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© M.Smeljov-Adobe stock

Monde : Coface prévoit une explosion du risque politique et social

6 octobre 2020


Entre une timide reprise, mécanique après le marasme du premier semestre lié aux mesures de restrictions prises face à la pandémie de Codid-19 et une vague de défaillances d’entreprises, qui arrive lentement mais sûrement dans la plupart des pays, le monde des affaires est dans l’expectative. Selon le baromètre de Coface pour le troisième trimestre, publié le 1er octobre, ce temps incertain est aussi celui de la montée en puissance du risque politique et social qui pourrait saper durablement l’économie de certains pays.

Une hausse de 32 % des défaillances

Un chiffre qui fait froid dans le dos : + 32 %. Telle est la prévision de l'augmentation du nombre d'entreprises dans le monde appelées à se déclarer en cessation de paiement entre 2019-20 et 2021.

Dans le détail c’est Hong Kong qui devrait être le plus impacté avec une hausse de + 78 % des défaillances, suivi de l’Australie (+ 50 %), de la Turquie (+ 48 %), de la Pologne (+ 44 %), des Etats-Unis (+ 44 %), du Portugal (+ 39 %), du Brésil (+ 35 %) et du Royaume-Uni (+ 33 %).

A l’autre bout du spectre, les pays dont les entreprises seront les moins touchées sont : Taïwan (+ 1 %), l’Afrique du Sud (+ 2 %), le Canada (+ 5 %), la Corée du Sud (+ 9 %), le Danemark (+ 11 %), l’Allemagne (+ 11 %), l’Espagne (+ 16 %) et la France (+ 16 %). Globalement, l’Europe devrait tirer son épingle du jeu avec « seulement » + 22 % de défaillances, contre 29 % dans la région Asie-Pacifique et 41 % en Amérique du Nord.

Disparités des perspectives selon les zones 

Coface anticipe par ailleurs une contraction de - 13 % du commerce international cette année (avant une hausse de + 3,5 % l’an prochain) et un rebond de + 4,4 % du PIB mondial en 2021, après une chute de - 4,8 % en 2020.

Des chiffres proches de ceux annoncés quelques jours auparavant par Euler Hermes, autre spécialiste de l’assurance-crédit : un PIB 2020 en recul de - 4,7 % et des échanges internationaux en baisse, également de - 13 %.

Ces statistiques n’incluent cependant pas l’éventualité d’un reconfinement strict et généralisé, qui viendrait encore assombrir ces prévisions. Ajoutons à cette incertitude, de grandes disparités, région par région, et à l'intérieur même de certaines d'entre-elles.

Ainsi, parmi les économies affichant les meilleures perspectives de hausse de leur PIB à l’horizon 2021 (par rapport à 2019) figurent essentiellement des pays asiatiques (Chine, Vietnam, Bangladesh) et africains (Mali, Liberia, Malawi, Burkina Faso).

A l’inverse, les pays enregistrant les plus grosses baisses de leur PIB seront essentiellement latino-américains (Equateur, Nicaragua, Venezuela, Mexique, Belize), mais on y retrouve aussi quelques pays africains (Namibie, Ethiopie...).

Difficile d'y voir clair tant la situation est disparate, d'autant plus que son évolution dépendra de l’évolution de l’épidémie de Covid-19 et de sa gestion par chaque gouvernement.

Une crise qui nourrit dangereusement le mécontentement social

Pour Julien Marcilly, chef économiste de Coface, une chose est sûre : « Comme le gâteau sera plus petit, il faudra s’attendre à des conflits de répartition ».

Le risque de tension est particulièrement fort dans certains pays en développement où les ressources mobilisées pour lutter contre le coronavirus amenuisent les réserves des banques centrales et réduisent considérablement d’autres budgets. Des pays dans lesquels le Covid-19 peut aussi constituer une bonne excuse pour retarder des élections ou cadrer une opposition un peu trop remuante, par exemple.

Autant de frustrations pour des populations dont la pauvreté est en train de s’aggraver. Les estimations de la Banque mondiale prévoient en effet qu’entre 40 et 60 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté à travers le monde, dont 27 millions en Afrique subsaharienne.

Mais les pays développés ne sont pas à l’abri d’une bouffée de mécontentement social : « Lorsque des frustrations existent, que les populations disposent d’instruments pour les exprimer, comme Internet par exemple, le risque social est élevé », souligne Julien Marcilly.

Ce risque inclut forcément la perception par les populations de la gestion de la crise par leurs dirigeants« Beaucoup de pays d’Amérique latine très exposés au risque sanitaire ont un risque politique élevé en raison du fort mécontentement de leurs populations quant à la gestion de la crise par leurs gouvernements respectifs, précise l’économiste. A l’inverse, ce risque est moins prégnant en Arabie saoudite par exemple car le mécontentement y est moindre. »

Alors qu’on assiste à une diminution du risque "externe" lié aux conflits armés, en raison d’une baisse du nombre de ces crises au niveau mondial, le risque de fragilité politique et social est en train de prendre une ampleur jamais vue auparavant en particulier en Espagne, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France, pour les pays développés, ainsi qu’en Iran, en Turquie, en Amérique latine (Brésil, Mexique, Pérou et Colombie) ainsi qu’en Afrique du Sud pour les pays en voie de développement.

Sophie Creusillet

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