Bull et son disque dur Globull : plusieurs révolutions en une
Ecrit par ldupinOn ne l’a pas assez souligné. Mais que le français Bull revienne sur le terrain du « hardware », du matériel informatique, avec son disque dur mobile Globull est déjà en soi une surprise et même une première petite révolution. Car on l’y attendait plus du tout. Ces dernières années, même les spécialistes des questions technologiques étaient parfois surpris de
croiser, sur des salons informatiques majeurs, des stands Bull avec un logo revu et modernisé. “Tiens, ils existent encore! Toujours vivants?“, se laissaient-ils même aller à penser. Non seulement, ils existaient bien encore les ingénieurs et avant-ventes Bull, mais ils mouillaient la chemise sous la direction de poigne de Didier Lamouche (photo ci-contre). Le p-dg a été chargé de relancer la machine, de restructurer, mais aussi de repositionner Bull sur deux domaines complémentaires : les services informatiques et le logiciel libre, en fait de se cantonner au champ des fameux “systèmes d’information” des entreprises. Exit le matériel de type ordinateurs, que la marque a vaillamment fabriqué et vendu jusqu’au début des années 90 face à une âpre concurrence américaine et asiatique… Restèrent en revanche à son catalogue en “dur” les serveurs, des calculateurs à haute performance, les gros systèmes de stockage.
Et puis pan, révolution. Le 15 avril dernier, sortait donc officiellement le « Globull » : un jeu de mot sympa
pour un disque dur mobile au design accrocheur, à la couleur agressive (dan un univers où règle le noir et le gris) qui veut absolument se définir autrement (appréciez l’effort des équipes du marketing), par cette formule périphrase de « coffre-fort numérique de 120 grammes ». Mais rendons à Jules ce qui est à César, ce disque embarque cela dit des utilitaires assez rarement vus dans le domaine : un processeur cryptographique, une authentification forte (par code secret sur écran tactile) et un système logiciel virtualisé. Reste un hic, le prix est loin d’être virtuel lui : 460 euros pour le modèle de base, avec une capacité plutôt modeste de 60 Go (quand la concurrence frise les 200 Go). Ce qui fait cher le mégaoctet de données transportées, surtout en notant au passage que la virtualisation est facturée en option.
Autre révolution notable, de par une stratégie de communication plutôt audacieuse : Bull a en effet carrément lancé un site internet propre pour ce produit, Myglobull.com, nourri d’animations, conçu par des poids lourds (TBWA et l’agence Thalamus). Du jamais vu pour un produit de cette nature. Approche disproportionnée? Le français est peut-être tout simplement malin de tester les méthodes pratiquées depuis plusieurs années sur d’autres appareils nomades : comme les baladeurs multimédia ou les ordinateurs portables. De là à profiter de la mode d’équipement qu’il suscite…
Reste aussi la stratégie commerciale et sa pertinence. Même bardé de protection, un tel disque mobile a t-il une chance de s’imposer sur un marché déjà bien occupé par les Western Digital, LaCie (un autre français), Freecom… Les cadres et responsables en mobilité y seront-ils sensibles (vu le prix élevé) pour compléter ou changer leur équipement personnel? Ou bien alors ce produit sera t-il réservé à une élite de professionnels nomades aux exigences très pointues? On pense par exemple aux responsables informatiques de grands groupes, aux professions financières, ou aux fonctionnaires internationaux… Des “niches” à gros moyens en somme.
[VOTRE AVIS :] si vous avez connu des problèmes de sécurité sur des disques durs mobiles, justifiant d’un tel produit, témoignez-en à la suite de cette note, dans les commentaires ci-dessous. Le Moci suivra ces questions régulièrement.
Pour compléter : lire le dossier complet “Mobilité : le kit informatique du voyageur d’affaires”, sorti cette semaine dans le magazine n°1817. Vous y lirez sélections, analyses et conseils pratiques. Relire aussi nos autres dossiers pratiques récents : « Informatique : les solutions de partage des connaissances s’imposent dans les entreprises » (n°1789 mars 2007) ; « La panoplie techno du travailleur nomade à l’international » (n°1803 octobre 2007) ; relire enfin notre article en ligne sur le bilan récent des activités de Bull.
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