Économie
Dernière mise à jour : avril 2026
Informations pays
Capitale : Koweït (Kuwait City)
Devise : Le dinar koweïtien (KWD).
Population : 5 millions d’habitants (2024), dont 1,6 million de nationaux.
Taux de croissance du PIB réel : 2026 : +3,8 % (prévision FMI) ; 2025 : +2,6 % (prévision FMI). La croissance 2025 marque un rebond après une contraction de 2,8 % en 2024.
PIB nominal : 160 Mds USD en 2024 (FMI), 59e économie mondiale.
PIB nominal par habitant : 31 753 USD en 2024 (FMI), 39e rang mondial.
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD) : 61 730 USD en 2023 (Banque mondiale).
Inflation (IPC) : 2,3 % prévus en 2025 et 2,1 % en 2026 (FMI).
Taux de chômage : 2,1 % en 2024 (Banque mondiale).
Dette publique (administration centrale) : environ 12,9 % du PIB en 2025 (projection FMI).
Solde budgétaire (administration centrale) : déficit ramené à 2,2 % du PIB lors de l’exercice fiscal 2024/2025 ; il devrait se creuser à 8,7 % du PIB (4,2 Mds KWD) en 2025/2026, puis à 9,4 % du PIB en 2026/2027.
Solde du compte courant : excédent courant ramené à 29,1 % du PIB en 2024 ; il devrait se modérer à 22,9 % du PIB en 2025 et 19,1 % en 2026.
Sources : FMI – Conclusions Article IV 2025 (février 2026), Banque mondiale.
Conjoncture
⚠ Point d’attention majeur : Depuis début mars 2026, le conflit militaire entre les États-Unis et l’Iran a conduit à la fermeture effective du détroit d’Ormuz. Le Koweït a annoncé une réduction de sa production pétrolière et de sa capacité de raffinage, les pétroliers ne pouvant plus transiter dans le golfe Persique en raison des menaces iraniennes. La Kuwait Petroleum Corporation a par ailleurs signalé que plusieurs de ses installations opérationnelles ont été touchées par des attaques de drones, occasionnant des dommages significatifs. Le prix du Brent a atteint en moyenne 103 USD/baril en mars 2026 et devrait culminer à 115 USD/baril au deuxième trimestre 2026, selon l’EIA. La situation demeure très évolutive et ses conséquences sur les recettes publiques, la production et les infrastructures koweïtiennes restent à ce jour incertaines.
Structure et fondamentaux de l’économie
Le Koweït tire l’essentiel de sa richesse de ses ressources pétrolières. Le secteur des hydrocarbures représente plus de 35 % du PIB, 95 % des exportations et la quasi-totalité des recettes budgétaires. Ses réserves prouvées sont estimées à plus de 100 Mds de barils (6e rang mondial), et le pays exploite le deuxième plus vaste gisement du monde (Burgan), avec une capacité de production d’environ 3 millions de barils/jour (7e exportateur mondial). La production de brut a progressivement augmenté en 2025, atteignant 2,58 millions de barils/jour en décembre, avant la réduction imposée par la crise de mars 2026. Par sa taille, le Koweït constitue la 59e économie mondiale avec un PIB de 160 Mds USD en 2024.
Le système de redistribution de la rente pétrolière est le plus généreux de la région. Un État-providence garantit depuis le milieu des années 1950 l’éducation, la santé, un logement et un emploi aux citoyens koweïtiens, et subventionne eau et électricité quasi gratuitement. Ces subventions représentent le cinquième des dépenses totales de l’État budgétées pour l’exercice 2024-2025, et les salaires de la fonction publique plus de 60 %. La pression sur les dépenses courantes demeure structurelle : environ 80 % des dépenses gouvernementales sont absorbés par les salaires et les subventions, laissant peu de marges pour l’investissement productif.
Situation macroéconomique et perspectives
Une reprise économique est en cours en 2025, malgré la baisse des prix du pétrole. Le PIB réel devrait progresser de 2,6 % en 2025 et de 3,8 % en 2026, portés par le dénouement progressif des réductions de production OPEP+ et par une croissance soutenue du secteur non pétrolier. Une reprise incipiente est déjà visible, avec une croissance réelle de 1,7 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2025, portée par une progression non pétrolière de 3,1 %. Ces projections devront être révisées à la lumière des perturbations liées au conflit dans le Golfe depuis mars 2026.
La situation budgétaire présente un double visage. À l’échelon du gouvernement central budgétaire, le déficit a été ramené à 2,2 % du PIB lors de l’exercice 2024/2025 grâce à la rationalisation de la masse salariale, à la modération des subventions énergétiques et à la mobilisation de recettes non pétrolières. En revanche, au niveau de l’administration générale, le surplus s’est élargi à 27,7 % du PIB sur cet exercice, grâce notamment aux revenus d’investissement plus élevés du fonds souverain. À moyen terme, le déficit du gouvernement central devrait se creuser à 8,7 % du PIB en 2025/2026, puis à 9,4 % en 2026/2027, en raison de dépenses plus élevées et de recettes pétrolières moindres. Pour y faire face, le gouvernement a repris l’émission de dette souveraine après près d’une décennie d’interruption, grâce à la loi sur la dette publique adoptée en mars 2025, qui autorise l’émission jusqu’à 30 Mds KWD (98 Mds USD) en instruments de dette.
La position extérieure du Koweït reste solide. Les réserves officielles s’établissaient à 8,3 mois d’importations projetées fin 2024. Surtout, la Kuwait Investment Authority (KIA), le plus ancien fonds souverain au monde, fondé en 1953, est le 5e fonds souverain mondial avec plus de 1 000 Mds USD d’actifs sous gestion en mars 2025. Fitch a réaffirmé la note souveraine ‘AA-‘ avec perspective stable, citant des coussins financiers solides ; les actifs nets étrangers de la KIA devraient représenter 601 % du PIB en 2025, le niveau le plus élevé parmi les souverains notés par Fitch. Cette réserve constitue le premier rempart contre les chocs pétroliers.
Commerce extérieur
En 2023, les exportations de biens ont reculé à 85,4 Mds USD (-14,5 % sur un an) en raison de la baisse des cours des hydrocarbures, tandis que les importations s’établissaient à 37,3 Mds USD (+8,1 %). Les données préliminaires du Bureau central des statistiques font état pour 2024 d’un excédent commercial de 11,6 Mds KWD, les exportations de pétrole représentant 90,6 % du total, tandis que les exportations non pétrolières progressaient de 17 %. La balance commerciale demeure structurellement excédentaire, les hydrocarbures représentant l’écrasante majorité des recettes d’exportation.
La Chine reste le premier partenaire commercial bilatéral du Koweït. Elle représentait un volume d’échanges bilatéraux de 22 Mds USD en 2023, en baisse de 9 Mds USD sur un an, du fait d’une réduction du volume de brut exporté vers la Chine. Les principaux clients du Koweït restent la Chine (25 % des exportations), l’Inde (14,2 %), la Corée du Sud (12,4 %) et le Japon (11,7 %) ; côté fournisseurs, la Chine domine avec 17,8 % de part de marché, devant les États-Unis (8,7 %) et les Émirats arabes unis (8,4 %).
Sur le plan bilatéral franco-koweïtien, les échanges commerciaux entre la France et le Koweït ont atteint près de 2,5 Mds EUR en 2024, se soldant par un déficit commercial de 1,31 Md EUR, en raison du poids des importations énergétiques françaises (99,5 % de nos importations en provenance du Koweït). Les exportations françaises se sont établies à 804 M EUR en 2023 (-19 % par rapport à l’année historique 2022). Le Koweït est devenu en 2023 le 3e partenaire commercial de la France dans la région, devant le Qatar. La relation bilatérale a été rehaussée lors de la visite de l’Émir à Paris pour le 14 juillet 2025 : deux déclarations d’intention ont été signées, la première relative à un partenariat stratégique d’investissement franco-koweïtien 2025-2035, la seconde pour le renforcement de la coopération culturelle.
Environnement politique et réformes structurelles
Jusqu’à la suspension du Parlement par décret émiral le 10 mai 2024, le pouvoir politique reposait sur un équilibre constitutionnel entre la famille régnante Al-Sabah et le parlement. Les blocages politiques et l’instabilité ministérielle (10 gouvernements en quatre ans) ont conduit l’Émir à suspendre le parlement pour une durée de quatre ans et à annoncer une réforme de la Constitution. Cette suspension des travaux du parlement devrait en principe accélérer les réformes fiscales et structurelles, mais l’élargissement du déficit budgétaire, la suspension du parlement et les années d’immobilisme institutionnel alimentent des doutes sur la capacité du pays à faire évoluer son modèle économique avant la fin de la décennie.
La transformation économique reste le chantier prioritaire. Le Koweït s’est engagé dans une transformation structurelle et une montée en puissance de l’investissement pour concrétiser ses ambitions de la Vision 2035 visant à diversifier l’économie. En août 2025, le Koweït a dévoilé une version révisée de sa Vision 2035, dans l’objectif d’accélérer la livraison des projets d’infrastructure critiques et de réduire la dépendance au budget de l’État en attirant des capitaux étrangers. Dans ce cadre, un impôt minimum complémentaire de 15 % (DMTT) ciblant les grandes entreprises multinationales est entré en vigueur en janvier 2025. Cependant, peu des projets phares initialement envisagés dans la Vision 2035 sont opérationnels, et le méga-projet Silk City reste au stade des études préliminaires.
La politique de koweïtisation de l’emploi demeure une priorité : l’État cherche à réduire la proportion de travailleurs étrangers et à inciter les diplômés koweïtiens à rejoindre le secteur privé, afin de désengorger une fonction publique pléthorique. Les opportunités professionnelles pour les étrangers demeurent toutefois importantes, à la fois pour les emplois peu qualifiés (main-d’œuvre venant principalement d’Inde, d’Égypte, des Philippines) et pour les profils à forte valeur ajoutée.
Points de vigilance
Dépendance pétrolière extrême : L’économie est très exposée aux risques mondiaux via sa dépendance au pétrole, en particulier à la volatilité des prix des matières premières, et les chocs se transmettent principalement via l’impact sur les prix du pétrole et les quotas OPEP+. Le Koweït doit un prix du baril d’au moins 90 USD pour équilibrer son budget, alors que Goldman Sachs a récemment abaissé sa prévision de Brent 2026 à 58 USD avant la crise du Golfe.
Crise du détroit d’Ormuz (mars-avril 2026) : La fermeture du détroit perturbe directement les exportations koweïtiennes et fragilise les infrastructures de la KPC. Le Koweït a dû réduire sa production et son raffinage à titre de mesure préventive. La durée et les conséquences économiques de cette crise restent à évaluer.
Réformes fiscales à risque politique : Les grandes réformes fiscales, dont la TVA, demeurent politiquement sensibles, même en l’absence d’un parlement en exercice. La capacité du gouvernement à mener ces réformes à terme dans un environnement de pression budgétaire accrue reste incertaine.
Retards de diversification : Tandis que ses voisins (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis) accélèrent leurs méga-projets et leurs réformes réglementaires, le Koweït peine à convertir sa richesse pétrolière en croissance durable.
Lacunes statistiques : La capacité statistique du pays s’est affaiblie, avec des lacunes majeures dans les comptes nationaux, les finances publiques et les statistiques du secteur extérieur, ce qui complique la surveillance économique.
Sources : FMI, Conclusions Article IV 2025 (février 2026), FMI, Déclaration de clôture de la mission Article IV 2025 (décembre 2025), DG Trésor – Panorama économique Koweït, DG Trésor – Relations bilatérales France-Koweït, MEAE – Politique et économie du Koweït (2025), Lloyd’s Bank Trade – Profil commercial Koweït (2025), AGBI – Vision 2035 (décembre 2025), EIA, Short-Term Energy Outlook (avril 2026), Trading Economics / Banque mondiale – RNB/hab PPA (2023)
Commerce extérieur
Dernière mise à jour : avril 2026
Population (millions, 2025) : 5,0
Taux de croissance du PIB réel : 2026 : 3,8 % (prév.) ; 2025 : 2,6 % (estim.) ; 2024 : −1,7 % (contraction)
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2023) : 61 730
Échanges de marchandises (2024, Md USD, données préliminaires bureau central des statistiques) :
Export : ~76 Md USD (dont 90,6 % d’hydrocarbures ; hausse des exportations non pétrolières de 17 %) ; Import : ~38 Md USD.
Pour référence 2023 (OMC) : Export 85,4 Md USD (−14,5 %) ; Import 37,3 Md USD (+8,1 %).
Cinq premiers fournisseurs (2024) :
1 – Chine ; 2 – Émirats arabes unis ; 3 – États-Unis ; 4 – Arabie saoudite ; 5 – Corée du Sud. Autres fournisseurs notables : Japon, Allemagne, Inde.
Exportations françaises 2023 : 804 M EUR, −19 % par rapport à 2022 (données DG Trésor/Douanes françaises — chiffre 2024 non encore publié à la date de mise à jour).
Indice de perception de la corruption (IPC 2024, publié février 2025) : 46/100 — le Koweït figure parmi les pays ayant le plus progressé dans la région MENA, avec une hausse de dix points depuis 2019.
Indice de perception de la corruption (IPC 2025, publié février 2026) : 46/100 — 65e–69e rang sur 182 pays
Sources : FMI, Article IV 2025 (février 2026), Banque mondiale – RNB/hab. PPA 2023, OMC / Lloyd’s Bank Trade – Échanges 2024, DG Trésor – Relations bilatérales France-Koweït, Transparency International – IPC 2025 (février 2026)
Risques et paiements
Mobilité
Dernière mise à jour : avril 2026
Mobilité – Koweït
⚠ Point d’attention — Conflit régional majeur (février–avril 2026) : Depuis le 28 février 2026, le Koweït est directement affecté par l’escalade militaire régionale opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis. Le Koweït a fermé intégralement son espace aérien le 28 février 2026, après que des frappes iraniennes de représailles ont touché des cibles dans le Golfe, dont l’aéroport international de Koweït lui-même. La Direction générale de l’aviation civile a maintenu une suspension totale du trafic commercial depuis fin février 2026, à la suite de plusieurs incidents ayant endommagé le Terminal 1, les dépôts de carburant, les radars et d’autres infrastructures critiques. Aucune date de réouverture n’a été confirmée. Le ministère koweïtien de la Défense a indiqué que 67 militaires avaient été blessés dans le cadre du conflit ; le ministère de l’Intérieur a confirmé la mort de deux gardes-frontières. Le site de l’ambassade de France au Koweït recommande aux ressortissants français de suivre strictement les consignes des autorités koweïtiennes, de limiter les déplacements non essentiels et de se mettre à l’abri en cas d’alerte. Tout projet de déplacement vers le Koweït doit être mis en suspens jusqu’à normalisation de la situation sécuritaire et réouverture de l’espace aérien.
S’y rendre
Formalités d’entrée
Les détenteurs d’un passeport français peuvent entrer au Koweït en effectuant leur visa à l’arrivée à l’aéroport international du Koweït. Il est toutefois recommandé d’effectuer une demande de visa en ligne avant le voyage sur le site internet dédié du ministère de l’Intérieur koweïtien. Le visa (en ligne ou à l’arrivée) coûte 3 dinars koweïtiens, soit environ 9 euros. Les ressortissants français doivent être en possession d’un passeport ordinaire comportant une validité supérieure à 6 mois.
Aucun étranger ne sera admis sur le territoire koweïtien s’il est détenteur d’un passeport revêtu de visas ou de tampons d’entrée ou de sortie d’Israël, d’un document d’identité mentionnant un lieu de naissance en Israël, ou d’un billet d’avion y faisant référence. Les autorités koweïtiennes ne reconnaissent pas le passeport d’urgence ; tout voyageur se présentant aux services de l’immigration muni de ce document risque de ne pas être autorisé à entrer sur le territoire et d’être expulsé.
Des ressortissants français nés hors de France, notamment dans certains pays du Moyen-Orient, sont susceptibles de voir leur accès au territoire koweïtien ralenti à leur arrivée à l’aéroport et soumis à des demandes de documents complémentaires. Des frais journaliers de pénalité pour dépassement de séjour sont appliqués par les autorités koweïtiennes ; ces frais doivent être réglés en totalité à la sortie du territoire.
Accès aérien
⚠ Point d’attention : L’aéroport international de Koweït est demeuré fermé à tous les vols commerciaux de passagers au 8 avril 2026, aucune arrivée ni aucun départ n’étant répertoriés sur les systèmes officiels. La proximité du Koweït avec les zones de conflit a conduit les autorités à prendre des mesures préventives plus strictes que certains voisins. Kuwait Airways a suspendu toutes ses opérations à l’aéroport international de Koweït, mais a établi un réseau de vols opérant depuis l’aéroport international du roi Fahd à Dammam (Arabie saoudite), via un modèle hybride aérien-terrestre. Les passagers au Koweït sont acheminés depuis le terminal du Khairan Mall et transportés par route jusqu’à Dammam via le poste-frontière de Nuwaiseeb ; la dernière heure de réception des passagers est fixée à huit heures avant le vol prévu.
Le ministère de l’Intérieur du Koweït a automatiquement prorogé d’un mois tous les visas de visite expirés à partir du 28 février 2026, sans frais ni démarche particulière. Les amendes pour dépassement de séjour ont été suspendues pour la durée de la crise.
Pour tout déplacement, consulter impérativement en temps réel le site officiel de l’aéroport : kuwaitairport.gov.kw et les annonces de Kuwait Airways (kuwaitairways.com).
Sécurité et vigilance
Il convient de faire preuve de discrétion dans les espaces publics, notamment dans les localités périphériques, en dehors de la capitale. Il est recommandé aux voyageurs de s’inscrire sur Ariane (pastel.diplomatie.gouv.fr).
Sur l’indice mondial de la paix, le Koweït se classe 31e mondial et 2e dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord au Global Peace Index 2025, derrière le Qatar (27e), avec un score de 1,642.
La consommation de porc et d’alcool étant interdite, toute tentative d’importer ces produits sur le territoire koweïtien est passible d’une peine de prison. La consommation et le trafic de drogue exposent à des sanctions sévères ; la possession, même en très petites quantités, de stupéfiants est passible d’emprisonnement et de la peine capitale.
S’installer
Résidence et permis de séjour
Pour un séjour de plus de trois mois, un permis de résidence doit être sollicité par l’intermédiaire d’un parrain local (« sponsor » ou « kafil »). Le système de kafala impose qu’un expatrié soit placé sous le parrainage d’une personne ou d’une entité koweïtienne : pour les salariés, le sponsor est l’employeur ; pour les membres de famille, le sponsor est le parent qui travaille au Koweït.
Une réforme importante est entrée en vigueur fin 2025 : depuis le 23 décembre 2025, la réforme de l’immigration au Koweït introduit de nouveaux permis de résidence de longue durée valables 10 à 15 ans, couvrant plusieurs catégories liées à l’investissement, à la propriété immobilière et aux liens familiaux. Les investisseurs étrangers peuvent ainsi obtenir un permis de 15 ans, et les propriétaires de biens immobiliers jusqu’à 10 ans. Le ministère de l’Intérieur a également lancé un nouveau service en ligne permettant de délivrer, renouveler ou transférer les titres de séjour entièrement à distance, sans déplacement physique.
Les frais de renouvellement des permis de résidence (iqama) ont été relevés : les frais annuels ont doublé, passant de 10 KWD à 20 KWD (environ 65 USD). Des tarifs spécifiques s’appliquent selon les catégories : investisseurs et propriétaires : 50 KWD ; expatriés auto-sponsorisés : 500 KWD. Le parrainage familial est accessible aux expatriés percevant un salaire mensuel minimum de 800 KWD (environ 2 600 USD), certaines professions étant exemptées de cette condition.
Communauté française
L’ambassade de France au Koweït est implantée au 40e étage de la Tour Al Hamra, rue Al Shuhada, Sharq, bloc 8, Koweït. Le standard téléphonique est le +965 22058900. Pour les démarches consulaires (hors visa), les ressortissants peuvent contacter France Consulaire via appel audio internet (gratuit) au +965 22022817 (coût d’un appel local) ou au +33 1 70 06 98 98 (coût d’un appel international). En cas d’urgence, le numéro à composer est le +965 22058953. L’ambassadeur en poste depuis 2024 est Olivier Gauvin.
Site de l’ambassade : kw.ambafrance.org
Marché du travail et opportunités
Caractéristiques générales
Le gouvernement koweïtien pousse une politique active de « Kuwaitisation » visant à réduire la dépendance à la main-d’œuvre étrangère, notamment dans la fonction publique et dans certains secteurs stratégiques, plus de 80 % des Koweïtiens travaillant déjà dans le secteur public. Le résultat est un marché du travail paradoxal : le pays a besoin d’expatriés qualifiés pour faire tourner son économie, mais multiplie les quotas, restrictions de visas et préférences nationales.
Environ 70 % de la main-d’œuvre koweïtienne est étrangère, témoignant d’une forte demande de compétences internationales. Le pays recensait plus de 60 000 postes vacants, particulièrement dans l’informatique, la construction, la santé, l’ingénierie et la finance. L’un des arguments phares pour travailler au Koweït est l’absence totale d’impôt sur le revenu, pour les nationaux comme pour les étrangers.
Secteurs porteurs pour les expatriés
Pétrole et gaz : L’industrie pétrolière et gazière reste le secteur roi pour les rémunérations. Les grandes sociétés publiques – Kuwait Petroleum Corporation (KPC), Kuwait Oil Company (KOC), Kuwait National Petroleum Company (KNPC) – concentrent des milliers de postes, dont une partie est ouverte aux étrangers, surtout sur des profils techniques et d’encadrement.
Technologies de l’information : Le secteur IT est l’un des piliers de la Vision 2035. Le marché des technologies de l’information et de la communication est évalué à plus de 22 milliards de dollars et devrait approcher les 40 milliards à l’horizon 2028, avec une croissance annuelle proche de 10 %.
Finance et banque : Le Koweït est un centre financier majeur dans la région du Golfe. Les banques et entreprises recrutent des analystes financiers, comptables, auditeurs et responsables de la conformité.
Santé : Le pays ayant massivement investi dans la santé, il recrute du personnel médical.
BTP et infrastructure : Le Koweït développe de nouvelles autoroutes, projets immobiliers, bureaux et équipements publics, nécessitant ingénieurs de chantier, chefs de projet, architectes et métreurs.
Conditions de travail
La législation koweïtienne fixe la durée légale du travail à 48 heures par semaine, donnée importante à prendre en compte pour relativiser les salaires élevés affichés. Les packages d’expatriation incluent souvent en plus du salaire de base : une allocation logement représentant 20 à 30 % du salaire, un véhicule de société ou prime de transport, une assurance santé étendue parfois à la famille, et des billets d’avion annuels pour le retour dans le pays d’origine.
Pour la recherche d’emploi, les plateformes spécialisées dans la région du Golfe sont : Bayt.com, GulfTalent.com, NaukriGulf.com et LinkedIn.
Points de vigilance
Pour travailler au Koweït, tout étranger (hors ressortissants du CCG) doit avoir un sponsor koweïtien — un employeur du secteur privé, une entité publique ou un particulier. Le sponsor est juridiquement responsable du travailleur et gère son visa et ses démarches administratives. Un expatrié ne peut ni changer facilement d’employeur, ni résider dans le pays sans contrat de travail valide.
Les démarches pour obtenir un permis de travail et de résidence peuvent être longues. Une bonne maîtrise de l’anglais est indispensable ; parler arabe constitue un atout supplémentaire.
Les profils européens sont plus coûteux que la main-d’œuvre asiatique et peinent parfois à se positionner, même si le chômage est quasi inexistant sur place.
La politique de « Kuwaitisation » crée des restrictions croissantes dans certains secteurs et pour certains profils d’âge : les postes dans la fonction publique sont désormais fermés aux plus de 50 ans.
Coût de la vie et logement
Le coût de la vie au Koweït est inférieur de 38,5 % à celui des États-Unis hors loyer, et de 41,3 % loyer inclus. Le Koweït reste significativement plus abordable que les grandes villes d’expatriation comme Singapour, avec des coûts de vie environ deux fois inférieurs.
Un expatrié célibataire peut vivre confortablement avec 500 à 800 KWD par mois, tandis qu’une famille de quatre personnes nécessite entre 1 200 et 1 800 KWD, selon le logement, la scolarité et le mode de vie. Une proportion significative des denrées alimentaires doit être importée — environ 95 % des produits alimentaires — ce qui peut renchérir certains produits courants.
La climatisation est une nécessité en été et peut alourdir la facture d’électricité. Les loyers ont augmenté régulièrement ces dernières années, bien que l’allocation logement reste un élément traditionnel des packages d’expatriation.
Les taxis et les applications de VTC comme Careem constituent les principaux modes de transport pour les expatriés, en complément d’un réseau de bus basique. Ces services sont relativement abordables. Le projet de métro koweïtien a été annulé en 2023, mais une connexion ferroviaire avec l’Arabie saoudite est attendue d’ici 2028 dans le cadre du réseau ferroviaire régional CCG.
Santé
En tant que non-citoyen, un expatrié n’a pas accès aux soins de santé financés par l’État. Une assurance santé est donc indispensable pour vivre au Koweït. Le système public ne peut pas être utilisé dans les établissements de soins privés ; si vous souhaitez accéder à un hôpital privé, une assurance complète est nécessaire.
Il existe six grands hôpitaux publics qui fournissent des soins de santé secondaires : l’hôpital de Jahra, l’hôpital Amiri, le Moubarak Al-Kabeer, le Sabah, le Farwaniya et l’Adan. Les installations publiques sont accessibles aux expatriés, même si elles doivent parfois faire face à de longs délais d’attente.
Afin de faire face aux frais d’hospitalisation et aux dépenses de santé parfois très élevées au Koweït, il est vivement recommandé de disposer d’un contrat d’assistance ou d’une assurance permettant de couvrir tous les frais médicaux (dont chirurgie et hospitalisation) et de rapatriement sanitaire, au risque de ne pas avoir accès aux soins, y compris en cas d’urgence vitale.
Aucune vaccination n’est obligatoire pour entrer au Koweït, mais certaines vaccinations sont recommandées. La mise à jour de la vaccination diphtérie-tétanos-poliomyélite est recommandée, ainsi que les vaccinations contre la fièvre typhoïde et les hépatites virales A et B selon les conditions de voyage. Les voyageurs en provenance des pays touchés par la fièvre jaune doivent être munis d’un certificat de vaccination contre cette maladie.
Conseils pratiques
Inscription Ariane : Tout ressortissant français se rendant ou résidant au Koweït doit s’inscrire sur le registre Ariane du MEAE : pastel.diplomatie.gouv.fr.
Civil ID : La Civil ID koweïtienne est la pièce maîtresse de la vie administrative au Koweït. Elle est désormais émise en format intelligent avec puce électronique, et un équivalent digital existe via l’application mobile « Kuwait Mobile ID ».
Permis de conduire : Il est conseillé de solliciter un permis de conduire international auprès de la préfecture de votre domicile si vous souhaitez conduire dès votre arrivée au Koweït lors d’un visa de court séjour. Une fois le permis de séjour obtenu, il est nécessaire d’entamer des démarches d’échange de permis de conduire, procédure soumise à certains critères et pouvant s’avérer impossible pour les conjoints d’expatriés.
Douanes : Il est interdit d’importer de l’alcool, du porc, des graines et plantes étrangères dans les bagages lors d’une liaison aérienne.
Comportements publics : Il convient de faire preuve de discrétion dans les espaces publics, notamment dans les localités périphériques, en dehors de la capitale.
Banque : Depuis 2025, la Banque centrale du Koweït a supprimé l’exigence d’un salaire minimum pour ouvrir un compte bancaire, simplifiant ainsi la procédure pour les nouveaux arrivants.
Situation d’urgence actuelle : Les ressortissants français présents au Koweït doivent suivre strictement les consignes des autorités koweïtiennes, limiter leurs déplacements non essentiels et se mettre à l’abri en cas d’alerte sonore. Pour tout rapatriement ou situation consulaire urgente : numéro d’urgence consulaire +965 22058953.
Chiffres clés mobilité (2025–2026)
Global Peace Index 2025 : 31e mondial / 2e régional (score : 1,642) — Source : Institute for Economics & Peace, juin 2025
Population expatriée : environ 69–70 % de la population totale (~4,67 millions d’habitants)
Visa à l’arrivée (tourisme) : 3 KWD (~9 €), valable 90 jours
Renouvellement iqama annuel : 20 KWD (~65 USD) depuis décembre 2025 (doublement)
Salaire minimum sponsor famille : 800 KWD/mois (~2 600 USD)
Aéroport international de Koweït : fermé aux vols commerciaux depuis le 28 février 2026 (situation au 10 avril 2026)
Durée légale du travail : 48 h/semaine
Impôt sur le revenu des personnes physiques : 0 %
Sources : Diplomatie.gouv.fr – Conseils aux voyageurs Koweït (2026), Ambassade de France au Koweït (2026), Institute for Economics & Peace – Global Peace Index 2025, Numbeo – Coût de la vie au Koweït (mars 2026), Expat.com – Réformes immigration Koweït 2026, Wego Travel Blog – Fermeture espace aérien Koweït (avril 2026), CyrilJarnias.com – Marché du travail Koweït (janvier 2026)
Contacts
Dernière mise à jour : avril 2026
Les acteurs publics
AMBASSADE DE FRANCE AU KOWEÏT
Représentation diplomatique française au Koweït. Assure la protection consulaire des ressortissants français et la promotion des intérêts économiques bilatéraux. L’ambassadeur en poste est Olivier Gauvin.
Adresse : Tour Al Hamra, 40ème étage, rue Al Shuhada, Sharq, Bloc 8, Kuwait City
Tél. : +965 22 05 89 00
Email : [email protected]
Urgence consulaire : +965 22 05 89 49
Site : https://kw.ambafrance.org
BUSINESS FRANCE KOWEÏT
Business France dispose d’une présence directe à Kuwait City, l’une de ses 8 implantations dans la région Moyen-Orient, aux côtés de Dubaï, Riyad, Djeddah, Le Caire, Istanbul, Tel-Aviv et Doha. Les experts sectoriels présents au Koweït apportent conseils et données clés, et accompagnent plus de 250 entreprises par an dans leurs projets d’export vers le Koweït.
Adresse : Tour Al Hamra, 40ème étage, rue Al Shuhada, Sharq, Kuwait City
Site : https://world.businessfrance.fr/middle-east/kuwait-kuwait-city/
SERVICE ÉCONOMIQUE DE LA DG TRÉSOR – KOWEÏT
Le Service économique assure la défense et la promotion des intérêts économiques français au Koweït par une veille sectorielle, réglementaire et macroéconomique, l’appui aux entreprises et entrepreneurs français, et la promotion de l’attractivité de la France auprès des investisseurs koweïtiens.
Adresse : Tour Al Hamra, étage 40, rue Al Shuhada, Sharq, Bloc 8, 15308 Kuwait City
Tél. : +965 22 05 89 00
Site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/KW
Les acteurs privés
FRENCH BUSINESS COUNCIL KUWAIT (FBCK)
Le FBCK a été officiellement relancé lors d’une « Business Diwaniya » organisée à la Résidence de France le 14 janvier 2025. Plateforme de premier plan pour le développement des relations d’affaires franco-koweïtiennes, le FBCK connecte entreprises, dirigeants et institutions à travers un programme d’événements de haut niveau. Membre de CCI France International, il s’inscrit dans un réseau mondial de 115 Chambres de commerce françaises. Le FBCK facilite également la prise de rendez-vous, en collaboration avec les services économiques de l’Ambassade de France et Business France, afin d’orienter au mieux les entreprises dans leurs démarches commerciales sur place.
Adresse : c/o Ambassade de France au Koweït, Tour Al Hamra, 40ème étage, rue Al Shuhada, Bloc 8 – Sharq, Kuwait City
Tél. : +965 22 05 89 00
Email : [email protected]
Site : https://www.fbckuwait.com
Réseau CCI France International : https://www.ccifrance-international.org/le-reseau/les-cci-fi/moyen-orient/exporter-s-implanter-koweit.html
Avocats d’affaires francophones
ASAR – AL RUWAYEH & PARTNERS
Cabinet de premier plan opérant au Koweït depuis 1977, couvrant un large spectre de domaines (droit des sociétés, fusions-acquisitions, banque, finance, construction, arbitrage). ASAR fournit des conseils juridiques en anglais, arabe et en français, ce qui en fait un interlocuteur naturel pour les entreprises françaises. Reconnu par Chambers & Partners comme « Kuwait’s Law Firm of the Year 2025 ».
Adresse : Assima Tower, Niveaux 36, 37 (réception) et 38, rue Othman Bin Affan, Mirqab, Kuwait City
Tél. : +965 2292 2700
Email : [email protected]
Site : https://www.asarlegal.com
HFW (HOLMAN FENWICK WILLAN) – BUREAU DE KUWAIT CITY
HFW est le seul cabinet international disposant d’une présence permanente et d’une offre de services complète au Koweït. Il combine une expertise locale approfondie avec un rayonnement mondial sur 21 bureaux. Le bureau koweïtien fonctionne comme un véritable cabinet local intégré au réseau mondial de HFW. Les services juridiques sont fournis depuis l’Arraya Center, Tower 1, 23ème étage, Bureau No 1, rue Abdulaziz Hamad Al Saqer, Sharq, P.O. Box 944, Safat 13010, Kuwait. Le cabinet dispose d’un bureau à Paris et d’équipes francophones au sein de son réseau international.
Site : https://www.hfw.com
SIMON ASSOCIÉS
Cabinet d’avocats d’affaires français qui a développé des relations privilégiées avec des partenaires économiques et juridiques locaux pour répondre aux besoins de ses clients sur le marché koweïtien. Intervient depuis Paris en droit des affaires internationales pour les opérations impliquant le Koweït, notamment via son réseau Moyen-Orient.
Site : https://simonassocies.com/en/middle-east/
Sources d’information internet
Ambassade de France au Koweït – actualités diplomatiques, informations consulaires, conseils aux voyageurs
Business France Koweït – accompagnement export, appui aux entreprises françaises
DG Trésor – fiche Koweït – conjoncture économique, données sectorielles, publications du Service économique
French Business Council Kuwait (FBCK) – événements, réseau d’affaires franco-koweïtien
CCI France International – Koweït – ressources pratiques pour l’export et l’implantation
Kuwait Direct Investment Promotion Authority (KDIPA) – réglementation des investissements étrangers
Sources : Ambassade de France au Koweït (2025), Business France Kuwait City (2025), DG Trésor – Koweït (2025), Kuwait Times – relaunch FBCK (jan. 2026), Zawya – FBCK relaunched (jan. 2026), ASAR – Al Ruwayeh & Partners (2026), HFW (2025), Annuaire Service-Public – Ambassade de France Koweït (août 2025)
Logistique & Douane
Dernière mise à jour : avril 2026
Indicateurs de performance logistique
Doing Business (arêté en 2021) : En 2021, la Banque mondiale a mis fin à son indice Doing Business, qui évaluait la facilité de faire des affaires dans 190 pays. B-READY (Business Ready) remplace et améliore ce projet. Les trois premières éditions du rapport B-READY élargiront progressivement la couverture à environ 170 économies mondiales ; l’édition inaugurale B-READY 2024 couvre 50 économies. Le Koweït n’est pas encore couvert par B-READY à ce stade.
Indice de performance logistique (LPI) 2023 : La dernière édition disponible est celle de 2023. Le Koweït se classe au 51e rang mondial avec un score LPI global de 3,2. Le pays se positionne au 37e rang mondial en matière de douanes (score : 3,2) et au 30e rang pour la qualité des infrastructures (score : 3,6). Le score de ponctualité (timeliness) est de 65e rang, et le suivi des expéditions (tracking & tracing) obtient un score de 3,3 (49e rang mondial). Ce résultat traduit une progression notable : le Koweït figure parmi les 9 pays ayant enregistré la plus forte amélioration de leur performance logistique entre 2012 et 2023, selon l’OMC. La prochaine édition du LPI n’a pas encore été publiée à la date d’avril 2026 — les données 2023 restent donc les plus récentes disponibles.
DHL Global Connectedness Report 2026 : Dans le dernier classement DHL de connectivité mondiale, le Koweït se classe au 66e rang, derrière Bahreïn (33e), Qatar (35e), Arabie saoudite (48e) et Oman (67e).
Index of Economic Freedom 2026 (Heritage Foundation) : Le Koweït obtient un score de 59,9/100 dans l’édition 2026, le classant au 90e rang mondial et au 8e rang régional (Moyen-Orient/Afrique du Nord), soit un score stable par rapport à 2025. Le pays se distingue particulièrement par ses scores en matière de charge fiscale (97,7) et de dépenses publiques (99,9), reflétant l’absence de fiscalité sur les revenus des particuliers.
Infrastructure portuaire et transport
Le Koweït dispose de trois ports commerciaux opérés par la Kuwait Ports Authority (KPA) : Shuwaikh (principal port commercial), Doha et Shuaiba, ce dernier ayant rejoint le portefeuille de la KPA en 1986. Shuwaikh compte 21 postes à quai pour une superficie totale de 3,2 millions de m², dont 486 000 m² de stockage en plein air et 170 000 m² d’entrepôts ; il traite environ 500 000 EVP annuellement. Shuaiba est orienté vers la zone industrielle adjacente (pétrochimie, raffinage, ciment) et dispose de 20 postes à quai sur 4 068 mètres de linéaire ; il constitue le deuxième port commercial du pays.
Le projet phare de la stratégie logistique koweïtienne est le port de Mubarak Al-Kabeer sur l’île de Boubyan. En décembre 2025, le ministère des Travaux publics du Koweït et la China Communications Construction Company (CCCC) ont signé un contrat EPC (ingénierie, approvisionnement et construction) pour la première phase du port. La première phase prévoit un terminal à conteneurs de 1 200 mètres de long avec une capacité annuelle de 2,7 millions d’EVP ; les phases 2 et 3 ajouteront 14 postes supplémentaires pour porter la capacité totale à plus de 8 millions d’EVP. La localisation du port sur l’île de Boubyan, à proximité des routes maritimes stratégiques à l’entrée nord du Golfe, lui confère une importance géopolitique et commerciale majeure en tant que potentielle porte d’entrée vers l’Irak, l’Iran et les marchés asiatiques et européens.
⚠ Point d’attention : Le projet Mubarak Al-Kabeer entre en phase d’exécution tandis que d’autres pays du CCG ont déjà livré leurs hubs portuaires stratégiques et capturé des parts de marché. Si le projet koweïtien doit réussir — non seulement en absorbant le trafic domestique existant mais en captant une part du commerce régional — il devra impérativement offrir des avantages substantiels en termes de coût et d’efficacité face à des concurrents désormais bien établis.
En parallèle, en décembre 2025, le groupe AD Ports (Abu Dhabi) et la Kuwait Ports Authority ont signé un protocole d’accord pour explorer le développement et l’exploitation du terminal à conteneurs du port de Shuaiba.
Cadre douanier et réglementation
Le régime commercial du Koweït s’inscrit dans le cadre de l’union douanière du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui harmonise les tarifs entre les États membres pour favoriser l’intégration régionale. En décembre 2024, l’Autorité douanière du CCG a publié la première édition du Tarif douanier intégré du CCG, entré en vigueur le 1er janvier 2025 dans l’ensemble des États membres, dont le Koweït. Ce nouveau système passe à 12 chiffres pour tous les États membres, faisant passer le nombre de lignes tarifaires de 7 800 à plus de 13 400.
Les procédures documentaires koweïtiennes exigent une facture commerciale, un certificat d’origine, une liste de colisage et un connaissement ou lettre de transport aérien pour toutes les expéditions commerciales. La certification KUCAS (Kuwait Conformity Assurance Scheme) comprend trois documents — rapport d’inspection technique (TIR), rapport d’évaluation technique (TER) et certificat de conformité (CoC) — obligatoire pour le dédouanement. Depuis décembre 2024, les CoC sont émis au format numérique. Toutes les déclarations d’importation doivent être déposées par l’intermédiaire de courtiers en douane agréés par l’Administration générale des douanes du Koweït.
Les marchandises originaires des pays du CCG sont généralement exonérées de droits de douane dans le cadre de l’union douanière, où les marchandises ne sont taxées qu’une seule fois lors de leur première entrée dans l’union. Pour les produits tiers, le taux standard est de 5 % ad valorem sur la valeur CIF, avec des taux majorés (15-22 %) pour les produits fabriqués localement au Koweït et un taux de 100 % sur le tabac.
Points de vigilance
Délais aux frontières : Malgré la progression au LPI 2023, le score de ponctualité reste un point faible (65e rang mondial). Le port de Shuwaikh souffre d’une congestion routière significative aux abords du port et d’un manque de capacité de stockage pour les conteneurs, facteurs de retard opérationnel.
Obligation d’agent local : Seul l’agent local agréé est autorisé à réaliser le dédouanement auprès des douanes koweïtiennes, sur présentation d’une lettre de représentation officielle. Le nom du titulaire de la licence d’importation doit figurer sur le connaissement, et cette personne doit être de nationalité koweïtienne.
Restrictions d’importation à connaître : L’alcool, les produits en provenance d’Israël et la viande de porc sont frappés d’interdiction d’importation. Les produits électroniques, électroménagers, jouets, automobiles, produits chimiques et matériaux de construction sont soumis à la certification KUCAS.
Nouveau Tarif douanier GCC : Le passage au système de codification à 12 chiffres au 1er janvier 2025 — portant le nombre de lignes tarifaires à plus de 13 400 — requiert une vérification attentive des classifications douanières pour les exportateurs français.
Zones économiques spéciales : La KDIPA (Kuwait Direct Investment Promotion Authority) développe trois zones économiques — Abdali (nord), Al Na’ayem (ouest) et Al Wafra (sud) — dont l’appel d’offres pour Abdali a démarré en 2025. Ces zones pourront offrir à terme des conditions logistiques et douanières privilégiées.
Sources : Banque mondiale, Logistics Performance Index 2023, Banque mondiale, B-READY 2025, DHL Global Connectedness Report 2026, Heritage Foundation, Index of Economic Freedom 2026, AD Ports Group / Kuwait Ports Authority, communiqué décembre 2025, Middle East Observer, contrat EPC Mubarak Al-Kabeer décembre 2025, KPMG, Tarif douanier intégré GCC janvier 2025, Middle East Briefing, douanes Koweït 2025, U.S. Department of State, Investment Climate Statement Kuwait 2025, Oxford Business Group, Kuwait Transport & Logistics 2024
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