Energie: Le nucléaire intéresse peu l’Europe et la présidence française n’y changera rien

Ecrit par maubonnet

visuel-nucleaire.jpg A l’occasion d’un dîner-débat sur l’énergie nucléaire, organisé le 24 juin dernier à Paris, par le Club économique franco-allemand (CEFA), Anne Lauvergeon a exprimé son souhait de voir l’Union Européenne s’engager de façon unanime en faveur de l’électricité nucléaire. D’après la présidente du directoire d’Areva, l’hétérogénéité des politiques énergétiques des pays membres de l’UE empêche la mise en place de projets de grande ampleur dans le domaine du nucléaire civil. Ce qui est regrettable selon elle car cette source d’énergie n’est « pas chère » et, surtout, elle n’émet pas de CO². Concrètement, Areva souhaiterait que les formalités administratives associées à la construction de réacteurs soient simplifiées en Europe. Jean-Pol Poncelet, le vice-président d’Areva responsable du développement durable, réclamait ainsi, le 3 juin dernier, au micro du Moci, un dispositif d’ « agréments réciproques ». Avec un tel système, l’autorisation donnée par un des 27 pour la construction ou l’exploitation d’une centrale, par exemple, pourrait valoir dans d’autres pays de l’Union.

Au regret des dirigeants d’Areva, de tels projets ne figurent pas du tout à l’agenda des autorités européennes. Le temps est encore à l’échange de points de vue… ou à un certain lobbying? Ainsi, toutes les personnalités européennes, intéressées de près ou de loin par la question du nucléaire, se sont réunies à Prague, les 22 et 23 mai dernier, pour débattre « sur les avantages et les risques de l’énergie nucléaire » et …pour poser « des jalons pour le travail à accomplir au cours des mois prochains afin d’approfondir encore le débat », comme l’explique la Commission européenne dans un communiqué datant du 22 mai. Ce débat ne devrait pas beaucoup avancer pendant que l’Union Européenne sera présidée par la France, pays pourtant considéré comme le missionnaire de la cause du nucléaire. C’est du moins ce que Jean-Louis Borloo a laissé entendre. Le 25 juin dernier, le ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire a présenté aux médias ses objectifs pour la présidence française de l’UE (du 1er juillet au 31 décembre). Pendant cette conférence, une journaliste lui a demandé si la problématique du nucléaire allait être abordée dans les six prochains mois. Le ministre, qui est apparu surpris par la question, a expliqué que ce sujet, qui relevait des « Etats nations », n’était pas à l’ordre du jour. Dont acte.

Pour prolonger : relire les articles du magazine sur le nucléaire; relire aussi notre article en ligne Présidence française de l’UE : priorité au « paquet climat-énergie » pour Borloo

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