Économie
Dernière mise à jour : avril 2026
Informations pays
Population : 10,9 millions d’habitants (estimation 2026, Nations Unies)
Capitale : La Havane
Devise : Peso cubain (CUP). En 2021, le gouvernement cubain a mis fin à la dualité monétaire en éliminant le peso convertible (CUC) ; le peso cubain est désormais la seule devise officielle. Le pays pratique néanmoins trois taux de change : un taux officiel de 24 CUP pour 1 USD pour les transactions publiques et budgétaires, un taux de 120 CUP pour la population et les touristes, et un taux de marché parallèle qui atteignait 387 CUP pour 1 USD fin juillet 2025.
Taux de croissance du PIB réel : 2024 : −1,1 % (chiffre officiel, ministre de l’Économie, juillet 2025) ; 2023 : −1,9 % ; prévision 2025 : +0,9 % selon EIU, contre −3,5 % selon Fitch ; prévision officielle 2026 : +1 % (plan économique du gouvernement, décembre 2025), jugée très optimiste par les économistes indépendants
Inflation (IPC officiel) : 2024 : 25 % en glissement annuel (officiel), légèrement en baisse par rapport aux 31 % de 2023. L’inflation réelle en 2025 serait d’environ 70 % selon l’économiste cubain Pavel Vidal, contre 14 % annoncé officiellement.
Solde budgétaire (% du PIB) : déficit structurel estimé à −12,3 % du PIB en 2024 selon EIU
Dette publique (% du PIB) : estimée à 108,8 % du PIB en 2024 (EIU). Le pays présente un très faible niveau de tolérance à la dette et le risque de liquidité est matérialisé.
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat : N.D. (données non publiées par les autorités cubaines ; Cuba n’est pas suivi par le FMI)
Conjoncture
⚠ Point d’attention : Depuis janvier 2026, les États-Unis ont instauré un blocus énergétique assorti de droits de douane visant tout pays fournissant du pétrole à Cuba. Suite à l’opération militaire américaine au Venezuela en janvier 2026 ayant conduit au renversement de Nicolás Maduro, Cuba a perdu son principal fournisseur de pétrole. Le 16 mars 2026, une panne électrique généralisée a plongé l’ensemble de l’île dans le noir. Le ministère de l’Énergie a signalé une « déconnexion totale » du système électrique. Les autorités américaines ont indiqué que l’objectif final de ces mesures est d’obtenir une libéralisation politique et économique à Cuba, incluant potentiellement le départ du président Miguel Díaz-Canel.
Une économie en récession pour la troisième année consécutive
L’économie cubaine s’est contractée de 1,1 % en 2024, selon les chiffres officiels annoncés par le ministre de l’Économie en juillet 2025. Les autorités avaient anticipé cette baisse du PIB en raison de faibles niveaux de production, d’événements climatiques et de pannes électriques généralisées : le 18 octobre, les habitants s’étaient retrouvés sans courant pendant au moins quatre jours, et l’ouragan Oscar avait frappé l’est de l’île, faisant huit morts. En 2023, l’économie cubaine s’était déjà repliée de 1,9 %.
Après deux années consécutives de contraction, l’économie cubaine peine à sortir de l’ornière en 2025, l’activité restant freinée par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels : performances touristiques décevantes, crise énergétique, durcissement des sanctions américaines et instabilité monétaire. Au premier semestre 2025, la tendance à la contraction s’est maintenue, manquant l’objectif de croissance officiel de 2 %.
La crise énergétique, facteur aggravant majeur
Cuba dépend à 83 % du pétrole pour sa production d’électricité. Depuis janvier 2026, l’administration Trump a sévèrement limité les livraisons de pétrole à Cuba, provoquant des pénuries de carburant, de fortes hausses de prix et de prolongées coupures de courant — le pays ayant déjà subi trois pannes généralisées en mars 2026. Le Mexique, fournisseur de substitution au Venezuela, a suspendu ses livraisons après les menaces de droits de douane américains. Deux pétroliers russes transportant du brut ont pris la route vers l’île après que la Russie a déclaré son soutien.
Tourisme et commerce extérieur en repli
Cuba a accueilli 2,2 millions de touristes étrangers en 2024 (−9,6 % sur un an), soit le pire chiffre depuis 17 ans (hors années Covid). Le premier trimestre 2025 confirme qu’une reprise du secteur ne semble pas envisageable à court terme avec une chute de près du tiers des visiteurs. La réimposition du ban touristique américain en juin 2025 a assombri les perspectives pour 2026.
En 2023, le commerce extérieur de Cuba a enregistré une baisse de 12 % par rapport à 2022, atteignant 10,6 Mds USD, avec une baisse combinée des exportations (1,6 Md USD, −27 %) et des importations (9 Mds USD, −9 %). En 2024, les échanges commerciaux entre la France et Cuba se sont élevés à 37,9 M EUR, enregistrant une chute de plus de 60 % par rapport à 2023.
L’accès du pays aux devises étrangères est aujourd’hui limité, entraînant une réduction des capacités budgétaires de l’État et une pénurie des produits alimentaires et de consommation courante, principalement importés (70 % des produits consommés).
Réformes structurelles insuffisantes face à l’ampleur de la crise
Le secteur privé à Cuba a connu un développement accru avec l’adoption, en août 2021, du statut des MYPIMES (TPE/PME). Ce secteur représente désormais environ 15 % du PIB et 31,2 % de la population active. Les acteurs privés auraient réalisé 3,2 % des exportations totales et 23 % des importations en 2024 ; leur contribution fiscale s’est élevée à 23 % des recettes publiques.
Le pays pratique trois taux de change, dont un taux parallèle atteignant 387 CUP pour 1 USD fin juillet 2025. Les autorités ont annoncé en décembre 2024, sans date précisée, leur intention d’introduire un régime de change flottant pour le taux intermédiaire, mais la mise en œuvre reste incertaine en raison de la dépréciation du taux parallèle.
En mai 2025, Cuba a conclu un partenariat avec la Russie pour construire un parc industriel dans la zone franche de Mariel, représentant un investissement de 1 milliard USD d’ici 2030. Le rapprochement avec la Chine s’accélère également, symbolisé par une exemption de visa pour les touristes chinois et la signature de quinze accords dans le secteur de la biotechnologie en avril 2025.
Points de vigilance
L’État cubain présente des arriérés de paiement conséquents envers ses créanciers officiels, ses créanciers privés et ses fournisseurs domestiques.
La consommation privée est affaiblie par une inflation élevée, alimentée par la dépréciation du taux de change informel, les pénuries et la réduction progressive des biens de première nécessité subventionnés.
La marge de manœuvre du gouvernement reste limitée en raison de la réticence des investisseurs étrangers, liée à la réactivation du titre III de la loi Helms-Burton et à l’inscription de Cuba sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme.
Les secteurs clés pour la reprise — tourisme, système électrique et production alimentaire — ne montrent pas de signes de relance. Les économistes indépendants estiment qu’il est très probable que l’économie se contracte à nouveau en 2026.
La crise d’approvisionnement en pétrole de 2026 constitue un risque systémique immédiat sur l’ensemble de l’activité économique, des paiements et de la capacité d’importation de l’île.
Sources : DG Trésor – Indicateurs et conjoncture Cuba (2025), DG Trésor – Commerce extérieur Cuba (2025), DG Trésor – Relations bilatérales France-Cuba (2025), AFD MacroDev n°65 – Cuba (juin 2025), Coface – Fiche risque pays Cuba (2025-2026), Euronews – Cuba, panne électrique et pression Trump (mars 2026), Council on Foreign Relations – Maximum Pressure sur Cuba (2026), Columbia University – Cuba, dix ans de détérioration macroéconomique (2025), StatisticsTimes – Population Cuba 2026
Commerce extérieur
Dernière mise à jour : avril 2026
Population (millions, 2025) : 10,94 millions (estimation ONU au 1er juillet 2025), en déclin démographique structurel (la population de Cuba diminue à un rythme de -0,21 % par an, sous l’effet conjugué d’une natalité très faible et d’une forte émigration).
Taux de croissance du PIB réel : Après un retour progressif à la croissance (+2 % en 2023), l’année 2024 a constitué un test de stabilisation de l’économie cubaine soldé par une légère croissance de 1,2 %. Le premier semestre 2025 maintient la tendance de l’année précédente, lorsque le PIB s’est contracté pour la deuxième année consécutive, de 1,1 %, manquant l’objectif de croissance officiel annoncé de 2 %. Le régime cubain a présenté son Plan économique pour 2026, dans lequel il table sur une croissance du PIB de seulement 1 %. Les économistes indépendants estiment cependant qu’il est « très probable que l’économie se contracte à nouveau » en 2026, en raison de la combinaison de trois facteurs principaux : le contexte géopolitique international défavorable, les problèmes structurels et institutionnels persistants du côté de l’offre, et les restrictions significatives de la demande.
Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD) : N.D.
Échanges de marchandises (2024, Md USD, évolution sur 2023) :
Export : 1,47 Md USD (–6,9 % sur 2023)
Import : 8,07 Mds USD (–10,1 % sur 2023)
Principaux clients (2023, données OEC) : Chine (34,1 %), Espagne (12,3 %), Allemagne (6,5 %), Suisse (4,6 %), Hong Kong (4,2 %)
Principaux fournisseurs (2023, données OEC) : Espagne (23,6 %), Chine (12,7 %), Pays-Bas (9,8 %), États-Unis (9,2 %), Canada (5,5 %)
Exportations françaises 2024 : Les échanges commerciaux entre la France et Cuba se sont élevés à 37,9 M EUR en 2024, enregistrant une chute de plus de 60 % par rapport à 2023, tant au niveau des exportations vers Cuba (–66 %) que des importations depuis l’île (–32 %). Les exportations françaises, qui représentent 72 % des échanges bilatéraux, se sont considérablement réduites, notamment dans le secteur céréalier. La balance commerciale reste favorable à la France, avec un excédent réduit à 16,8 M EUR (contre 64,4 M EUR en 2023).
Indice de perception de la corruption (IPC 2024) : Transparency International a attribué à Cuba un score de 41 sur 100 dans l’IPC 2024 — Cuba se classe 82e sur 180 pays dans cet indice, où la première place correspond au secteur public perçu comme le plus honnête. Ce score marque une dégradation par rapport aux 42 points obtenus en 2023. Le CPI 2025 (publié en février 2026) est disponible sur transparency.org mais le score spécifique à Cuba n’était pas encore extrait au moment de la mise à jour.
⚠ Point d’attention : L’arrêt des livraisons de pétrole vénézuélien, consécutif à l’intervention militaire américaine au Venezuela en janvier 2026, a aggravé la grave crise énergétique de Cuba. Après deux années consécutives de contraction, l’économie cubaine peine à retrouver une dynamique en 2025, confrontée à une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels — recul du tourisme, crise énergétique, durcissement des sanctions américaines et instabilité monétaire — une tendance qui devrait se prolonger en 2026. La réactivation de l’interdiction de tourisme américain vers Cuba en juin 2025 a encore assombri les perspectives pour 2026. Ce contexte de rupture d’approvisionnement énergétique constitue un facteur de risque majeur susceptible d’aggraver les pénuries et de peser sur la capacité d’importation du pays.
Sources : DG Trésor – Indicateurs et conjoncture Cuba (2025), DG Trésor – Relations bilatérales France-Cuba (2025), DG Trésor – Commerce extérieur Cuba (2025), Trading Economics – Cuba Exports (2025), Trading Economics – Cuba Imports (2025), OEC – Cuba trade profile (2023), Transparency International – IPC 2024 Cuba, Transparency International – IPC 2025, StatisticsTimes – Cuba population 2026 (ONU), Coface – Cuba country risk (2025)
Risques et paiements
Mobilité
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : Depuis début 2026, Cuba traverse une crise énergétique et humanitaire sans précédent, consécutive au blocus pétrolier américain et à la perte de son principal fournisseur vénézuélien. En décembre 2025, dans le cadre de l’escalade régionale autour du Venezuela, les États-Unis ont intercepté des pétroliers chargés de brut vénézuélien à destination de Cuba et annoncé un blocus des exportations pétrolières vénézuéliennes. Après plus de 29 heures de blackout, Cuba a reconnecté son réseau électrique le 17 mars 2026, mais la crise énergétique – pénurie de carburant et centrales vieillissantes – a fortement aggravé la situation. Compte tenu de la crise énergétique à Cuba et de ses multiples répercussions, y compris pour les liaisons aériennes, le ministère français des Affaires étrangères déconseille les voyages non essentiels vers l’île. Air France a annoncé la suspension de sa liaison Paris-CDG / La Havane du 29 mars au 15 juin 2026.
S’y rendre
Accès aérien depuis la France
Situation exceptionnelle en 2026 : Air France suspend sa ligne vers La Havane à compter du 29 mars 2026, avec une reprise prévue le 15 juin. La liaison, opérée trois fois par semaine en Boeing 787, représentait le seul vol direct entre la France et Cuba. La cause est une pénurie de kérosène qui paralyse les aéroports cubains depuis janvier 2026.
Air Canada, WestJet et Air Transat ont suspendu leurs liaisons jusqu’en novembre 2026, tandis que les compagnies russes Rossiya et Nordwind ont coupé leurs vols depuis le 11 février.
Alternatives disponibles : Via le Mexique : une escale à Cancún suivie d’un vol vers La Havane est une option viable — Air France et Transavia desservent Cancún et plusieurs compagnies proposent des liaisons Cancún–La Havane. Via Panama : Copa Airlines assure jusqu’à 29 vols par semaine entre Panama City et La Havane. Avant de réserver, il convient de vérifier les conditions d’annulation, car la situation reste fluide et d’autres suspensions sont possibles.
En 2025, quelque 1,8 million de visiteurs étrangers se sont rendus sur l’île — très loin des 2,6 millions escomptés par le gouvernement cubain après une année 2024 déjà marquée par un net recul. Le marché français, avec 36 884 touristes en 2025, a baissé de manière notable (–26 %).
Formalités d’entrée pour les ressortissants français
e-Visa obligatoire depuis le 1er juillet 2025 : À partir du 1er juillet 2025, les voyageurs ne sont plus autorisés à entrer à Cuba qu’avec un visa électronique valide. La carte touristique papier a été définitivement abandonnée, remplacée par ce système entièrement numérique.
L’e-Visa est délivré sous forme d’un visa à entrée unique et autorise un séjour de 90 jours. Ce séjour peut être prolongé une fois pour 90 jours supplémentaires, portant la durée totale à 180 jours.
Pour obtenir le visa électronique touristique, il convient de faire une demande en ligne sur le site officiel du ministère des Affaires étrangères cubain : https://evisacuba.cu. Ce visa s’obtient en ligne et est validé par le consulat de Cuba en France ou du pays de résidence. Des agences agréées proposent également ce service.
L’entrée à Cuba nécessite une étape supplémentaire : le formulaire D’Viajeros en ligne doit être rempli dans les 7 jours précédant l’arrivée, disponible sur dviajeros.mitrans.gob.cu. Il intègre les déclarations d’immigration, de santé et de douane.
À l’arrivée à Cuba, il faut présenter : un passeport valide au moins six mois après la date d’entrée, le formulaire D’Viajeros avec son QR code et le numéro du visa électronique, ainsi qu’un billet de retour.
Visa d’affaires : Pour les voyages d’affaires à Cuba, un visa de catégorie D est nécessaire. La procédure s’effectue en plusieurs étapes auprès du Consulat. Le délai standard est de six jours ouvrables.
Attention aux voyages ultérieurs vers les États-Unis : Tout voyageur ayant séjourné à Cuba est désormais soumis à un visa pour entrer aux États-Unis, quelle que soit sa provenance (Cuba ou pays tiers).
Situation sur place : mobilité intérieure
La disponibilité du carburant est réduite et difficile à prévoir, ce qui perturbe le transport routier. Toutes les compagnies aériennes canadiennes ont suspendu leur service vers Cuba jusqu’à nouvel ordre. Des vols commerciaux restent disponibles auprès de compagnies aériennes internationales, mais leur disponibilité pourrait être réduite à court préavis.
Hors de La Havane, les coupures électriques atteignent 15 à 20 heures par jour. Les transports intérieurs sont perturbés par la pénurie générale de carburant.
Le permis de conduire français permet de conduire 180 jours à Cuba. La souscription d’une assurance tous risques est obligatoire pour les véhicules de location. Il convient de lire très attentivement le contrat d’assurance : les compagnies n’assurent pas contre le vol des roues de secours et des auto-radios, ni contre les accidents provoqués par des animaux traversant les routes.
Sécurité sur place
Niveau d’alerte
Le ministère des Affaires étrangères français maintient Cuba en vigilance renforcée depuis le 6 février 2026 et recommande de vérifier auprès de son hébergement la disponibilité des ressources (énergie, eau, transports) avant de partir.
Consulter la fiche en temps réel sur : diplomatie.gouv.fr – Conseils aux voyageurs Cuba
Criminalité et insécurité
La situation générale de la sécurité s’est détériorée. Le taux de criminalité est élevé. En particulier, les vols à la tire et à l’arraché, ainsi que les vols à main armée, sont de plus en plus fréquents, et la criminalité liée à la drogue augmente. Des attaques contre des bus ont également été signalées. Les vols dans les voitures et taxis, souvent avec la complicité des chauffeurs, sont fréquents. Des cambriolages dans des logements privés (casas particulares) sont à déplorer.
Cuba est une économie basée sur l’argent comptant. Les voyageurs peuvent avoir besoin de détenir des grosses sommes d’espèces pour des achats importants, ce qui les expose à des vols. Il convient d’éviter de montrer des grosses sommes d’argent en public.
Risques liés à la crise énergétique
Depuis début 2026, Cuba est confrontée à une grave pénurie de carburant qui a un impact sur l’ensemble de la société. Le manque d’essence et de diesel entraîne des files d’attente de plusieurs heures aux stations-essence, et les réserves ne sont pas suffisantes pour alimenter tous les générateurs de secours.
Ces coupures d’électricité et pénuries de carburant s’accompagnent de pénuries alimentaires et de perturbations des transports publics, des feux de signalisation, des distributeurs automatiques de billets, des systèmes de communication et de sécurité, pouvant provoquer des manifestations spontanées. Il est recommandé de se tenir à l’écart de ces manifestations.
Global Peace Index (GPI 2025)
Cuba était classée à la 99e place sur 163 pays dans le GPI 2023 (score 2,1), dernière donnée disponible par pays. Le GPI 2025 révèle une poursuite du déclin de la paix mondiale, avec de nombreux indicateurs précurseurs de conflits majeurs à des niveaux jamais atteints depuis la Seconde Guerre mondiale. La détérioration de la situation cubaine en 2026 est susceptible d’affecter négativement ce classement dans la prochaine édition.
Source GPI : visionofhumanity.org
Santé
Assurance maladie : obligation légale
Depuis mai 2010, le gouvernement cubain exige de tous les visiteurs étrangers la présentation d’une preuve d’assurance santé couvrant les soins médicaux et le rapatriement. Cette exigence est contrôlée à l’arrivée, notamment à l’aéroport. À défaut, le voyageur est contraint de souscrire une assurance locale, souvent plus coûteuse et moins protectrice.
L’attestation doit impérativement mentionner Cuba dans les territoires couverts, afficher les montants de couverture minimaux (30 000 € pour les frais médicaux) et être rédigée en français, en anglais ou en espagnol. Une assurance dédiée avec un plafond d’au moins 100 000 € pour les frais médicaux garantit une protection optimale.
Les autorités cubaines n’autorisent pas les voyageurs à quitter le pays s’ils ont des factures médicales impayées. Les factures doivent être réglées par carte bancaire internationale.
La Sécurité sociale française et la CEAM ne couvrent aucun frais à Cuba, faute d’accord bilatéral. L’organisme étatique Asistur gère la logistique des soins pour les voyageurs étrangers (tél. : +53 7 866 44 99 / +53 7 866 83 39 ; courriel : [email protected]).
Risques sanitaires : épidémie d’arboviroses
En octobre 2025, le ministère cubain de la Santé publique (MINSAP) a officiellement déclaré une épidémie complexe d’arboviroses, impliquant les virus de la dengue, d’Oropouche et du chikungunya. Les 15 provinces sont touchées à des degrés divers, la situation la plus critique étant signalée dans la province de Matanzas.
Cuba connaît une pénurie sévère de médicaments, notamment d’antibiotiques et d’analgésiques courants, ainsi que de fournitures médicales. De nombreux médicaments ne sont pas disponibles sur place, même sur ordonnance. Il est donc essentiel d’emporter une réserve suffisante pour toute la durée du séjour.
Vaccinations recommandées pour un ressortissant français : hépatite A, hépatite B, typhoïde. Aucune vaccination n’est obligatoire à l’entrée sur le territoire.
Communauté française
Présence française à Cuba
Au 31 décembre 2016, 922 Français étaient inscrits sur les registres consulaires à Cuba — la plupart résidant à La Havane (chiffre le plus récent disponible). L’inscription au registre consulaire est vivement recommandée, notamment en raison de la crise en cours.
Ambassade de France à La Havane
Adresse : Calle 14, n° 312, entre 3a y 5a avenida, Miramar, La Havane — Horaires d’ouverture au public : 8h30 à 12h30, du lundi au vendredi.
Site officiel : cu.ambafrance.org
Tél. (consulaire) : +53 7 201 31 31
Numéro d’urgence (hors horaires) : +53 7 201 31 18
France Consulaire est joignable du lundi au vendredi de 14h00 à 20h00 (heure de Paris) par appel audio via internet (gratuit hors coût d’accès à internet).
Tél. depuis l’étranger : +33 1 76 43 00 32
Portail Ariane (inscription conseillée) : ariane.diplomatie.gouv.fr
L’ambassade de France à Cuba est dirigée par M. Raphaël Trannoy, Ambassadeur de France (entrée en fonctions à La Havane le 2 septembre 2025).
Travailler et s’expatrier à Cuba
Marché du travail pour les expatriés
Le marché du travail cubain fonctionne dans des conditions uniques héritées de décennies de contrôle étatique. En 2025, le pays navigue dans une transition économique complexe, s’ouvrant progressivement à l’entreprise privée tout en maintenant une forte supervision étatique. Les opportunités pour les expatriés restent limitées mais existent dans des secteurs spécifiques.
Pour comprendre les opportunités d’emploi pour les expatriés, il faut intégrer un élément fondamental : à Cuba, le marché du travail n’est pas seulement économique, il est avant tout politique et juridique. La grande majorité des recrutements formels passe obligatoirement par des agences d’emploi d’État (entidades empleadoras). Une entreprise étrangère ne peut généralement pas embaucher directement un salarié cubain.
Les secteurs accessibles aux expatriés comprennent principalement : la gestion hôtelière au sein de chaînes étrangères, les fonctions de représentant de tour-opérateur, coordinateur de destination, directeur commercial dans des bureaux régionaux, et certaines fonctions spécialisées (marketing numérique à l’international, développement de nouveaux produits touristiques).
Le salaire moyen après impôts s’établit à seulement 34,76 USD par mois, un montant extrêmement bas qui explique pourquoi de nombreux Cubains complètent leurs revenus par des activités annexes. Il n’existe pas de salaire minimum officiel dans l’économie d’État.
Coût de la vie pour un expatrié
Le coût de la vie mensuel pour une personne seule au centre d’une grande ville cubaine est estimé à 862 € (contre 1 696 € en France). Pour une famille de quatre personnes, il s’élève à 2 712 € (contre 4 779 € en France). Le coût de la vie à Cuba est ainsi environ 45 % moins élevé qu’en France.
L’inflation élevée, le système monétaire déroutant, les écarts entre salaires locaux et revenus étrangers, et les pénuries font que Cuba peut être à la fois très abordable et étonnamment coûteuse selon le mode de vie et la devise dans laquelle on est rémunéré.
Officiellement, le taux de change tourne autour de 120 CUP pour 1 USD, mais sur le marché informel les cours sont beaucoup plus favorables pour ceux qui disposent de devises fortes, ce qui crée une dualité de fait.
Note : selon Numbeo (mise à jour mars 2026), le coût de la vie à Cuba est en moyenne 39,4 % moins élevé qu’en Allemagne, et les loyers y sont en moyenne 51,9 % moins chers.
Conseils pratiques
Avant le départ : S’inscrire sur le portail Ariane pour recevoir les alertes de sécurité. Consulter en temps réel la fiche Conseils aux voyageurs Cuba du MEAE.
e-Visa : Même avec le visa cubain en version numérique, penser à l’imprimer. Certains hôtels ou la police locale peuvent le réclamer.
Assurance obligatoire : Les assurances de carte bancaire sont souvent insuffisantes ou non reconnues. Il est recommandé de souscrire au moins 48 à 72 heures avant le départ.
Médicaments : Cuba connaît une pénurie sévère de médicaments, notamment d’antibiotiques et d’analgésiques. De nombreux médicaments ne sont pas disponibles sur place. Il est essentiel d’emporter une réserve suffisante pour toute la durée du séjour.
Argent liquide : Cuba est une économie basée sur l’argent comptant. Les grosses sommes d’espèces sont parfois nécessaires, mais exposent aux vols. Les cartes bancaires émises par des banques américaines ne sont pas acceptées.
Objets réglementés : L’introduction sur l’île d’appareils tels que téléphones satellitaires, GPS, drones ou matériel de tournage est très strictement réglementée. Il est conseillé de consulter avant le départ le consulat de Cuba à Paris. Ces matériels sont généralement retenus à la douane, pour être restitués à la fin du séjour.
Déplacements intérieurs : Selon les autorités cubaines, les liaisons continuent d’être assurées avec les principaux pôles touristiques (Varadero, Viñales, Trinidad), ainsi que les acheminements aéroport–hôtel. Dans les autres régions de l’île, la situation reste très compliquée.
Urgences : Police : 106 — Ambulance : 104 — Pompiers : 105
Sources : diplomatie.gouv.fr – Conseils aux voyageurs Cuba (2026), Ambassade de France à La Havane (2025-2026), Gouvernement du Canada – Conseils pour Cuba (2026), Vision of Humanity – GPI 2025, Numbeo – Coût de la vie Cuba (mars 2026), Ulysse – Suspension vols Air France Cuba (mars 2026), Air Journal – Air France Cuba kérosène (mars 2026), SPF Affaires étrangères Belgique – Sécurité Cuba (février 2026), Crise de 2026 à Cuba – Wikipédia, MesVaccins.net – Arboviroses Cuba (octobre 2025)
Contacts
Dernière mise à jour : avril 2026
Contacts utiles
Les acteurs publics
AMBASSADE DE FRANCE À CUBA
Représentation permanente de l’État français auprès de la République de Cuba. Assure également les fonctions consulaires pour les ressortissants français.
Adresse : Calle 14, n° 312, entre 3a y 5a Avenida, Miramar, La Havane, Cuba
Tél. : +53 7 201 31 31
Tél. urgences (hors horaires) : +53 7 201 31 18
Horaires d’ouverture au public : 8h30 à 12h30, du lundi au vendredi
Ambassadeur : M. Raphaël Trannoy (en fonctions depuis le 2 septembre 2025)
Site : cu.ambafrance.org
SERVICE ÉCONOMIQUE DE LA HAVANE — DG TRÉSOR
Composante du réseau international de la Direction Générale du Trésor, rattaché à la circonscription du Service Économique Régional de Bogotá. Produit une lettre de veille économique bimestrielle sur l’actualité cubaine.
Adresse : Centro de Negocios Miramar (Centre des Affaires de Miramar), Edificio Santiago, Bureau n° 308 — 5e Avenue et 78, Miramar, La Havane, Cuba
Site : tresor.economie.gouv.fr/Pays/CU
BUSINESS FRANCE
Business France ne dispose pas de bureau permanent à Cuba. Les entreprises françaises souhaitant prospecter le marché cubain sont orientées vers le Service Économique de La Havane et la CCI France Cuba. Pour les ressources en ligne dédiées à Cuba : export.businessfrance.fr/cuba
Les acteurs privés
CCI FRANCE CUBA
La CCI France Cuba a pour mission de favoriser les échanges commerciaux entre la France et Cuba, le networking et l’accompagnement des entreprises françaises dans leur développement export et leur implantation locale (recrutement, création d’entreprise, prospection, location de bureaux).
Adresse : c/o Service Économique de La Havane — Ambassade de France à Cuba, Centro de Negocios Miramar, Edificio Santiago n° 308, Avenida 5ta y 78, Miramar — Playa, La Havane, Cuba
Tél. : +53 7 860 28 41
Email : [email protected]
Site : ccifrance-international.org — Cuba
CONSEILLERS DU COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE (CCEF) — SECTION CUBA
La section Cuba des CCEF regroupe des dirigeants d’entreprise implantés localement. Acteurs bénévoles, ils conseillent les PME françaises dans leur développement à l’international et collaborent avec les services officiels français (Service Économique, Ambassade).
Site : cnccef.org
ASSOCIATION DES ENTREPRISES FRANÇAISES À CUBA (AEFC)
Association française (loi de 1901) créée en 1997 par des entrepreneurs français installés à Cuba. Réseau de la communauté d’affaires française sur l’île.
Contact : (à confirmer sur export.businessfrance.fr/cuba)
DEVEXPORT
Membre OSCI. Sous la direction de sa holding Devexport Services et Finances, le Groupe Devexport offre les services de deux sociétés de commerce international : Devexport et Socofep. Ces entités proposent à leurs clients, principalement industriels, des solutions alliant une ample gamme de produits et des moyens de paiement adaptés. Le Groupe dispose d’activités à Cuba, et collabore principalement avec des industriels français et européens.
Site : devexport.com
Fiche OSCI : osci.trade/annuaire/devexport/
CHAMBRE DE COMMERCE DE LA RÉPUBLIQUE DE CUBA (CÁMARA DE COMERCIO)
Interlocuteur institutionnel incontournable pour les échanges commerciaux et l’arbitrage international à Cuba.
Adresse : Calle 21 n° 661 esq. A, Vedado, municipio Plaza de la Revolución, Ciudad de La Habana
Tél. : +53 7 838 1322 / 1324
Email : [email protected]
Site : camaracuba.cu
MINISTÈRE DU COMMERCE EXTÉRIEUR ET DE L’INVESTISSEMENT ÉTRANGER (MINCEX)
Autorité de tutelle pour tout projet d’investissement étranger et de commerce extérieur à Cuba.
Adresse : Infanta n° 16 esq. a 23, Vedado, Plaza, Ciudad de La Habana
Tél. : +53 7 838 0506 / 885 3239
Site : mincex.cu
Avocats d’affaires
Note préalable : À Cuba, l’exercice de la profession d’avocat est encadré par l’État. Les cabinets d’avocats privés internationaux ne peuvent s’implanter directement ; ils opèrent via des contrats de correspondance avec des cabinets locaux agréés par le ministère de la Justice cubain. Les deux principaux cabinets cubains spécialisés en droit des affaires et en investissement étranger, référencés par Chambers Global, sont :
BUFETE INTERNACIONAL S.A.
Cabinet cubain de référence, constitué en 1985. Très actif en droit commercial, propriété intellectuelle, investissement étranger, joint-ventures, tourisme, agriculture et pharmacie. Régulièrement sollicité par des firmes internationales pour accompagner des entreprises étrangères. Classé par Chambers Global en General Business Law (Cuba).
Adresse : Avenida 3a esq. a 78, Centro de Negocios Miramar, Playa, La Havane, Cuba
Site : bufeteinternacional.cu
CONSULTORÍA JURÍDICA INTERNACIONAL (CJI)
Cabinet cubain spécialisé en droit des affaires, investissement étranger, droit commercial, arbitrage international (Cour Cubaine d’Arbitrage Commercial International) et droit des migrations. Dispose d’un réseau de succursales dans toutes les provinces cubaines. Classé par Chambers Global. Principal point de contact pour les entreprises étrangères nécessitant un conseil juridique local.
Adresse (La Havane — Miramar) : Calle 16 n° 314, entre 3ra y 5ta Avenida, Miramar, Playa, La Havane
Tél. : +53 7 204 1318 / +53 7 204 8402
Email : [email protected]
Site : consultoriacji.com
Sources d’information internet
cu.ambafrance.org — Site officiel de l’Ambassade de France à Cuba
tresor.economie.gouv.fr/Pays/CU — DG Trésor : fiches pays, lettres économiques Cuba (2025)
ccifrance-international.org — CCI France Cuba — Chambre de commerce franco-cubaine
export.businessfrance.fr/cuba — Partenaires locaux Business France
camaracuba.cu — Chambre de Commerce de la République de Cuba
mincex.cu — Ministère du Commerce Extérieur et de l’Investissement Étranger
bufeteinternacional.cu — Bufete Internacional S.A.
consultoriacji.com — Consultoría Jurídica Internacional
osci.trade/annuaire/devexport/ — Fiche OSCI Devexport
cnccef.org — Conseillers du Commerce Extérieur de la France
Sources : Ambassade de France à Cuba (2025), DG Trésor — Cuba (2025), DG Trésor — Relations bilatérales France-Cuba (2025), CCI France International — Cuba (2025), Diplomatie française — Ambassade de France à La Havane (2025), OSCI — Fiche Devexport, Chambers Global — Bufete Internacional, Chambers Global — Consultoría Jurídica Internacional, Business France — Cuba (2025)
Logistique & Douane
Dernière mise à jour : avril 2026
⚠ Point d’attention : Cuba traverse depuis début 2026 une crise énergétique sans précédent aggravée par les mesures américaines. Le 29 janvier 2026, le président Trump a signé un décret déclarant une urgence nationale vis-à-vis de Cuba et établissant, à compter du 30 janvier 2026, un mécanisme permettant d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les importations en provenance de tout pays fournissant du pétrole à Cuba. En pratique, la menace de tarifs douaniers a conduit à la suspension des livraisons mexicaines de pétrole, contribuant à une chute brutale de la disponibilité de carburant et à une grave crise énergétique et humanitaire, avec des coupures d’électricité généralisées et des perturbations majeures des services essentiels. Un NOTAM officiel de l’aéroport international José Martí a annoncé l’absence de carburant Jet A-1 à compter du 10 février 2026 jusqu’au 11 mars 2026 dans les neuf aéroports internationaux du pays. Air France a confirmé la suspension de l’intégralité de ses vols Paris-CDG / La Havane à compter du 29 mars 2026, pour une durée minimale courant jusqu’à la mi-juin. Cette situation affecte directement toutes les opérations logistiques et commerciales vers et depuis l’île.
Indice de performance logistique (LPI)
Le LPI 2023 de la Banque mondiale permet des comparaisons entre 139 pays. Cuba n’est pas couverte par cet indice dans l’édition 2023 en raison de l’insuffisance de données disponibles auprès des professionnels de la logistique internationale (le pays n’est pas membre de la Banque mondiale). Cuba a retiré sa participation à la Banque mondiale en 1960, ce qui explique l’absence de notation officielle LPI. Les études académiques indépendantes classent néanmoins Cuba parmi les pays aux performances logistiques les plus faibles : Cuba, Angola, le Cameroun, Haïti, l’Afghanistan et la Libye sont classifiés parmi les pays les moins performants pour 2023.
Le programme B-READY (Business Ready) de la Banque mondiale, qui remplace Doing Business depuis 2024, ne couvre pas non plus Cuba. Le rapport B-READY 2025 évalue l’environnement des affaires dans 101 économies, Cuba n’en faisant pas partie.
L’Index of Economic Freedom de la Heritage Foundation classe Cuba comme l’une des économies les moins libres au monde. Parmi les pires performers en matière d’efficacité réglementaire, on retrouve dans l’ordre décroissant : Sierra Leone, Cuba, Zimbabwe, Soudan, Venezuela et Corée du Nord (Indice 2026). L’économie étatique inefficace de Cuba obtient de très mauvais résultats dans de nombreuses catégories, bien en deçà des moyennes mondiales. L’absence d’un système judiciaire indépendant affaiblit l’état de droit. Le contrôle rigide de l’État a longtemps entravé le secteur privé.
Infrastructure de transport
Réseau portuaire
Cuba, entourée par les eaux de la mer des Caraïbes, de l’océan Atlantique et du golfe du Mexique, dispose d’un vaste réseau portuaire facilitant le commerce et le transport maritime. Avec ses 3 570 miles de littoral, Cuba compte de nombreux ports et havres, dont 31 traitent du fret.
Les principaux ports commerciaux sont :
Port de Mariel (port conteneurisé principal) : Le Terminal à Conteneurs de Mariel (TCM) est le principal terminal à conteneurs de Cuba, avec un traitement annuel d’environ 300 000 EVP et une capacité de 800 000 EVP. Le canal d’accès a été dragué pour accueillir des navires Neo-Panamax d’une longueur de 366 mètres, d’une largeur de 52 mètres et d’un tirant d’eau de 15 mètres. Le port est situé à 45 km de La Havane, dans une baie en eaux profondes protégée, au cœur de la Zone Spéciale de Développement de Mariel (ZEDM). Le terminal est opéré par PSA International (Singapour) pour la partie conteneurisée.
Port de La Havane : Le port de La Havane est désormais fermé aux conteneurs, qui ont été redirigés vers Mariel. Il traite encore le fret général et les navires de croisière.
Port de Santiago de Cuba : Le nouveau terminal polyvalent de Santiago de Cuba dispose de 232 mètres de quai, 3 portiques de quai et traite environ 50 000 EVP annuellement. Le niveau d’automatisation est faible, la plupart des opérations étant manuelles ou semi-mécanisées.
Cienfuegos, Matanzas, Nuevitas : Ports secondaires spécialisés dans les vracs agricoles (sucre, mélasse), les hydrocarbures et les engrais.
Le gouvernement cubain a dévoilé une nouvelle stratégie pour renforcer les activités maritimes et portuaires dans les régions de Santiago de Cuba, Granma et Guantánamo. Cette initiative vise à améliorer la distribution des biens essentiels en pleine crise économique. Malgré ces annonces, la réalité de l’infrastructure portuaire cubaine demeure marquée par le manque d’entretien, une technologie obsolète et des ressources insuffisantes pour mettre en œuvre les investissements nécessaires.
Réseau routier
En prenant l’ensemble des autoroutes, routes nationales et artères principales cartographiées sur OpenStreetMap jusqu’en août 2025, on obtient un réseau de 113 983 kilomètres de routes, soit 10,38 mètres pour chacun des quelque 10,98 millions d’habitants. Le réseau s’organise autour de l’Autopista nacional reliant Pinar del Río à La Havane, puis La Havane à Santa Clara et Sancti Spíritus, avec des antennes vers le port de Mariel et les banlieues sud de La Havane, pour un total de 915 km d’infrastructures rapides. Le réseau routier est en mauvais état et les voies sont souvent dégradées et très mal éclairées. Le transport routier de fret souffre d’un parc de véhicules vétuste et de pénuries chroniques de carburant.
Réseau ferroviaire
En ce qui concerne la longueur du réseau ferroviaire, Cuba se place au 28e rang mondial avec un total de 8 367 kilomètres de voies ferrées. Le réseau ferré s’organise autour de la transversale La Havane – Santa Clara – Camagüey – Santiago de Cuba, qui traverse l’île sur 854 km. Après 1959, le réseau ferroviaire s’est développé, mais le manque d’entretien et la négligence ont conduit à la mise hors service de nombreuses locomotives. En 2025-2026, les réductions de services ferroviaires ont été imposées par les mesures d’austérité énergétique. Les transports publics subissent des coupes, notamment une réduction des liaisons de bus et de trains entre les différentes provinces.
Transport aérien
Cuba dispose de 9 aéroports internationaux. Les principaux aéroports internationaux sont ceux de La Havane (MUHA), Varadero (MUVR), Cienfuegos (MUCF), Santa Clara (MUSC), Camagüey (MUCM), Cayo Coco (MUCC), Holguín (MUHG), Santiago de Cuba (MUCU) et Manzanillo (MUMZ).
⚠ Point d’attention : Un NOTAM officiel a annoncé l’indisponibilité de carburant Jet A-1 du 10 février au 11 mars 2026 dans les neuf aéroports internationaux du pays. La crise du carburant oblige les vols depuis l’Europe à effectuer des escales techniques dans des pays tiers : les compagnies Iberia et Air Europa font escale en République dominicaine, et Air France aux Bahamas avant la suspension complète de sa liaison. Depuis le 9 janvier 2026, aucun pétrole n’est entré à Cuba, conséquence directe du blocage des livraisons de pétrole vénézuélien suite aux pressions américaines. La situation de ravitaillement en kérosène restait incertaine au-delà de mars 2026 selon les dernières informations disponibles (avril 2026).
Procédures douanières
La douane cubaine est administrée par l’Aduana General de la República de Cuba.
Organe central : Calle 6 No. 381, entre 39 et 37, Nuevo Vedado, Plaza de la Revolución, La Havane. CP 10400. Tél. : +53 78819732 / +53 78838282. Email : [email protected]. Site web : www.aduana.gob.cu
La valorisation douanière cubaine s’effectue via plusieurs méthodes : la déclaration en douane, la facture d’achat, la valeur de référence établie par la douane et la méthode alternative valeur-poids, principalement utilisée pour les importations non commerciales.
Principales réglementations en vigueur (2025-2026) :
Les droits de douane pour certains produits à Cuba doivent être réglés en dollars américains (USD), en raison de l’obligation d’utiliser la monnaie librement convertible (MLC) pour ces transactions depuis le 1er janvier 2025, dans le cadre des réformes du Décret-loi 22 de 2020.
Exemptions temporaires répétées : Le gouvernement cubain a annoncé la prorogation, jusqu’au 31 janvier 2026, des avantages tarifaires permettant l’importation non commerciale d’aliments, de produits d’hygiène, de médicaments, de fournitures médicales et de générateurs, exonérés de droits de douane. Rien qu’en 2025, deux prorogations officielles de l’exemption tarifaire ont été appliquées par la douane cubaine.
Le formulaire D’Viajeros (déclaration électronique d’entrée) reste obligatoire et doit être complété dans les 48 heures précédant l’arrivée. Ce formulaire est une déclaration d’importation et doit être rempli en indiquant les produits à importer.
Cuba impose des formalités douanières strictes pour toute importation ou exportation maritime. Les navires doivent se soumettre à des inspections rigoureuses, notamment la vérification des documents et de la cargaison.
Pour les exportateurs français, le cadre réglementaire commercial reste entièrement étatique du côté cubain. Les importations sont principalement réalisées par des entités d’État, bien que le secteur privé monte en puissance : en 2025, les importations du secteur privé ont dépassé 2 milliards USD, représentant 25% des importations totales de Cuba. Les procédures bureaucratiques, notamment les processus d’approbation, peuvent être complexes, lentes et peu transparentes.
Contraintes spécifiques : embargo américain
Les États-Unis maintiennent un embargo économique global sur Cuba, proclamé en février 1962 par le président Kennedy, qui reste en vigueur. La loi Helms-Burton (1996) renforce et codifie l’embargo américain en l’étendant aux entreprises et personnes étrangères qui « trafiquent » des biens confisqués à des ressortissants américains après la Révolution cubaine de 1959, restreignant de fait le commerce, l’investissement et les transactions financières avec Cuba.
Ces restrictions ont des conséquences directes pour les exportateurs français :
Impossibilité de recourir à des transactions bancaires en dollars américains (risque de sanctions secondaires)
Délai d’attente de 180 jours imposé aux navires avant de pouvoir appeler dans un port américain après avoir fait escale à Cuba
Pénuries de machines essentielles, pièces détachées, électricité, eau, carburant, nourriture et médicaments résultant de l’accumulation des sanctions.
Points de vigilance
Crise du carburant et paralysie du transport (2026) : Depuis le 10 février 2026, Cuba a officiellement annoncé la suspension de l’avitaillement en Jet A-1 pour un mois. Cuba est entrée dans une phase de rationnement énergétique exacerbée par la fin de l’approvisionnement pétrolier depuis le Venezuela, combinée aux pressions américaines sur les pays pouvant encore acheminer du carburant vers l’île.
Infrastructure portuaire dégradée : En dehors de Mariel, l’automatisation est faible dans les autres ports, la plupart des opérations étant manuelles ou semi-mécanisées. Les opérateurs sont des entités étatiques cubaines, sans opérateurs de terminaux étrangers significatifs. Ces terminaux ont une capacité et une infrastructure limitées par rapport à Mariel.
Transport intérieur défaillant : Entre janvier et mars 2025, les transports publics cubains ont enregistré une baisse de 23% des usagers, reflétant un système en état d’effondrement.
Délais portuaires et bureaucratie : Les délais de dédouanement sont imprévisibles. La priorité est systématiquement donnée aux importations d’entités gouvernementales. Les entreprises privées cubaines, bien qu’en essor, manquent de capacité à assumer des paiements en devises sur une longue période.
Risque de sanctions secondaires américaines : Toute transaction financière libellée en dollars pour des opérations avec Cuba expose l’exportateur français à des sanctions de l’OFAC. Il convient de vérifier l’absence de toute entité américaine dans la chaîne de paiement ou de transport.
Règle des 180 jours : En vertu de l’embargo américain, les navires doivent attendre 180 jours après avoir quitté un port cubain avant d’appeler dans un port américain. Cette contrainte limite fortement les armateurs actifs sur les routes transatlantiques ou intra-américaines.
Sources : Banque mondiale – LPI 2023 (lpi.worldbank.org), Banque mondiale – B-READY 2025, Heritage Foundation – Index of Economic Freedom 2026 (heritage.org), Aduana General de la República de Cuba (aduana.gob.cu), CiberCuba – Aéroports sans carburant (février 2026), Air Journal – Air France suspend ses vols vers Cuba (mars 2026), Greenberg Traurig – Décret Trump sur Cuba (janvier 2026), Commissariat au commerce du Canada – Infrastructure Cuba (2025), DredgeWire – Terminal Mariel Neo-Panamax (2023), Cuba Headlines – Opérations portuaires est de Cuba (février 2025)
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