Jordanie

Économie

Dernière mise à jour : avril 2026

Informations pays

Capitale : Amman

Devise : Le dinar jordanien (JOD), arrimé au dollar américain.

Population : 11,55 millions d’habitants (2024, Banque mondiale)

PIB nominal : 53,35 milliards USD en 2024 (Banque mondiale) ; 56,16 milliards USD en 2025 (FMI)

Taux de croissance du PIB réel : 2026 : +2,9 % (prévision FMI) ; 2025 : +2,7 % (FMI) ; 2024 : +2,5 % (réalisé, FMI)

Inflation (IPC) : sous les 2 % en 2025 ; 2024 : +2,1 % ; prévision 2026 : +2,4 % (FMI)

Taux de chômage : 21,4 % en moyenne en 2024 (Département des statistiques jordanien — DoS) ; le chômage touche environ un jeune sur deux et près d’un tiers des femmes

Solde budgétaire (dons inclus / hors dons) : 2024 : -5,9 % du PIB dons inclus (-7,6 % hors dons) ; 2025 : -5,3 % dons inclus (-7,0 % hors dons) (DG Trésor)

Dette publique : 106,1 % du PIB en 2024 ; estimée à 108,6 % du PIB en 2025 en couverture large — soit respectivement 82,1 % et 83,4 % du PIB hors dette détenue par le fonds d’investissement de la Sécurité sociale (DG Trésor)

Solde du compte courant : -5,8 % du PIB en 2024 ; -5,1 % du PIB en 2025 (DG Trésor)

Réserves de change : plus de 24 Mds USD en novembre 2025, couvrant plus de 8 mois d’importations (Banque centrale de Jordanie / DG Trésor)

Revenu national brut par habitant (PPA, USD courants) : 10 290 USD en 2023 (Banque mondiale) ; PIB par habitant PPA : 10 821 USD en 2024 (Banque mondiale)

Sources : FMI (2025-2026), Banque mondiale (2024), DG Trésor (janvier 2026).

Conjoncture

Structure de l’économie

La Jordanie est un pays à revenu intermédiaire de près de 11,6 millions d’habitants, pour un PIB nominal de 53,4 Mds USD en 2024. Le textile et les engrais constituent respectivement les deux premières exportations du Royaume. Le secteur minier enregistre également de bonnes performances : le phosphate est le 5e poste à l’export, la potasse le 6e. Quant à l’agriculture, qui consomme la moitié des ressources en eau du pays, elle ne contribue qu’à environ 5 % du PIB. L’industrie manufacturière (engrais, textiles, pharmaceutiques, composants électroniques) représente environ 17 % du PIB, soutenue par le dynamisme de ses principaux marchés d’exportation : États-Unis, Inde, Arabie Saoudite. Le tourisme représentait environ 15 % du PIB en 2023, avant les perturbations liées au conflit régional. Les envois de fonds des travailleurs jordaniens à l’étranger, en particulier du Golfe, constituent l’autre pilier du financement extérieur.

Croissance et dynamique conjoncturelle

La croissance, positive à 2,5 % en 2024, demeure atone et insuffisante pour réduire significativement le taux de chômage ou rétablir les équilibres budgétaires. La croissance a accéléré à 2,7 % au premier semestre 2025 et devrait atteindre 3 % à moyen terme, portée par de grands projets d’investissement, un approfondissement de l’intégration régionale et la mise en œuvre de réformes structurelles. Le FMI projette une croissance de +2,9 % pour 2026.

Au premier trimestre 2025, l’agriculture a enregistré la plus forte croissance sectorielle (+8,1 %), suivie de l’électricité et de l’eau (+5,8 %) et de l’industrie manufacturière (+5,1 %). Ce dernier secteur a contribué le plus à la croissance globale. Un regain d’investissement est attendu, notamment dans les infrastructures (énergie, transport, désalinisation), porté par les monarchies du Golfe, à l’image des Émirats arabes unis, engagés dans le projet de ligne ferroviaire à 2,3 Mds USD reliant le port d’Aqaba aux mines de potasse et de phosphate.

Finances publiques et dette

La loi de finances 2026 prévoit un léger resserrement du déficit public par rapport à celle de 2025 : le solde public hors dons est prévu à -6,2 % du PIB (-6,8 % en 2025), et à -4,6 % dons inclus (-5,2 % en 2025). Les besoins de financement de la Jordanie continuent cependant d’augmenter (+10,7 %) pour s’établir à 9,8 Mds JOD (13,8 Mds USD). Les autorités se sont engagées à ramener la dette publique à 80 % du PIB d’ici 2028 par une consolidation budgétaire graduelle, tout en préservant les dépenses sociales et de développement. La Jordanie fait face à des besoins de financement importants (2,6 Mds USD en 2024), mais garde le soutien des bailleurs et la confiance des marchés, comme en témoignent des spreads souverains historiquement bas (moins de 200 pb).

Équilibres extérieurs

Le solde courant, structurellement déficitaire, est tributaire du commerce, du tourisme, des envois de fonds de la diaspora et des IDE. L’impact des conflits régionaux depuis octobre 2023 a pesé lourdement sur ces variables, même si le déficit courant s’est réduit de 5,8 % du PIB en 2024 à 5,1 % du PIB en 2025. Les bonnes performances des exportations vers la Syrie et l’Irak (+414 % et +16 % sur les neuf premiers mois de 2025) et la robustesse des recettes touristiques (+7 %) ont contribué à ce redressement.

L’effet de la hausse des droits de douane américains (passage de 10 à 15 %) reste contenu et devrait même améliorer la compétitivité des exportations jordaniennes face à ses principaux concurrents commerciaux, soumis à des taux plus élevés (supérieurs à 30 %). Les États-Unis demeurent le premier marché d’exportation jordanien, et la Jordanie dispose d’un accord de libre-échange avec Washington depuis 2001.

Programme FMI et soutien international

La Jordanie est sous programme FMI depuis plus de dix ans. Un nouveau mécanisme de facilité élargie de crédit (EFF) de 1,2 Md USD sur quatre ans a été adopté en janvier 2024, dont la quatrième revue a été approuvée en décembre 2025. Un nouveau programme de 700 M USD, la Resilience and Sustainability Facility (RSF), a également été accordé par le FMI en 2025. La Jordanie bénéficie par ailleurs du soutien inconditionnel des pays du Golfe et des États-Unis, qui fournissent 1,45 Md USD d’aide budgétaire et militaire par an dans le cadre d’un accord couvrant la période 2023-2029.

Marché du travail et défis structurels

Le taux de chômage s’est établi à 21,4 % en moyenne en 2024 (DoS), affectant plus particulièrement les jeunes (environ un sur deux sans emploi) et les femmes (près d’un tiers au chômage). Le taux de participation au marché du travail formel est très faible (34,1 % en 2024 ; 14,9 % pour les femmes), et l’emploi informel représente 45 % des salariés. Le PIB par habitant est en recul tendanciel depuis une vingtaine d’années.

Le gouvernement a introduit la nouvelle « Economic Modernisation Vision 2033 » pour corriger les lacunes de l’administration publique et les contraintes à l’environnement des affaires, avec pour ambition d’attirer davantage d’IDE, de stimuler la croissance et de créer des emplois dans le secteur privé.

⚠ Point d’attention : Les crises successives de cette dernière décennie — printemps arabes, conflit en Syrie, instabilité irakienne, pandémie, guerres en Ukraine, à Gaza, au Liban et entre Israël et l’Iran — constituent autant de poids supplémentaires, empêchant le traitement des défis structurels internes auxquels fait face le Royaume hachémite. Les tensions sont vives à Amman : des responsables politiques ont déclaré que l’annexion de la Cisjordanie par Israël serait assimilée à une déclaration de guerre, et l’armée jordanienne réactive en 2026 le service national obligatoire pour la première fois depuis trois décennies. En avril 2025, le gouvernement jordanien a annoncé l’interdiction totale des Frères musulmans, après l’arrestation de membres du mouvement soupçonnés d’avoir acquis et fabriqué des armes et coordonné leurs activités avec des groupes au Liban. Ces évolutions géopolitiques et sécuritaires, si elles venaient à s’aggraver, pourraient peser sur le tourisme, les IDE et la stabilité macroéconomique.

Points de vigilance

Vulnérabilité à l’environnement régional : la poursuite et l’extension des conflits régionaux pèsent sur la croissance jordanienne et affectent les finances publiques. La dépendance vis-à-vis du tourisme (environ 15 % du PIB) et des remises de la diaspora expose le pays à des chocs extérieurs brutaux.

Dette publique élevée : la dette publique s’établit à plus de 100 % du PIB en 2026 en couverture consolidée ; l’objectif de la ramener à 80 % du PIB d’ici 2028 (hors dette de la Sécurité sociale) suppose une consolidation budgétaire soutenue sur plusieurs exercices.

Chômage structurel : avec un taux de chômage dépassant 21 % et une participation au marché du travail très faible, la demande intérieure reste contrainte et le risque social élevé.

Dépendance à l’aide extérieure : avec peu de ressources naturelles et une base industrielle limitée, l’économie jordanienne est fortement dépendante de l’aide extérieure, du tourisme, des rapatriements de fonds et des services. Tout fléchissement du soutien américain ou des pays du Golfe fragiliserait immédiatement l’équilibre budgétaire.

Tarifs douaniers américains : la hausse des droits de douane américains reste contenue pour la Jordanie grâce à son accord de libre-échange avec les États-Unis, et s’avère même relative ment avantageuse face à des concurrents soumis à des taux bien plus élevés. Le risque d’un durcissement ou d’une remise en cause de l’accord demeure un facteur de surveillance.

Sources : FMI – Jordan country page (2026), FMI – 4e revue EFF / 1re revue RSF (décembre 2025), Banque mondiale – Données Jordanie (2024), DG Trésor – Indicateurs et conjoncture Jordanie (janvier 2026), DG Trésor – Budget 2026 de la Jordanie (février 2026), Banque mondiale – Perspectives macro Jordanie (2025), Trading Economics – RNB/hab PPA Jordanie (2023)

Commerce extérieur

Dernière mise à jour : avril 2026

Population (millions, 2025) : 11,9

Taux de croissance du PIB réel : 2025 : 2,7 % (estim.) ; 2024 : 2,5 %

Revenu national/hab. en parité de pouvoir d’achat (USD, 2025) : 4 908

Échanges de marchandises (2024, Md USD, évolution sur 2023) : Export : 13,3 (+5,8 %) Import : 26,9 (+4,5 %)

Cinq premiers fournisseurs (avec part de marché en 2024) : 1 – Chine 19 % 2 – Arabie saoudite 15,2 % 3 – États-Unis 7 % 4 – Émirats arabes unis 4,7 % 5 – Allemagne 3,5 %

Exportations françaises 2024 : env. 0,307 Md EUR, -11,8 %

Indice de perception de la corruption (2025) : score 50/100 – rang 56/182

⚠ Point d’attention : Si les exportations jordaniennes vers la Syrie et l’Irak affichent de fortes progressions en 2025 (+414 % et +16 % sur les neuf premiers mois), la hausse des droits de douane américains (passage de 10 à 15 %) reste un facteur de surveillance, bien que son impact soit jugé limité par la DG Trésor, la Jordanie bénéficiant d’une compétitivité améliorée par rapport à ses concurrents soumis à des taux supérieurs à 30 %.

Sources : FMI – World Economic Outlook (2025), DG Trésor – Jordanie, indicateurs et conjoncture (janv. 2026), DG Trésor – Commerce extérieur Jordanie (juin 2025), U.S. International Trade Administration – Jordan Market Overview (févr. 2026), Transparency International – CPI 2025

Risques et paiements

Dernière mise à jour : avril 2026 Appréciation du credit manager Moci Risque pays : moyen à surveiller Risque client : moyen, avec tendance à la dégradation ⚠ Point d’attention : Dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026, les États-Unis et Israël ont mené une offensive militaire conjointe d...


Mobilité

Dernière mise à jour : avril 2026

⚠ Point d’attention : La riposte iranienne à la suite de l’opération militaire américano-israélienne de fin février 2026 a inclus des frappes de drones et missiles balistiques ciblant des bases militaires américaines situées en Jordanie. Des missiles et des drones ont frappé un camp militaire de la Bundeswehr situé dans l’est de la Jordanie, où un soldat américain a été blessé. Le gouvernement canadien déconseille tout voyage non essentiel en Jordanie en raison du risque de chute de débris militaires provenant de projectiles interceptés, de fermeture de l’espace aérien et du regain de tensions régionales. L’Ambassade de France en Jordanie recommande à ses ressortissants de rester joignables, de se signaler à l’ambassade en cas de difficulté, et d’être attentifs aux sirènes d’alerte pouvant être déclenchées par les autorités jordaniennes en cas de survols par des aéronefs hostiles. La situation évolue rapidement — consulter impérativement diplomatie.gouv.fr avant tout déplacement.

S’y rendre

Formalités d’entrée

Un visa est obligatoire pour se rendre en Jordanie. Il est possible d’obtenir un visa d’un mois pour une seule entrée aux aéroports d’Amman et d’Aqaba, ainsi qu’aux postes frontières maritimes et terrestres (pont Sheikh Hussein au nord et poste frontière de Wadi Araba au sud). Le poste frontière du pont King Hussein (Allenby) a suspendu la délivrance de visa jusqu’à nouvel ordre. Le coût d’un visa simple entrée est de 40 JOD (environ 56 USD).

Les ressortissants français peuvent également obtenir un e-Visa en ligne. Plusieurs formules sont disponibles : e-Visa 3 mois simple entrée (90 jours de séjour), e-Visa 3 mois doubles entrées, e-Visa 6 mois multiples entrées, et e-Visa 1 an multiples entrées.

Les touristes achetant un « Jordan Pass » via le site dédié bénéficient d’un visa d’entrée gratuit ainsi que de la gratuité d’accès à 43 sites touristiques jordaniens, à condition de séjourner au moins 3 nuits en Jordanie. Les touristes voyageant en Jordanie en groupe (minimum 5 personnes, pour deux nuits au minimum) dans le cadre d’un voyage impliquant une agence de voyage jordanienne bénéficient également d’un visa gratuit, à condition d’être accueillis par cette agence à l’aéroport.

Depuis le 1er octobre 2025, la Jordanie impose une obligation d’enregistrement pour les étrangers séjournant plus de 14 jours dans le pays, y compris pour les détenteurs de visa touristique. À défaut, une amende de 200 JOD est appliquée. Les titulaires d’un visa de transit, d’un visa Hadj ou du Jordan Pass sont exemptés de cette obligation.

Lors de la sortie du territoire jordanien, une taxe de départ de 8 JOD est demandée aux passages aux frontières, sauf dans les aéroports.

Frontières et déplacements régionaux

Il est formellement recommandé aux ressortissants français de ne pas se rendre en Israël et en Palestine, sauf pour des raisons impératives. Les passages frontaliers (pont King Hussein/Allenby, Aqaba/Eilat et Sheikh Hussein) peuvent faire l’objet de restrictions diverses et sont susceptibles d’être fermés sans préavis. Compte tenu du contexte régional et du durcissement des mesures de sécurité, les voyages combinant plusieurs pays de la sous-région sont déconseillés ; les voyages en groupe sont à privilégier pour le passage de la frontière terrestre entre la Jordanie et Israël, les voyageurs isolés s’exposant à des vérifications approfondies.

Les tensions régionales sont vives. Des restrictions dans le trafic touristique ne peuvent être exclues (fermeture temporaire de l’espace aérien, vols retardés ou annulés, etc.). L’espace aérien jordanien est actuellement ouvert, mais il pourrait fermer sans préavis et les vols pourraient être perturbés.

Sécurité sur place

Situation générale

Selon le Global Peace Index 2025 (Institute for Economics & Peace), la Jordanie se classe au 72e rang mondial sur 163 pays, avec un score de 1,957 — en légère baisse de 2 places par rapport à l’édition précédente. Ce classement place le royaume parmi les pays les plus stables de la région, mais la dégradation tendancielle du contexte régional pèse sur cet indicateur.

Le Royaume hachémite de Jordanie, pôle de stabilité dans une région traversée par les crises, n’est cependant pas à l’abri de troubles, en particulier du risque terroriste. Malgré des mesures de sécurité renforcées, il existe un risque d’actes terroristes sur l’ensemble du territoire.

Zones à risques et recommandations

Les autorités françaises déconseillent la ville de Ma’an en raison de tensions locales récurrentes, la bande de territoire aux abords de la zone rouge, et la zone frontalière avec les territoires palestiniens. La situation incertaine et instable dans les pays voisins provoque des tensions dans la région frontalière avec l’Irak et la Syrie, dont certaines zones sont des zones militaires interdites.

Il est recommandé, lors des déplacements en Jordanie, de faire preuve d’une vigilance renforcée, ce qui implique notamment de se tenir absolument à l’écart de toute manifestation ou rassemblement, de se tenir régulièrement informé de la situation et de suivre les recommandations des autorités locales. Des manifestations, des protestations et des grèves peuvent avoir lieu, notamment dans la capitale Amman, en raison de problèmes socio-économiques et politiques internes ; elles se déroulent généralement de manière pacifique, mais il faut s’attendre à des perturbations du trafic et à des barrages routiers.

Les actes de violence contre les touristes sont très rares et la criminalité de droit commun reste relativement faible. Les principales zones touristiques telles que Petra, Wadi Rum, la mer Morte, Aqaba ou encore Amman sont bien encadrées sur le plan sécuritaire.

Cadre légal et comportements à risque

Les infractions à la loi sur les stupéfiants, y compris la détention de minimes quantités de drogue, sont passibles de lourdes peines de détention pouvant aller jusqu’à la perpétuité, parfois assorties de travaux forcés. Les personnes étrangères impliquées dans une procédure judiciaire ne sont pas autorisées à quitter la Jordanie pendant l’enquête ou le procès ; les procédures peuvent s’étendre sur plusieurs mois.

Les conducteurs impliqués dans un accident de la route ayant fait des blessés ou des victimes sont généralement détenus provisoirement jusqu’à ce que la question de la responsabilité soit clarifiée. La discrétion, y compris vestimentaire, doit être de mise aux abords des mosquées, notamment lors des rassemblements pour la prière du vendredi.

Vivre et travailler en Jordanie

Présence française

L’ambassade de France en Jordanie est la représentation diplomatique de la République française auprès du Royaume hachémite. Elle est située à Amman et son ambassadeur est M. Franck Gellet depuis septembre 2025. En cas d’urgence, l’ambassade de France dispose d’une cellule de réponse téléphonique au +962 6 460 46 31. Les Français de passage sont invités à s’inscrire sur le service Fil d’Ariane.

Coût de la vie

En 2026, le coût de la vie en Jordanie est en moyenne 24 % inférieur à celui de la France. La restauration est environ 31 % moins chère, l’alimentation en supermarché 49 % moins chère, et les transports 20 % moins chers. Le coût de la vie en Jordanie est en moyenne 43,7 % inférieur à celui des États-Unis, ce qui offre un pouvoir d’achat intéressant pour les expatriés à rémunération internationale. Cependant, Amman figure parmi les villes arabes les plus onéreuses, avec un score de 39,6 points selon l’indice Numbeo 2025.

À titre indicatif : les hôtels de milieu de gamme tournent autour de 40 à 80 JOD (50 à 100 €) selon la saison, tandis que les établissements de luxe à Amman ou près de la mer Morte peuvent dépasser 150 JOD la chambre. Les taxis locaux sont abordables (1 à 5 JOD pour un trajet court en ville) et les bus longue distance de la compagnie JETT coûtent environ 10 JOD pour relier Amman à Petra.

Travailler en Jordanie : permis de travail et résidence

Tout non-Jordanien souhaitant travailler doit obtenir un permis de travail porté par l’employeur local, dûment enregistré auprès du ministère du Travail. L’employeur dépose la demande accompagnée d’un test du marché du travail prouvant qu’aucun Jordanien n’est disponible pour le poste. Ce système de « sponsorship » (Kafala) lie fortement le salarié à son entreprise : changement d’emploi, départ anticipé ou perte du travail ont des conséquences directes sur le droit au séjour.

Le coût du permis de travail pour un non-Arab s’élève à 300 JOD dans la plupart des secteurs (180 JOD pour un travailleur arabe). Le renouvellement coûte entre 150 et 175 JOD. Le ministère du Travail permet aux étrangers qualifiés d’obtenir un permis spécifique lorsque le profil recherché est absent du marché local ; ce permis est valable un an avec possibilité de renouvellement.

Au 1er mai 2025, le salaire moyen en Jordanie est de 890 USD (environ 450 à 500 JOD). Le taux de participation au marché du travail est très faible (34,1 % en 2024, dont 14,9 % pour les femmes). L’emploi informel représente 53,2 % de l’emploi total, et le taux d’emploi global a reculé de 26,8 % au T4 2024 à 25,9 % au T1 2025.

Les expatriés occidentaux sont recherchés dans l’ingénierie, la finance, les médias et l’éducation. Les énergies renouvelables constituent également un secteur en développement, susceptible d’accueillir des cadres internationaux. La Jordanie ne dispose pas de visa « nomade digital » ni de programme formalisé pour télétravailleurs ; travailler depuis le pays tout en facturant des clients étrangers reste une zone grise, tolérée jusqu’à un certain point mais non encadrée juridiquement.

Conseils pratiques

Inscription administrative : Depuis le 1er octobre 2025, tout étranger séjournant plus de 14 jours doit s’enregistrer auprès des autorités locales. Toujours se munir de ses papiers d’identité lors des déplacements.

Santé : La Jordanie dispose de bons services médicaux, mais mieux vaut être couvert en cas d’imprévu. Une assurance incluant le rapatriement sanitaire est fortement recommandée.

Transports : Les principaux risques au quotidien sont davantage liés à la circulation routière, parfois dense et moins réglementée qu’en Europe en cas de location de véhicule.

Accès internet : L’accès à internet n’est pas garanti en continu ni partout dans le pays.

Postures culturelles : Adapter son comportement et sa tenue vestimentaire aux us et coutumes locaux ; des prescriptions particulières sont à observer durant la période du Ramadan et dans les endroits religieux.

Banque : Le secteur bancaire jordanien est développé et régulé par la Banque centrale. Il comprend 28 banques commerciales, avec des acteurs locaux majeurs (Arab Bank, Bank of Jordan…) et plusieurs banques étrangères (Société Générale, Citi…). Les services de banque islamique coexistent avec les offres classiques.

Chiffres clés

Global Peace Index 2025 : 72e rang sur 163 pays, score 1,957 (Vision of Humanity, 2025)

Coût de la vie (2026) : 24 % inférieur à la France en moyenne (Numbeo / Où et Quand, 2026)

Salaire moyen (2025) : environ 890 USD/mois (expat.com, données mai 2025)

Visa touriste : 40 JOD (visa simple entrée)

Ambassade de France : 40 rue Al-Mutanabbi, Jabal Amman — Tél. : +962 6 460 46 30 — Urgences : +962 6 460 46 31jo.ambafrance.org

Ambassade de Jordanie en France : 80 boulevard Maurice Barrès, 92200 Neuilly-sur-Seine — Tél. : 01 55 62 00 00

Sources : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères – Conseils aux voyageurs Jordanie (avril 2026), France Diplomatie – Entrée/séjour Jordanie (2026), Ambassade de France en Jordanie (2026), Global Peace Index 2025 – Institute for Economics & Peace, Numbeo – Coût de la vie Amman (mars 2026), Où et Quand – Budget Jordanie (2026), Expat.com – Vivre en Jordanie (2025), Gouvernement du Canada – Conseils aux voyageurs Jordanie (2026), Guide expatriation Jordanie (janvier 2026)

Contacts

Dernière mise à jour : avril 2026

⚠ Point d’attention : L’Ambassade de France à Amman invite les ressortissants français résidents ou de passage en Jordanie à faire preuve d’une vigilance renforcée en raison de la situation régionale actuelle. L’ambassade relaie les instructions des autorités jordaniennes pour les cas de chute de missile ou de drone.

Les acteurs publics

AMBASSADE DE FRANCE EN JORDANIE
Représentation diplomatique de la République française auprès du Royaume hachémite de Jordanie, située à Amman. Son ambassadeur est M. Franck Gellet depuis septembre 2025.
Adresse : 40, Al-Mutanabbi Street – Jabal Amman, PO Box 5348, Amman, Jordanie
Tél. : +962 6 460 46 30
Urgences : +962 777 636 065
Email : amman-amba[at]diplomatie.gouv.fr
Site : https://jo.ambafrance.org

SERVICE ÉCONOMIQUE DE LA DG TRÉSOR – AMMAN
Le Service économique d’Amman assure le suivi de la situation macroéconomique et financière de la Jordanie et appuie les entreprises françaises auprès des décideurs locaux dans le cadre de grands projets et des démarches d’investissement.
Adresse : 40 Al Mutanabbi Street – Jabal Amman, PO Box 5348, 11183 Amman, Jordanie
Tél. : +962 (0)6 4604 750
Email : amman[at]dgtresor.gouv.fr
Horaires : Dimanche à mercredi 8h15–16h45 ; jeudi 8h15–14h15
Site : https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/JO

BUSINESS FRANCE MOYEN-ORIENT (hub Dubaï – couverture Jordanie)
Business France Middle East est basé à Dubaï et couvre notamment la Jordanie. L’agence organise des événements professionnels, facilite les opportunités d’affaires pour les entreprises françaises et accompagne les investisseurs du Moyen-Orient souhaitant s’implanter en France.
Adresse : Al Habtoor Business Tower, 24th Floor, Dubai Marina, P.O. Box 3314, Dubaï – Émirats arabes unis
Tél. : +971 (0)4 408 49 50
Email : dubai[at]businessfrance.fr
Site : https://world.businessfrance.fr/middle-east/

Les acteurs privés

CCI FRANCE JORDANIE – CAFRAJ
La CCI France Jordanie – CAFRAJ (Chambre de commerce et d’industrie franco-jordanienne) a été fondée en 1998 et est affiliée depuis 2002 au réseau CCI France International. Elle représente la France, premier investisseur non arabe en Jordanie, et accompagne les entreprises membres dans le développement de la coopération commerciale et économique franco-jordanienne.
Adresse : 3, Abdul Muneim Rifai Street, P.O. Box 840152, Amman 11180, Jordanie
Tél. : +962 (06) 463 30 91
Email : [email protected]
Site : https://www.cafraj.com

Avocats d’affaires francophones

ICLC – INTERNATIONAL CONSOLIDATED FOR LEGAL CONSULTATIONS
ICLC est l’un des premiers cabinets d’avocats en Jordanie à conseiller ses clients en langue française, en plus de l’arabe et de l’anglais, et entretient des relations étroites avec des cabinets internationaux de renom. Le cabinet intervient notamment en droit pétrolier et énergétique, droit bancaire, pharmacie, maritime, contrats de construction, investissement et arbitrage international. Son fondateur, le Professeur George Hazboun, est titulaire d’un doctorat en droit de l’Université de Bordeaux.
Adresse : 107 Wadi Saqra-Arar Street, City Plaza Commercial Complex, 4th Floor (No. 43), Amman, Jordanie
Tél. : +962 6 4630072 / +962 6 4622000
Email : [email protected]
Site : https://www.iclc-law.com

SIMON ASSOCIÉS – DESK JORDANIE
Afin de mieux répondre aux besoins de ses clients sur le marché jordanien, Simon Associés a développé des relations avec des partenaires économiques et juridiques reconnus dans le pays. Cabinet français d’affaires couvrant le Moyen-Orient depuis Paris.
Site : https://simonassocies.com/en/middle-east/

Pour une liste de notoriété actualisée des avocats référencés par l’ambassade de France en Jordanie (mise à jour : octobre 2025) :
https://jo.ambafrance.org/Liste-de-notoriete-avocats

Sources d’information internet

Logistique & Douane

Dernière mise à jour : avril 2026

Commerce transfrontalier et logistique

Indicateurs de performance logistique (LPI 2023)

Le Doing Business de la Banque mondiale, dont la publication a été définitivement arrêtée en septembre 2021, est remplacé progressivement par le programme B-READY (Business Ready). La version 2025 de B-READY, édition intérimaire, couvre 101 économies représentant tous les niveaux de revenus et toutes les régions du monde. Une expansion supplémentaire est prévue pour couvrir plus de 160 économies en 2026. La Jordanie ne figurant pas encore parmi les économies publiées dans les éditions disponibles (2024 et 2025), la référence la plus pertinente pour évaluer la performance logistique du pays demeure l’Indice de performance logistique (LPI) de la Banque mondiale.

Le LPI est un outil d’analyse comparatif conçu pour aider les pays à identifier les défis et opportunités liés à leur performance en matière de logistique commerciale. L’édition 2023, la plus récente disponible, couvre 139 pays. Il agrège les scores obtenus par chaque pays sur six dimensions clés : performance douanière, qualité des infrastructures, facilité d’organisation des expéditions, qualité des services logistiques, traçabilité des envois et ponctualité des livraisons. L’édition 2023 mesure pour la première fois la vitesse des échanges commerciaux grâce à des indicateurs issus de mégadonnées de suivi des expéditions.

Les données spécifiques à la Jordanie dans le LPI 2023 ne sont pas accessibles en format agrégé dans les résultats disponibles (chiffre le plus récent disponible : LPI 2018). Pour consulter le score et le rang de la Jordanie, se référer directement à l’outil interactif de la Banque mondiale : lpi.worldbank.org.

Ouverture commerciale — Heritage Foundation 2026

Dans l’Index of Economic Freedom 2026 de la Heritage Foundation, la Jordanie se classe au 9e rang dans la région Moyen-Orient/Afrique du Nord, derrière les Émirats arabes unis, le Qatar, Oman, Israël, Bahreïn, l’Arabie saoudite, le Maroc et le Koweït. Les scores de l’édition 2026 sont généralement fondés sur des données couvrant le second semestre 2024 et le premier semestre 2025.

Port d’Aqaba : seul débouché maritime, en forte croissance

Le port d’Aqaba abrite l’Aqaba Container Terminal (ACT), seul terminal à conteneurs de Jordanie et deuxième installation la plus active de la mer Rouge en volume de conteneurs. L’ACT constitue un hub logistique majeur et un pilier essentiel de l’économie jordanienne. Le port d’Aqaba traite 80 % des exportations et 65 % des importations jordaniennes.

L’ACT a traité 494 navires en 2024, enregistrant une hausse de 49 % par rapport à l’année précédente, avec un volume total de 848 000 conteneurs. Au premier semestre 2025, l’ACT a géré 468 062 TEUs, soit une augmentation de 24 % par rapport aux 377 456 TEUs traités sur la même période de 2024. L’ACT a conclu l’année 2025 en consolidant sa position de hub logistique régional de référence, notamment grâce au lancement de la coopération Gemini, réseau mondial de transport maritime formé par Maersk et Hapag-Lloyd, qui a renforcé la connectivité de la Jordanie avec les marchés mondiaux.

La légère baisse du trafic importé enregistrée en 2024 (-4 % à 427 000 conteneurs) a été attribuée par le président de la Jordan Logistics Association à l’instabilité en mer Rouge et aux répercussions du conflit à Gaza. Le redressement spectaculaire de 2025 confirme la résilience de la plateforme.

Un projet de ligne ferroviaire dédiée au fret entre Aqaba et Ma’an est en cours d’élaboration, visant à détourner les poids lourds des axes routiers clés, réduire la consommation de carburant et permettre des trains de 25 wagons pour le transport de minerais et de conteneurs.

Procédures douanières

La Jordanie utilise le système du document administratif unique (SAD) pour les déclarations d’importation. La déclaration est soumise directement par l’importateur ou l’agent agréé via le système Asycuda. Ce système valide l’entrée, attribue un numéro d’enregistrement et oriente la marchandise selon un circuit vert (aucune inspection), orange (contrôle documentaire) ou rouge (contrôle documentaire et physique des marchandises).

Les documents requis à l’importation comprennent notamment : un connaissement pour les importations via Aqaba, un certificat de transport aérien ou terrestre selon le mode utilisé, une déclaration de transit arabe pour les marchandises ayant transité par des pays arabes non frontaliers, une facture commerciale détaillée, un certificat d’origine, et une déclaration de valeur au-delà d’un certain seuil. Certains produits — fruits, produits chimiques, médicaments, équipements de télécommunications — requièrent une licence d’importation spécifique.

La Jordanie applique la procédure du document administratif unique, la déclaration étant soumise électroniquement par l’importateur ou l’agent licencié. Toute société commerciale jordanienne ou étrangère doit soit obtenir une carte d’importateur auprès du ministère de l’Industrie et du Commerce, soit acquitter une caution douanière équivalant à 5 % de la valeur des marchandises importées.

La frontière terrestre d’Al-Omari (Karameh), principal poste-frontière avec l’Arabie saoudite, présente des délais d’immobilisation significativement supérieurs à la moyenne du CCG. Le temps d’attente médian à Al-Omari s’établit à environ 22 heures, contre 6 heures en moyenne dans les pays du Golfe.

Zone économique spéciale d’Aqaba (ASEZ)

Depuis 2001, Aqaba bénéficie du statut de zone économique spéciale, offrant notamment l’exonération de droits de douane et d’impôts sur les revenus pour les entreprises de transit et d’exportation. Cette zone représente un atout majeur pour les exportateurs et importateurs souhaitant optimiser leur chaîne logistique régionale.

Un taux zéro de TVA s’applique aux ventes à l’exportation de biens et services, aux zones franches, à la zone économique spéciale d’Aqaba (ASEZ), aux matières premières pour la production pharmaceutique et aux zones de développement.

Points de vigilance

Mer Rouge : Les perturbations liées aux attaques en mer Rouge ont pesé sur le trafic à conteneurs d’Aqaba en 2024, bien que le terminal ait affiché un rebond spectaculaire en 2025 grâce à son inclusion dans le réseau Gemini (Maersk/Hapag-Lloyd).

Dépendance portuaire : L’ACT est le point d’entrée principal du marché jordanien et un nœud de transit crucial pour les marchandises à destination des pays de la région. Tout blocage du détroit de Tiran ou de l’accès au golfe d’Aqaba affecterait directement l’approvisionnement du pays.

Frontières terrestres : La fermeture ou la restriction des routes terrestres vers la Syrie et l’Irak — qui ont connu des perturbations récurrentes depuis 2011 — représente un risque structurel pour les flux de transit régionaux. La réouverture progressive de ces corridors, notamment vers la Syrie post-Assad, constitue un facteur d’évolution à suivre.

Délais aux postes-frontières : Les temps d’immobilisation au poste d’Al-Omari restent nettement supérieurs aux standards régionaux, ce qui génère des coûts logistiques additionnels pour les exportateurs français.

Documentation à l’import : L’exigence de licences d’importation spécifiques pour certaines catégories de produits (produits phytosanitaires, médicaments, télécommunications) peut allonger les délais de dédouanement. Une vérification préalable des requis documentaires est recommandée.

⚠ Point d’attention : Le conflit à Gaza, qui perdure depuis octobre 2023, continue d’affecter l’environnement économique régional jordanien. La guerre en cours a significativement accru les tensions géopolitiques régionales, avec un impact négatif sur la croissance économique, le commerce et l’investissement en Jordanie. Le trafic touristique à Aqaba reste particulièrement affecté, tandis que les routes aériennes vers Israël ont connu des interruptions. Les exportateurs français doivent intégrer ce risque de contexte dans leur planification logistique.

Sources : Banque mondiale – LPI 2023, Banque mondiale – B-READY 2025, Heritage Foundation – Index of Economic Freedom 2026, Hellenic Shipping News – ACT H1 2025, Hellenic Shipping News – ACT 2024, India Shipping News – ACT conteneurs 2024, Objectif Import Export – Réglementations douanières Jordanie, BERD – Stratégie pays Jordanie 2025-2030, Mordor Intelligence – Jordan Freight & Logistics Market (2026)

Actualités : Jordanie

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