Inflation des denrées alimentaires : l’Inde a un autre point de vue
Ecrit par ldupin On se souvient des susceptibilités chinoises très heurtées lors de la crise de la flamme olympique (avril) vis-à-vis des Français. Un second front pourrait-il s’ouvrir avec l’Inde ? Un article du New York Times signé par Heather Timmons (« Food fight has India Criticizing American diets ») le sous-entend, sur le sensible dossier du
prix des matières premières et des denrées alimentaires. Un point important, car chaque jour, des dizaines et des centaines d’entreprises ont à commercer et négocier avec des responsables des pays que nous pointons cordialement (ou pas) du doigt. La moindre des choses est donc d’écouter leur avis et leur réaction, pour comprendre le contexte posé actuellement et savoir s’y adapter.
Heather relate ainsi que de nombreux politiciens, économistes et universitaires indiens commencent à réagir (mal) à l’argumentaire occidental et notamment américain, selon lequel la croissance indienne est responsable de l’inflation des prix vécu dans l’alimentaire. Et le débat tourne un peu, vu de plus haut, à établir « qui est le plus glouton » des deux camps? Pas simple à établir, chacun ayant des arguments et des batteries de chiffres à envoyer à la figure de l’autre.
On passera sur le paradoxe de reprocher, quelque part, à l’Inde et la Chine de se développer trop vite et d’en perturber les marchés dans une logique globale -le libéralisme- qui définit justement le marché comme régulateur absolu. Mais les Indiens sont plus précis que cela dans leurs remarques. Et parfois même, ça tape en-dessous de la ceinture ou plus exactement juste à sa hauteur, celle de la taille. Des officiels indiens pointent par exemple le sur-poids des Américains, dont un simple régime permettrait de nourrir beaucoup de personnes affamés sur le continent africain. Ou mieux : que le coût du traitement de l’obésité aux USA permettrait à lui seul de régler le problème des famines ailleurs dans le monde. Tout n’est pas aussi simple ni manichéen, bien sûr, mais ces arguments font mouche.
La réflexion part aussi sur la comparaison des taux de consommation énergétique entre Etats-Unis et pays émergents. Et là, les organismes internationaux livrent eux-mêmes des données permettant aux Indiens de bouter les accusations américaines : un Américain grillerait ainsi par jour 3770 calories là où un Indien n’en consomme que 2440 (selon la FAO, United Nations Food and Agriculture Organization).
VOTRE AVIS : exportateurs, commerciaux, responsables export, vous avez affronté ou affrontez en Inde, en Chine ou d’autres pays émergents des remarques sur cette question de la responsabilité de l’inflation sur les denrées alimentaires ; voire vous avez perdu des affaires à cause de ce contexte de défiance : merci d’en témoigner dans les commentaires de cette note pour nous raconter vos anecdotes et/ou stratégies de réponse.
Lire aussi : revoir par exemple les notes antérieures du Moci Blog sur le Brésil; sur le soja durable; sur l’inflation en Afrique;
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