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Covid-19 / Mobilité : ce qu’il faut savoir de la mise en place de mesures sanitaires aux frontières
© violetkaipa-Fotolia.fr
Entreprises & secteursPays & marchés

Quelque 44 milliards d’euros de demande supplémentaire seront à saisir d’ici 2017 pour les exportateurs français, dont 10 milliards dès 2016, année marquée par le trou d’air économique mondial, et 34 milliards en 2017, année du rebond, selon les dernières prévisions d’Euler Hermes. Mais les entreprises françaises seront-elles prêtes à saisir ces opportunités, et dans quelles conditions ?

Les réponses apportées par le baromètre export 2016 d’Euler Hermes, dont les résultats ont été dévoilés le 31 mai,  sont plutôt positives, avec, comme prévus, quelques bémols. Une tendance se dégage : les pays émergents ont beaucoup moins la cote auprès des entreprises exportatrices françaises.

D’abord, l’origine géographique et la composition sectorielle de cette demande supplémentaire adressée à la France va varier entre cette année et l’an prochain, sachant que le taux de change entre l’Euro (EUR) et le dollar (USD) s’est stabilisé depuis début 2016, et que l’effet prix jouera donc moins en faveur des exportateurs français cette année.

La zone euro et des Etats-Unis stimulent la demande en 2016

En 2016, les 10 milliards d'euros (Mds EUR) supplémentaires vont provenir en majorité des pays de la zone euro et des Etats-Unis, soit des pays qui connaissent une certaine reprise de leur croissance, n’ont pas été négativement touchés par l’effondrement des prix des matières premières et du pétrole ou, comme les Etats-Unis, ont une économie suffisamment diversifiée pour y résister: dans le trio de tête, l’Allemagne (2,7 Mds EUR supplémentaires), l’Espagne (1,5 Md), les Etats-Unis (1 Md). Suivent la Belgique (0,9 Md), Hong-Kong (0,8 Md), l’Europe émergente (0,8 Md), l’Italie (0,7 Md), l’Afrique du nord (0,6 Md) et la Scandinavie (0,5).

Toujours selon les prévisions d’Euler Hermes, les principaux produits seront les machines et équipements industriels (4,7 Mds) –avec en tête l’aéronautique-, la chimie (2,1 Mds), l’automobile (2 Mds), l’électronique (1,1 Md EUR), l’agroalimentaire (1 Md), les matériels électriques (1 Md), le papier/bois (0,5 Md).

En 2017, le retour de la Chine et du Royaume-Uni

En 2017, dans le contexte d’une accélération de la croissance des pays concernés et d’une appréciation du dollar anticipée par l’assureur-crédit, le top 10 des pays clients potentiels des exportateurs français va être quelque peu modifié avec le retour de la Chine et du Royaume Uni, qui, selon les prévisions d’Euler Hermes,  et si ce dernier reste finalement dans l’Union européenne, seront sortis de leur phase de ralentissement. Les 34 Mds EUR supplémentaires adressés à la France proviendront ainsi des pays suivants : Allemagne (6,1 Mds) à égalité avec le Royaume uni (6,1 Mds), l’Espagne (3,6 Mds), l’Italie (3,1 Mds), la Belgique (2,8 Mds), les Pays-Bas (1,9 Mds), les Etats-Unis (1,8 Mds), les reste de la zone euro (1,7 Md), l’Afrique du nord (1,3 Md) et enfin la Chine (1,2 Md).

Par secteur, la hiérarchie varie sous l’effet prix (appréciation du cours USD/EUR) : les machines et équipements restent en tête (10,6 Mds), suivis de la chimie (5,9 Mds), de l’agroalimentaire (5,8 Mds), l’automobile (2,8 Mds), le textile (1,8 Md), l’électronique (1,7 Md), les matériels électriques (1,4 Md), les produits ferreux (1,3 Md), le papier/bois (0,8 Md) et les non-ferreux (0,3 Md).

Les entreprises françaises pourront-elles, voudront-elles saisir ces opportunités ?

8 entreprises sur 10 envisagent une hausse de leur chiffre d’affaires export

Au plan compétitivité elles ont tout pour le faire puisque entre le CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) et les mesures du Pacte de responsabilité, la réduction du coût du travail aura atteint 3 % fin 2015 et 5 % fin 2017. De sorte que la France, a indiqué Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes, à réduit sont écart de coût du travail avec l’Allemagne de 10 à 5 % seulement par rapport à 2013. Même si l’on peut s’interroger sur le caractère durable de ce gain de compétitivité global en France – subventionné par l’Etat-, il est bien là pour le moment.

Pour ce qui concerne leur état d’esprit, le résultat du sondage effectué au premier trimestre 2016 auprès de 938 PME et ETI exportatrices sur tout le territoire, est plutôt encourageant : 79 %, soit 8 entreprises sur 10 envisagent d’augmenter leur chiffre d’affaires export, contre 83 % lors du précédent baromètre en 2014. Et près de la moitié -49 %- ont l’intention « ferme » d’augmenter ce chiffre d’affaires.

Le pourcentage augmente chez les plus grandes entreprises (85 %), qui se sentent peut-être « plus solides pour faire face à l’instabilité internationale » et pour celles qui exportent des services (66 %) « marchés en pleine expansion » et «moins compliqués » pour l'économiste. Enfin, plus de la moitié des entreprises -53 %- qui anticipent cette hausse de l’export sont dans les biens de consommation, pariant, peut-être, sur « le retour du consommateur européen » en raison de la baisse de la facture énergétique.

Des craintes en hausse pour certains risques

Un bémol à cette tendance plutôt encourageante : les craintes des entreprises sont en hausse pour plusieurs des risques de l’export.

Le risque d’impayé est la première des craintes pour 59 % des répondants et reste en tête, comme pour les baromètres précédents. Mais le risque de change, dans le contexte actuel de volatilité des monnaies, est en hausse : 55 % des répondants l’évoquent, soit 16 points de plus qu’en 2014. Autre risque en hausse pour les exportateurs : le risque politique, qui gagne 5 point à 41 % des répondants par rapport à 2014.

Parmi les autres risques importants aux yeux des exportateurs, le manque d’information financière sur les clients reste très élevé, évoqué par 51 % des entreprises, suivi par le coût de l’export (transport, logistique, douanes) à 48 % et le manque d’information sur la zone d’exportation (40 %). Seul le manque de collaborateurs dédiés est une crainte en recul, avec 44 %.

Pourquoi le risque d’impayés reste-t-il aussi craint ? « Une entreprise sur cinq a un souci de gestion de son poste client » indique Ludovic Subran, qui pointe que plus de la moitié des exportateurs -53 %- ont déjà eu des impayés à l’export, dont 24 % dans les 12 derniers mois. Par ailleurs 19 % ont subi des hausses de délais de paiement sur la dernière année et 49 % ont eu des problèmes de recouvrement, dont 19 % sur les 12 derniers mois.

Des craintes qui expliquent peut-être une certaine appétence des entreprises interrogées pour une présence locale dévoilée par le baromètre 2016. Un tiers des entreprises interrogées -36 %- disent ainsi privilégier d’autres modes de développement international que l’exportation classique, et précisément via présence locale (filiale pour 51 %, partenariat pour 22 %, acquisition pour 11 %).  C’est notamment une dominante dans le secteur des services (68 % préfèrent ce type de développement).

Le « rise and fall » des émergents

Est-ce pour cela que le grand export et les pays émergents ont moins la cote auprès des exportateurs qui semblent vouloir privilégier, pour ces prochains mois, des destinations jugées plus sûres ?

Le fait est que selon les résultats du baromètre, le top 10 des pays d’exportation en 2016 est principalement en Europe –Allemagne (1e), Espagne (2 e), Belgique (3 e), Italie (4e), Royaume Uni (5e), Suisse (9e)- et aux Etats-Unis (6e). Seuls la Chine (7e), l’Algérie (8e) et le Maroc (10e) font exception.

Le top 10 des pays visés par les exportateurs est cependant plus diversifié : outre les Etats-Unis, qui sont en tête, et toujours l’Espagne (3ème), l’Italie (6e), le Royaume Uni (8e), on trouve au deuxième rang les Emirats arabes unis, mais aussi au 4e la Russie (un pari sur la levée des sanctions ?), la Chine (5e), le Japon (7e) et l’Algérie (9e).

Si on rapproche ces listes des résultats de l’étude sur la demande adressée à la France détaillée plus haut, on peut constater que les exportateurs français sont plutôt en phase avec la conjoncture des marchés mondiaux. Dans le baromètre 2014, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Inde étaient dans le top 10 des pays visés. « Quand on voit l’évolution de nos baromètres, c’est le rise and fall des émergents » analyse Ludovic Subran.

En 2017 toutefois, une entreprise sur deux déclare vouloir conquérir un nouveau marché étranger mais si les Etats-Unis et la Chine sont cités respectivement par 9 % et 8 % des répondants, plusieurs autres pays émergents sont cités, récoltant de 8 à 4 % des suffrages : Brésil, Iran, mais aussi Emirats arabes unis, Côte d’Ivoire, Inde… Le recul des émergents n'est peut être que temporaire...

Christine Gilguy

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