Conséquences du différent franco-chinois : où en est-on ?
Ecrit par ldupin
Le moins que l’on puisse dire est que -vu depuis la France- le différent avec la Chine, le “bras de fer” comme on l’a même nommé, semble être quelque peu retombé. Les grands média sont passés à autre chose, et la dimension business des conséquences a été zappée. Seul le quotidien Les Echos a relayé cette réflexion du magazine The Economist, selon laquelle les “flambée de rage” chinoises sont surtout une menace pour… la Chine elle-même. Côté chinois, les journaux semblent être restés discrets sur la question, hormis pour citer (sur le ChinaPost) l’attaque virale du site économique Capital.fr, qui avait mis un sondage en ligne sur le sujet… mais qui remonte à plus d’un mois (un sujet abordé aussi par quelques sites français comme Zataz.com).
Mais hier un reportage tv du magazine d’investigation “66 Minutes” faisait le point sur le dossier du différend franco-chinois né -pour rappel- de la question tibétaine en vue des prochains J.O de Pékin. Le reportage a eu le mérite de montrer plusieurs images explicites sur l’ambiguïté de la situation. Qu’y apprend t-on? Tout d’abord que la tension avait en fait démarré avant cette fameuse journée du 7 avril (défilé musclé de la flamme à Paris). Ensuite que les mouvements de manifestations devant les magasins Carrefour, s’ils ont bien mobilisé une jeunesse énervée, n’ont pas empêché les rayons et les caisses de continuer à être fréquentés… Le boycott est à peine évoqué par les interviewés. On voit ensuite dans ce reportage que depuis lors, les français expatriés là-bas la jouent quand même plutôt profil bas, anticipant plus que se protégeant d’une menace réelle, évitant d’afficher des “signes extérieurs de francitude” si l’on peut dire. Ou comprenant aussi très bien les positions chinoises : un patron français d’une entreprise de peinture de luxe sourit par exemple en roulant dans les rues de Pékin, sur le fait qu’il n’a pas de petit drapeau français posé sur son capot. Il défend les évolutions de la société chinoise qu’il a vues. Bien sûr, il fait chaque jour du business là-bas… ce qui le lie sans doute une peu. Arrivé dans ses bureaux, son adjoint chinois explique dans un français hésitant que la Chine est en effet actuellement dans une position de susceptibilité sur son nationalisme. Manière de dire : “soyez indulgent, on est stressé”, avec cette “china touch” particulière et reconnaissable, mélange de retenue, de politesse et de fermeté.
Autre lieu, autre business montré par le reportage : le cas de ce consultant français vivant en Chine, dont le petit garçon enregistre dans un studio… la chanson d’un hymne (nous disons “un”, car un hymne officiel existe bien par ailleurs) de ces prochains J.O! Tout une symbolique : la France décriée, donne sa voix innocente aux J.O chinois, et fait des affaires au passage. Le papa explique à la caméra son malaise actuel, pris dans la tourmente de l’affaire. Mais l’enregistrement se poursuit cependant sans problème dans le studio, avec aux commandes des platines un chinois tout sourire dehors devant les vocalises du petit chérubin français.
[RAPPEL, VOTRE AVIS :] exportateur, importateur, expatrié, professionnel en déplacement en Chine, vous rencontrez actuellement des problèmes liés à la situation politique et au dossier des J.O? Témoignez-en dans les commentaires ouverts de cette note, ci-dessous. Le Moci suit ce dossier.
Pour prolonger : relire les notes de blog Bras de fer Chine-Tibet et J.P : quelles conséquences pour les entreprises françaises?, et Boycott des produis français en Chine : prudence…; relire aussi les articles du magazine consacrés à la Chine;
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