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Pays & marchésTransports & logistique

Cet article a été mis à jour le 10 février concernant les chiffres de l'aéronautique.

On s’y attendait, le bilan du commerce extérieur pour l’année 2016 est décevant. Matthias Fekl, secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, à la Promotion du tourisme et aux Français de l’étranger a d’ailleurs joué cartes sur table avec les journalistes le 7 février, lors de la traditionnelle présentation du bilan annuel du commerce extérieur, le 7 février au Quai d'Orsay : « Ces chiffres sont incontestables » a-t-il observé, 2016 « n’est pas une bonne année » pour le commerce extérieur tricolore.

Car malgré un alignement favorable de différentes planètes clés pour la bonne santé des échanges extérieurs tricolores – euro faible par rapport au dollar, baisse des prix du pétrole- l’année s’est terminée par une contre-performance d’autant plus décevante que l’Allemagne, certes le meilleur élève du monde, vient de rendre public un excédent record de ses comptes courants à 297 milliards d’euros (Mds EUR), le premier du monde grâce à ses performances exportatrices de biens et services, devant la Chine (+245 Mds EUR).

D’abord, les grandes tendances.

Un déficit commercial de -48,1 milliards

Le déficit commercial des échanges de biens s’est creusé à nouveau, avec une progression de 7 %, pour atteindre  -48,1 Mds EUR (après -45 Mds en 2015). On est certes loin du pic de 2011 (-74,5 Mds EUR) mais cela met fin à quatre ans d’amélioration non-stop. Surtout, ce sont les échanges hors énergie et hors matériels militaires qui sont à l’origine de l’aggravation, autrement dit l'industrie manufacturière et l’agriculture : à -34 Mds EUR, ce déficit s’est creusé de 11 Mds EUR et a explosé le record atteint en 2011 (-29,3 Mds EUR).

Dans le détail, avec 453 Mds EUR (FAB), les exportations globales de l’Hexagone ont été en repli de -0,6 % par rapport à 2015, même si le secrétaire d’Etat préfère dire qu’elles sont « stables ». Les importations, à 501,1 Mds EUR (FAB), se sont elles stabilisées (+0,1 %) à un haut niveau. Hors énergie et matériels militaires, les exportations sont en fait restées stables à 429,2 Mds EUR, mais les importations ont augmenté de 2,5 % (+11,4 Mds), à 463,8 Mds EUR.

Pour compléter le tableau, les services et le négoce international ne permettront pas de combler ce trou : le solde des échanges de services s’est fortement dégradé en 2016, dégringolant à + 0,4 Md EUR (+8,8 Mds EUR en 2015), tandis que le négoce international est resté fortement excédentaire (+23,9 Mds EUR) mais insuffisant pour combler le déficit global.

Au final, le solde des comptes courants s’est encore détérioré en 2016, pour atteindre -1,1 % du PIB (-0,1 % en 2015). Une maigre consolation il se situe, selon le secrétaire d’Etat français, « dans la fourchette de ce qui est considéré comme acceptable par l’Union européenne », soit un solde des comptes courants entre -4 % et + 6 % du PIB du pays.
Mais le commerce extérieur a contribué plus négativement encore qu’en 2015 à la croissance française en 2016 : selon les données en volume de l’Insee citées par le dossier de presse du ministère,, il a coûté -0,9 point de PIB en 2016, après -0,3 point en 2015.

Voilà pour les tendances générales, qu’en est-il de l’analyse des causes ?

Facteurs conjoncturels et structurels

Matthias Fekl a distingué les facteurs conjoncturels et les facteurs plus structurels, tout en prenant soin de distinguer quelques bonnes nouvelles parmi les motifs d’inquiétudes.

Pour le secrétaire d’Etat, la conjoncture globale, avec le ralentissement économique mondial et celui du commerce international (qui, avec + 1,9 %, a progressé moins vite que la croissance de 3,1 %, pour la première fois depuis 2009, a-t-il rappelé), a pesé négativement sur ces résultats.

Le contexte post-attentat terroriste, une météo trop pluvieuse et des mouvements sociaux expliquent ainsi en grande partie le recul du tourisme qui a fortement tiré les services à la baisse : « 60 % de cette dégradation s’explique par le repli des voyages internationaux » a-t-il détaillé. Egalement en repli, les services aux entreprises et les services transports ont pâti, selon lui, du contexte économique mondial défavorable.

Des facteurs conjoncturels plus spécifiques sont aussi en partie à l’origine des contre-performances de trois grands secteurs traditionnellement excédentaires : l’aéronautique, l’automobile et l’agriculture et agroalimentaire, qui ont chacun largement contribué à l’accroissement du déficit hors énergie et matériels militaires (à hauteur de 3,7 Mds pour le premier et non de 4,7 Mds comme indiqué par erreur par le ministre lors de sa présentation, de 2,5 Mds pour le second et de 2,4 Mds pour le troisième).

L’aéronautique, dont l’excédent à chuté de 17 % (+18,6 Mds EUR), a souffert du retard de certaines livraisons d’Airbus, lié aux contre-performances de sous-traitant. Ces problèmes étant aujourd’hui résolus, le secrétaire d’Etat veut croire que le redressement sera au rendez-vous dès cette année : « Mon successeur aura la chance d’annoncer des rattrapages, de bonnes nouvelles » a-t-il commenté, bon joueur. Des conditions climatiques défavorables sont aussi, selon lui, à l’origine d’une chute de 18 % des exportations de céréales, qui ont plombé le solde de ce secteur (+0,252 Md EUR après +2,617 Mds en 2015…) alors que l’excédent du secteur agroalimentaire a mieux résisté (+5,69 Mds EUR, en recul de 12,9 %).

En revanche, plus inquiétants car structurels, sont les résultats de la branche automobile, qui s’installent dans le déficit, malgré un regain de dynamisme à l’export (44,2 Mds EUR, soit +3,9 % en 2016, après +8,6 % en 2015): avec -9,7 Mds EUR, le déficit a augmenté de 51 % par rapport à 2015 sous l’effet d’une hausse des importations (+10,1%). Surtout, l’excédent des équipementiers s’érode à grande vitesse (+0,5 Md après + 1,3 Md en 2015), sous l’effet des délocalisations, ce qui constitue un « élément d’inquiétude », a reconnu le secrétaire d’Etat.

« Stabilité globale » du nombre d’exportateurs, à 124 000 en 2016

Le chapitre des bonnes nouvelles a, du coup, été un peu moins épais que les précédents.

Pour les performances sectorielles, Matthias Fekl a égrené « le quasi doublement des exportations navales », le record des matériels militaires (+ 18 % à 6,4 Mds), les bonnes performances des matériels ferroviaires roulants (+20 %, grâce au TGV marocain) ou encore des produits de luxe (+ 4,5 % à 45,3 Mds EUR).

Autre élément que Matthias Fekl considère comme plutôt positif : la « stabilité globale » du nombre d’exportateurs recensés par les douanes, à 124 000 en 2016. C’est 700 de moins qu’en 2015 mais largement supérieur aux 117 000 de 2011.
Une occasion de rappeler une priorité de son action, martelée à toute occasion, celle d’augmenter le nombre de PME exportatrices, alors qu’il en existe deux fois plus en Italie et trois fois plus en Allemagne : c'est l'objectif assigné à Business France, qui doit en accompagner 3000 par an, et dont « le programme se déroule », a-t-il souligné tout en ajoutant que « nous devons consolider ce maillon là, les PME, les ETI ».

Enfin, derniers éléments positifs aux yeux du secrétaire d’Etat  : un déficit des échanges biens qui, malgré les à-coups, s’est réduit de plus d’un tiers en cinq ans, avec une « stabilisation » de la part de marché mondiale de la France depuis 2012 à 3,1 % pour les échanges de biens et à 3,5 % pour les échanges biens et services. « La France a maintenu sa place de sixième exportateur mondial de biens et services » a rappelé Matthias Fekl.

Face à Trump pour « une stratégie commerciale extrêmement offensive »

S'il se défend de nier les problèmes de compétitivité globale qui continuent à se poser, il ne manque pas une occasion de défendre le bilan du gouvernement pour l'améliorer (CICE, sur-amortissement...). « Entre un quart et un tiers de l'amélioration de notre solde est lié à l'amélioration de la compétitivité-coût » a-t-il avancé aux journalistes, reconnaissant toutefois qu'on était en attente «d'études complémentaires ».

Comment voit-il les perspectives 2017, lui qui devrait achever sa mission à ce poste gouvernemental dans trois mois ? Matthias Fekl n’a pas versé dans la prospective, tant les incertitudes qui planent sur le commerce international sont nombreuses entre l’élection de Donald Trump – pour les orientations duquel il ne cache pas son aversion-, les tensions avec la Russie ou encore le ralentissement des pays émergents.

Mais il n’a pas manqué l’occasion de marteler à nouveau sa conviction de la nécessité que l’Europe, qui est « l’échelon d’action pertinent en matière commerciale », se dote d’une politique dans ce domaine « débarrassée de tout naïveté », qui défende les intérêts européens et nos valeurs ». Et de conclure : « Il est plus que jamais nécessaire que la France, l’Union européenne, se dotent d’une stratégie commerciale extrêmement offensive ».

Christine Gilguy

Pour prolonger :
- Commerce extérieur / France : un panorama sectoriel inquiétant
- Commerce extérieur / France : un léger mieux à l’export dans l’UE, une baisse supérieure dans les pays tiers

-France / Iran : J-M. Ayrault et le Medef ont continué leur mission, malgré les pressions américaines
-Export / Compétitivité : la France toujours en recul, malgré une compétitivité-coût retrouvée, selon Coe-Rexecode
-UE / Commerce : Theresa May et Donald Trump dans le viseur de Bruxelles

Pour en savoir plus :
Consultez la note de synthèse détaillée des douanes françaises sur les chiffres 2016 dans le document attaché à cet article

A2016
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