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19 décembre 2013

Aéronautique : défait au Brésil, le Rafale porte ses espoirs sur l’Inde

Le président français François Hollande en aurait été quasiment informé par la présidente Dilma Rousseff lors de sa visite au Brésil les 12 et 13 décembre derniers : le Rafale de Dassault Aviation était jugé trop cher. Les autorités brésiliennes lui ont préféré le Gripen du Suédois Saab pour le renouvellement de leur flotte militaire avec un contrat estimé à près de 5 milliards de dollars pour 36 avions de combat. L'annonce en a été faite dans la soirée du 18 décembre par le ministre de la défense brésilien Celso Amorim, lors d'un point de presse convoqué après des fuites dans la presse brésilienne. "Après avoir analysé tous les faits, la présidente Dilma Rousseff m'a chargé d'informer que le vainqueur [...] est l'avion suédois Gripen NG" a-t-il confirmé, selon la presse.

Le GIE Rafale International, qui regroupe Dassault Aviation, Snecma et Thales, a réagi par un communiqué qui laisse transparaître déception et amertume. "Depuis 15 ans, au Brésil, Dassault Aviation et ses partenaires Snecma (Groupe Safran) et Thales, regroupés dans le GIE Rafale International, ont fait la promotion du Mirage 2000 pour l’appel d’offres FX, puis du Rafale pour FX2, animés par la volonté de coopérer sur le long terme avec l’industrie brésilienne, en particulier avec Embraer, écrit-il. Les transferts de technologies sans restriction et les partenariats scientifiques, techniques et industriels demandés par le Brésil comptaient parmi les points forts de l’offre du GIE Rafale International, avec le soutien des autorités françaises. Nous regrettons que le choix se porte sur le Gripen, doté de nombreux équipements d’origine tierce, notamment américaine. Il n’appartient pas à la même catégorie que le Rafale : monomoteur et plus léger, le Gripen n’est pas équivalent en termes de performances et donc de prix. Cette logique financière ne prend en compte ni le ratio coût-efficacité favorable au Rafale, ni le niveau de la technologie offerte".

Le Rafale, qui a décidément beaucoup de mal à s'exporter, peut encore néanmoins compter sur l'Inde, où ses espoirs de réussite pour un appel d'offres géant estimé à quelque 11 milliards d'euros pour 126 avions de combats restent entiers. Mais sa patience est mise à rude épreuve : depuis l'ouverture de négociations exclusives en janvier 2012, la conclusion d'un accord se fait attendre. Le contexte électoral indien devrait faire perdurer ce suspense...

C. G.

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