« Nous devons gagner la bataille de la compétition mondiale », a lancé Bruno Le Maire, le ministre de l´Alimentation, de l´Agriculture et de la P êche, le 21 octobre, lors des Premières rencontres économiques de l´agroalimentaire, organisées par l´Ania (Association nationale des industries alimentaires) dans le cadre du Salon international de l´alimentaire (Sial), qui se tient à Paris jusqu’au 21 octobre.
Constatant que, depuis la crise de 2008, « un monde nouveau » a émergé – « les concurrents, selon Bruno Le Maire, ne sont plus seulement les Etats-Unis et l´Allemagne, mais aussi la Chine, le Brésil, l´Inde, voire le Maroc, la Syrie, Israël, l´Egypte » – le ministre a lancé un appel à « l´unité ». La France connaît « trop de chapelles, trop de querelles ». Et de citer en exemple l´Italie qui présente au Sial « un seul label, une seule identité visuelle, ce qui ne l´empêche pas ensuite de décliner les régions ». Le ministre propose ainsi la création d´un « label français pour les industries agroalimentaires (IAA) à l´export ».
Bruno Le Maire a également cité le cas de la filière viticole, qui « a progressé, mais doit encore progresser plus ». Elle prépare l´avenir en partant à la conquête de l´Asie, « mais elle doit encore gagner en unité et solidarité ». La production et le négoce doivent, notamment, nouer des relations contractuelles.
Pour Bruno Le Maire, « il n´y a pas de fatalité à perdre une ou deux places dans le monde tous les trois quatre ans ». La France « est aujourd´hui au quatrième rang mondial », avec un chiffre d´affaires des IAA de 139 milliards d´euros en 2009, dont 31,9 milliards à l´export. « Il faut reconquérir cette première place », qui était autrefois la sienne, avait-il déjà souligné à l´inauguration du Sial.
Lors des Rencontres de l´Ania, Bruno Le Maire a rappelé « l´engagement du président de la République de mener la bataille monétaire et de la surévaluation de l´euro » et évoqué le rapport sur la compétitivité que vient de lui remettre Philippe Rouault, délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l´agroindustrie. Plusieurs axes sont ainsi définis : « redresser » les filières agroalimentaires, « innover », « regrouper les entreprises qui n´ont pas la taille », baisser les coûts de production, soutenir l´export « dans les pays les plus dynamiques » et par « la simplification administrative », revaloriser les métiers et encourager la formation.
François Pargny