Économie
Dernière mise à jour : avril 2026
Informations pays
Capitale : Caracas
Devise : Bolivar numérique (bolivar digital)
Population (millions, 2025) : 28,5 millions
PIB nominal (Mds USD, 2025) : 82,8 Mds USD (FMI)
Taux de croissance du PIB réel : 2025 : +8,66 % sur l’année, avec un T4 2025 à +7,07 % (données Banque centrale du Venezuela) ; 2024 : +5,3 % (moy. 2020-2024 selon fiche DG Trésor, octobre 2025)
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD) : N.D. (chiffre le plus récent disponible)
Taux d’inflation : 2025 : environ 270 % (estimation FMI, novembre 2025, la plus haute du monde) ; 2026 : 682 % prévu selon les projections du FMI
Dette publique (% PIB, 2024) : 164,3 % du PIB ; la dette extérieure totale, incluant les obligations de PDVSA, les prêts bilatéraux et les indemnités d’arbitrage, est estimée entre 150 et 170 Mds USD
Échanges de marchandises (2023, Mds USD, évolution sur 2022) : Export : 7,8 (+62,5 %) ; Import : 10,9 (+7,9 %) (OMC, chiffre le plus récent disponible)
Exportations françaises vers le Venezuela (2023) : 33 M EUR (-13,8 % par rapport à 2022)
Sources : FMI (World Economic Outlook, octobre 2025), Banque mondiale, Banque centrale du Venezuela, DG Trésor / Douanes françaises, OMC.
Conjoncture
Ressources naturelles et structure économique
Le Venezuela détient les premières réserves mondiales prouvées de pétrole brut — estimées à plus de 300 milliards de barils, soit environ un cinquième des réserves mondiales techniquement récupérables — ainsi que les quatrièmes réserves de gaz naturel. Le pays dispose également de vastes ressources minières (or, bauxite, fer, nickel, charbon) et hydrauliques. Le pétrole demeure vital pour l’économie : il représente environ 90 % des recettes d’exportation et près de 50 % des revenus publics, selon la Banque mondiale. Ce modèle de rente pétrolière, historiquement centré sur la redistribution sociale et la dépense publique, a montré ses limites structurelles sur la longue période.
Une reprise statistique, mais sans fondements structurels
En 2025, le PIB du Venezuela a progressé de 8,66 % en glissement annuel, porté par une croissance de 13,41 % dans le secteur pétrolier. Les activités non pétrolières ont elles-mêmes progressé de 5,3 %, avec des hausses notables dans la construction (+19,25 %), les mines (+8,17 %) et les services. Ces chiffres, issus de la Banque centrale du Venezuela, contrastent avec les estimations prudentes du FMI (WEO octobre 2025), qui tablait sur +3 % environ pour 2025. Ces performances ne constituent toutefois pas une reprise structurelle de l’économie : la croissance reste déconnectée de gains de productivité, d’investissements privés ou de renforcement institutionnel, dans un contexte de sous-investissement chronique, de services publics dégradés et d’une base productive extrêmement étroite.
Le principal moteur de cette amélioration en 2025 a été la hausse des exportations pétrolières, rendue possible par l’assouplissement sélectif des sanctions américaines et le maintien de la licence Chevron, permettant une récupération partielle des réserves internationales — leur plus haut niveau depuis une décennie — et une modération de la dépréciation du bolivar. L’économie reste cependant structurellement dépendante du pétrole comme source de devises, vulnérable aux chocs extérieurs et à la posture de Washington, dans un environnement marqué par une forte informalité, une faible collecte fiscale et des contraintes sévères sur la capacité de croissance durable.
Inflation : retour en zone de crise aiguë
Après une décélération spectaculaire entre 2021 et 2023, le bolivar a clôturé septembre 2025 avec une dépréciation de 71 % contre le dollar depuis janvier, tandis que l’inflation projetée par le FMI atteignait 254 % en fin d’année 2025, la plus haute au monde. En février 2026, le taux d’inflation mesuré sur douze mois s’établissait à 617,9 % selon la Banque centrale vénézuélienne. Les sanctions américaines sur le secteur pétrolier, principal pourvoyeur de devises, sont en partie responsables : en juillet 2025, l’administration Trump a renégocié la licence autorisant Chevron à exporter du pétrole vénézuélien. Le salaire minimum mensuel de 130 bolivars (soit environ 0,40 USD) n’a pas été relevé depuis 2022, le plaçant bien en deçà du seuil de pauvreté extrême de 2,15 USD par jour fixé par les Nations Unies.
Secteur pétrolier : entre redressement partiel et incertitudes post-Maduro
La production pétrolière, qui dépassait 3 millions de barils par jour (b/j) dans les années 1990 et était tombée à environ 400 000 b/j en 2020, a atteint environ 1,339 million b/j en 2024, avant de retomber à moins d’un million de b/j fin 2025, selon l’OPEP. Les autorités ont clôturé l’exercice 2025 à environ 1,1 million b/j, le gouvernement intérimaire visant une hausse de 18 % pour 2026 ; des experts indépendants estiment une possible progression vers 1,4 à 1,5 million b/j à moyen terme, sous réserve de financements d’infrastructure. La Chine demeure le principal acheteur, avec des importations de plus de 400 000 b/j à fin 2025.
⚠ Point d’attention : Le 3 janvier 2026, des forces américaines ont procédé à l’arrestation du président Nicolás Maduro à Caracas et à son transfert à New York. Maduro a comparu le 5 janvier 2026 devant un tribunal fédéral américain, plaidant non coupable à quatre chefs d’accusation : narcoterrorisme, complot en vue d’importer de la cocaïne, possession d’armes automatiques et possession d’engins destructeurs. La Cour suprême du Venezuela a ordonné à Delcy Rodríguez, vice-présidente sortante, d’assumer la présidence par intérim. En janvier 2026, Rodríguez a promulgué une réforme de la loi pétrolière ouvrant le secteur à la privatisation, répondant à une exigence clé de l’administration Trump. En mars 2026, le Trésor américain a délivré une autorisation permettant à PDVSA de vendre directement son pétrole à des sociétés américaines et sur les marchés mondiaux — un changement majeur après des années de blocage. Le 2 avril 2026, les États-Unis ont levé les sanctions personnelles visant Delcy Rodríguez, reconnue désormais comme autorité légitime de transition. Ces évolutions représentent un retournement sans précédent de la politique américaine envers Caracas, dont les conséquences économiques et politiques restent très incertaines à court terme.
Commerce bilatéral France – Venezuela
En 2023 (données les plus récentes disponibles de la DG Trésor), les importations françaises en provenance du Venezuela ont progressé de +30 % à 117 M EUR, portées principalement par les industries agroalimentaires (103,3 M EUR), dont les crevettes représentent 86 % des exportations vénézuéliennes vers la France. Les exportations françaises vers le Venezuela ont en revanche reculé à 33 M EUR (-13,8 % par rapport à 2022), pénalisées par la chute des autres produits industriels, notamment les produits chimiques, parfums et cosmétiques. Le solde commercial bilatéral s’est ainsi creusé à -83,6 M EUR en 2023 (contre -51,5 M EUR en 2022), la France demeurant structurellement déficitaire vis-à-vis du Venezuela depuis 2017. Le Venezuela est le 124e client de la France, son 107e fournisseur et son 74e poste de déficit commercial (données douanes françaises, fiche DG Trésor octobre 2025). Les données 2024 ne sont pas encore disponibles à la date de publication. L’intervention militaire américaine de janvier 2026 et les incertitudes politiques qui s’ensuivent font peser un risque élevé de perturbation supplémentaire des flux bilatéraux à court terme.
Points de vigilance
Risque de change et d’inflation : la dépréciation massive du bolivar (–71 % en 2025) et une inflation projetée à plus de 600 % en 2026 rendent tout contrat libellé en bolivars structurellement risqué. La dollarisation partielle de l’économie limite partiellement l’exposition, mais reste informelle.
Risque de non-paiement et arriérés : le Venezuela n’a pas eu de consultation annuelle du FMI depuis près de deux décennies et reste exclu de ses financements ; la dette extérieure totale est estimée entre 150 et 170 Mds USD, sans perspective de restructuration à court terme.
Risque politique et opérationnel : la transition post-Maduro demeure fragile. Les perspectives de croissance pour 2026 sont devenues substantiellement plus incertaines à la suite de l’intervention militaire américaine de janvier, qui augmente l’imprévisibilité de la politique économique et de la capacité du pays à maintenir des flux stables de devises.
Sanctions résiduelles : malgré les allègements récents, des restrictions sectorielles importantes demeurent. Washington conditionne l’autorisation de production pétrolière à une rupture des liens économiques du Venezuela avec la Chine, la Russie, l’Iran et Cuba. Cette conditionnalité maintient une forte incertitude réglementaire pour tout opérateur souhaitant intervenir sur le marché vénézuélien.
Exode de population : plus de 8 millions de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2014-2015, appauvrissant durablement le tissu productif et la base de consommation intérieure.
Sources : FMI, World Economic Outlook (octobre 2025), Banque mondiale (2025), DG Trésor – Commerce bilatéral France-Venezuela 2023 (mai 2024), DG Trésor – Fiche pays Venezuela (octobre 2025), Trading Economics – Inflation Venezuela (mars 2026), CNN – Venezuela inflation (novembre 2025), ONU Info – Capture de Maduro (janvier 2026), Boursorama/AFP – Levée des sanctions contre Rodríguez (avril 2026), Coface – Fiche risque pays Venezuela (2026), Radio-Canada – Ouverture pétrolière au privé (janvier 2026)
Commerce extérieur
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : Le 3 janvier 2026, des forces américaines ont capturé Nicolas Maduro et l’ont transféré à New York pour répondre à des charges de narco-terrorisme. La suppression du pouvoir de Nicolás Maduro par les États-Unis pourrait marquer un tournant dans les relations américano-vénézuéliennes. Cet événement d’une exceptionnelle gravité crée une incertitude maximale sur l’évolution de la politique pétrolière, du cadre des sanctions et de la stabilité économique du pays. Pour 2026, les perspectives de croissance sont devenues substantiellement plus incertaines en raison du conflit politique survenu en janvier, qui a modifié l’équilibre entre stabilisation économique limitée et continuité du régime. L’OFAC américain a délivré de nouvelles licences générales relatives au secteur pétrolier et minier vénézuélien dès le premier trimestre 2026 (dont les GL 50A, 51A, 52, 54 et 55 autorisant des transactions pétrolières et minières, publiées entre février et mars 2026), mais les sanctions fondamentales restent en vigueur et les entreprises doivent continuer à prioriser leur conformité.
Données de cadrage
Population (millions, 2025) : 28,5
Taux de croissance du PIB réel : 2026 (prévis.) : −3 % ; 2025 (estim.) : +0,5 % (FMI, janvier 2026)
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD) : N.D. (données non disponibles, Banque mondiale)
Échanges de marchandises (2024, Md USD, évolution sur 2023) :
Export : 13,6 Md USD (+78,4 %)
Import : 11,6 Md USD
Exportations françaises 2024 : Le Venezuela est le 124e client de la France (données douanes françaises / DG Trésor, octobre 2025). Les données 2024 détaillées par valeur ne sont pas encore publiées par la DG Trésor pour ce pays — dernière valeur disponible : 0,033 Md EUR en 2023 (−13,8 %).
Indice de perception de la corruption (IPC 2025, publié février 2026) : Score 10/100 — 180e/182 pays
Points de vigilance
Structure des échanges extérieurs
Les exportations vénézuéliennes restent dominées à 79,6 % par les hydrocarbures (10,8 Md USD en 2024). La progression la plus rapide concerne les minerais (fers et minerais, +157,8 % en glissement annuel), suivis par le pétrole brut (+131,7 %) et le cacao (+128,9 %).
Les exportations de l’UE vers le Venezuela en 2024 portaient principalement sur les machines et appareils (20,9 %), les produits minéraux (20,6 %) et les produits chimiques (15 %), tandis que les importations européennes en provenance du Venezuela étaient dominées par le pétrole (70 %).
Relations bilatérales France – Venezuela
Les exportations françaises avaient reculé en 2023 à 33 M EUR (contre 38 M EUR en 2022, −13,8 %), une baisse liée à la chute de la demande et du pouvoir d’achat des Vénézuéliens. Les importations françaises en provenance du Venezuela avaient en revanche progressé de +30 %, atteignant 117 M EUR, principalement tirées par les produits agroalimentaires (103 M EUR, soit 85 % du total), avec une forte hausse des exportations de crevettes.
Le stock d’investissements français au Venezuela s’élève à −193 M EUR en 2024 (−115 % par rapport à 2020). Selon les dernières données disponibles, 20 filiales d’entreprises françaises sont présentes dans le pays, employant 1 027 personnes.
Dynamique commerciale et sanctions américaines
En 2025, la situation économique du Venezuela était caractérisée par une combinaison de soulagement externe temporaire et de fragilité structurelle persistante : le compte courant est resté excédentaire, mais ce résultat reflétait principalement la compression des importations imposée par les sanctions. L’assouplissement sélectif des sanctions et le maintien de la licence Chevron avaient dopé les exportations pétrolières et augmenté les entrées de devises.
Le 4 mars 2025, l’administration Trump a remplacé la licence générale 41 de Chevron, en vigueur depuis novembre 2022, par la GL 41A, ordonnant la cessation des opérations de Chevron au Venezuela. En juillet 2025, le Trésor américain a émis une licence spécifique autorisant les coentreprises de Chevron à reprendre leurs opérations, mais leur interdisant d’effectuer des paiements en espèces au gouvernement vénézuélien. Plus de 80 % du pétrole exporté par le Venezuela est destiné à la Chine.
L’inflation interannuelle au Venezuela s’établissait à 565 % à la clôture de 2025. Le FMI estime qu’en 2026 l’économie vénézuélienne se contractera d’environ 3 %, dans un environnement caractérisé par une inflation élevée, une faiblesse institutionnelle, des contraintes fiscales et une forte dépendance au secteur pétrolier.
Corruption et environnement des affaires
Dans l’IPC 2025, le Venezuela figure parmi les pays les plus mal notés, avec un score de 10/100, aux côtés de la Somalie et du Soudan du Sud. Venezuela (10), Nicaragua (14) et Haïti (16) sont à nouveau les trois derniers de la région, dans un contexte marqué par des niveaux élevés de répression, des institutions défaillantes ou captées, et une corruption enracinée. Ce score confirme l’exposition maximale au risque de corruption pour tout opérateur français souhaitant travailler avec des contreparties locales.
Sources : FMI – DataMapper Venezuela (2026), DG Trésor – Commerce bilatéral France-Venezuela 2023 (2024), Ministère des Affaires étrangères – Fiche pays Venezuela (octobre 2025), Transparency International – IPC 2025 (février 2026), OFAC – Venezuela-Related Sanctions (2026), Tendata – Venezuela Export Categories 2024 (2025), UCAB – Perspectivas Económicas 2026 (février 2026)
Risques et paiements
Mobilité
Dernière mise à jour : avril 2026
Venezuela — Mobilité et pratique
⚠ Point d’attention majeur : Le 3 janvier 2026, les forces américaines ont bombardé plusieurs sites du nord du Venezuela, y compris la capitale Caracas, sous le nom de code « opération Absolute Resolve ». Le président vénézuélien Nicolás Maduro a déclaré l’état d’urgence national ; après les frappes, Donald Trump a annoncé que Maduro et son épouse Cilia Flores avaient été capturés et emmenés aux États-Unis. Le gouvernement vénézuélien est resté en place, Delcy Rodríguez ayant prêté serment comme présidente par intérim le 5 janvier 2026. Trois mois après l’opération, quelques caciques du gouvernement ont été remerciés, mais le régime hérité d’Hugo Chávez est toujours en place, Delcy Rodríguez ayant endossé la présidence par intérim. Il est rappelé que tout voyage vers le Vénézuéla doit être actuellement reporté, selon la mise à jour du 7 avril 2026 du Quai d’Orsay.
S’y rendre
Formalités d’entrée pour les Français
La validité du passeport doit être d’au moins 6 mois à partir de la date d’entrée au Vénézuéla. Il est possible de voyager sans visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours, mais dans tous les autres cas (y compris des séjours courts non-touristiques), il est nécessaire d’obtenir un visa auprès du consulat du Vénézuéla à Paris. Les binationaux franco-vénézuéliens doivent obligatoirement utiliser le passeport vénézuélien pour pouvoir ressortir du Vénézuéla, et la cédula vénézuélienne pour embarquer sur les vols intérieurs.
Le régime de visas est strict : aucun visa n’est délivré à l’arrivée. Entrer sans visa valable expose à des mesures sévères telles que la détention, l’expulsion, voire des poursuites. Pour un long séjour ou une expatriation professionnelle, un visa de résidence ou de travail est nécessaire.
Desserte aérienne
⚠ Point d’attention : Plusieurs compagnies aériennes ont récemment suspendu leurs liaisons avec le Vénézuéla. Il est recommandé de se renseigner auprès de sa compagnie aérienne pour connaître le statut des vols. Iberia, TAP, Avianca, GOL, Latam, Air Europa, Turkish Airlines et Plus Ultra avaient suspendu leurs activités dès novembre 2025 après l’alerte de la FAA sur la dégradation de la situation sécuritaire. Un mois après l’opération américaine, les compagnies aériennes commençaient à revenir au Venezuela, notamment American Airlines. La situation reste cependant volatile : vérifier le statut de chaque vol avant tout déplacement est impératif.
Conseils pratiques
En raison de contrôles d’identité accrus dans le pays, il est indispensable d’être toujours muni de son passeport, lequel doit permettre d’attester la régularité de son séjour. Il convient de se tenir éloigné de toute manifestation ou rassemblement à caractère politique. Il est recommandé de s’abstenir sur place de toute expression sur la situation politique vénézuélienne.
Face aux risques récurrents de coupures d’électricité et d’eau ainsi que de pénuries d’essence, en particulier en dehors de Caracas, il est recommandé de se renseigner sur les points d’approvisionnement en carburant, de procéder régulièrement au plein des véhicules, et de prévoir des réserves suffisantes d’eau, de nourriture et de médicaments.
Les voyageurs passant par l’aéroport international de Maiquetía (Caracas) doivent faire preuve de vigilance. Des bandes armées opèrent dans les zones à l’extérieur des bâtiments de l’aéroport. Entre 22h et 6h du matin, les forces de l’ordre ne sont plus présentes dans ces zones de façon permanente. Il est fortement déconseillé de porter ostensiblement des objets de luxe ou de l’argent.
Le métro de Caracas reste un moyen de transport relativement structuré et bon marché, mais la sécurité, les surcharges et les coupures de service font que les expatriés l’utilisent avec parcimonie. Les routes présentent des dégradations et la conduite locale est souvent brusque. Il est fortement déconseillé de conduire de nuit. Les taxis officiels ou les services de VTC locaux (comme Yummy Rides) sont préférables aux taxis informels.
Sécurité
Niveau de vigilance général
Le Venezuela figure parmi les destinations les plus risquées au monde. Dans le GPI 2025, le Venezuela est classé 139e — l’un des pays les moins pacifiques du monde. Son score global est principalement tiré vers le bas par de mauvais résultats dans le domaine de la sécurité sociétale. L’un des principaux facteurs de ce classement est le niveau élevé de criminalité perçue et d’insécurité. L’indice enregistre une préoccupation élevée autour de la criminalité violente, reflétant des problèmes de longue date liés aux réseaux criminels organisés.
En raison d’une situation sécuritaire sensible, il est impératif de consulter préalablement avec la plus grande attention les recommandations mentionnées dans l’onglet « Sécurité » de la fiche Conseils aux voyageurs du Quai d’Orsay, en particulier la carte des zones de vigilance, plusieurs zones figurant en rouge (« formellement déconseillée »).
En raison de l’insécurité qui règne dans la zone frontalière avec la Colombie, notamment en raison de la présence de membres dissidents des ex-FARC et du FLN, tous les voyages vers cette partie du pays ainsi que vers l’État d’Amazonas sont déconseillés.
Après l’opération américaine de janvier 2026
Selon le New York Times, le 7 janvier 2026, l’autoritarisme du pouvoir vénézuélien s’est renforcé après la capture de Maduro, les forces de sécurité étant montées à bord des bus pour interroger les passagers et fouiller leurs téléphones. Il est recommandé de s’abstenir sur place de toute expression publique, notamment sur les réseaux sociaux, sur la situation au Vénézuéla.
Il existe un risque que les voyageurs étrangers soient arrêtés, interrogés et détenus. L’assistance consulaire ne peut pas être garantie en cas de détention.
Présence française
Chiffres clés
Au 31 décembre 2016, 4 231 Français étaient inscrits sur les registres consulaires au Venezuela, constituant la communauté la plus importante de l’Amérique andine, principalement localisée à Caracas (80 %) et dans les grandes agglomérations de Maracaibo, Barcelona ou l’île de Margarita. (chiffre le plus récent disponible). Pour s’immatriculer : ve.diplomatie.gouv.fr (inscription sur Ariane également recommandée).
Ambassade de France à Caracas
L’ambassade de France est implantée Las Mercedes, Calle Madrid con Avenida Trinidad, Caracas 1060, Venezuela. Tél. : +58 212 335 74 37. En cas d’urgence, l’ambassade peut être contactée au +58 212 909 65 09 ou au +58 412 361 38 58.
Site officiel : ve.diplomatie.gouv.fr
L’ambassadeur est Emmanuel Pineda, administrateur de l’État.
Marché du travail et expatriation
Conditions générales
Le Venezuela présente un paradoxe économique majeur : bien qu’environ 80 % de la population vive sous le seuil de pauvreté et que près de 7,7 millions de personnes aient émigré, le pays détient les plus grandes réserves de pétrole au monde et dispose d’un vivier de talents qualifiés, souvent sous-payés.
La législation vénézuélienne impose d’employer 90 % d’employés nationaux dans les entreprises de plus de 10 salariés. Les expatriés ne peuvent percevoir une indemnité supérieure à 20 % par rapport à celle des salariés locaux à compétence égale.
Les employés du secteur privé local perçoivent généralement 100 à 300 dollars par mois. En revanche, les professionnels travaillant pour des multinationales, des entreprises pétrolières ou en télétravail pour l’étranger peuvent gagner de 600 à 1 500 dollars mensuels, voire davantage pour les postes très qualifiés.
Seuls les professionnels bénéficiant de packages d’expatriation complets (logement sécurisé, salaire en devises fortes, assurance rapatriement médical) devraient envisager des missions au Venezuela. Les organisations humanitaires internationales, certaines compagnies pétrolières et les missions diplomatiques offrent de telles conditions.
Visa de travail
Les ressortissants étrangers souhaitant travailler au Venezuela ont généralement besoin d’un visa spécifique, le « Transeúnte Laboral » (visa de transit de travail), conçu pour les personnes entrant au Venezuela afin d’exercer une activité sous contrat de travail avec une entité vénézuélienne ou une entité étrangère autorisée à opérer dans le pays.
Ouvrir un compte bancaire local en tant qu’étranger est, en théorie, possible avec un visa de résident ou de travail, un RIF (numéro fiscal), un justificatif de domicile et une relation d’emploi. Dans la pratique, nombre d’établissements refusent d’ouvrir des comptes aux non-résidents permanents. La plupart des expatriés conservent leur compte bancaire principal dans leur pays d’origine ou dans un pays stable voisin ; sur place, les transactions se font principalement en espèces.
Coût de la vie
Pour un expatrié disposant de revenus en devises étrangères, le coût de la vie reste relativement abordable comparé aux grandes villes occidentales, mais bien au-dessus des chiffres officiels vénézuéliens. Un appartement sécurisé coûte entre 800 et 1 500 USD par mois, incompatible avec le salaire moyen local. Les services libellés en dollars (cliniques privées, écoles internationales, commerces pour expatriés) représentent l’essentiel des dépenses.
Les expatriés doivent gérer plusieurs défis économiques : l’impossibilité d’utiliser efficacement le système bancaire local exige de conserver d’importantes réserves en espèces en dollars ; les pénuries entraînent des variations de prix importantes d’une semaine à l’autre ; les coupures de courant génèrent des coûts supplémentaires (groupes électrogènes, batteries) ; et l’insécurité impose des dépenses de protection.
En moyenne, le coût de la restauration à Caracas est 41 % moins cher qu’en France, et les hôtels 43 % moins chers. En revanche, l’alimentation en supermarché revient légèrement plus cher. (données 2026, source Numbeo). Ces moyennes recouvrent cependant d’importantes disparités selon le secteur fréquenté (dollar ou bolivar) et la disponibilité des produits.
Ambassade de France à Caracas — Las Mercedes, Calle Madrid con Avenida Trinidad, Caracas 1060 — Tél. : +58 212 335 74 37 — ve.diplomatie.gouv.fr
Urgence consulaire — +58 212 909 65 09 / +58 412 361 38 58
Conseils aux voyageurs (Quai d’Orsay) — diplomatie.gouv.fr — Vénézuéla
Inscription Ariane — pastel.diplomatie.gouv.fr/fildariane
Ambassade du Venezuela à Paris — 11, rue Copernic, 75116 Paris — Tél. : 01 45 53 29 98
Service consulaire du Venezuela à Paris — 8, impasse Kléber, 75016 Paris — Tél. : 01 47 55 00 11
Sources : France Diplomatie — Conseils aux voyageurs Venezuela (avril 2026), Ambassade de France au Venezuela (2026), Vision of Humanity — GPI 2025, Numbeo — Coût de la vie à Caracas (mars 2026), Annuaire Service Public — Section consulaire Ambassade de France Venezuela (novembre 2025), Le Grand Continent — Après la capture de Maduro (janvier 2026), La Libre — Trois mois après la capture de Maduro (avril 2026), RAND Corporation — Venezuela After Maduro (février 2026), CyrilJarnias.com — Marché du travail Venezuela (janvier 2026), ONU Info — Opérations militaires américaines au Venezuela (janvier 2026)
Contacts
Dernière mise à jour : avril 2026
Les acteurs publics
AMBASSADE DE FRANCE AU VENEZUELA
Représentation diplomatique française à Caracas, assurant les services consulaires et économiques.
Adresse : Calle Madrid con Avenida Trinidad, Las Mercedes, Apartado 60385, Caracas 1060
Tél. : +58 (212) 909 65 00
Urgences consulaires : +58 (0) 414 320 85 81
Email : [email protected]
Site : https://ve.ambafrance.org
SERVICE ÉCONOMIQUE DE LA DG TRÉSOR – BUREAU DE CARACAS
Le service économique, rattaché à la Direction générale du Trésor, est chargé de l’appui à l’internationalisation des entreprises françaises, de l’analyse macroéconomique et du suivi des relations économiques bilatérales. Il travaille en coordination avec le Service économique régional (SER) basé à Bogotá, compétent pour l’ensemble de la zone Amérique andine et plateau des Guyanes (Colombie, Bolivie, Équateur, Pérou, Venezuela, Guyana, Suriname).
Adresse : Embajada de Francia en Venezuela, Calle Madrid c/c Av. Trinidad, Urb. Las Mercedes, Municipio Baruta, Distrito Capital, Caracas 1060
Tél. : +58 212 909 65 65
Site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/NotreEquipe/VE
SERVICE ÉCONOMIQUE RÉGIONAL (SER) DE BOGOTÁ – DG TRÉSOR
Hub régional couvrant le Venezuela pour les analyses macroéconomiques et le suivi des relations économiques bilatérales, en lien avec le bureau de Caracas.
Adresse : Carrera 11 N° 93-12, Piso 4, Bogotá, Colombie
Site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/CO
BUSINESS FRANCE – VENEZUELA
Business France n’est pas implanté directement au Venezuela. Ses services aux exportateurs français sont assurés en partenariat avec la CCI France Venezuela (concessionnaire agréé Team France Export), qui prend en charge l’accompagnement commercial sur le marché local.
Contact via la CCI France Venezuela (voir ci-dessous) ou via le portail mondial :
Site : https://export.businessfrance.fr/venezuela/
Les acteurs privés
CCI FRANCE VENEZUELA (CCIAVF)
Chambre de commerce binationale regroupant plus de 150 entreprises membres. Partenaire opérationnel de Business France pour l’accompagnement des exportateurs français au Venezuela : prospection, mise en relation, études de marché, domiciliation, services juridiques. Directrice générale : Karen LELO.
Adresse : Esquina Calle Mucuchies con California, Edificio Jimmy, Piso 1, Oficina 7, Las Mercedes, Caracas 1060A
Tél. : (+58 212) 993 71 52
Email : [email protected]
Site : https://www.cciavf.com.ve/fr
SALVEO (GROUPE ADIT)
Cabinet de conseil français en développement international, filiale du groupe ADIT (leader européen de l’intelligence stratégique). Présent dans plus de 50 pays, Salveo accompagne les PME et ETI françaises dans leurs stratégies d’entrée sur des marchés complexes, dont l’Amérique latine. Couverture Venezuela depuis son réseau international ; contact dédié via l’adresse Venezuela.
Email : [email protected]
Siège Paris : +33 (0)1 84 79 17 50 — 22 rue Georges Picquart, 75017 Paris
Site : https://salveo.international
Avocats d’affaires
BAKER MCKENZIE – CARACAS
Premier cabinet international implanté au Venezuela (depuis 1955), Baker McKenzie est l’un des rares cabinets d’envergure mondiale encore actifs à Caracas. Son équipe locale intervient en droit des sociétés, droit fiscal, énergie, fusions-acquisitions et arbitrage international. Cabinet multilangue (anglais, espagnol, français via le réseau mondial).
Adresse : Centro Bancaribe, Intersección Avenida Principal de Las Mercedes con inicio de Calle París, Urbanización Las Mercedes, Caracas 1060
Tél. : +58 212 276 5111
Site : https://www.bakermckenzie.com/en/locations/latin-america/venezuela
CLYDE & CO – CARACAS
Cabinet international britannique présent à Caracas, spécialisé dans le contentieux commercial et transactionnel à haute valeur (droit maritime, assurances, énergie, arbitrage). Équipe locale avec couverture Amérique latine et Caraïbes.
Adresse : Edificio Santa Paula Plaza I, Piso 4, Oficina 405, Avenida Circunvalación del Sol, Urbanización Santa Paula, Caracas 1061
Site : https://www.clydeco.com/en/locations/latin-america/caracas
ESCRITORIO VISO, RODRIGUEZ, COTTIN, MEDINA, RAMIREZ & ASOCIADOS
Cabinet local référencé par l’ambassade de France pour les ressortissants et entreprises françaises. Services en droit des affaires, droit civil et contentieux.
Contact : Angel Gabriel VISO
Tél. : +58 212 283 24 54 / 283 84 97
Email : [email protected]
Adresse : Edif. Multicentro Los Palos Grandes, PH, Av. Francisco de Miranda, Caracas
Source : Liste de l’Ambassade de France au Venezuela — https://ve.ambafrance.org/Avocats (à confirmer sur le site officiel pour la liste complète actualisée)
⚠ Point d’attention : Dans un contexte économique et institutionnel très dégradé, l’accès aux cabinets juridiques locaux peut être difficile et les capacités de représentation judiciaire limitées. Il est fortement recommandé de privilégier des structures disposant d’un ancrage régional et d’une expérience avérée des marchés sous sanctions. En cas de litige, envisager le recours à l’arbitrage international dès la rédaction des contrats (clause compromissoire CIRDI, CCI ou LCIA).
Sources d’information internet
Ambassade de France au Venezuela — actualités, services consulaires, conseils aux voyageurs
DG Trésor – Fiche pays Venezuela — analyses économiques, équipe du service économique
DG Trésor – Service économique régional de Bogotá — compétent pour la zone andine dont le Venezuela
CCI France Venezuela — accompagnement commercial, événements, services aux membres
CCI France International – Venezuela — fiche d’accès et services export
Business France – Venezuela — prestations export en partenariat avec la CCIAVF
Salveo International — conseil en développement international pour l’Amérique latine
Baker McKenzie Venezuela — conseil juridique et fiscal international
Clyde & Co Caracas — contentieux, maritime, énergie
Sources : Service-public.fr – Ambassade de France Venezuela (2025), DG Trésor – Équipe Venezuela (2025), DG Trésor – SER Bogotá (2025), CCI France International – Venezuela (2025), Business France Venezuela (2025), Salveo International (2025), Baker McKenzie Venezuela (2025), Clyde & Co Caracas (2025), Ambassade de France – Liste avocats Venezuela, MEAE – Fiche pays Venezuela (octobre 2025)
Logistique & Douane
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont conduit une opération militaire à Caracas ayant abouti à la capture et l’extradition du président Nicolás Maduro à New York. Dans l’immédiat, les ports vénézuéliens, l’espace aérien et les opérations maritimes ont subi des restrictions et des délais en raison de l’incertitude politique et commerciale déclenchée par cette opération. PDVSA a suspendu toutes ses opérations d’achat et de vente de produits pétroliers. Depuis lors, la situation évolue rapidement : le Trésor américain a émis une large autorisation permettant à PDVSA de vendre directement du pétrole vénézuélien à des entreprises américaines et sur les marchés mondiaux, marquant un changement majeur après des années de blocage quasi total. Le 10 février 2026, l’OFAC a publié la Licence générale 48, étendant significativement l’allègement des sanctions pour inclure les activités d’exploration, développement et production pétrolière en amont au Venezuela. Ces développements rendent le cadre réglementaire et logistique extrêmement incertain à la date de publication de cette fiche.
Indicateurs de performance logistique
B-READY (Banque mondiale) : Le rapport B-READY 2025 de la Banque mondiale évalue l’environnement des affaires dans 101 économies. Le Venezuela n’est pas couvert par ce programme, la Banque mondiale ne disposant d’aucun portefeuille actif de prêts dans le pays. Le Venezuela, classé comme pays à revenu intermédiaire supérieur jusqu’en FY21, est désormais non classifié en raison de l’indisponibilité des données. Le rapport B-READY ne couvre donc pas le Venezuela.
LPI – Indice de Performance Logistique (Banque mondiale) : Le LPI est un outil de benchmarking interactif ; l’édition 2023 permet des comparaisons entre 139 pays. Le Venezuela ne figure pas parmi les économies couvertes par l’édition 2023 du LPI. La dernière donnée disponible date de 2018 : la valeur de l’indice LPI global (de 1 = faible à 5 = élevé) pour le Venezuela s’établissait à 2,23 en 2018, un niveau particulièrement bas reflet d’une infrastructure et d’une logistique commerciale dégradées. La compétence et la qualité des services logistiques atteignaient 2,21/5, et la fiabilité des délais de livraison s’établissait à 2,58/5. Ces chiffres, antérieurs à 2024, sont les plus récents disponibles pour le Venezuela.
Index of Economic Freedom (Heritage Foundation) : Dans l’édition 2026 de l’Index of Economic Freedom, le Venezuela est classé 174e sur 176 pays, avec un score de 27,3/100 (en recul de 0,3 point par rapport à 2025). Le pays reste dans la catégorie « Réprimé » (Repressed), aux côtés de Cuba (25,2), du Soudan (32,5) et du Zimbabwe (35,2). Sévèrement entravée par l’ingérence de l’État, l’économie formelle reste stagnante tandis que l’activité informelle se développe ; les prix de presque tous les biens et services sont contrôlés et l’état de droit demeure fragile en raison de la corruption endémique.
Infrastructure de transport
Réseau routier : Le système de transport est relativement développé dans les régions du nord et du nord-ouest, densément peuplées, avec le transport routier assurant la mobilité domestique et le cabotage maritime, les voies fluviales intérieures et les pipelines prenant en charge le fret en vrac. L’infrastructure de transport fait toutefois face à une détérioration considérable : la Chambre vénézuélienne de la Construction (CVC) estime qu’au moins 10 milliards de dollars sont nécessaires pour la réhabilitation et la maintenance des routes, ponts, aéroports et ports. La crise énergétique, caractérisée par des coupures de courant fréquentes et prolongées, exerce un impact négatif supplémentaire sur les transports.
Ports maritimes : Puerto Cabello est le port le plus grand et le plus fréquenté du Venezuela, situé dans l’État de Carabobo à environ 210 km à l’ouest de Caracas ; il constitue une porte d’entrée essentielle pour les exportations pétrolières et le commerce général, stratégiquement positionné sur la mer des Caraïbes. L’automatisation y est minimale, avec un équipement de manutention des marchandises limité ; les opérations reposent largement sur des processus manuels et la productivité terminale est contrainte par une infrastructure dépassée et des pénuries d’équipements. Le port de La Guaira constitue le deuxième port en importance au Venezuela après Puerto Cabello ; il est le débouché naturel de la capitale Caracas. À la suite des événements de janvier 2026, les ports nationaux ont été reclassés au niveau de sécurité ISPS 1 ; les navires non sanctionnés sont autorisés à entrer et à partir, mais restent soumis à des contrôles documentaires en haute mer, et l’autorité maritime vénézuélienne peine à délivrer les autorisations d’appareillage dans les délais normaux.
Transport aérien : L’aéroport international Maiquetía – Simón Bolívar (IATA : CCS, situé à Maiquetía, État de La Guaira, à 21 km de Caracas) constitue la principale porte d’entrée aérienne du pays. Après plusieurs années d’isolement et une fermeture de l’espace aérien début janvier 2026, au moins six compagnies aériennes internationales ont repris leurs vols en mars 2026, dont Avianca, LATAM Airlines, Turkish Airlines, Air Europa et GOL. En 2026, trois semaines après l’éviction du président Maduro, le président américain Donald Trump a ordonné à la présidente par intérim Delcy Rodríguez de rouvrir l’espace aérien vénézuélien après un hiatus de sept ans, et des vols réguliers vers Miami devraient être opérés par American Airlines. Pour la première fois depuis une quinzaine d’années, il existe une anticipation positive envers le marché aéronautique vénézuélien, même si la reprise prendra du temps pour surmonter les obstacles structurels, notamment la pénurie de main-d’œuvre et les risques de sécurité, et l’aéroport accuse plusieurs années de retard par rapport aux aéroports voisins comme la Colombie.
Chaîne logistique et commerce extérieur
Le Venezuela constitue un cas d’étude sur la façon dont les chaînes d’approvisionnement sont étroitement liées à la gouvernance, aux infrastructures et à la fiabilité institutionnelle : les flux physiques dépendent du bon fonctionnement des systèmes juridiques, financiers et opérationnels ; lorsque ces systèmes se dégradent, la reprise devient un défi de coordination plutôt que de capacité. La production et les exportations existantes se sont adaptées aux sanctions récentes, s’appuyant sur un réseau de partenaires chinois, iraniens et russes pour les diluants et la logistique d’exportation.
Du côté des sanctions américaines, le cadre évolue rapidement depuis début 2026. L’ensemble des sanctions sur le Venezuela demeurent en vigueur, y compris celles prohibant les transactions avec le gouvernement vénézuélien, PDVSA, Minerven et le secteur pétrolier et gazier. Cependant, la Licence générale 46A, publiée le 10 février 2026, autorise les « entités américaines établies » (constituées en droit américain avant le 29 janvier 2025) à s’engager dans une large gamme d’activités autrement prohibées impliquant du pétrole d’origine vénézuélienne. Les secteurs non pétroliers, tels que les infrastructures énergétiques, restent soumis à des restrictions et à des exigences de licences spécifiques.
Points de vigilance
Instabilité institutionnelle post-capture de Maduro : La présidente par intérim Delcy Rodríguez a publiquement invité le gouvernement américain à collaborer sur un agenda commun incluant le développement économique et des relations bilatérales respectueuses, signalant un tournant diplomatique pendant la période de transition. Toutefois, l’enthousiasme initial autour des opportunités liées à l’arrestation de Maduro est tempéré par la réalité que des restrictions commerciales significatives, ainsi que des défis juridiques, sécuritaires et logistiques, demeurent et compliquent le développement des affaires.
Infrastructure portuaire défaillante : La fiabilité des exportations vénézuéliennes dépend de la capacité des ports, des calendriers d’expédition, du stockage, de l’intégrité des pipelines et de l’application des contrats — autant de fondamentaux qui nécessitent une reconstruction.
Risque de corruption élevé : Le Venezuela continue d’être classé à haut risque en matière de corruption et de corruption ; les entreprises américaines et étrangères opérant dans le pays ou envisageant de s’y implanter doivent aborder les relations avec des tiers avec prudence et une diligence raisonnable renforcée.
Réforme de la loi sur les hydrocarbures : Le 29 janvier 2026, l’Assemblée nationale vénézuélienne a approuvé des réformes profondes de la loi sur les hydrocarbures, visant à inverser des décennies de nationalisation et à encourager l’investissement privé et étranger, avec des taxes réduites et une plus grande autonomie pour les producteurs privés.
Connectivité aérienne en reconstruction : En novembre 2025, le Venezuela avait retiré les permis d’exploitation à six compagnies aériennes (Iberia, TAP, Avianca, LATAM Colombia, Turkish Airlines et GOL) après qu’elles eurent suspendu leurs routes suite à un avertissement américain sur les risques dans l’espace aérien vénézuélien. La reprise progressive des liaisons depuis mars 2026 reste fragile.
Sources : Banque mondiale, B-READY 2025 (2026), Banque mondiale, LPI 2023 (2023), IndexMundi – LPI Venezuela (2018), Heritage Foundation, Index of Economic Freedom 2026 (2026), Safety4Sea – Venezuela ports & logistics update (janvier 2026), Logistics Viewpoints – Venezuela after Maduro (janvier 2026), Morgan Lewis – Venezuela Sanctions after Maduro’s removal (janvier 2026), Winston & Strawn – New sanctions relief Venezuela (février 2026), Wiley Law – US-Venezuela trade sanctions (février 2026), Sparx Logistics – Multimodal transport Venezuela (2024), UNIS – Puerto Cabello port (2025), Francia.org.ve – Aéroport Maiquetía (avril 2026), Congressional Research Service – Venezuela U.S. Sanctions Policy (janvier 2026)
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