Stéphane Lelux est P-dg de la société de conseil Tactis et également président de la commission internationale du Conseil stratégique de la filière (CSF) Infrastructures numériques. A ce titre, il est pleinement investi dans les réflexions stratégiques sur l’internationalisation de cette filière et de ses acteurs au moment où la compétition internationale bat son plein et où s’affrontent les géants du numériques américains et chinois. L’heure est donc à l’action collective. Croisé lors de l’Université d’été de l’internationalisation des entreprises (UEIE), où il intervenait dans une table ronde consacrée aux stratégies de filières, il s’en explique dans cet entretien au Moci enregistré le le 3 juillet en marge de l’événement.
Nous proposons ci-après une transcription des premières minutes de cet entretien suivi du lien vers la vidéo complète.
Le Moci. La structuration de la filière française des infrastructures numériques est récente, quelques années seulement. Pourquoi cette démarche, notamment à l’international ?

Stéphane Lelux. Tout d’abord, nous étions historiquement des entreprises qui chacune portait individuellement ses ambitions, avec des grands groupes, industriels ou opérateurs, comme Orange. Mais la filière s’est mobilisée pour pouvoir rassembler aussi des PME, des ETI, des petites entreprises autour de ces grands groupes qui eux, bien sûr, n’ont pas besoin d’accompagnement.
Car la difficulté pour nos entreprises, c’est d’assembler et de combiner toute la chaîne de valeur des petites entreprises et le faire en groupe. Et ça, c’est la vocation première de cette filière. C’est de sortir des équipementiers un peu dispersés dans leurs coins et de les rassembler pour avoir des offres un peu plus globales. C’est d’aller de l’ingénierie, de la conception du projet, l’émergence du projet, jusqu’à sa réalisation, sa mise en œuvre, son financement, d’aller chercher des financeurs et puis en aval d’assurer la qualité de ce qui est délivré et son exploitation.
En fait, la force de notre filière par rapport à nos compétiteurs nord-américains ou asiatiques, c’est d’avoir cette chaîne de valeur complète. Et le fait d’y aller en groupe la met beaucoup plus en évidence que séparément. Et c’est notamment vrai surtout à l’international où les clients étrangers, la cuisine locale, ce n’est pas trop leur affaire.
Le Moci. Eux, ce qu’ils veulent, c’est une solution à leurs problèmes, c’est ça ?
Stéphane Lelux. Exactement. Nous, nous sommes là pour amener des solutions clés en main avec des financements qui sont de plus en plus le nerf de la guerre. Nous sommes d’ailleurs souvent qualifiés d’avoir la meilleure solution, mais avec un défaut, nous n’avons même pas le financement. Cette combinaison chaîne de valeur et financement devient de plus en plus la clé du succès.
Une troisième composante devient de plus en plus sensible, parce que ça renvoie à la souveraineté, c’est le fait de développer localement des compétences. Notre filière travaille aussi à la montée en compétences des ressources locales et des écosystèmes dans les pays émergents.
