Mainmise sud-coréenne sur le marché des navires de croisière ?
Ecrit par iverdierC’est la question que l’on peut se poser avec l’offensive réussie du sud-coréen STX Group menée pour racheter 39,2 % du groupe européen Aker Yards. Leader de la construction navale en Europe, au coude-à-coude avec l’italien Fincantieri, Aker Yards compte 18 sites dans 8 pays, notamment en France, où il détient 75% des ex-Chantiers de l’Atlantique.
L’opération de rachat de Aker Yards vient de recevoir l’aval de la Commission européenne qui avait ouvert une enquête approfondie pour “apprécier les éventuels effets anticoncurrentiels sur le marché des navires de croisière”. L’annonce de la prise de participation de STX dans Aker Yards avait suscité des remous en France, où les syndicats s’étaient inquiétés pour les emplois en dénonçant un “péril asiatique”, voir à ce sujet la note sur le blogfinance.com. De son côté, le site web MeretMarine se pose la question de savoir pourquoi « aucune solution n’a été dégagée pour repousser le raid sud-coréen sur la construction navale européenne ».
Mais l’offensive de STX Group ne s’arrête pas qu’aux portes de l’Europe. Le groupe sud-coréen, qui est également propriétaire d’un chantier situé en Chine, doit investir 150 millions de dollars au Vietnam. Il a également annoncé son intention de construire un chantier naval d’ici 2011 en Azerbaïdjan, pays qui jusqu’alors ne s’était pas lancé dans cette activité, rapporte La Lettre du Courrier des Pays de l’Est (n°46, mai 2008). STX Group s’associera à deux entreprises locales : Azerbaidjan Investment Co (AIC) et la State Oil Company of Azerbaidjan (Socar). Les trois sociétés devraient investir 430 millions de dollars dans ce projet. Socar détiendra 65 % de la co-entreprise, STX Group 25 % et AIC 10 %.
Rappelons que la Corée du Sud est le premier constructeur naval du monde. Ce pays a vu sa position confortée au cours des dernières années avec des commandes de navires destinés à transporter des matières premières vers la Chine et des produits finis vers le reste du monde.
Pour prolonger : lire l’article en ligne sur l’industrie nautique française et les articles du magazine sur la construction navale
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