Agnès Diallo est P-dg d’IN Group, dont les lettres « IN » signifient « imprimerie Nationale», avec des racines qui remontent à 500 ans en arrière, du temps de François 1er. Aujourd’hui, après une transformation accélérée pilotée par sa dirigeante ces sept dernières années, ce spécialiste de l’identité proposent aux États, aux collectivités, aux administrations, mais aussi aux acteurs de la mobilité, publics et privés, des solutions d’identité et des services numériques sécurisés à la pointe de la technologie, intégrant électronique, optique, biométrique. Après avoir triplé depuis 2019 et s’être beaucoup internationalisé, notamment via des acquisitions, IN Groupe réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 1 milliard d’euros, pour un effectif de 4 000 personnes, et il dispose de 20 centres de R&D et 10 sites industriels dans le monde. Dans cet entretien au Moci enregistré le 2 juillet en marge de l’Université d’été de l’internationalisation des entreprises, où elle intervenait dans une table ronde consacré à la performance internationale, Agnès Diallo partage sa vision des enjeux du moment pour un groupe français tel que celui qu’elle pilote, dans un contexte marqué par le retour au premier plan des sujets de souveraineté, partout dans le monde.
Nous proposons ci-après une transcription des premières minutes de cet entretien suivi du lien vers la vidéo complète.
Le Moci. Que représente l’international pour IN Group ?

Agnès Diallo. L’international est au cœur de notre mission. Pour une raison simple, c’est qu’aujourd’hui, 800 millions de personnes dans le monde n’ont pas d’identité. Et si je pense à l’identité digitale, 2,3 millions de personnes uniquement dans le monde ont une identité digitale. Vous imaginez le potentiel qu’il y a à équiper avec de l’identité sécurisée !
Nous sommes aujourd’hui le premier acteur de notre marché à l’échelle mondiale. Et l’international, c’est le territoire sur lequel on peut porter cette mission, c’est au cœur à la fois de nos activités et de notre croissance.
Le Moci. Rappelons qu’en 2019, vous faisiez à peine 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. Vous avez été porté par une espèce d’ambition de grandir en taille, y compris à l’international. Est-ce une façon de défendre une solution française et une solution alternative, aussi, dans un monde où dominent les technologies américaines, anglo-saxonnes en général, et demain, chinoises ?
Agnès Diallo. Je crois que c’est une façon de défendre une conviction [celle] que les données personnelles comptent et qu’elles ont besoin d’être protégées. Et de proposer à nos clients, dans un modèle, comme vous l’avez dit, qui est dominé par deux géants technologiques, la possibilité de choisir. Et pour pouvoir leur donner cette possibilité de choisir, il nous a fallu croître, il nous a fallu nous développer, renforcer notre portefeuille de technologies, nous projeter à l’international. Mais pas porté seulement par l’ambition de croître, porté par l’ambition de défendre cette conviction et d’apporter une solution alternative.
