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30 mai 2011

Le Sénégal veut attirer les PME françaises

La 1ère édition de la semaine économique du Sénégal, organisée par l’Union nationale des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture du Sénégal (Unccias), la Chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) et la Maison de l'Afrique, se tient à la Bourse de Commerce de Paris du 26 au 30 mai. Cette semaine, destinée à mieux faire connaitre le pays aux investisseurs français, est pour Frédéric Brunet,  représentant de la CCIP, un moyen de montrer le potentiel économique de ce pays et de voir s’intensifier les relations franco sénégalaises, a-t-il déclaré lors de l’ouverture de l’évènement.

Avec une croissance de 4,2 % en 2010 et une faible inflation, le pays est la troisième économie d’Afrique de l’Ouest après le Nigeria et la Côte d’Ivoire. Le Sénégal compte sur sa ressource humaine « éduquée » pour mettre en avant son dynamisme : 44 % de sa population a moins de 15 ans et ses écoles de business forment de nombreux cadres africains.

La France, premier investisseur au Sénégal, compte environ 7300 entreprises sur place. Le Sénégal est connu des grands groupes et de leurs filiales, or Mammadou Lamine Niang, président de l’Unccias, veut attirer les PME PMI françaises. « On s’adresse surtout à elles car elles ont besoin d’être informées et rassurées sur notre potentiel. Nos efforts faits pour améliorer l’environnement du travail doivent leur être dévoilés car c’est par les PME PMI que se développera l’investissement français au Sénégal. »

D’autant plus que le marché sénégalais est une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest et le reste du continent. C’est une base d’exportation de produits et services, une véritable plateforme. « Les Sénégalais sont en quête de transfert technologique et demandeurs de partenariats avec la France pour être compétitifs » rapporte Mamadou Makhtar Diagne, directeur de l’appui au secteur privé.

Le Sénégal, considéré comme un modèle d’ouverture, de stabilité politique et sociale de la sous-région, a de quoi attirer les investisseurs. Cinq secteurs sont porteurs : l’agriculture et l’agro-industrie ; les produits de la mer et l’aquaculture ; le tourisme et l’artisanat ; le textile et l’habillement ; ainsi que les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les téléservices. Ces cinq « grappes de croissance » ont été déterminées par la stratégie de croissance accélérée (SCA) mise en place par le gouvernement sénégalais en 2005. La SCA a trois objectifs : accélérer la croissance, la porter à 7% ; l'ancrer dans la lutte contre la pauvreté et diversifier ses sources. Le gouvernement a ainsi mis en œuvre une modernisation des infrastructures du pays et une instauration d’un environnement des affaires international propice. « C’est une marche vers l’émergence », explique Ibrahima Wade, secrétaire exécutif de la SCA, qui précise vouloir agréger deux autres grappes : les cuirs et peaux et les mines et carrières.

Autre atout, le port de Dakar jouit d’une position géostratégique forte, reliant l’Afrique à l’Europe et l’Amérique. C’est une plateforme logistique mondiale et le cœur commercial du pays : 90 % du commerce extérieur sénégalais y transite à destination d'Europe, d'Inde et de Chine. Et pour éviter la saturation, l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux (Apix) a modernisé ses infrastructures et veut développer les liaisons avec le réseau routier et ferroviaire du pays. Avec 11 jours de délai pour la sortie des marchandises et 14 jours pour l’importation, ce port est « un de plus modernes d’Afrique » assure Djigo Wane, D-g adjointe de l’Apix.

Le groupe d’hôtellerie français Onomo International témoigne de son implantation réussie à Dakar, aidée par l'Apix. Avec un concept original, cette société crée en Afrique des hôtels écologiques et économiques, en utilisant le savoir faire et les ressources locales. Son co-président a vanté « la grande efficacité » » sénégalaise. « En 45 jours, on a obtenu notre permis de construire, alors qu’en France cela aurait mis 6 mois ! » Onomo international construit d’autres hôtels à Abidjan (Côte d'Ivoire), Bamako (Mali) et Libreville (Gabon), et espère voir s’améliorer la liaison ferroviaire et routière entre Dakar et la capitale malienne.

C’est d’ailleurs l’un des projets phare du gouvernement pour impulser le trafic de marchandises et désengorger le trafic routier, qui rassemble 80 % du transport. Il faut moderniser le chemin de fer entre le port de Dakar et en faire un corridor pour pénétrer l’Afrique de l’Ouest. D’ailleurs, si la France est le premier fournisseur du Sénégal, elle n’est pas son premier client, qui est le Mali, avec 22 % d’exportations contre 10 % pour les Français.

Alix Cauchoix

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