicité des acteurs douaniers : L’un des principaux obstacles commerciaux reste le processus de dédouanement lent et complexe. Le recours à un transitaire local expérimenté, maîtrisant les interactions avec la DGDA ainsi que les multiples autres agences présentes à Matadi (OCC, DGM, PNHF/SQAV), est indispensable.
Quotas cobalt : Le système de quotas d’exportation de cobalt mis en place à partir d’octobre 2025 introduit une incertitude réglementaire nouvelle. Des logisticiens basés en RDC signalent que les matières continuent à s’accumuler dans les installations minières et aux points de passage frontière malgré les autorisations administratives, ce qui indique que les contraintes de transport et de capacité portuaire constituent le principal goulot d’étranglement dans les flux d’exportation. Les exportateurs de minerais stratégiques doivent intégrer ce risque dans leurs planifications contractuelles.
Insécurité dans l’est : La détérioration de la situation sécuritaire dans l’est a conduit à une baisse des recettes (estimée à 5 % par le ministère des Finances) et à une augmentation des dépenses publiques. Les corridors logistiques des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont directement affectés par le conflit M23.
Change et dollarisation : Malgré la politique de dédollarisation engagée par la Banque centrale, l’économie congolaise reste très dollarisée dans les transactions privées. La nouvelle exigence de paiement des taxes en francs congolais auprès de la DGDA nécessite une attention particulière dans la gestion des coûts d’importation.
Horizon 2027 : L’entrée en service du port de Banana (première phase prévue début 2027) devrait modifier substantiellement les conditions logistiques et tarifaires du commerce extérieur congolais. Les exportateurs français sont encouragés à anticiper dès maintenant cette évolution dans leurs stratégies d’implantation.
Sources : Banque mondiale – B-READY 2025, Banque mondiale – LPI 2023, U.S. Commercial Service – DRC Customs Regulations (2026), U.S. Commercial Service – DRC Trade Barriers (2026), U.S. Department of State – DRC Investment Climate Statement 2025, DP World – Banana Port (mars 2025), Africa.com – Banana Port on track for 2027 (juillet 2025), DG Trésor – Économie RDC (2025), Coface – Fiche risque pays RDC, Ecofin Agency – B-READY 2025 Afrique (janvier 2026), Agence Ecofin – Embargo cobalt RDC (juin 2025), Discovery Alert – Quotas cobalt RDC 2026, LogCluster – Port de Matadi, Sino Shipping – DRC freight (mars 2026)
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