Ethiopie

Économie

Dernière mise à jour : avril 2026

Informations pays

Population : 132,1 millions d’habitants (2024, Banque mondiale) ; 135,5 millions estimés (2025, UNFPA/ONU)

Capitale : Addis-Abeba

Devise : Birr éthiopien (ETB)

Taux de croissance du PIB réel : 2026 : +7,1 % (prév. FMI) ; 2025 : +7,2 % (estim. FMI) ; 2024 : +8,1 % (données Banque mondiale / DG Trésor)

Inflation (prix à la consommation) : 2024 : +21,7 % (moyenne annuelle, DG Trésor) ; fin 2025 : ~9,7 % (PNUD, décembre 2025)

Dette publique (% PIB) : 2024 : 34,4 % du PIB (après 38,7 % en 2023, DG Trésor / FMI)

Déficit budgétaire (% PIB) : 2024 : -2,0 % du PIB ; 2025 : -1,7 % (objectif FMI)

Revenu national brut par habitant en parité de pouvoir d’achat (USD) : 2024 : 3 270 USD (Banque mondiale via Trading Economics) ; référence HDI PNUD 2025 : 2 796 USD

IDH : 0,497 – rang 180e/193 (Rapport mondial sur le développement humain 2025, PNUD)

Sources : FMI (imf.org/en/countries/eth) ; Banque mondiale (data.worldbank.org) ; DG Trésor ; PNUD (hdr.undp.org) ; UNFPA.

⚠ Point d’attention : L’Éthiopie demeure en situation de défaut partiel sur sa dette externe depuis décembre 2023 (non-paiement d’un coupon d’eurobond d’1 milliard USD). Un accord de restructuration de 8,4 Md USD a été signé en juillet 2025 avec les créanciers officiels publics dans le cadre du G20, et un accord bilatéral franco-éthiopien a été conclu en début 2026 (premier accord bilatéral signé). Toutefois, les négociations avec les créanciers privés (eurobond) restent en suspens, ceux-ci ayant rejeté la décote de 18 % proposée. La finalisation du dossier conditionne en partie l’accès de l’Éthiopie à de nouveaux financements extérieurs.

⚠ Point d’attention : La suspension des programmes de l’USAID depuis janvier 2025, décidée par l’administration Trump, affecte significativement l’Éthiopie, premier ou second bénéficiaire africain de l’aide américaine (entre 1,5 et 2 Md USD annuels). L’arrêt de l’aide humanitaire, alimentaire et sanitaire touche plus de 20 millions d’Éthiopiens en insécurité alimentaire, aggrave la pauvreté et réduit l’espace budgétaire de l’État. Coface signale que la suspension des programmes USAID (1,2 Md USD en 2024) et de l’aide du Programme alimentaire mondial restreint les marges de manœuvre du gouvernement.

⚠ Point d’attention : Les conflits armés internes persistent sur plusieurs fronts : en région Amhara, les milices Fano affrontent les forces fédérales depuis avril 2023, avec de vastes zones échappant encore au contrôle fédéral ; en Oromia, les forces fédérales affrontent l’Armée de libération oromo (OLA) ; au nord, la fragilité de l’accord de paix de Pretoria (novembre 2022) avec le Tigré se confirme, avec des tensions entre Tigré et Afar signalées fin 2025 et des affrontements sporadiques en janvier 2026. Ces conflits internes pèsent sur l’investissement et compliquent la mise en œuvre des réformes économiques. Des élections législatives sont prévues le 1er juin 2026 dans ce contexte de sécurité fragile.

Conjoncture

Une croissance soutenue portée par les réformes, mais des déséquilibres structurels persistants

L’économie éthiopienne affiche un dynamisme robuste depuis plusieurs années, malgré un ralentissement amorcé en 2020. Entre 2020 et 2024, la croissance a atteint en moyenne +6,8 % par an, bien au-dessus de celle de l’Afrique subsaharienne, mais en deçà des niveaux prépandémiques (+9,6 % en moyenne sur 2010-2019). Cette dynamique a notamment été soutenue par l’accord de cessation des hostilités de novembre 2022 (guerre du Tigré), la reprise des secteurs agricoles et des services. En 2024, la croissance a continué d’augmenter (+8,1 %, après +7,2 % en 2023), tirée par l’agriculture, les services financiers, le transport aérien et le secteur minier. Le FMI estime que le PIB réel devrait progresser de +7,2 % en 2025 et de +7,1 % en 2026, l’Éthiopie restant l’une des économies à la croissance la plus rapide d’Afrique subsaharienne. Le gouvernement, plus optimiste, tablait en février 2026 sur +10,2 % pour l’exercice fiscal 2025-2026, tandis que le FMI projetait à la même date +9,3 % pour la même période dans le cadre de sa 4e revue du programme.

En 2025, la croissance serait toutefois affectée par la consolidation budgétaire et des pressions inflationnistes, bien que soutenue par les investissements dans les infrastructures. Le déficit fiscal/PIB est projeté pour rester inférieur à 2 % en 2025 grâce à la rationalisation et la priorisation des dépenses, couplées à une forte mobilisation des recettes domestiques.

Un agenda de réformes ambitieux sous supervision du FMI

Grâce à la libéralisation du taux de change intervenue en juillet 2024, l’Éthiopie a pu bénéficier d’un programme de 3,4 Md USD sur 4 ans du FMI, ainsi que d’une aide budgétaire de 1,5 Md USD de la Banque mondiale (3,5 Md USD prévus). La croissance devrait rester élevée durant l’exercice budgétaire 2025/2026, grâce à la mise en œuvre des réformes convenues avec le FMI en juillet 2024, comprenant le rétablissement de la viabilité de la dette, la libéralisation du taux de change, la création d’une bourse de valeurs mobilières et l’ouverture progressive de l’économie aux investisseurs privés.

Le secteur bancaire tire profit de la Banking Business Proclamation de mars 2025, qui autorise pour la première fois une participation étrangère pouvant atteindre 49 % du capital des établissements éthiopiens. La mise en œuvre d’un régime de change flottant, introduit en juillet 2024, vise à unifier les taux de change officiel et parallèle (dont le spread s’élevait à 100 %). Le birr s’est déprécié de près de 50 % à cette occasion, renchérissant les importations officielles.

L’inflation a fortement reculé : de 30,2 % en 2023 à 21,7 % en 2024 (moyenne annuelle, DG Trésor), et à 9,7 % en décembre 2025 selon le PNUD. Les réserves de change ont plus que triplé entre 2024 et 2025, dépassant désormais 3 mois d’importations. De juillet à décembre 2025, le déficit du compte courant (hors transferts officiels) s’établissait à 991 millions USD, en amélioration significative par rapport au déficit de 1,8 milliard USD sur la même période de l’année précédente.

Une restructuration de dette en cours, mais l’eurobond non résolu

En mars 2025, un accord de principe a été conclu avec les créanciers officiels sur la restructuration de 8,4 Md USD de dette externe, prévoyant un allègement du service de la dette de 2,5 Md USD sur trois ans. Les négociations se poursuivent sur l’eurobond, les créanciers privés ayant rejeté la décote de 18 % proposée, arguant que le pays souffre d’un problème de liquidité plutôt que de solvabilité. En début 2026, le Comité des créanciers officiels, co-présidé par la France et la Chine, a décliné les termes de restructuration de l’eurobond proposés.

La dette publique a atteint 34,4 % du PIB en 2024 (après 38,7 % en 2023), grâce à la baisse de la dette extérieure (44 % de la dette totale), rendue possible par la suspension du service par les créanciers bilatéraux à la suite de la demande de traitement au titre du Cadre commun du G20.

L’agriculture, pilier de l’économie, et les secteurs moteurs

Le secteur agricole représente 35 % du PIB et 70 % de l’emploi. Ses performances devraient bénéficier de meilleures récoltes grâce au développement des systèmes d’irrigation et de la mécanisation. Le café et l’or constituent les deux premiers produits d’exportation. Les exportations (3,5 % du PIB) sont tirées par la dépréciation du birr, par les cours élevés de l’or et du café (respectivement 21 % et 19 % des exportations), ainsi que par une progression régulière des ventes d’électricité générée par le barrage de la Renaissance (GERD) vers les pays voisins.

Sur le plan des services, le secteur aérien reste un moteur de croissance, soutenu par la progression des revenus du groupe Ethiopian Airlines (4,5 % du PIB), avec des effets positifs sur les agro-exportations et le tourisme. Pour la première fois dans l’histoire du pays, l’Éthiopie a engrangé 8,1 milliards USD d’exportations au cours du dernier exercice fiscal, complétés par des transferts de fonds de 7,4 milliards USD et des IDE supérieurs à 4 milliards USD.

Dans le secteur minier, les mines de Kurmuk (Allied Gold) et Tulu Kap (Kefi), ciblant une production annuelle respective de 240 000 et 135 000 onces d’or, devraient démarrer en 2026 et 2027. Le secteur bénéficiera en outre d’accords d’investissement signés en mai 2025 avec des acteurs étrangers dans les mines et le solaire, totalisant 1,7 milliard USD.

Des indicateurs sociaux et humains qui restent préoccupants

Selon le Rapport mondial sur le développement humain 2025 du PNUD, l’Éthiopie se classe au 180e rang mondial pour l’IDH (valeur : 0,497), avec une espérance de vie de 67,3 ans et un revenu national brut par habitant de 2 796 USD PPA. L’IDH de l’Éthiopie est resté quasi stagnant ces dernières années. La Banque mondiale prévoyait que la pauvreté pourrait toucher 43 % de la population d’ici 2025 (contre 33 % en 2016, seuil de 3 USD/jour en PPA 2021).

La suspension des programmes de l’USAID (1,2 milliard USD en 2024) et l’arrêt de l’aide du Programme alimentaire mondial réduisent l’espace budgétaire disponible. Pour l’Éthiopie, cette suspension met en danger environ 968 millions USD d’aide humanitaire, 280 millions USD pour les programmes de santé de base, 118 millions USD pour la sécurité alimentaire et 79 millions USD pour le développement économique, dans un pays où plus de 20 millions d’Éthiopiens dépendent chaque année de l’aide alimentaire d’urgence.

Points de vigilance

Risque de change : Le gouvernement a remplacé en juillet 2024 son régime de change fixe par un régime flottant. Le birr s’est déprécié d’environ 50 %, renchérissant les importations officielles. La volatilité du birr reste un facteur de risque pour les transactions commerciales et le rapatriement de fonds.

Insécurité interne : En Oromia, les forces fédérales affrontent depuis 2018 l’Armée de libération oromo. En Amhara, les milices Fano se soulèvent depuis avril 2023 contre le désarmement imposé par Addis-Abeba, et de vastes zones échappent toujours au contrôle fédéral.

Tensions régionales / GERD : Les tensions persistantes autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) avec l’Égypte et le Soudan ravivent les rivalités stratégiques, ces deux pays en aval du Nil craignant une réduction de leur accès à cette ressource vitale.

Échéances politiques : Des élections législatives sont fixées au 1er juin 2026 dans un pays marqué par des conflits dans le nord et des violences en Oromia et Amhara.

Dépendance aux financements extérieurs : L’Éthiopie reste fortement tributaire des flux multilatéraux (FMI, Banque mondiale) et des transferts de la diaspora pour équilibrer ses comptes extérieurs. La conclusion de l’accord sur l’eurobond demeure un préalable à la normalisation complète de l’accès aux marchés financiers internationaux.

Sources : FMI – Éthiopie (2025-2026), DG Trésor – Éthiopie, indicateurs et conjoncture (2025), PNUD – Profil économique trimestriel Éthiopie (mars 2026), PNUD – Rapport mondial sur le développement humain 2025, Banque mondiale – Données Éthiopie (2024-2025), Coface – Fiche risque pays Éthiopie (2025-2026), Banque africaine de développement – Perspectives économiques Éthiopie, Gouvernement du Canada – Conseils aux voyageurs Éthiopie (2026)

Commerce extérieur

Dernière mise à jour : avril 2026

Éthiopie – Commerce extérieur

Population (millions, 2026) : 138,9 (estimation mi-2026, Nations Unies)

Taux de croissance du PIB réel : 2026 : 7,1 % (prév.) ; 2025 : 7,2 % (estim., FMI)

Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2024) : 3 270 (Banque mondiale)

Échanges de marchandises (EF 2023/24, Md USD, évolution sur EF 2022/23) :
Export : 3,8 (+4,4 %) ; Import : 18,4 (+7,7 %)

Cinq premiers fournisseurs (part de marché, EF 2023/24) :
1 – Chine : 24,8 % (4,7 Md USD, +27,4 %)
2 – Inde : 9,4 % (1,7 Md USD)
3 – Émirats arabes unis : 9,4 % (1,7 Md USD) ; 4 – Maroc : 6,8 % (1,3 Md USD) ; 5 – Arabie saoudite : 6,5 % (1,2 Md USD)

Cinq premiers clients (EF 2023/24) :
1 – Suisse : 13,9 % (524,7 M USD, café et or)
2 – Pays-Bas : 331,2 M USD (floriculture) ; 3 – Arabie saoudite : 324,3 M USD ; 4 – États-Unis : 7,0 % (265,5 M USD)

Exportations françaises 2024 : 703,9 M EUR (+104,6 %), portées par la livraison de plusieurs Airbus A350 à Ethiopian Airlines

Indice de perception de la corruption (IPC 2025) : 38/100, rang 96/182 (Transparency International)

⚠ Point d’attention : Les recettes d’exportation de l’Éthiopie ont dépassé 5,1 Md USD au premier semestre de l’exercice 2025/26 (juillet–décembre 2025), soit 120 % de l’objectif initial. Le gouvernement vise 9,4 Md USD à fin d’exercice, une ambition portée par la dépréciation du birr depuis juillet 2024 et la hausse des cours de l’or et du café. Toutefois, début 2026, le Comité des créanciers officiels (OCC), co-présidé par la France et la Chine, a refusé les termes proposés pour la restructuration de l’Eurobond d’1 Md USD, faisant peser une incertitude sur le financement extérieur du pays.

Sources : FMI – Éthiopie (2026), Banque mondiale (2025), DG Trésor – Commerce extérieur de l’Éthiopie EF 2023/24, DG Trésor – Relations bilatérales France-Éthiopie 2024, Transparency International – IPC 2025 (2026), PNUD – Profil économique trimestriel Éthiopie (mars 2026)

Risques et paiements

Dernière mise à jour : avril 2026 Appréciation du crédit manager Moci Risque pays : très élevé Risque client : très élevé Notes de risque pays OCDE : 7/7 (chiffre le plus récent disponible, octobre 2024) Allianz Trade : D4, risque sensible (données Allianz Trade, 2025) Coface : pays C ; environnemen...


Mobilité

Dernière mise à jour : avril 2026

Mobilité — Éthiopie

⚠ Point d’attention : En janvier 2026, les Forces de défense du Tigré (TDF) ont pénétré dans la zone contestée de Tselemt (nord-ouest du Tigré), provoquant des affrontements avec les forces fédérales ; le gouvernement a ensuite conduit des frappes de drones dans la région. Le Premier ministre Abiy Ahmed a officiellement accusé, le 3 février 2026, l’armée érythréenne d’avoir commis des « massacres » durant le conflit du Tigré, accusations rejetées par Asmara. Plus de trois ans après l’accord de Pretoria, l’Éthiopie et le Tigré, appuyé par l’Érythrée, sont à nouveau à couteaux tirés : Addis-Abeba a massé des troupes aux abords de la région et les incidents se multiplient. Ce regain de tensions entre l’Éthiopie, le Tigré et l’Érythrée constitue un risque sécuritaire et commercial majeur à surveiller absolument avant tout déplacement ou engagement contractuel impliquant le nord du pays.

⚠ Point d’attention sanitaire : En novembre 2025, le ministère éthiopien de la Santé a confirmé une épidémie de maladie à virus Marburg à Jinka (région Sud), après des signaux de fièvre hémorragique virale reçus dès le 12 novembre. L’OMS a évalué le risque comme élevé au niveau national et modéré au niveau régional, l’Éthiopie faisant face simultanément à des épidémies de choléra, rougeole et dengue. Bien que localisée dans le sud du pays, cette situation fragilise davantage un système de santé déjà sous tension. Consulter l’état de l’épidémie avant tout déplacement dans la région.

S’y rendre

Depuis la France

Ethiopian Airlines est la compagnie opérant la liaison la plus fréquente entre Paris-CDG et Addis-Abeba, avec en moyenne 5 vols par semaine, sur des appareils Airbus A350. La durée de vol entre Paris et Addis-Abeba est d’environ 10 heures 15 minutes. D’autres compagnies assurent des liaisons avec escale : Saudi Arabia Airlines, Egyptair et Turkish Airlines. Le décalage horaire est de +2 heures par rapport à Paris.

Formalités d’entrée pour les Français

Le visa est obligatoire pour les ressortissants français, quelle que soit la durée du séjour. Deux options principales :

e-Visa touristique : Disponible sur le site officiel www.evisa.gov.et. L’e-visa tourisme à entrée simple est valable pendant 30 jours et coûte 52 USD. L’e-Visa éthiopien n’autorise l’entrée que par l’aéroport international Bole d’Addis-Abeba.

Visa affaires : Pour un visa d’affaires, il faut obtenir un visa sur passeport en passant par le consulat éthiopien. Les démarches de visa et d’immigration peuvent également être effectuées en ligne via la plateforme officielle de l’Immigration and Citizenship Service (ICS) d’Éthiopie.

Visa à l’arrivée : Un visa à l’arrivée est possible pour les voyageurs n’ayant pas eu le temps d’effectuer les démarches avant le départ, mais il faut s’attendre à une longue attente sur place.

Le passeport doit être valide au moins 6 mois après la date de retour d’Éthiopie et contenir au moins trois pages vierges, dont deux en vis-à-vis.

Les autorités d’immigration sont généralement très strictes : pour éviter tout problème, vérifiez que votre passeport est valable plus de 6 mois, sous peine de voir l’entrée sur le territoire inexorablement refusée.

Situation sécuritaire

L’état d’urgence en région Amhara, prolongé depuis février 2024, est toujours en vigueur (fiche Quai d’Orsay mise à jour le 7 avril 2026) : tous les déplacements dans cette zone — par voie aérienne ou terrestre — sont formellement déconseillés jusqu’à nouvel ordre.

Dans la région du Tigré, la situation est très instable : des affrontements entre les Forces de défense du Tigré (TDF) et les Forces nationales de défense éthiopiennes (ENDF) ont été signalés fin janvier 2026 dans la région de Tselemt, et des mouvements de troupes ont été signalés depuis. Les aéroports de la région, dont celui de Mekele, ont été fermés au trafic civil. Tout déplacement dans la région du Tigré est formellement déconseillé.

Des manifestations, des troubles civils, des crimes violents, des conflits armés et des affrontements entre forces de sécurité et groupes armés se produisent en Oromia, y compris dans les régions limitrophes de l’Amhara. Des groupes terroristes maintiennent une présence dans les villes somaliennes proches de la frontière éthiopienne, présentant un risque d’attaques transfrontalières et d’enlèvements.

L’avis de niveau 3 du Département d’État américain (mis à jour le 1er avril 2026) exhorte à reconsidérer tout voyage en Éthiopie, avec des ordres catégoriques de « ne pas voyager » pour le Tigré, l’Afar, l’Amhara, Gambella et le Benishangul-Gumuz. Le Canada déconseille tout voyage non essentiel en Éthiopie, avertissant que la situation sécuritaire peut se détériorer sans préavis (position mise à jour le 30 mars 2026).

La fiche officielle du Quai d’Orsay est disponible ici : diplomatie.gouv.fr — Conseils aux voyageurs Éthiopie (mise à jour : 7 avril 2026). Il est vivement recommandé de la consulter avant tout déplacement et de s’inscrire sur le portail Ariane.

Chiffres clés

Indice de paix mondial (GPI 2025) : L’Éthiopie est classée 138e sur 163 pays au Global Peace Index 2025.

Zones formellement déconseillées (Quai d’Orsay, avril 2026) : Tigré, Amhara, zones frontalières avec l’Érythrée, le Soudan, le Soudan du Sud, le Kenya (bande de 20 km) et la région Somali (100 km des frontières)

Coût de la vie (2025) : En moyenne, le coût de la vie en Éthiopie en 2025 est 33 % moins important qu’en France.

Décalage horaire : +2 h en été, +1 h en hiver par rapport à Paris

Langue de travail : Amharique (officiel), anglais largement utilisé dans les organisations internationales

Se loger et se déplacer sur place

Addis-Abeba concentre l’essentiel des organisations internationales, des entreprises et des représentations diplomatiques. L’installation nécessite une préparation réaliste face à des infrastructures inégales, un système de santé fragile, un contexte sécuritaire volatil dans certaines régions, des règles administratives strictes et un coût de la vie très contrasté entre locaux et expatriés.

Le coût de la vie à Addis-Abeba en 2025 est en moyenne 31 % moins important qu’en France. La restauration est particulièrement compétitive (66 % moins chère), de même que l’hôtellerie (49 % moins chère).

Pour les expatriés de longue durée, le logement est souvent le premier poste de dépense, le marché locatif d’Addis-Abeba étant très segmenté. Le coût mensuel estimé pour une famille de quatre personnes est d’environ 2 109 € hors loyer (données Numbeo, mars 2026).

Sur les déplacements intérieurs : la situation étant variable selon les régions, le voyageur privilégiera les déplacements par avion et se déplacera de préférence en convoi de jour (2 ou 3 voitures) dans les zones à risque. Il est fortement recommandé de ne pas circuler la nuit, les vols avec violence survenant régulièrement.

Travailler en Éthiopie

Un permis de travail est obligatoire pour tout ressortissant étranger souhaitant être employé en Éthiopie pour plus de 90 jours. La procédure est initiée par l’employeur ou l’entité sponsor éthiopien au nom du travailleur étranger.

Le ministère du Travail et des Compétences (MoLS) délivre les permis de travail pour les expatriés travaillant dans des entreprises domestiques, tandis que la Commission éthiopienne des investissements (EIC) traite les permis pour les expatriés employés par des entreprises étrangères.

Les autorités éthiopiennes exigent en principe que les travailleurs étrangers occupent des postes nécessitant des compétences spécialisées, une expertise technique ou une expérience managériale non disponibles sur le marché du travail local.

L’Éthiopie propose différentes catégories de visas de travail : visa emploi en entreprise étrangère, visa travail ONG, visa emploi gouvernemental, visa travail privé et visa investissement.

Le processus peut paraître simple, mais les lourdeurs administratives, les exigences de vérification des documents et les inefficiences systémiques rendent l’assistance de professionnels du droit fortement recommandée pour faciliter et accélérer la délivrance des permis.

Les demandes de permis de travail peuvent être déposées en ligne sur la plateforme officielle : ewp.lmis.gov.et

Titres de séjour : vigilance accrue

L’Ambassade de France en Éthiopie alerte sur le durcissement des pratiques en matière d’établissement ou de renouvellement de titres de séjour auprès de l’Immigration and Citizenship Service (ICS) éthiopien : hausse des tarifs (entre 150 et 1 500 USD selon le titre), multiplication des justificatifs demandés, et amendes systématiques en cas de retard (30 USD par jour de dépassement).

L’Ambassade cherche à intercéder auprès de l’ICS pour un assouplissement, mais recommande de ne pas perdre de temps pour accomplir les démarches.

Santé

Vaccins : Il n’existe pas de vaccinations obligatoires pour l’Éthiopie (sauf en provenance d’une zone d’endémie, la vaccination contre la fièvre jaune étant alors requise), mais plusieurs vaccins sont fortement conseillés : DTCP, hépatite B, typhoïde, hépatite A et méningite bactérienne A+C+Y+W135. Un certificat de vaccination antiamarile est exigé à l’entrée du pays pour les voyageurs de 9 mois et plus en provenance d’un pays à risque de transmission de la fièvre jaune, y compris les voyageurs en transit plus de 12 heures dans un aéroport de ces pays.

Paludisme : Le paludisme sévit dans toutes les régions situées en dessous de 2 000 m d’altitude ; aucun risque à Addis-Abeba (altitude ~2 355 m). L’Éthiopie est confrontée à une importante crise de paludisme : plus de 5,7 millions de cas ont été signalés entre janvier et septembre 2024, dont 80 % concentrés dans quatre régions (Oromia, Amhara, Sud-Ouest et Sud).

Système de santé : Les infrastructures médicales en Éthiopie restent peu qualitatives et peu nombreuses. Seules les cliniques privées d’Addis-Abeba peuvent prendre en charge les soins de base, les autres établissements manquant cruellement de main-d’œuvre et de matériel. En cas de problème grave, il est préférable, après avis de la société d’assistance, d’envisager une évacuation médicale vers Djibouti ou la France.

Une assurance rapatriement couvrant l’évacuation médicale est indispensable pour tout déplacement en Éthiopie.

Représentation française en Éthiopie

Ambassade de France en Éthiopie (compétente également pour le Soudan du Sud)
Quartier Kabana, Addis-Abeba
Tél. : +251 (0) 11 140 00 00 / +251 (0) 93 599 85 35
Site : et.ambafrance.org
E-mail : [email protected]

Section consulaire — e-mail : [email protected]
France consulaire (depuis la France) : 01 82 88 55 49, du lundi au vendredi de 8h à 16h (heure de Paris).

Inscription au registre des Français établis hors de France : portail Ariane (Fil d’Ariane)fortement recommandée.

Conseils pratiques

Sécurité : Consulter systématiquement la fiche Quai d’Orsay avant tout déplacement ; éviter absolument Tigré, Amhara, Oromia (zones de conflit), les zones frontalières avec l’Érythrée, le Soudan, le Soudan du Sud. Privilégier les déplacements par avion et se déplacer en convoi de jour.

Télécommunications : Des interruptions des réseaux Internet et GSM peuvent survenir dans tout le pays, sans préavis, notamment en cas de tensions ou de manifestations. Anticiper des solutions de secours (communications satellitaires pour les zones reculées).

Titres de séjour et permis : Ne pas tarder à engager les démarches auprès de l’ICS ; anticiper les délais et les coûts en forte hausse. Se faire accompagner par un cabinet juridique local.

Devises : Identifier des bureaux de change pour les dollars, mais ne pas en faire acquisition sans justificatif ICS à présenter : la détention injustifiée de devises étrangères est passible de poursuites.

Permis de conduire : Pour conduire en Éthiopie, il faut disposer d’un permis de conduire éthiopien.

Alimentation et eau : Ne pas consommer l’eau du robinet ; éviter les crudités non pelées et les viandes insuffisamment cuites. Se laver systématiquement les mains avant les repas.

Altitude : Addis-Abeba est perchée à environ 2 355 m d’altitude. Prévoir un temps d’adaptation à l’arrivée.

Sources : France Diplomatie — Conseils aux voyageurs Éthiopie (avril 2026), Ambassade de France en Éthiopie (2026), Quai d’Orsay — Dernières minutes Éthiopie (avril 2026), Global Peace Index 2025 — Vision of Humanity, Numbeo — Coût de la vie Addis-Abeba (mars 2026), e-Visa Éthiopie (site officiel), Portail permis de travail expatriés — MoLS Éthiopie, OMS — Maladie à virus Marburg en Éthiopie (novembre 2025), Gouvernement du Canada — Conseils aux voyageurs Éthiopie (mars 2026), France 24 — Éthiopie/Tigré/Érythrée (février 2026)

Contacts

Dernière mise à jour : avril 2026

Les acteurs publics

AMBASSADE DE FRANCE EN ÉTHIOPIE
Représentation diplomatique de la France auprès de la République fédérale démocratique d’Éthiopie. L’ambassade est également accréditée auprès de l’Union africaine, dont le siège est à Addis Abeba. La section consulaire gère aussi le Soudan du Sud.
Adresse : Quartier Kebena (Kabana), B.P. 1464 – Addis Abeba
Tél. : +251 (0) 11 140 00 00
Tél. mobile : +251 (0) 93 599 85 35
Urgences (nuit/week-end, ressortissants français uniquement) : +251 (0) 911 208 895
Email : [email protected]
Site : https://et.ambafrance.org

BUSINESS FRANCE – BUREAU D’ADDIS ABEBA
En Afrique de l’Est, Business France couvre 6 marchés : Kenya, Tanzanie, Ouganda, Rwanda, Éthiopie et Djibouti. Le bureau d’Addis Abeba est responsable de l’Éthiopie et de Djibouti. Membre des services diplomatiques français, le bureau est localisé dans l’enceinte de l’Ambassade de France en Éthiopie.
Adresse : Kebena, Faransay Ligaçu, Addis Abeba – B.P. 2000
Directeur pour l’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda, Éthiopie, Djibouti), basé à Nairobi :
M. Ludovic Prévost
Tél. français : +33 (0)1 73 07 20 81
Tél. Nairobi : +254 (0)20 760 55 81
Email : [email protected]
Site : https://world.businessfrance.fr/sub-saharan-africa/fr/business-france-ethiopie/

SERVICE ÉCONOMIQUE DE LA DG TRÉSOR – ADDIS ABEBA
Le Service économique d’Addis Abeba est compétent pour l’Éthiopie, l’Érythrée et Djibouti. Il suit également les enjeux économiques auprès de l’Union Africaine et de la Commission Économique pour l’Afrique des Nations Unies, qui sont basées à Addis Abeba.
Adresse : Ambassade de France – B.P. 2000 – Addis Abeba
Tél. : +251 11 140 00 00
Email : addisabeba[at]dgtresor.gouv.fr
Site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/ET

AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT (AFD) – BUREAU D’ADDIS ABEBA
Présente en Éthiopie depuis 1993 et représentée depuis 1997, l’AFD concentre ses efforts sur le soutien aux réformes macroéconomiques, les services essentiels (énergie, eau, assainissement), l’agriculture et la biodiversité.
Adresse : Bole Sub-city, Woreda 03 – B.P. 16978 – Addis Abeba
Tél. : +251 116 39 29 95 / +251 116 39 29 02
Site : https://www.afd.fr/en/countries-regions/ethiopia

Les acteurs privés

CCI FRANCE ÉTHIOPIE
La CCI France Éthiopie aide les entreprises à exporter et à s’implanter en Éthiopie : recrutement, création d’entreprise, prospection, location de bureaux. L’Éthiopie a intégré le réseau CCI France International à l’issue de l’Assemblée Générale de l’été 2024.
Site : https://www.ccifrance-international.org/notre-reseau/les-cci-fi/afrique/exporter-simplanter-en-ethiopie.html
(Coordonnées à confirmer sur le site CCI France International)

MEDEF INTERNATIONAL – CONSEIL D’AFFAIRES FRANCE / AFRIQUE DE L’EST
Le conseil d’affaires France-Afrique de l’Est de MEDEF International organise des missions d’entreprises en Éthiopie (Addis Abeba), notamment en avril 2026 en marge du Forum UE-Éthiopie. Dans un contexte de réformes profondes et d’ouverture accélérée, le Forum UE–Éthiopie d’avril 2026 constitue une opportunité clé pour les entreprises françaises et européennes souhaitant se positionner durablement sur ce marché.
Contact : M. Arnaud Arches, chargé de projets senior Afrique de l’Est, UA et Index UP40
Email : [email protected]
Site : https://www.medefinternational.fr

ADDIS ABABA CHAMBER OF COMMERCE AND SECTORIAL ASSOCIATIONS (AACSA)
La Chambre de Commerce d’Addis Abeba et des associations sectorielles réunit les principaux acteurs du secteur privé en Éthiopie et a pour mission de promouvoir le commerce et l’investissement en fournissant un service axé sur la demande à ses membres. Partenaire de Business France depuis la signature d’un mémorandum d’entente.
Site : http://www.addischamber.com

Avocats d’affaires

DENTONS TAMRAT ASSEFA (ex-TAMRAT ASSEFA LIBAN LAW OFFICE)
Dentons, le plus grand cabinet d’avocats mondial, a officiellement lancé son offre en Éthiopie en s’associant à ce cabinet local. Tamrat Assefa Liban est le managing partner du bureau d’Addis Abeba ; il est spécialisé en droit commercial, commerce international, banque et finance, fiscalité, investissement, droit du travail et règlement des litiges. Le cabinet a été classé pendant sept ans par Chambers & Partners et dispose d’une solide expertise en investissements transfrontaliers et financement, notamment dans les secteurs de l’immobilier, des marchés de capitaux et des énergies renouvelables.
Adresse : Robel Plaza, 4th Floor, Room 405, Off Africa Avenue, Bole Medhane-alem area – B.P. 1151, code 1250 – Addis Abeba
Site : https://www.dentons.com/en/global-presence/africa/ethiopia/addis-ababa

MEHRTEAB & GETU ADVOCATES LLP (MLA)
MLA est un cabinet d’avocats full-service fondé en 1997, offrant une large gamme de services juridiques de qualité et représentant plusieurs entreprises locales, multinationales et organisations à but non lucratif en Éthiopie. Le cabinet est membre du réseau DLA Piper Africa. MLA est classé Band 1 General Business Law Office en Éthiopie par Chambers & Partners Global (2015–2024).
Adresse : Africa Avenue, Dembel City Centre, 8th Floor (Lift n° 4), R. n° 805A – B.P. 33449 – Addis Abeba
Tél. : +251 115 15 97 98 / +251 115 54 79 38
Email : [email protected]
Site : https://www.mehrteableul.com

CABINET LIYOU TAMIRU (IARB AFRICA) – AVOCATE FRANCOPHONE
Il est possible de joindre une avocate francophone du cabinet Liyou Tamiru (IARB Africa) par courriel. Contact recommandé par l’Ambassade de France en Éthiopie.
Email : [email protected]
(Coordonnées complètes à confirmer sur https://et.ambafrance.org/Avocat-conseil)

Note : Bowmans, cabinet d’Afrique australe, dispose d’un accord de coopération non exclusif avec le cabinet d’avocats français Gide Loyrette Nouel permettant l’accès à des avocats en Afrique de l’Ouest et du Nord francophone. Bowmans travaille par ailleurs étroitement avec son cabinet allié en Éthiopie, Aman & Partners LLP.

Sources d’information internet

Ambassade de France en Éthiopie – actualités, services consulaires, conseils aux entreprises

DG Trésor – Fiche Éthiopie – analyses économiques, données commerciales, équipe du Service économique

Business France Éthiopie – accompagnement export, VIE, couverture Éthiopie et Djibouti

CCI France Éthiopie – CCI France International – services aux entreprises, mise en réseau

AFD – Éthiopie – projets de développement, secteurs d’intervention, bureau local

MEDEF International – missions d’entreprises, conseil d’affaires France/Afrique de l’Est

Addis Ababa Chamber of Commerce and Sectorial Associations (AACSA) – chambre de commerce locale

Ethiopian Investment Commission (EIC) – procédures d’investissement, licences, zones industrielles

Dentons Tamrat Assefa – Addis Abeba – cabinet d’avocats d’affaires international implanté en Éthiopie (2025)

Mehrteab & Getu Advocates LLP (MLA) – premier cabinet d’avocats d’affaires éthiopien, membre DLA Piper Africa

Sources : Service-Public.fr – Ambassade de France en Éthiopie (2026), Ambassade de France – Business France Éthiopie (2025), DG Trésor Éthiopie (2025), AFD – Réseau Afrique (2025), CCI France International – Éthiopie (2024), MEDEF International – Mission Éthiopie avril 2026, Dentons – lancement Éthiopie (octobre 2025), Mehrteab & Getu Advocates LLP – contacts (2025), Ambassade de France – Avocats-conseils Éthiopie (2025)

Logistique & Douane

Dernière mise à jour : avril 2026

Performance logistique et commerce transfrontalier

Indice de performance logistique (LPI) – Banque mondiale

Le Doing Business a été abandonné par la Banque mondiale en 2021 après des irrégularités de données. Cette édition marque la deuxième publication du classement B-Ready, qui a remplacé l’indice Doing Business suspendu en 2021 après que des irrégularités de données ont été détectées dans les éditions 2018 et 2020. Le successeur officiel, le B-Ready, repose sur des enquêtes auprès de 58 000 entreprises et 5 000 experts dans 101 économies. En phase de déploiement sur trois ans (2024-2026), le rapport 2025 est une édition intérimaire couvrant les données de 101 économies. L’Éthiopie n’est pas encore couverte par les éditions B-Ready 2024 et 2025. Les trois premières éditions du rapport B-READY couvriront progressivement environ 170 économies dans le monde.

La référence internationale la plus récente disponible pour l’Éthiopie reste le Logistics Performance Index (LPI) 2023 de la Banque mondiale, publié en avril 2023. Le LPI 2023 permet des comparaisons entre 139 pays. Il classe les pays sur six dimensions commerciales : performance douanière, qualité des infrastructures, facilité à organiser des expéditions, compétence logistique, traçabilité et délai de livraison. Sur la base des données disponibles dans le LPI 2023, l’Éthiopie se situe parmi les poor logistics performers (groupe des moins performants), un résultat cohérent avec son positionnement structurel de pays enclavé. Les dix pays les moins bien notés sont principalement des pays à revenu faible et intermédiaire, soit des économies fragiles affectées par des conflits armés, des catastrophes naturelles ou des troubles politiques, soit des pays enclavés défavorisés par leur géographie ou leurs économies d’échelle insuffisantes pour se connecter aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

Selon l’indice de liberté économique de la Heritage Foundation, la valeur la plus récente pour 2025 est de 48 points (inchangée par rapport à 2024), contre une moyenne mondiale de 60 points pour 174 pays. Les progrès vers une plus grande liberté économique ont été très inégaux, et l’Éthiopie est peu performante dans de nombreux domaines politiques clés. L’absence d’un pouvoir judiciaire indépendant et équitable fragilise l’état de droit et compromet les perspectives de développement économique à long terme.

Enclavement et dépendance au port de Djibouti

L’Éthiopie est un pays entièrement enclavé, ce qui constitue sa principale contrainte logistique structurelle. Depuis le déclenchement de la guerre éthio-érythréenne en 1998, l’Éthiopie conduit 95 % de son commerce extérieur par le port de Djibouti. La quasi-totalité du commerce extérieur de l’Éthiopie transite par Djibouti. « L’Éthiopie est un pays qui dépend fortement des exportations pour ses devises étrangères. Les exportations sont cruciales et 90 % d’entre elles passent par Djibouti », explique un opérateur de fret djiboutien.

Le volume du commerce extérieur éthiopien a atteint 9,5 millions de tonnes en 2025. Selon diverses sources, l’Éthiopie verse entre 1,5 et 2 milliards de dollars par an en frais portuaires à Djibouti — soit près d’un tiers de ses recettes d’exportation estimées à 5,3 milliards de dollars en 2025. Cette dépendance pèse structurellement sur la compétitivité des exportateurs éthiopiens.

La chaîne logistique principale s’organise comme suit : en tant que pays enclavé, l’Éthiopie s’appuie lourdement sur le port de Djibouti comme principale porte d’entrée maritime. La plupart des expéditions arrivent à Djibouti, puis sont transportées vers l’intérieur jusqu’à Addis-Abeba par voie ferroviaire ou routière. Le port sec de Modjo est situé à 73 km de la capitale et est connecté à la nouvelle ligne ferroviaire Éthiopie-Djibouti. En tant que plus grand port intérieur du pays, il traite plus de 78 % des importations nationales et a la capacité d’accueillir 17 539 conteneurs EVP à la fois.

En 2025, les infrastructures logistiques entre les deux nations continuent de se moderniser. La liaison ferroviaire Addis-Djibouti fonctionne désormais avec une plus grande efficacité de fret, et le développement des systèmes de dédouanement numérique a raccourci les délais de dédouanement aux deux extrémités. Combinés à la demande croissante de l’Éthiopie en matériaux de construction, électronique et machines industrielles, ces améliorations rendent le transport vers l’Éthiopie plus fiable et rentable.

⚠ Point d’attention : Des tensions logistiques sont apparues fin 2025 entre l’Éthiopie et Djibouti : les autorités djiboutiennes ont précisé les conditions d’autorisation pour les opérateurs logistiques éthiopiens, notamment l’Ethio-Djibouti Railway SC (EDR), en tant qu’opérateurs de transport multimodal (OTM) à Djibouti. Répondant à une demande de l’Autorité maritime éthiopienne pour six OTM sélectionnés, la Djibouti Ports and Free Zones Authority (DPFZA) a invoqué la réglementation locale, affirmant que seuls les connaissements émis par des OTM opérant en tant que compagnies maritimes sont juridiquement valides pour les mouvements de marchandises dans les ports et corridors de Djibouti. Lors des consultations de décembre 2025, le principe de réciprocité a été mutuellement reconnu, et les deux parties ont convenu de l’urgence de mettre fin aux modifications tarifaires unilatérales imposées par certains organismes administratifs à Djibouti. Cette friction opérationnelle entre les deux pays pourrait affecter les délais et les coûts logistiques pour les exportateurs et importateurs utilisant le corridor Djibouti-Addis.

Modernisation douanière

L’Autorité des douanes et des revenus éthiopienne utilise le système ASYCUDA pour le traitement des déclarations douanières, ainsi que d’autres solutions informatiques pour le suivi des expéditions et la gestion des droits tarifaires. Le système informatique douanier a été intégré aux systèmes utilisés par d’autres agences gouvernementales, autorités portuaires et sociétés logistiques pour faciliter des opérations frontalières plus fluides et transparentes.

En janvier 2026, la Commission éthiopienne des douanes (ECC) amplifie ses initiatives technologiques dans le cadre de la stratégie « Digital Ethiopia 2030 ». L’ECC met notamment en avant le système électronique de gestion douanière (eCMS), un système de dédouanement entièrement automatisé qui permet aux opérateurs de soumettre des déclarations et de recevoir des réponses en temps utile sans contact physique, via un portail en ligne unique. Pour garantir la sécurité et l’intégrité des mouvements de marchandises, l’ECC utilise des scellés électroniques et des technologies de suivi SIM cargo, permettant une surveillance en temps réel jusqu’à destination.

En dépit de ces efforts, plusieurs défis persistent : les infrastructures informatiques limitées constituent un problème majeur en Éthiopie, notamment dans les zones reculées où l’alimentation électrique est insuffisante. Les pannes fréquentes du système et la lenteur d’internet perturbent les opérations, entraînant des retards dans le dédouanement.

Par ailleurs, le ministère des Transports et de la Logistique et la Commission éthiopienne des douanes ont convenu fin 2025 de mettre en œuvre un système de communication dématérialisé. Cette transition vers un système de communication sans papier vise à améliorer l’efficacité, réduire les coûts et promouvoir la durabilité.

Diversification portuaire

Ces dernières années, les parties prenantes éthiopiennes ont exprimé leur insatisfaction face aux conditions portuaires à Djibouti. Les opérateurs logistiques et les exportateurs allèguent que les autorités djiboutiennes ont mis en place des barrières inutiles qui nuisent à leurs activités commerciales. Les coûts élevés et les inefficacités des services portuaires de Djibouti ont également poussé l’Éthiopie à explorer des alternatives.

L’Éthiopie a en effet décidé de diversifier ses débouchés maritimes et de réduire sa dépendance à Djibouti. En 2022, les volumes d’importation transitant par les quais djiboutiens ont chuté d’environ 15 % par rapport à l’année précédente. En mai 2023, de hauts responsables éthiopiens ont visité les ports de Berbera (Somaliland) et de Lamu (Kenya) pour évaluer ces alternatives. Des projets d’infrastructure sont en cours pour développer le corridor de Berbera, mais la route commerciale de Berbera manque encore d’équipements logistiques essentiels tels que des stations de ravitaillement et des ateliers de réparation.

Points de vigilance

Enclavement structurel : Selon diverses études, les pays enclavés supportent des coûts commerciaux deux fois plus élevés que leurs voisins côtiers. En outre, la croissance économique des pays enclavés est, en moyenne, inférieure de 6 % à celle de leurs homologues côtiers.

Tensions sur le corridor Djibouti : La friction opérationnelle de fin 2025 sur le statut juridique des opérateurs de transport multimodal éthiopiens à Djibouti est à surveiller. Tout blocage durable pourrait engendrer des surcoûts et des délais supplémentaires pour les exportateurs et importateurs français.

Délais documentaires à l’import : Les exigences documentaires restent lourdes. Le classement de l’Éthiopie dans le sous-indice « commerce transfrontalier » est très faible, en raison d’un processus de dédouanement contraignant et d’exigences documentaires supplémentaires à l’importation et à l’exportation. Les délais de dédouanement des exportations en Éthiopie restent parmi les plus élevés de la région.

Instabilité du taux de change : La dépréciation du birr éthiopien augmente le coût des biens importés. Depuis la réforme du régime de change de juillet 2024, l’incertitude sur les taux peut compliquer la planification des importateurs.

Tarifs américains : L’Éthiopie est l’un des pays sur lesquels les États-Unis ont imposé un tarif douanier de 10 %, ce qui pourrait modifier les flux commerciaux. Cette mesure est à prendre en compte pour les exportateurs positionnés sur le marché américain via l’Éthiopie.

Fragilité infrastructurelle : Malgré les investissements dans les parcs industriels et les corridors de transport, la logistique du dernier kilomètre reste peu développée hors d’Addis-Abeba.

Sources : Banque mondiale – LPI 2023, Banque mondiale – B-READY 2025, Heritage Foundation – Index of Economic Freedom 2025, Capital Ethiopia – Négociations Éthiopie-Djibouti (décembre 2025), Institut des Affaires étrangères (IFA) – Accès maritime éthiopien (novembre 2025), African Business – Fret Djibouti-Éthiopie (avril 2025), Abren – Modernisation douanière ECC (janvier 2026), WCO – Étude frontières éthiopiennes (2024), UNDP – Profil économique trimestriel Éthiopie (avril 2025), ESLSE – Ports secs éthiopiens

Actualités : Ethiopie

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