Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères et européennes, Jean-Yves le Drian, se rendra au Mexique les 20 et 21 décembre prochains. Cette visite devrait renforcer une relation bilatérale solide alors que les entreprises françaises multiplient les contrats et les projets d’investissements dans ce pays lié par le T-MEC (Treaty between Mexico, the United States and Canada), l’accord de libre échange rénové avec les États-Unis et le Canada T-MEC.
Le ministre, qui s’est particulièrement investi ces dernières années dans cette relation bilatérale, devrait rencontrer son homologue mexicain, Marcelo Ebrard, la ministre de l’Économie, Tatiana Clouthier et le président de la République, Andres Manuel Lopez Obrador. Le 21, il se rendra à Monterrey, capitale de l’État de Nuevo Leon, situé au nord-est du Mexique, où sont installés les sièges des grands groupes privés mexicains (Cemex, Vitro, etc.), dont il devrait rencontrer les dirigeants lors d’un déjeuner.
Le Nuevo Leon est un État en pleine expansion et la première destination pour les investissements directs étrangers. Alors que les concurrents de la France (Allemagne, Espagne, etc.) y sont très actifs, la France vient d’y ouvrir un consulat général en octobre 2021.
Contrat géant pour Alstom
Cette visite intervient dans un contexte porteur pour les entreprises françaises en dépit de la crise sanitaire.
En mai dernier, un consortium intégré principalement par Alstom et Bombardier a obtenu le contrat de fourniture du matériel roulant (42 trains X’trapolis) et de la signalisation du Tren Maya, un projet de mobilité de grande ampleur dans le sud-est du pays. La valeur globale du contrat est de 1,3 milliard d’euros (Md EUR), dont près de 1 Md EUR pour Alsom-Bombardier.
Le groupe Saint-Gobain, fortement implanté au Mexique (11 sites industriels, dont celui de Saltillo, qui fournit des parebrises pour les Tesla fabriquées aux États-Unis), poursuit sa dynamique de développement avec l’annonce, en octobre dernier, du rachat du groupe mexicain Impact, spécialisé dans la fabrication de produits chimiques pour l’industrie de la construction. En novembre, Air Liquide a inauguré une usine de fabrication d’hélium, située à Apodaca, dans l’ État de Nuevo Leon.
En novembre, le Centre de l’Innovation, de l’entrepreneuriat et des affaires (CIEN) de l’ État de Puebla, a été inauguré officiellement à Cholula. Basé sur la plateforme technologique 3DXperience de Dassault Systèmes, ce centre est destiné à favoriser la montée en gamme des PME de la Supply Chain de l’automobile et la formation de talents. Ce centre fait partie d’un programme de six centres du même ordre, fruit d’un partenariat entre plusieurs acteurs mexicains et l’Alliance Industrie du Futur (AIF).
Relocaliser depuis…la Chine
Mais le Mexique intéresse désormais les entreprises françaises pour un autre motif : les possibilités de relocalisation en profitant des avantages offerts par le « T-MEC », le traité commercial Canada-États-Unis-Mexique qui a pris le relais de l’Alena et qui inclut des exigences accrues de contenu local au niveau nord-américain.
Plusieurs entreprises françaises installées en Chine étudient actuellement la possibilité de relocaliser leurs activités, totalement ou partiellement, au Mexique pour approvisionner les États-Unis, en plus du marché local.
Les entreprises françaises concernées travaillent essentiellement dans les technologies de l’information et de la communication ainsi que les biens de consommation courants. « Le succès de la relocalisation repose sur l’identification de partenaires mexicains. La principale difficulté réside dans le nombre relativement faible des ETI et la prédominance des PME dans le tissu productif, ce qui peut obliger les entreprises françaises à travailler avec plusieurs partenaires locaux » estime pour sa part un expert français basé à Mexico.
Daniel Solano