Après la région Auvergne-Rhône-Alpes en juin, la Normandie en juillet, le tour de France des trophées du Moci 2026 a fait étape en Bretagne le 9 septembre, précisément au palais des congrès Grand large de Saint-Malo, à l’occasion de la septième édition du Forum économique breton (FEB), dont notre media est partenaire.
ETI, Innovation, PME, Startup : dans une salle du palais des congrès malouin bouillonnant de monde, cinq pépites bretonnes de l’international ont été distinguées dans chacune de ces catégories et pour un prix spécial du jury, à l’issue d’une intense séance de « pitch » animée par Emmanuel Saint-Martin, président du Moci, et d’un vote en direct du public et du jury.
L’événement, dont c’était la deuxième édition en Bretagne cette année, était organisé par Le Moci en partenariat avec Bretagne commerce international (BCI), Bpifrance, BNP Paribas, LCL et la Caisse des Français de l’étranger (CFE). Douze entreprises finalistes présélectionnées par un jury composé de professionnels de l’international issus de ces organismes étaient en lice. Leurs dirigeant(e)s ont eu 2 minutes, pas une seconde de plus, pour convaincre l’assistance avant que le vote en direct du public et du jury ne les départage. À la clef : la participation à la deuxième grande finale nationale des trophées export du Moci, le 3 février 2027 à Paris.
Et les gagnants sont…
PRIX SPÉCIAL DU JURY : Silvadec (Arzal, Morbihan)

Fondée en 2001 à Arzal (Morbihan) par Bénédicte Jézéquel et Philippe Crez, cette PME de 140 salariés pour 35 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 35 % à l’export, est une pionnière du bois composite en Europe, introduit grâce à l’acquisition d’une licence pour un brevet américain. « Le bois composite était totalement inexistant en Europe », raconte sa dirigeante. Mais assurément l’entreprise « a répondu à des attentes fortes sur le plan technique », en Europe et hors Europe.
Terrasses, clôtures et bardages, sa gamme s’est étoffée en 25 ans, avec une stratégie de développement qui mise sur l’innovation, la maîtrise industrielle et une forte ambition environnementale marquée notamment par un engagement constant en matière d’économie circulaire et de recyclage. Son ambition européenne s’est traduite, en 2017, par la création d’une filiale en Allemagne, plus précisément à Schierling, en Bavière. Celle-ci est devenue un véritable relais industriel et commercial pour les marchés du centre de l’Europe. Silvadec dispose également aujourd’hui d’un solide réseau de distribution en Europe.
ETI : Piriou (Concarneau, Finistère)

Le chantier de Concarneau, d’origine familial et soixantenaire, aurait pu disparaître à l’époque de la grande crise de la pêche, aime à raconter Alain Le Berre, son directeur général Finance. Sauf qu’il a su se diversifier sur de nouveaux marchés comme les navires destinés à l’action de l’État en mer (60 % de son activité aujourd’hui) ou les navires civils pour les besoins spéciaux (offshore, océanographie…). Une diversification qui est allée de pair avec l’internationalisation, marquée par la création de chantiers de construction au Vietnam et en Roumanie, et d’un chantier de réparation au Nigeria pour rester compétitif face à une concurrence internationale devenue féroce. « Nous allons livrer deux patrouilleurs de 60 mètres à la Marine du Monténégro en 2027 » souligne non sans fierté le dirigeant.
Aujourd’hui piloté par son management, en forte croissance, le groupe Piriou, qui s’est allié à Naval Group en 2013 pour entrer sur le marché de la défense, réalise près de 60 % de son chiffre d’affaires (361 millions d’euros en 2025) à l’export. En 2025, sur 1463 personnes, plus de la moitié était localisée dans son fief finistérien, où sont concentrés les chantiers historiques, la R&D, l’ingénierie, et les fonctions support…
Autres finalistes :
Ekinops (Logiciels et équipements de télécommunications et de cybersécurité)
MG2MIX (nutrition animale)
INNOVATION : RTsys Group (Lanester, Morbihan)

Rtsys est une véritable pépite dans le domaine de l‘innovation marine, réunissant des compétences uniques dans des domaines clefs tels que l’acoustique sous-marine, la robotique autonome, et l’électromagnétisme marin. Elle conçoit et fabrique ses propres outils, développe une activité d’intégrateur d’équipements, et déploie des services de collecte et d’analyse de données. Ses clients ? Les industriels de l’éolien offshore et des câbles sous-marins télécom, les instituts et laboratoires de recherche scientifiques, et les forces armées, en particulier les marines. « Nos solutions servent à savoir ce qu’il se passe sous la mer » résume son P-dg, François-Xavier Cointet, qui insiste aussi sur la capacité de l’entreprise à faire du sur-mesure pour ses clients. Y compris, par exemple, de détecter et surveiller les activités de drones sous-marins, domaine ultra-sensible par les temps qui courent…
Reprise par ses cadres en 2021, l’entreprise est en forte croissance depuis (+ 20 % en cinq ans) et son terrain de jeu est devenu résolument international : la moitié de son chiffre d’affaires (de l’ordre de 25 millions d’euros) est réalisé à l’export, avec comme principaux marchés l’Europe et l’Asie. Elle vient d’inaugurer un nouveau site de production à Lorient avec l’ambition de doubler de taille d’ici 2030. « Nous sommes fiers, avec toutes les équipes, de ce rayonnement international » se félicite son P-dg.
Autres finalistes :
Oxxius (technologies laser pour la photonique)
STI Biotechnologie (lactoferments au service de l’agriculture)
PME : Eco-Compteur (Lannion, Côtes-d’Armor)

Mesurer et analyser les flux d’usagers sur une voie, un pont, une piste cyclable, un parc ? C’est le job d’Eco-Compteur, dont les appareils, de plus en plus sophistiqués au fil de ses 25 ans d’existence, savent compter piétons, coureurs, cyclistes, véhicules… De Perros Guirec à New-York, « les villes ont besoin de compter pour gérer leurs politique d’aménagement, et nous, nous savons compter » résume Charlotte Darre, directrice du Marketing et de la communication d’Eco-Compteur. Et son terrain de jeu est résolument international.
La PME emploie 158 salariés, dont les trois quarts en France, et réalise 75 % de son chiffre d’affaires (17,6 millions d’euros en 2025) à l’export. « Nous avons 30 000 compteurs installés dans 60 pays » souligne Franck Hogie, directeur administratif et financier de la PME. Celle-ci s’appuie sur un réseau international de 7 filiales (Allemagne, Pologne, Royaume-Uni, Canada, Etats-Unis, Australie, Hong Kong), au plus près des clients. Il faut dire que depuis le premier prototype de compteur, mis au point au début des années 90, l’entreprise à intégré beaucoup de technologies. Le dernier né de ses produits, qui intègre de l’intelligence artificielle, vient d’être installé sur le pont de Brooklyn, à New York..
Autres finalistes :
Empreinte (Textile-habillement, sous-vêtements et maillots de bain féminins)
Guy Cotten (Textile-habillement, vêtements EPI et anti-pluie professionnels et grand public)
STARTUP : Kwan-Tek (Ploemeur, Morbihan)

« Apporter la mesure quantique à l’industrie » : c’est ainsi que Remi Geiger, fondateur et dirigeant de Kwan-Tek, résume la vocation de cette startup créée en 2023 à Lorient pour développer des systèmes de mesure magnétique de très haute précision fondés sur des capteurs quantiques à base de diamant. Avec des applications concrètes qui intéressent de nombreux secteurs de l’industrie civile et militaire : contrôle non destructif (CND) de pièces métalliques critiques, magnétomètres quantiques pour la navigation résiliente et la détection en environnements contraints, plateformes pédagogiques et d’instrumentation pour l’enseignement et la recherche …
Trois ans après sa création, la jeune pousse, lauréate de France 2030, est déjà très internationale et a donné un coup d’accélérateur à la commercialisation de ces solutions. Elles commencent à cartonner dans le monde pour le CND et l’enseignement (25 universités équipées de sa plateforme Kwanteach). Kwan-Tek s’appuie sur une présence commerciale dans 14 pays sur quatre continents et son portefeuille comprend déjà une trentaine de clients à l’échelle mondiale. Son ambition ? « Devenir la référence mondiale de la mesure de précision industrielle » s’enthousiasme son dirigeant. En 2025, avec un effectif de 25 personnes, elle a réalisé 1,2 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 42 % à l’export. Et c’est juste le début de l’aventure…
Autres finalistes :
Lizia (Hardware Made In France Low tech)
Windcoop (Compagnie de transport maritime bas carbone)
Christine Gilguy
