Coentreprises : Deux cas à suivre de près : Danone-Wahaha en Chine et TNK-BP en Russie
Ecrit par iverdierDeux affaires sont emblématiques de la difficulté de monter des coentreprises dans des pays tels que la Chine ou la Russie.
Premier cas : celui du groupe français Danone qui s’oppose depuis plus d’un an au groupe chinois Wahaha avec qui il a fondé plusieurs coentreprises. Au centre de la discorde entre les deux groupes figurent une quarantaine de sociétés montées par le patron de Wahaha, Zong Qinghou, qui font concurrence aux coentreprises Wahaha-Danone en exploitant les mêmes produits de la marque chinoise, illégalement selon Danone. Les deux parties ont entamé chacune une série de procédures judiciaires qu’elles ont toutefois suspendues en décembre 2007 pour reprendre des négociations.
Mais les discussions achoppent sur la question du montant du dédommagement que veut obtenir Danone. Dans Les Echos du 21 juillet le conseil juridique de Zong Qinghou a indiqué que Danone réclamait 1,62 milliard d’euros pour sortir de la co-entreprise et que cela « n’était pas acceptable » en précisant que Wahaha accepterait de payer la somme de 294 millions d’euros. L’écart entre les deux sommes est important et le bras de fer risque de continuer un bout de temps. D’autant que le conflit s’enlise avec de nouvelles poursuites de Wahaha contre Danone.
Deuxième cas, celui du groupe pétrolier TNK-BP, détenu pour moitié par la major britannique BP et le consortium russe AAR. Les actionnaires russes de TNK-BP exigent depuis plusieurs semaines le remplacement du PDG, Robert Dudley, qu’ils accusent de partialité à l’égard de BP. Du coup, Robert Dudley n’a pas vu renouveler son contrat de travail qui expirait le 19 juillet. Il n’a plus qu’un visa de transit et a obtenu du service fédéral russe de l’Immigration une prolongation de dix jours, jusqu’au 29 juillet, pour lui permettre de régler la situation.
Robert Dudley obtiendra t-il un nouveau contrat de travail et du même coup un nouveau visa de travail ? Les déboires du PDG de TNK-BP et les difficultés de BP au sein de la coentreprise sont suivis de très près par les investisseurs russes et étrangers pour qui ils servent de baromètre du climat des affaires en Russie. L’Etat russe a affirmé jusqu’ici se tenir à l’écart de l’affaire, alors que toutes sortes de rumeurs courent sur un intérêt supposé des groupes publics russes Gazprom ou Rosneft pour une entrée au capital de TNK-BP.
Pour prolonger : lire les derniers dossiers du magazine sur la Chine : Dix régions où commencer et la Russie : Vendre aux Russes ainsi que la note de blog Bras de fer Chine, Tibet et JO : quelles conséquences pour les entreprises françaises?
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