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© D.R.
Pays & marchés

Comme au lendemain du vote sur le "Brexit", Bruxelles s’est réveillée ce matin avec la gueule de bois. Le scénario du pire se matérialise à nouveau. Car beaucoup de similitudes sont déjà mises en avant entre les élections américaines et le résultat du référendum britannique du 23 juin dernier : montée du populisme, rhétorique anti-migrants, retour à une certaine forme d’isolationnisme. Et dans un cas comme dans l’autre, ces scrutins ouvrent une période d’incertitude pour l’Union européenne (UE) alors que le bloc européen est déjà secoué par de multiples crises.

Malgré l’onde de choc, les premières réactions des leaders à Bruxelles se voulaient rassurantes. « Il est plus important que jamais de renforcer la relation transatlantique », a déclaré Donald Tusk, le président du Conseil de l’UE, dans un communiqué diffusé dès l’annonce des résultats. Il invite également le nouveau leader américain à venir en Europe pour participer « dès qu’il pourra » à un sommet bilatéral.

« Je suis sûr que le président Donald Trump sera différent du candidat Donald Trump»

Décrivant un « vote de protestation », Martin Schulz, le président du Parlement européen (PE) reconnaît qu’il sera plus difficile pour l’UE de négocier avec cette nouvelle administration. « Je suis sûr que le président Donald Trump sera différent du candidat Donald Trump, ce qui est déjà visible dans ses déclarations ce matin », a tempéré le social démocrate allemand.

Même son de cloche du côté de la représentation américaine auprès de l’UE. « Je crois dans la puissance des relations entre les États-Unis et l’Europe pour faire le bien dans le monde. Ça ne changera pas », a commenté Anthony Gardner, l’ambassadeur américain à Bruxelles.

Au Parlement européen, les groupes, à droite de l’échiquier politique, comme le PPE (droite conservatrice) ou les libéraux et démocrates (ALDE), voient les résultats du scrutin outre-Atlantique comme un « coup de semonces » susceptible de « tirer la sonnette d’alarme ». Les Européens doivent reprendre en main leur propre destinée, a résumé Manfred Weber, le chef de file du PPE. Si Trump agit comme il l’a annoncé durant sa campagne, une nouvelle ère d’isolationnisme pourrait s’ouvrir aux États-Unis. « L’UE devra agir pour ne pas laisser la place vide à la Chine ou à la Russie », a averti l’eurodéputée Françoise Grossetête (France, PPE).

À gauche de l’hémicycle, les messages diffusés depuis ce mercredi matin se concentrent davantage sur la vague populiste et xénophobe « qui frappe partout et défie tous les pronostics ». À l’instar de leurs homologues des autres famille politiques au sein du PE, les Socialistes et Démocrates (S&D) appellent les Européens à s’unir pour que l’UE devienne « le rempart libre et démocratique de ce monde ».

La première grande crainte des Européens concerne l’avenir de la défense du continent

Dans l’immédiat, la première grande crainte des Européens concerne l’avenir de la défense du continent en cas d’un désengagement des États-Unis. « Les Européens n’ont plus d’assurances tous risques dans l’OTAN », écrit Nicolas Gros Verheyde dans son blog Bruxelles 2, consacré aux questions de défense. Aujourd’hui les armées européennes n’ont pas de pouvoir de dissuasion. La présence américaine sur le territoire de l’UE apparaît donc toujours nécessaire.

Lors de sa campagne, Donald Trump a d’ailleurs appelé les Européens à se prendre en charge en finançant leur propre défense aujourd’hui limitée en moyenne à 2 % du PIB, faute de quoi les États-Unis pourraient sortir de l’Alliance. « L’Europe de la défense c’est maintenant », ne manqueront pas d’appeler les partisans – Français en tête – d’une politique commune en la matière. Car l’idée fait son chemin depuis quelques mois à Bruxelles. Déjà à Bratislava, en septembre dernier, les 27 s’étaient réunis sans la Grande-Bretagne pour évoquer la meilleure façon de relancer un projet en panne, fragilisé plus encore par la perspective d’un "Brexit".

Parmi les priorités fixées par l’axe franco-allemand figuraient la sécurité et la défense, deux thèmes où une action conjointe pourrait avoir une véritable plus-value. « Ce sont aussi des dossiers pour lesquels les citoyens réclament une politique commune et mieux coordonnée », expliquait un diplomate français soulignant que « le contexte n’avais jamais été aussi favorable » à la réalisation de cet objectif. L’élection de Donald Trump, le possible désengagement américain en Europe, pourraient donc servir à promouvoir le principe d’autonomie stratégique de l’UE et booster les financements européens dédiés au secteur de la défense.

Vers un grand marchandage entre Donald Trump et Vladimir Poutine ?

Mais sur la scène internationale, l’unité des États membres deviendra plus nécessaire que jamais. Dans le scénario du pire, Donald Trump et Vladimir Poutine pourraient se lancer dans un grand marchandage sur leurs zones d’influence respectives en Europe. Une alliance qui mettrait en péril la politique européenne aux contours déjà flous vis-à-vis de Moscou.

« Le scénario est peu probable », analyse Steven Blockmans, chercheur au CEPS (Centre for European Policy Studies) qui mise sur le pragmatisme du nouveau président américain. Mais pour avoir le moindre levier sur Donald Trump, estime l’expert, « les Européens devront impérativement parler d’une seule voix ».

Le futur des liens commerciaux transatlantiques est l’autre grand inconnu à l’issue de ce scrutin

Le futur des liens commerciaux transatlantiques est l’autre grand inconnu à l’issue de ce scrutin. Opposé à la mondialisation, le nouveau leader américain s’est dit opposé au Partenariat Transpacifique (TPP) signé sous l’ère Obama. Il s’est également engagé à renégocier les accords de libre-échange ratifiés avec le Canada et le Mexique dans le cadre de l'Alena.

Le TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), le traité du Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) en cours de négociation entre Bruxelles et Washington, risque lui aussi de tomber aux oubliettes. Il est en effet peu probable que Donald Trump accorde aux Européens les concessions refusées sous l’administration Obama, notamment sur les principaux intérêts offensifs de l’UE que sont l’ouverture des marchés publics ou la reconnaissance des indications géographiques.

Néanmoins, cette mort annoncée du TTIP ne devrait pas remettre en question les échanges entre les deux blocs qui représentent 2 milliards de dollars par jour. Le nouveau président américain n’aurait en effet aucun intérêt à sanctionner ses principaux partenaires sachant que 30 % du PIB du pays dépend du commerce international.

Mais dans ce nouveau contexte qui ouvre, comme l’a souligné François Hollande, marqué par « une période d’incertitude », les « Européens doivent se doter de nouveaux outils stratégiques », analyse Nicolas Gros-Verheyde. S’il n’est pas question de rejeter le libre-échange, l’UE devra se donner la possibilité d’infliger des sanctions efficaces en cas de pratiques déloyales en renforçant, en particulier, sa politique antidumping. Le dossier est au menu des discussion d’une nouvelle réunion des ministres du Commerce, ce vendredi 11 novembre. Bloquée depuis 2013 au Conseil, la proposition de la Commission européenne de moderniser l’arsenal de défense commercial de l’UE, pourrait dès lors connaître une nouvelle impulsion.

Kattalin Landaburu à Bruxelles

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