L’étape occitane du tour de France des trophées du Moci, en partenariat avec BNP Paribas, Bpifrance, LCL, la Caisse des français de l’étranger (CFE) et la CCI Occitanie, s’est déroulée le 15 octobre à Toulouse sur le Siane, le salon des partenaires de l’Industrie du Grand-Sud.
Cet événement qui, partout en France, met à l’honneur les entreprises exportatrices, a donné l’opportunité à douze entreprises présélectionnées par un jury d’experts du commerce international, de « pitcher » en deux minutes l’activité de l’entreprise et sa dimension internationale.
Après les pitchs des 3 finalistes de chaque catégorie – ETI, Innovation, PME, Start-up -, le public a voté, désignant quatre lauréats. Les membres du jury ont également décerné un prix coup de cœur et un prix spécial du jury.
Et les gagnants sont…
Coup de coeur : Metalball (Grisolles, Tarn-et-Garonne)

Spécialiste des billes de haute précision en métal ou en céramique pour les roulements, Metalball existe depuis 2004 mais ne s’est lancé à l’international que récemment. Cette PME de Grisolles (Tarn-et-Garonne), qui fabrique ses propres billes et distribue d’autres marques pour compléter son offre, fournit notamment des entreprises de l’aéronautique, secteur particulièrement exigeant et internationalisé.
Présente sur le marché européen, aux États-Unis, au Brésil et en Chine, elle réalise désormais 57 % de son chiffre d’affaires (4,2 millions au total) hors des frontières hexagonales et s’attelle au développement de ses ventes en Amérique du Nord.
Un engagement à l’export qui s’avère payant : Metalball a doublé son chiffre d’affaires depuis 2019 et continue de miser sur ce relai de croissance. Pour son président, Nicolas Centomo, « la stratégie export la plus simple, c’est d’aller voir les gens sur place ». Sitôt son prix reçu, le dirigeant devait s’envoler pour les États-Unis.
Prix spécial du jury : L’Echelle Européenne (Montpellier, Hérault)

Construire dans le temps un solide réseau à l’international, tel est le credo de cette PME montpelliéraine de 232 personnes qui réalise 20 % de son activité à l’export. Une part en hausse de 34 % l’an dernier grâce à un fort développement en Espagne et au Canada, où elle a racheté une société locale en avril. Ce spécialiste du travail en hauteur commercialise des échelle et des échafaudages, produit également des systèmes de protection sur mesure (lignes de vie, échelles à crinoline).
Fondée en 1981, L’Echelle Européenne a patiemment développé un réseau international de plus de 50 agences proposant ces deux familles de produits sous sa propre enseigne, en Europe et au Canada. Elle vend ses produits via des distributeurs et des franchisés en Belgique et en Suisse et mène actuellement des études de marché en Norvège, en Suède, au Danemark, en Pologne et en République tchèque. Et, forte de son succès au Canada, elle compte se déployer à moyen terme aux États-Unis.
ETI : Groupe Parera ( L’Isle‑Jourdain, Gers)

Bien qu’âgée de 55 ans, cette ETI de 1 200 salariés basée à L’Isle‑Jourdain, dans le Gers, est « une jeune entreprise à l’international », sourit son P-dg Jacques Cettolo. En plus de cinq décennies, son coeur de métier, la cartographie, a évolué au rythme des progrès de l’informatique et Parera est spécialiste de la Geo Data Intelligence. Elle met aujourd’hui son expertise au service des collectivités, des gestionnaires de réseaux, des acteurs du BTP, des infrastructures et de transports afin de récolter des données et leur permettre d’optimiser leurs activités.
A l’international, le groupe concentre son développement sur l’Afrique, où la Geo Data Intelligence est en plein essor, notamment grâce au soutien des grands bailleurs de fonds internationaux. Déjà présent au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Maroc, au Bénin et au Mozambique, le groupe étudie actuellement de nouvelles opportunités sur le continent autour de projets combinant foncier, topographie, systèmes d’information géographique, données massives et relevés aériens. Forte de ces perspectives, l’ETI vise une part de son chiffre d’affaires à l’international de 40 % à l’horizon 2030.
Autres finalistes :
Figeac Aero
Maf Roda Agrobotic
Innovation : Genoskin (Toulouse, Haute-Garonne)

Cette biotech toulousaine de 40 personnes permet aux industries biotechnologique, pharmaceutique et cosmétique de générer des données humaines avant les essais cliniques grâce à des tests réalisés ex vivo sur des peaux humaines collectées lors de chirurgies. Une technologie qui réduit les coûts, la durée et les risques inhérents au développement des médicaments. Et évite les tests sur les animaux.
Créée en 2011, l’entreprise ouvre en 2018 un laboratoire à Salem, près de Boston. Elle est présente en Europe et en Asie, région où elle souhaite se développer dans les prochains mois, et travaille actuellement à son organisation internationale autour de trois pôles : Toulouse pour l’Europe, Boston pour l’Amérique du Nord et la Thaïlande pour l’Asie. De quoi booster son chiffre d’affaires à l’international qui représente déjà 95 % de son activité (6 millions d’euros de chiffre d’affaires au total).
Autres finalistes :
Cilcare
One Stock
PME : Celso (Bressols, Tarn-et-Garonne)

Ce fabricant de pièces techniques en mousse pour l’aéronautique, mais aussi le sport et la puériculture, fournit en sièges les grands noms du secteur : Airbus, Boeing ou encore Bombardier avec lequel il a conclu un contrat sur 50 ans. Installé à Bressols, près de Montauban, il réalise un chiffre d’affaires de 10,8 millions d’euros dont 60 % à l’export.
Cette réussite est le fruit d’une conviction acquise par Agnès Timbre-Saunière, sa directrice générale, lors du rachat de l’entreprise à son père en 2006 : « J’ai vite compris que le marché français était limité et qu’avec des produits techniques, il faut aller à l’étranger ». Un pari gagnant pour cette PME de 80 personnes, qui a investi 5 millions d’euros dans le doublement de la surface de son site de production afin de répondre à la demande. Un projet qui va de pair avec le passage de relais à la nouvelle génération. La dirigeante prépare en effet son fils Aurélien à prendre sa suite. Et reprendre le flambeau de l’export.
Autres finalistes :
Néotec
NTD France
Startup : Nanomade (Toulouse, Haute-Garonne)

Les capteurs de déformation quantiques ultrafins et flexibles conçus par cette jeune pousse toulousaine rendent n’importe quelle surface interactive, y compris le métal. Cette innovation a déjà séduit des grands noms de l’industrie française comme Valeo et Safran et mise fortement sur l’international pour se développer.
Née en 2019, elle s’est constitué un réseau de distributeurs et d’intégrateurs locaux sur trois continents : en Europe (Allemagne, Royaume-Uni), en Asie (Japon, Singapour, Chine, Taïwan et Corée du Sud) et en Amérique du Nord (États-Unis).
Si son chiffre d’affaires peut paraître encore modeste (289 000 euros en 2025), l’international booste sa croissance : sa part à l’international s’est ainsi envolée de 60 % en 2024 et de 80 % en 2025 pour atteindre 85 % de son activité totale. Et la jeune pousse de 23 personnes ne compte pas en rester là : grâce à de nouvelles applications de sa technologie, elle développe cette année son offre au secteur de la robotique, actuellement en plein essor.
Autres finalistes :
Ascendance
Beyond Aero
Sophie Creusillet
