Après la Bretagne en septembre, le tour de France des trophées de l’international remis par le Moci, en partenariat avec la CFE, BNP Paribas et Bpifrance, faisait escale le 6 octobre au Palais de la Bourse, à Marseille, à l’occasion des Rencontres de la Team France Export. Coorganisé avec CCI International PACA, avec le soutien de la TFE régionale, TotalEnergies et LCL, cet événement met à l’honneur les exportateurs locaux. Dans chaque catégorie (ETI, innovation, PME, start-up), les finalistes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dûment sélectionnés par un jury d’experts du commerce international, ont eu deux minutes pour « pitcher » leur entreprise et sa dimension internationale. Le public a ensuite voté pour les départager.
Et les gagnants sont…
COUP DE COEUR : Los Pistoleros (Le Cannet, Alpes-Maritimes)

Hors des catégories habituelles, le jury se réserve le droit de décerner un prix coup de cœur à une entreprise peut-être encore un peu jeune à l’international mais prometteuse. C’est le cas des glaces artisanales de Los Pistoleros. Depuis 2015, cette entreprise du Cannet fabrique des glaces sur bâtonnet inspirées des paletas d’Amérique latine : des sorbets riches en fruits ou des crèmes glacées gourmandes.
L’international, « un important levier de développement » selon son gérant Michaël Bensaid, représente déjà 7,5 % du chiffre d’affaires. L’entreprise a récemment ouvert les marchés suédois, italien, espagnol et tchèque. Elle compte également sur la fin de la guerre au Moyen-Orient pour aborder Dubaï.
ETI : Pellenc ST (Pertuis, Vaucluse)

Installée à Pertuis, Pellenc conçoit et produit pour les opérateurs et les collectivités des machines et équipements destinés aux centres de recyclage (emballages, déchets industriels…). Pour trier ces matériaux, des technologies comme la spectroscopie infra rouge, les rayons X et l’IA sont mises en œuvre. « L’innovation, c’est la clef, estime Laetitia Paveau, directrice marketing. La moitié de nos effectifs travaille à la R&D. »
Cette ETI de 350 personnes a installé en 20 ans quelque 8 000 machines à l’international, qui représente 60 % de son chiffre d’affaires. Elle rayonne sur trois continents grâce à ses filiales aux Etats-Unis, au Japon et en Australie, toutes trois dotées d’un centre de test dédié. Et elle ne compte pas s’arrêter là : l’Angleterre et l’Inde devraient bientôt accueillir des filiales de Pellenc.
Autres finalistes :
Argenville
Haladjian
INNOVATION : Optimum Tracker (Meyreuil, Bouches-du-Rhône)

Créée en 2009 par des jumeaux diplômés des Arts et Métiers, cette PME de Meyreuil conçoit et fabrique des trackers solaires : des dispositifs motorisés qui orientent les panneaux solaires. Elle se lance à l’international en 2016 avec un premier projet de 30 MW au Sénégal. Deux ans plus tard, elle lance en France le premier projet agrivoltaïque dynamique au monde et multiplie les incursions sur les marchés étrangers. En Bulgarie, elle livre en 2021 son premier méga projet, en l’occurrence la plus grande centrale solaire d’Europe.
Forte de ces succès, elle prend pied sur le marché américain trois ans plus tard et lève 10 millions d’euros pour accélérer sa croissance. Les dirigeants souhaitent y ouvrir une filiale en 2027. Aujourd’hui, Optimum Tracker exploite plus de 1,6 GW sur 85 projets dans 17 pays, dont 77 MW en agrivoltaïsme, un sujet cher aux dirigeants, fils d’agriculteurs. « Nous réalisons aujourd’hui 85 % de notre chiffre d’affaires à l’export, se félicite son CEO, Madyan De Welle. Nous sommes très internationalisés, mais je suis très fier que notre usine de boîtiers électroniques se trouve en France. »
Autres finalistes :
Be Energy
IVM Technologies
PME : Onis (Lambesc, Bouches-du-Rhône)

Cette PME de 45 personnes fondée en 1979 s’est spécialisée dans la conception et la fabrication d’obturateurs assurant une isolation positive et une étanchéité absolue entre les parties amont et aval d’une conduite industrielle. Ces équipements mécaniques de sécurité sont produits sur mesure en Provence. Avec 10 000 obturateurs déployés dans le monde, Onis est leader de son secteur, aux côtés de deux concurrents étrangers.
Implantée aux Etats-Unis, en Chine, en Malaisie, en Allemagne et en Espagne, elle réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires à l’export et a récemment accéléré son déploiement à l’international grâce à l’ouverture du marché japonais en 2025, à l’affectation d’un VIE au Canada et l’ouverture d’une filiale de distribution au Brésil cette année. « Notre méthode, c’est d’ouvrir un pays et de déposer un brevet tous les ans » , confie Charly Ribeiro, responsable commercial de la PME.
Autres finalistes :
Directo Production
Simpliciti
STARTUP : Tafalgie Therapeutics (Marseille, Bouches-du-Rhône)

Fruit de 15 années de recherche fondamentale, Tafalgie développe des solutions thérapeutiques alternatives aux opioïdes pour traiter les douleurs aiguës et chroniques, sans risque d’overdose ou de dépendance. Le projet de cette startup, spin off du CNRS, a requis la construction d’un réseau international pour accompagner son développement scientifique et industriel, notamment en Allemagne, en Italie et en Espagne.
Mais c’est bien au-delà des frontières du Vieux continent, en Australie, où elle mène déjà des essais cliniques, que Tafalgie souhaite ouvrir sa première filiale à l’étranger. Les États-Unis, frappés de plein fouet par la crise des opioïdes, sont également dans le viseur des dirigeants. Sur le marché de la gestion de la douleur, estimé à 100 milliards de dollars à l’horizon 2030, la solution de Tafalgie constitue un argument de poids alors que la concurrence internationale est vive.
Autres finalistes :
Miratlas
C-Inertia
Sophie Creusillet
