Cameroun

Économie

Dernière mise à jour : avril 2026

Informations générales

Population : 29,1 millions d’habitants (2024, Banque mondiale)

Capitale : Yaoundé

Devise : Franc CFA (XAF)

Indicateurs économiques

Taux de croissance du PIB réel : 2026 : +3,3 % (prév. FMI, Article IV, mars 2026) ; 2025 : +3,1 % (est. FMI) ; 2024 : +3,5 % ; 2023 : +3,2 % (DG Trésor)

PIB nominal : 60,6 Mds USD en 2025 (FMI)

PIB par habitant (USD courants) : 1 467 USD en 2024 (Banque mondiale)

Revenu national brut/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD) : 4 871 USD en 2023 (chiffre le plus récent disponible, Trading Economics / Banque mondiale)

Taux d’inflation : 4,5 % en 2024 (en baisse par rapport à 7,4 % en 2023) ; 4,3 % en 2025 (prév. FMI, DG Trésor)

Solde budgétaire (% du PIB) : -1,5 % en 2024, dépassant la cible de -0,4 % fixée dans le budget 2024 (DG Trésor) ; environ -2 % estimé en 2025 (FMI)

Dette publique (% du PIB) : 45,6 % du PIB au 31 décembre 2024, soit 14 237 Mds FCFA (Caisse Autonome d’Amortissement)

Solde du compte courant (% du PIB) : -3,9 % du PIB en 2025, sous l’effet notamment du recul des recettes pétrolières à l’exportation (FMI)

Sources : FMI (Article IV, mars 2026) ; Banque mondiale (Rapport situation économique 2025) ; DG Trésor ; Caisse Autonome d’Amortissement (CAA).

Conjoncture

Situation politique

Le Cameroun est un État d’Afrique centrale peuplé d’environ 29,1 millions d’habitants (2024, Banque mondiale). Le président Paul Biya, 92 ans et au pouvoir depuis 1982, a été réélu sans surprise avec 53,66 % des voix selon les résultats officiels publiés le 27 octobre 2025, pour un huitième mandat consécutif face à l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, qui revendiquait la victoire et dénonçait une « mascarade ». L’issue du scrutin a provoqué d’importantes manifestations à travers le pays. Paul Biya a été investi pour ce nouveau mandat le 6 novembre 2025.

Le 19 mars 2026, l’Assemblée nationale a prolongé les mandats des députés et des conseillers municipaux jusqu’au 20 décembre 2026, officiellement pour des « contraintes financières et organisationnelles ». Les élections législatives et municipales, initialement prévues en 2025, sont donc reportées à fin 2026.

⚠ Point d’attention : Le Cameroun figure parmi les « sept priorités de paix et de sécurité pour l’Afrique en 2026 » selon International Crisis Group, qui avertit qu’en l’absence de mouvement vers des négociations sérieuses, le conflit au Nord-Ouest et au Sud-Ouest devrait se poursuivre avec des risques croissants pour la stabilité du Cameroun. Entre le 3 novembre et le 17 décembre 2025 seulement, au moins 20 soldats ont été tués dans les régions anglophones, portant à 1 802 le nombre officiel d’éléments des forces de défense tombés depuis le début de la crise. Selon l’ONU, près de 6 000 personnes ont perdu la vie depuis le début du conflit, et plus d’un million de Camerounais ont été déplacés à l’intérieur du pays. Ce conflit non résolu pèse durablement sur le climat des affaires, les régions concernées et la mobilisation des investisseurs.

Situation économique

L’économie camerounaise, qui représente près de 46 % des réserves de change de la CEMAC, demeure la plus diversifiée de la région. Elle reste toutefois structurellement dépendante de productions peu transformées : hydrocarbures, produits agricoles (cacao, café, coton, huile de palme), bois. La production pétrolière est en déclin structurel, avec une contraction attendue de 4,9 % dans le secteur pétrolier en 2025, après une baisse de 9,7 % en 2024.

La croissance économique du Cameroun a progressé de 3,5 % en 2024 contre 3,2 % en 2023, portée par le dynamisme des activités non-pétrolières grâce à l’essor des services, de l’agriculture, de l’élevage et du secteur manufacturier. Parallèlement, les activités pétrolières ont affiché une baisse d’environ 9,2 % du PIB. Le secteur financier a également soutenu la dynamique des services en 2024, avec une croissance notable de l’activité de crédit avec l’entrée de deux nouvelles banques sur le marché, le crédit au secteur privé augmentant de 25,6 %.

En 2025, la conjoncture s’est révélée plus difficile qu’anticipé. Le FMI a constaté, à l’issue de sa mission Article IV (février 2026), un affaiblissement conjoncturel en 2025 marqué par un ralentissement de la croissance à 3,1 % (contre 3,5 % en 2024), un creusement du déficit budgétaire à environ 2 % du PIB et une détérioration du solde extérieur, sur fond de recul des exportations pétrolières et de tensions post-électorales. Dans le même temps, l’inflation s’est modérée à 3,4 %, portée par un ralentissement des prix alimentaires et des coûts de transport.

Pour 2026, la croissance économique du Cameroun devrait s’établir à 3,3 %, d’après les services du FMI qui ont rendu publiques leurs conclusions le 30 mars 2026 à l’issue des consultations au titre de l’Article IV. Cette reprise s’appuie sur une activité économique soutenue par la poursuite des investissements publics. Les autorités camerounaises tablent pour leur part sur une croissance de 4,3 %, portée par la bonne tenue du secteur non pétrolier, notamment dans l’industrie, l’agriculture, les télécommunications et les services financiers.

Sur le plan budgétaire, les dérapages restent préoccupants. Le FMI note une contre-performance des recettes non pétrolières et, comme ces dernières années, « un dérapage des dépenses courantes qui a plus que compensé le retard d’exécution des dépenses d’investissement ». Selon la loi de finances initiale 2025, le service de la dette absorberait près de 37 % des recettes budgétaires (dons compris), pour un montant total de 2 065,5 Mds FCFA, soit 6,1 % du PIB, en hausse de plus de 50 % par rapport à 2024.

La dette publique suit une trajectoire préoccupante à long terme. Au 31 décembre 2024, l’encours de la dette du secteur public s’établit à 14 237 Mds FCFA, représentant 45,6 % du PIB. Bien que la trajectoire d’endettement reste conforme à la Stratégie d’Endettement à Moyen Terme (SEMT 2024-2026) — qui vise à contenir le ratio dette/PIB en dessous du seuil communautaire de 70 % du PIB — les analyses de la viabilité mettent en évidence un risque élevé de surendettement à long terme. La mission du FMI estime que la viabilité de la dette continue de faire apparaître un risque élevé de surendettement global.

Sur le plan des relations avec les institutions financières internationales, les autorités sont parvenues, en juillet 2025, à la validation des dernières revues du programme FMI (8e revue FEC/MEDC et 3e revue FRD), permettant un total de décaissements de 793,8 M USD pour les programmes FEC/MEDC et de 162,3 M USD pour le programme FRD. Le précédent programme s’étant achevé en juillet 2025, les autorités ont engagé des discussions en vue d’un nouvel accord.

Le Cameroun reste un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Le PIB par habitant s’est redressé en 2024 pour atteindre 1 467 USD, dépassant le niveau d’avant la pandémie Covid-19 de 1 458 USD en 2019, mais la pauvreté n’a pas reculé. Le taux de pauvreté s’établit à 37,7 % en 2022, avec un chômage élevé (8,7 % en 2021) et des inégalités persistantes (indice de Gini de 0,42).

Présence économique française

La France demeure un partenaire économique stratégique du Cameroun. Les échanges commerciaux franco-camerounais ont atteint 1 milliard EUR en 2024, faisant du Cameroun le premier partenaire commercial de la France en Afrique centrale. En 2023, les échanges de biens entre la France et le Cameroun s’étaient élevés à 1,5 Md EUR. Les exportations françaises avaient atteint 574 M EUR et les importations françaises en provenance du Cameroun 918 M EUR.

Le stock d’investissements directs français au Cameroun s’élève à 1 622 M EUR en 2024, en hausse de 68 % par rapport à 2020 (Banque de France, 2025). Environ 200 entreprises (filiales de groupes français ou entreprises détenues par des ressortissants français) sont actives au Cameroun. La présence française est significative dans l’exploitation pétrolière, l’agro-industrie, le BTP, la banque, les assurances et les services de transport et de logistique.

Sur le plan des échanges, la Chine demeure le principal fournisseur du Cameroun en 2023 avec 19 % de parts de marché, devant l’Inde (11,6 %) et la France (7,6 %).

Points de vigilance

Risque sécuritaire multifocal : les perspectives sont sujettes à des risques liés à la crise sécuritaire au Nord-Ouest, Sud-Ouest et à l’Extrême-Nord (Boko Haram), à la suspension de l’aide américaine et aux tarifs douaniers américains.

Risque de surendettement : alors que la dette extérieure et la dette publique globale du Cameroun devraient rester soutenables, le pays est confronté à un risque élevé de surendettement en raison de problèmes de liquidité (Banque mondiale, juillet 2025).

Arriérés de paiement de l’État : le FMI insiste sur la nécessité d’intégrer un plan d’apurement des arriérés dans une stratégie de financement crédible à moyen terme, afin de réduire la perception du risque et d’améliorer la liquidité du secteur privé.

Fragilité bancaire : certaines banques présentent des ratios de solvabilité inférieurs aux standards exigés, et les créances douteuses représentent environ 15 % des prêts accordés.

Pression politique post-électorale : les tensions issues de la présidentielle d’octobre 2025, les reports électoraux répétés et l’instabilité dans les régions anglophones constituent des facteurs de risque supplémentaires pour les opérateurs étrangers.

Sources : DG Trésor – Indicateurs et conjoncture Cameroun (2025), DG Trésor – Brèves économiques Afrique centrale, fév. 2026, FMI – Article IV Cameroun, mars 2026, Banque mondiale – Rapport situation économique Cameroun, juil. 2025, CAA – Conjoncture dette publique, déc. 2024, BAD – Perspectives économiques Cameroun (2025), MEAE – Fiche pays Cameroun, nov. 2025, Banque mondiale – Data Cameroun (2024)

Commerce extérieur

Dernière mise à jour : avril 2026

Population (millions, 2025) : 29,88

Taux de croissance du PIB réel : 2026 : 3,3 % (prév. FMI, mars 2026) ; 2025 : 3,1 % (estim. FMI)

Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2023) : 4 746 (chiffre le plus récent disponible, Banque mondiale)

Échanges de marchandises (2025, évolution sur 2024) :
En 2025, le déficit commercial du Cameroun s’est accentué à 2 145,2 milliards de FCFA, en hausse de 22,8 % par rapport à 2024 (1 747,3 Mds FCFA). Les recettes d’exportation ont reculé de 5,2 % tandis que les dépenses d’importation ont progressé de 4,6 %.
Le taux de couverture s’est dégradé, passant de 65,1 % en 2024 à 59,0 % en 2025 : le Cameroun ne couvre que 59 % de ses dépenses d’importation par ses recettes d’exportation.

Principaux clients (2024) : Pays-Bas (19,2 %), Chine (16,5 %), Inde (10,1 %), France (5,7 %)

Principaux fournisseurs (2023) : Chine (19 %), Inde (11,6 %), France (7,6 %)

Exportations françaises 2023 : 0,574 Md EUR (-11 %) (données DG Trésor, les données 2024 ne sont pas encore publiées)

Indice de perception de la corruption : 140/180, score 26/100 (IPC 2024, Transparency International, publié en février 2025)

Point d’attention : Selon les conclusions du FMI rendues publiques le 30 mars 2026 à l’issue des consultations au titre de l’Article IV, la croissance 2025 s’est établie à 3,1 %, en deçà des anticipations initiales, les perturbations liées au cycle électoral ayant freiné le commerce, les services et l’investissement. Les perspectives restent soumises à des risques liés à la crise sécuritaire au Nord-Ouest, Sud-Ouest et Extrême-Nord, à la suspension de l’aide américaine, aux tarifs douaniers américains et à la baisse des réserves de change.

Sources : FMI – Article IV Cameroun (mars 2026), DG Trésor – Cameroun, indicateurs et conjoncture (oct. 2025), DG Trésor – Échanges France-Cameroun 2023 (avr. 2024), INS Cameroun via L’Economie.info – Balance commerciale 2025 (avr. 2026), Agence Ecofin – Clients du Cameroun 2024, Transparency International – IPC 2024, BAD – Perspectives économiques Cameroun (2025)

Risques et paiements

Dernière mise à jour : avril 2026 Appréciation du crédit manager Moci Risque pays : très élevé, à surveiller très attentivement Risque client : élevé, soigner le relationnel Notes de risque pays OCDE : 6/7 (classement en vigueur depuis juillet 2025, le Cameroun étant dans la même catégorie de risque...


Mobilité

Dernière mise à jour : avril 2026

S’y rendre

Conditions d’entrée pour les ressortissants français

Visa obligatoire. Les ressortissants français et européens doivent obligatoirement obtenir un visa pour se rendre au Cameroun, sans exception. Depuis 2023, l’Ambassade étudie et accepte les demandes de visa sous forme d’e-Visa, délivré par les autorités camerounaises : il n’est plus nécessaire de se rendre au consulat avec son passeport.

L’e-Visa camerounais est une autorisation dite « pré-enrôlement » permettant d’embarquer pour entrer au Cameroun ; il s’agit au final d’un véritable visa à l’arrivée soumis à préautorisation. Le prix réel de l’e-Visa est de 167 euros en délai normal ou de 250 euros en urgence (frais ministériels en ligne). Le délai d’obtention est de 5 jours ouvrés maximum (résidents UE).

Seule la preuve de vaccination contre la fièvre jaune est exigée à l’entrée.

Le portail officiel de demande d’e-Visa est evisacam.cm. En France, le visa peut également être demandé auprès de l’Ambassade du Cameroun à Paris ou du Consulat général à Marseille.

Représentations camerounaises en France :

Ambassade du Cameroun à Paris : 73, rue d’Auteuil, 75016 Paris — Tél. : 01 47 43 98 33

Consulat général à Marseille : 87, cours Pierre Puget, 13006 Marseille — Tél. : 04 91 37 10 65

S’y rendre depuis la France

Le Cameroun est accessible en vol direct depuis Paris-CDG vers Douala et Yaoundé avec Air France et d’autres compagnies. Le prix d’un billet aller-retour Paris–Douala est estimé à environ 735 € par personne (bon prix à partir de 585 €) (données novembre 2025). Paris–Yaoundé s’affiche à environ 738 € (bon prix à partir de 534 €).

⚠ Point d’attention : La situation post-électorale d’octobre 2025 et les tensions persistantes dans plusieurs régions peuvent perturber ponctuellement les liaisons intérieures et les déplacements terrestres. Vérifier l’état des liaisons avant tout déplacement.

Chiffres clés — Mobilité

Français immatriculés : environ 6 400 (chiffre le plus récent disponible au registre consulaire — à confirmer sur webapps.france-diplomatie.info)

Expatriés étrangers actifs au Cameroun : environ 60 000 travailleurs expatriés actifs sur le territoire camerounais, selon les statistiques du ministère camerounais des Relations extérieures.

Global Peace Index (GPI) 2025 : le Cameroun n’apparaît pas parmi les pays les mieux ou les moins bien classés du GPI 2025 ; son score reste médiocre compte tenu des trois conflits actifs sur son territoire (voir ci-dessous). Données spécifiques au Cameroun à consulter sur visionofhumanity.org.

Coût de la vie (2026) : en moyenne 33 % moins élevé qu’en France. À Douala spécifiquement : 29 % moins élevé qu’en France en 2025. À Yaoundé : 44 % moins élevé qu’en France en 2025.

Sécurité — Conseils pratiques

⚠ Point d’attention (crise politique post-électorale) : Paul Biya a été réélu avec 53,66 % des suffrages lors de la présidentielle du 12 octobre 2025, mais les résultats ont été immédiatement contestés par l’opposition. La France s’est déclarée particulièrement préoccupée par les tensions post-électorales et la répression violente des manifestations : plusieurs civils ont été tués par arme à feu et des centaines de personnes ont été blessées. En janvier 2026, près de 140 personnes interpellées durant la crise post-électorale d’octobre 2025 étaient encore incarcérées. Le Cameroun figure parmi les « sept priorités de paix et de sécurité pour l’Afrique en 2026 » selon l’ONG International Crisis Group, qui avertit qu’en l’absence de négociations sérieuses, le conflit dans les régions anglophones se poursuivra avec des risques croissants.

Zones déconseillées par le Quai d’Orsay (mise à jour janvier 2025, en vigueur au 6 avril 2026)

La région de l’Extrême-Nord est formellement déconseillée (zone rouge) du fait d’opérations militaires, du risque terroriste et du risque d’enlèvements. Il s’agit d’un site refuge de groupes terroristes ; les enlèvements et les attaques meurtrières sont fréquents.

La région du Nord : le département du Mayo-Louti, voisin de l’Extrême-Nord, est formellement déconseillé. La frontière nigériane est formellement déconseillée sur une profondeur de 30 km, du fait d’incursions de groupes terroristes (Boko Haram, miliciens du Delta du Niger).

Dans la région du Sud-Ouest, tout déplacement dans la presqu’île de Bakassi est formellement déconseillé. Le parc national de Korup, en partie dans la zone frontalière avec le Nigéria, est à éviter. La partie à l’ouest des villes de Kumba et de Mamfe est formellement déconseillée depuis l’intensification de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Crise anglophone : selon l’OCHA, plus de 4 500 personnes ont dû fuir les violences imposées par les combattants séparatistes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en septembre 2025. Entre le 3 novembre et le 17 décembre 2025, au moins 20 soldats camerounais ont été tués dans les régions anglophones, portant à 1 802 le nombre officiel d’éléments des forces de défense tombés depuis le début de la crise.

Entre janvier et août 2025, au moins 174 personnes ont été enlevées dans la région Extrême-Nord. Un premier cas confirmé de choléra a été déclaré le 9 novembre 2025 dans le district de Mayo Oulo (Nord et Extrême-Nord). Il convient d’être vigilant sur le risque de contamination.

Sécurité en milieu urbain (Douala, Yaoundé)

Des actes de délinquance, parfois violents, sont régulièrement rapportés dans les grandes villes de Yaoundé et de Douala (vols à l’arrachée, agression, cambriolage). Il est recommandé de se déplacer en voiture avec les portes verrouillées et les vitres fermées ; d’éviter les taxis collectifs et les mototaxis ; de privilégier des résidences et hôtels sécurisés.

La loi camerounaise criminalise les actes sexuels entre personnes de même sexe. Les personnes accusées d’homosexualité risquent de lourdes amendes et des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 5 ans. Les voyageurs LGBTQI+ doivent prendre en compte ce risque légal.

Santé

Vaccination obligatoire : fièvre jaune (certificat international exigé à l’entrée).

Vaccinations recommandées : les voyageurs devraient s’assurer d’avoir reçu les vaccins recommandés tels que ceux contre la fièvre jaune, l’hépatite A et B, la typhoïde et la polio.

Paludisme : risque de paludisme toute l’année sur l’ensemble du pays. Une protection contre les piqûres de moustiques et une chimioprophylaxie par Atovaquone-Proguanil, Doxycycline ou Méfloquine sont recommandées quelle que soit la période de l’année.

Choléra (alerte 2025) : un premier cas confirmé de choléra a été déclaré en novembre 2025 dans le Nord du pays. Vigilance particulière recommandée pour tout déplacement dans ces régions.

Consulter un médecin spécialiste en médecine des voyages ou un centre de vaccination internationale au moins 4 à 6 semaines avant le départ. Références : Institut Pasteur, Centre de prévention – Institut Pasteur de Lille.

Marché du travail et expatriation

La plupart des Français travaillant au Cameroun sont sous contrat d’expatriés ou créateurs d’entreprises. Le plus efficace pour trouver un emploi est de prospecter auprès des entreprises implantées sur place ou de se tourner vers les cabinets de recrutement internationaux.

Principales plateformes de recherche d’emploi locale :

emploi.cm — offres en temps réel (2026)

minajobs.net — offres camerounaises et internationales

louma-jobs.com

LinkedIn

Le Fonds national de l’emploi (FNE) fournit des informations sur le marché du travail camerounais (www.fnecm.org). Les bureaux de Business France à Douala accueillent également les Français en recherche d’activités.

Coût de la vie pour expatriés

Tout dépend de la ville, du quartier, du niveau de confort recherché et du type de contrat. Pour un expatrié, le pays propose un quotidien globalement moins cher que la plupart des pays occidentaux, mais avec un paradoxe frappant : les loyers « pour étrangers » et certains services peuvent atteindre des niveaux comparables à l’Europe.

Douala est souvent décrite comme « très chère pour l’Afrique ». Vivre à Yaoundé coûte environ deux fois moins cher qu’à Douala lorsqu’on intègre le logement : les loyers y sont estimés jusqu’à 77 % plus bas, les restaurants environ 45 % moins chers et les courses alimentaires près de 20 % moins coûteuses.

À Douala comme à Yaoundé, il est fréquent que les propriétaires exigent entre 6 et 12 mois de loyer d’avance pour la première année de bail. Ce blocage de trésorerie peut être considérable pour un expatrié non préparé.

Quartiers privilégiés pour les expatriés à Douala : Bonamoussadi, Denver, Bonapriso, Bonanjo. À Yaoundé : quartier Bastos, Nlongkak.

Représentations françaises au Cameroun

Ambassade de France à Yaoundé

Plateau Atémengué, B.P. 1631 — Yaoundé
Tél. standard : +237 2 22 22 79 00
Permanence consulaire (urgence) : +237 6 99 99 92 55
Courriel chancellerie : [email protected]
Site web : cm.ambafrance.org
Ambassadeur depuis septembre 2025 : Sylvain Riquier

Section consulaire de l’Ambassade de France à Yaoundé

France Consulaire (local) : +237 699 293 779 (lun-ven, 9h–17h heure de Paris)
Site : yaounde.consulfrance.org
Courriel admin. des Français : [email protected]

Consulat général de France à Douala

Rue des Cocotiers — Douala
Tél. : +237 694 46 40 44
Courriel visas : [email protected]
Site : douala.consulfrance.org

Conseils pratiques

Avant le départ : consulter impérativement la fiche Conseils aux voyageurs du MEAE, actualisée en janvier 2025 et confirmée en vigueur au 6 avril 2026 : diplomatie.gouv.fr.

Inscription consulaire : si vous vous établissez au Cameroun pour une durée de plus de 6 mois, il est fortement recommandé de vous inscrire au registre des Français établis hors de France. Grâce à cette inscription, le consulat communiquera des informations (sécurité, élections) et pourra contacter vos proches en cas d’urgence. Inscription en ligne sur service-public.fr.

Déplacements intérieurs : les routes principales entre Douala, Yaoundé et certaines grandes villes sont relativement praticables mais la vigilance reste de rigueur. En dehors de ces axes, la dégradation physique des voies, les nids-de-poule, et le manque de signalisation exposent à des accidents fréquents, ainsi qu’à des embuscades de coupeurs de route. Éviter les déplacements de nuit hors des grandes villes.

Zones anglophones : les consignes de « ville morte » décrétées par les groupes sécessionnistes continuent de plonger les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest dans un cycle d’asphyxie sociale. Les écoles demeurent une cible privilégiée. Tout déplacement dans ces régions exige une préparation rigoureuse et une consultation préalable des services de l’ambassade.

Piraterie maritime : des actes de piraterie commis par des bandes criminelles organisées sont nombreux dans le golfe de Guinée. Les navires et les plateformes pétrolières sont fréquemment pris pour cibles. Le risque d’attaques armées et d’enlèvements y est élevé.

Assurance : souscrire une assurance rapatriement sanitaire couvrant le Cameroun est indispensable. L’accès aux soins de santé les plus basiques fait cruellement défaut au Cameroun : pénurie de médicaments, monnayage de soins, défaillances des services d’urgences.

Monnaie : le franc CFA (XAF) est la monnaie officielle, arrimé à l’euro (1 € = 655,957 XAF). Les paiements en espèces restent largement dominants hors des hôtels et établissements internationaux.

Téléphonie : les réseaux MTN Cameroun et Orange Cameroun offrent une couverture correcte dans les grandes villes. L’accès à l’internet mobile peut être perturbé en période de tensions politiques (coupures signalées lors des post-élections 2025).

Sources : Ministère des Affaires étrangères – Conseils aux voyageurs Cameroun (2025-2026), Ambassade de France au Cameroun (2025-2026), Consulat général de France à Douala (2026), Institute for Economics & Peace – GPI 2025, Combien-coute.net – Coût de la vie Cameroun (2026), International Crisis Group – Cameroun (2025), Institut Pasteur de Lille – Santé voyage Cameroun, UFE – Trouver un emploi au Cameroun

Contacts

Dernière mise à jour : avril 2026

Les acteurs publics

AMBASSADE DE FRANCE AU CAMEROUN
Représentation diplomatique principale de la France, couvrant l’ensemble des relations bilatérales franco-camerounaises. Dispose d’une section consulaire à Yaoundé et d’un consulat général à Douala.
Adresse : Plateau Atémengué – B.P. 1631 – Yaoundé
Tél. : +237 2 22 22 79 00
Permanence consulaire (urgence) : +237 6 99 99 92 55
Email : [email protected]
Site : https://cm.ambafrance.org

CONSULAT GÉNÉRAL DE FRANCE À DOUALA
Antenne consulaire principale pour la capitale économique et les ressortissants français de la région du Littoral.
Adresse : Rue des Cocotiers – Douala
Tél. : +237 233 50 17 00
Permanence d’urgence : +237 6 99 80 05 52
Email : [email protected]
Site : https://douala.consulfrance.org

BUSINESS FRANCE – BUREAU AFRIQUE CENTRALE (DOUALA)
Depuis son bureau régional Afrique centrale basé à Douala, Business France couvre le Cameroun, le Congo Brazzaville et le Gabon. Le bureau accompagne les entreprises françaises pour leurs missions de prospection, rencontres BtoB, organisation de délégations, et gère le programme VIE (Volontariat International en Entreprise).
Adresse : Immeuble Indigo – Bonapriso – BP 513 – Douala
Email : [email protected]
Site : https://www.businessfrance.fr | Fiche Cameroun

SERVICE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL DE LA DG TRÉSOR – YAOUNDÉ
Sa zone de compétence couvre le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. Est par ailleurs basé à Yaoundé le Chef des Services Économiques pour l’Afrique centrale, qui assure également la coordination des travaux des Services économiques de Libreville, Brazzaville et Kinshasa.
Adresse : Plateau Atemengue – BP 102 – Yaoundé
Tél. : +237 222 22 79 70
Fax : +237 222 22 79 79
Email : [email protected]
Site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/CM

Les acteurs privés

CCIMA – CHAMBRE DE COMMERCE, D’INDUSTRIE, DES MINES ET DE L’ARTISANAT DU CAMEROUN
Organisme consultatif et représentatif des milieux d’affaires dans les domaines du commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat, créée en 1921, avec siège à Douala, capitale économique. Interlocuteur incontournable pour les entreprises souhaitant s’implanter ou rechercher des partenaires camerounais. Délivre notamment les certificats d’origine à l’export.
Adresse : Rue de la Chambre de Commerce, Bonanjo, Douala
Tél. : +237 233 42 67 87 / 233 42 68 55
Email : [email protected]
Site : https://www.ccima.cm

Avocats d’affaires francophones

CHAZAI & PARTNERS (ex CHAZAI WAMBA)
Fondé en 2017 par les associées Aurélie Chazai et Flora Wamba, le cabinet jouit d’une solide réputation. En 2019, il accueille Emmanuel Massoda, l’un des avocats de contentieux les plus réputés du Cameroun. Basé à Douala avec un bureau à Paris, il est également présent dans la zone CEMAC et maintient une pratique internationale forte en Afrique et en Europe (France, Royaume-Uni). Les associés sont membres des barreaux de Paris, du Cameroun et du Nigeria.
Adresse : Bld. de la République, Immeuble CEDAM 4ème étage, Bali – Douala
Tél. : +237 233 432 617
Email : [email protected] (à confirmer sur www.chazai-wamba.com)
Site : https://www.chazai-wamba.com

LPA LAW – BUREAU DOUALA / YAOUNDÉ
Cabinet d’avocats français LPA (Lefèvre Pelletier & Associés), spécialisé dans le droit des affaires, présent à Douala (siège camerounais) et à Yaoundé. Expertise en droit des sociétés, financement de projets, droit fiscal, arbitrage et droit public. Intervient pour des entreprises françaises, locales et des États en Afrique centrale et subsaharienne.
Adresse (Yaoundé) : Hippodrome – Rue Narvick Sunu Assurances Building – BP 7065 – Yaoundé
Tél. : +237 233 431 911
Email : [email protected]
Site : https://www.lpalaw.com/en/office/douala/

UGGC AFRICA – D. MOUKOURI & PARTNERS (DOUALA)
Le cabinet D. MOUKOURI & Partners, basé au Cameroun, membre du réseau UGGC Africa, est spécialisé en droit des affaires et en droit du numérique. L’équipe intervient sur des projets d’envergure locaux et internationaux. Les avocats accompagnent leurs clients en anglais, en français et en espagnol avec une parfaite maîtrise de la réglementation OHADA. Le cabinet est également consultant pour les programmes internationaux Doing Business et Public Procurement de la Banque Mondiale.
Site cabinet local : https://uggcafrica.com/
Site UGGC Paris (desk Afrique) : https://www.uggc.com/international/douala/

ÉTOILE AVOCATS – PARIS & DOUALA
Cabinet d’affaires établi à Douala et à Paris, dédié à l’accompagnement des acteurs économiques en France et dans les pays de l’espace OHADA, intervenant notamment en Centrafrique, au Bénin, au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. L’équipe est constituée d’avocats inscrits aux barreaux de Paris et du Cameroun. Expertise particulière en droit de la construction et en Private Equity.
Site : https://www.etoileavocats.com

Pour la liste complète des avocats conseils désignés par le Consulat général de France à Douala (mise à jour mai 2025), consulter : https://douala.consulfrance.org/Juridique-Avocats-Conseils

Sources d’information internet

Ambassade de France au Cameroun – Actualités bilatérales, conseils aux voyageurs, services consulaires

Consulat général de France à Douala – Services aux Français, liste d’avocats conseils

DG Trésor – Fiche Cameroun – Données économiques, accès au marché, équipe SER Yaoundé

Business France Cameroun – Accompagnement export, VIE, missions de prospection

CCIMA – Chambre de commerce camerounaise, base de données entreprises, certificats d’origine

MEAE – Conseils aux voyageurs Cameroun – Sécurité, zones déconseillées, informations pratiques (dernière mise à jour janvier 2025)

Sources : Ambassade de France au Cameroun (2025), Business France Cameroun – cm.ambafrance.org (2025), Service économique régional de Yaoundé – cm.ambafrance.org, DG Trésor – Pays/CM (2025), CCIMA organigramme (2025), Consulat général de France à Douala – Avocats conseils (mai 2025), Chazai Wamba, LPA Law – Douala/Yaoundé, UGGC Africa, Étoile Avocats, MEAE – Conseils aux voyageurs Cameroun (2025)

Logistique & Douane

Dernière mise à jour : avril 2026

Indicateurs internationaux de performance logistique

B-READY 2025 (Banque mondiale)

Le rapport Doing Business ayant été définitivement abandonné par la Banque mondiale en 2021, il est désormais remplacé par le dispositif Business Ready (B-READY). Selon le rapport B-READY 2025 publié en janvier 2026, l’environnement des affaires du Cameroun se situe dans le 5e quintile mondial (les 20 % les moins performants), avec un score global de 58,75/100.

Ce nouveau cadre d’évaluation, qui remplace le classement traditionnel Doing Business, évalue 101 économies selon trois piliers essentiels : la qualité du cadre réglementaire, la disponibilité des services publics et l’efficacité opérationnelle constatée par les entreprises sur le terrain.

Cadre réglementaire (Pilier I) : score de 58,75 — fondement juridique relatif pour les activités commerciales, mais inférieur à la moyenne mondiale de 66,32.

Services publics (Pilier II) : score le plus bas avec 36,30 — nettement en dessous de la moyenne mondiale de 53,97, révélant un déficit majeur en matière d’infrastructure numérique de frontière, de plateformes de licensing et de systèmes de dépôt fiscal en ligne.

Efficacité opérationnelle (Pilier III) : score de 56,63 — supérieur au score des services publics, ce qui traduit une certaine résilience dans le fonctionnement quotidien des administrations et un écart d’efficacité plus faible que celui observé dans beaucoup d’économies pairs d’Afrique subsaharienne.

Parmi les pays africains couverts par le B-READY 2025, le Cameroun se positionne en dernière position des 10 pays africains représentés, derrière la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo, le Sénégal, le Ghana, le Maroc, le Rwanda et Maurice.

Indice de Performance Logistique (LPI) 2023 — Banque mondiale

Le LPI 2023 permet des comparaisons entre 139 pays. Le Cameroun figure parmi les pays les moins performants, avec un score global de 2,1/5, aux côtés de l’Angola et d’Haïti — juste au-dessus de la Somalie (2,0) et de l’Afghanistan et la Libye (1,9). Le Cameroun figure dans le groupe des pays les moins bien classés, entre 1,9 et 2 points, une position que la situation politique intérieure contribue en partie à expliquer.

Le LPI est publié par la Banque mondiale selon une périodicité irrégulière (dernière édition disponible : 2023). Aucune nouvelle édition n’avait été publiée à la date de rédaction de cette fiche.

Index of Economic Freedom 2025 — Heritage Foundation

Selon l’édition 2025 de l’Index of Economic Freedom de la Heritage Foundation, le Cameroun est classé « mostly unfree » (134e rang mondial). L’absence d’un secteur privé dynamique freine son développement économique, et un système judiciaire peu fiable offre une protection insuffisante des droits de propriété, favorisant une corruption généralisée. Au niveau régional, le Cameroun se classe 29e sur 46 pays en Afrique subsaharienne, en dessous de la moyenne régionale.

Sur la composante « liberté commerciale », le score s’établit à 53,6, le taux tarifaire moyen pondéré étant de 14,9 %, auquel s’ajoutent de nombreuses mesures non tarifaires qui freinent les échanges.

Infrastructures portuaires : dynamique en cours

Port Autonome de Douala (PAD)

Le port de Douala demeure la principale porte d’entrée du Cameroun et le principal point de transit pour les pays de l’hinterland (Tchad, RCA). Le délai global de transit, qui atteignait 14 jours il y a quelques années, a été réduit à environ 8 à 9 jours, reflétant les efforts de la direction générale du port et de l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique. Selon le Port autonome de Douala, plus de 80 % des marchandises importées par le Tchad transitent par cette plateforme portuaire.

Port Autonome de Kribi (PAK) — montée en puissance

Le port en eau profonde de Kribi, inauguré en 2018, connaît une croissance spectaculaire et s’impose comme un hub régional stratégique. Entre 2018 et 2025, le trafic de conteneurs a bondi de 135 820 à 555 398 EVP, soit une progression de 308,9 % — le volume 2025 représentant presque le double du niveau enregistré en 2024, illustrant l’accélération de l’activité du terminal et le rôle stratégique croissant de Kribi dans la desserte maritime du Cameroun et de l’hinterland régional.

Le 2e terminal à conteneurs du port a été officiellement mis en service le 9 mai 2025, entraînant le triplement des capacités de traitement des conteneurs, qui passent de 300 000 à environ un million d’EVP par an. Avec des quais construits à une profondeur de -16 mètres et une infrastructure moderne haute performance, ce port de troisième génération offre aux navires et aux chargeurs des services répondant aux normes internationales les plus élevées, avec des réserves foncières couvrant 15 000 hectares.

En juin 2025, CEVA Logistics a annoncé la construction d’une plateforme logistique de 30 000 m² dans la zone portuaire de Kribi, devant ouvrir entre septembre 2025 et janvier 2026, dont 25 000 m² de stockage de conteneurs import/export et 5 000 m² d’entrepôts.

Dématérialisation douanière : système CAMCIS

La douane camerounaise a mis en œuvre CAMCIS (Cameroon Customs Information System), un système d’information totalement dématérialisé qui prend en compte tous les régimes douaniers dans un environnement sans papier, avec transfert des codes sources aux informaticiens camerounais.

La Direction Générale des Douanes a entrepris une série de réformes visant à accentuer la dématérialisation des procédures en vue de réduire le temps de mainlevée dans les ports, incluant notamment la dématérialisation du processus de liquidation et paiement des droits d’enregistrement via CAMCIS depuis janvier 2024.

À compter du 1er avril 2026, l’accès au réseau mobile au Cameroun est conditionné au dédouanement des téléphones via le système CAMCIS, une mesure qui vise à encadrer le marché et impose de nouvelles obligations aux importateurs et aux distributeurs.

Corridor Douala–N’Djamena

Le corridor Douala–N’Djamena génère environ 350 milliards de FCFA de recettes douanières annuelles pour le Cameroun, mais souffre de lenteurs administratives. Les performances du corridor restent limitées par l’état vieillissant des infrastructures routières et ferroviaires, ainsi que par la complexité des procédures administratives, qui allongent les délais de transit et réduisent la compétitivité logistique régionale.

Le Port autonome de Douala et le Conseil des chargeurs du Tchad ont signé le 28 avril 2025 un protocole d’accord d’une durée de quatre ans renouvelable, visant à simplifier les procédures et à fluidifier le passage des marchandises en transit. Le Tchad représente 72 % du volume de transit dans les ports camerounais et bénéficie de dispositifs spécifiques : guichets dédiés, zone logistique réservée, accompagnement administratif renforcé.

Confronté à des difficultés logistiques sur le corridor Douala–N’Djamena, le Tchad a entrepris, en décembre 2024, de diversifier ses routes de transit et a notamment signé un accord de transport maritime et terrestre avec la Guinée équatoriale — une décision qui a incité le PAD à renforcer sa coopération avec les chargeurs tchadiens pour éviter de perdre ce partenaire clé.

⚠ Point d’attention : Au 3 avril 2026, le Conseil des chargeurs du Tchad a alerté sur l’immobilisation de 2 327 conteneurs tchadiens dans les ports camerounais — 1 569 au Port autonome de Douala et 758 à Kribi. Certains de ces conteneurs affichent des durées de stationnement excédant onze ans. Les coûts logistiques engendrés (magasinage, surestaries, pénalités) évoluent de manière exponentielle et finissent par dissuader les opérateurs de procéder à l’enlèvement de leurs marchandises. Cette situation illustre les tensions persistantes du corridor de transit, malgré les efforts de simplification engagés en 2025. Les exportateurs français à destination du Tchad via les ports camerounais doivent en tenir compte.

Points de vigilance

Faible performance logistique globale : Dans l’édition 2023 du LPI, le Cameroun figure parmi les pays en bas de classement au niveau mondial. Des délais et coûts de dédouanement élevés demeurent un facteur de risque structurel pour les importateurs.

Lacunes en services publics numériques : Il est plus facile de réformer les lois sur le papier que de construire les systèmes institutionnels nécessaires pour les mettre en œuvre. Le Cameroun enregistre son score le plus bas en matière de services publics (36,30), très en deçà de la moyenne mondiale (53,97), notamment en matière d’infrastructure numérique de frontière.

Risques liés à la corruption et aux prélèvements informels : Un système judiciaire peu fiable offre une faible protection des droits de propriété et engendre une corruption généralisée, qui se manifeste notamment par des tracasseries routières sur les corridors de transit.

Dépendance au transit régional : la compétitivité des ports camerounais est menacée par la diversification des routes de transit du Tchad, pays qui représente la majorité du trafic en transit. La situation des conteneurs bloqués (avril 2026) illustre ce risque opérationnel.

BESC obligatoire : toutes les marchandises à destination du Cameroun doivent obligatoirement être enregistrées via un Bordereau Électronique de Suivi de Cargaison (BESC), validé par le Conseil National des Chargeurs du Cameroun (CNCC).

Réforme CAMCIS en cours : la dématérialisation progressive des procédures douanières est un signal positif, mais son déploiement reste partiel et les systèmes insuffisamment interconnectés avec l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique.

Sources : Business in Cameroon – B-READY 2025 (janvier 2026), Banque mondiale – LPI 2023, Heritage Foundation – Index Economic Freedom 2025, News du Cameroun – Port de Kribi (2025), Camer.be – Port de Douala (octobre 2025), Investir au Cameroun – Corridor Douala–N’Djamena (2025), Tchadinfos – Conteneurs bloqués (avril 2026), Le Continent Magazine – Corridor PCDN (décembre 2025), Banque mondiale – B-READY (2025)

Actualités : Cameroun

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