Ordinateurs portables : toujours trop lourds pour les épaules des nomades !

Ecrit par ldupin

tms-campagne.jpg Chut. L’avez-vous entendu cette plainte lancinante, ce sourd cri ? Il est celui des muscles et des articulations du cou, de l’épaule, de la colonne vertébrale des travailleurs nomades modernes… qui souffrent en silence depuis trop longtemps. Sous le poids de qui ? De l’ordinateur portable pardi, outil quasi généralisé du travailleur nomade et moderne, équipement standard dans les métiers de l’international et de l’export. Un outil qu’on nous vend depuis quelques années avec cette promesse d’être (enfin) léger, c’est-à-dire « ultra portable », admirez la formule. Règle de base en marketing : toujours se méfier des superlatifs…

Car pour autant, depuis le premier PowerBook 100 d’Apple sorti en 1991 -une révolution à l’époque-, les ordinateurs portables n’ont cessé de faire souffrir les corps de leurs propriétaires. Pourquoi? Parce qu’un portable seul, sans rien autour (image très vendue par la publicité en général), est un pur mirage, voire un mensonge éhonté. Prenez les modèles d’exposition en magasins : très souvent, pour les tester, vous les soulèverez un peu pour apprécier leur poids. Fatale erreur : car on leur retire leur batterie, pour les brancher sur le secteur dit-on. Mais aucune étiquette ne vous prévient de cette modification radicale, sachant en prime que les poids n’y est pas toujours écrit…

Autre variable de poids, sans jeu de mot. Le « kit » du professionnel nomade est -heureusement pour son travail et malheureusement pour lui- un peu plus varié aujourd’hui. L’ordinateur déjà, ne va pas sans une ribambelle de matériels annexes : câble et unité de branchement électrique, connectiques diverses (clés USB, cartes de stockage…), périphériques (unité de gravure dans le cas d’ultra portables, pavé numérique, souris externe…). Les 2,5 à 2,8 kg officiels qui font le gros du marché, et les 1 à 2 kgs des “ultra” doivent donc être revus à la hausse. Sans oublier le poids… de la sacoche elle-même. Certaines, par leur renfort ou une conception défaillante, sont déjà lourdes à vide. Ajoutez-y des dossiers papiers urgents (il y en a toujours), du courrier, de la presse ou des livres, un baladeur multimédia, un casse croûte, un parapluie au cas où et vous arriverez aisément dans les 4 à 5 kg. Vous comprenez dès lors que sur le long terme, les « machines » humaines encaissent mal.

mobi-lourd-photo-ldupin.jpg L’autre scandale est que la prise de conscience sur ce problème est très lente, et les études peu nombreuses sur ce sujet polémique. En 2007, la Ergonomics Society en Angleterre avait bien abordé le sujet, mais en le limitant au contexte universitaire… 67 % des étudiants interrogés s’y disaient inquiets des problèmes liés au transport de leur portable. Une étude belge réalisée dans le milieu de la santé après 2002 avait noté elle que « 73% des personnes interrogées souffrent du poids de l’ordinateur portable lors de leurs déplacements ». Une seule initiative française va en ce sens, avec la campagne ministérielle sur les troubles musculo-squelettiques (les TMS). Qui aborde bien la question des douleurs liées à l’informatique, mais plus pour les postes de travail fixe en bureau. Et livre des chiffres généraux : « 25% des travailleurs européens se plaignent de maux de dos et 23% se plaignent de douleurs musculaires (source : agence européenne pour la sécurité et la santé au travail - 2007) ».

Une souffrance en silence que celle du port du portable ? Ou faudra t-il que -sur le modèle anglo-saxon- des class actions de consommateurs se déclenchent pour emmener en justice des fabricants (et/ou des employeurs ?) pour reconnaître enfin ce « mal du siècle informatique »…

[VOTRE AVIS :] si vous avez connu des problèmes physiques de ce type, suite au transport fréquent et problématique d’un PC portable dans le cadre du travail et notamment dans les métiers voyageant beaucoup, témoignez-en à la suite de cette note, dans les commentaires ci-dessous. Le Moci suivra ce dossier régulièrement.

Pour prolonger : à suivre le dossier « kit informatique mobile », à paraître en kiosques cette semaine, au sein du n°1818 du Moci : au menu plusieurs pages de tests, sélections de produits et conseils pratiques pour les grands voyageurs. Relire aussi nos autres dossiers pratiques « Nouvelles technologies : au coeur de l ‘informatique export » (n°1672 octobre 2004) ; « Informatique et Internet : exportateurs, ne vous perdez plus dans le labyrinthe des sites Web » (n°1690 février 2005); « Informatique : les solutions de partage des connaissances s’imposent dans les entreprises » (n°1789 mars 2007) ; « La panoplie techno du travailleur nomade à l’international » (n°1803 octobre 2007) ;

2 commentaires pour “Ordinateurs portables : toujours trop lourds pour les épaules des nomades !”

  1. René dit :

    Bonjour,

    Si le poids reste un problème majeur, le choix du PC est déterminent,ni trop gros ou petit, l’association des critères:capacité visuelle et dimensions de nos mains m’ont orienté vers le 13 pouces.
    Pour le kit informatique mobile, ma réponse est complétée avec le “stand’up bureau mobile ” c’est à la fois un support réglable et stable ainsi qu’une sacoche légère pour ordinateur portable

    A découvrir sur www.pasquier-ergonomic.fr

    L’internet mobile avec les clés 3G lui donne une autre dimension.
    La coque ventilée naturellemnt autorise de le laisser en veille…pret à partir!

    Bon nomadisme!

  2. ldupin dit :

    René, merci de votre commentaire. Nous le laissons passer ce jour (même s’il s’agit de vous faire vous même un coup de projecteur!) car il peut intéresser certains de nos lecteurs, pour des besoins professionnels précis.

    Votre solution semble en effet originale. C’est en gros une sacoche-tablette portative. Reste qu’il n’est pas toujours évident d’avoir le temps ou la place pour “déplier” une telle solution…

    Je note aussi que son prix de 279 euros H.T peut freiner quelque peu, même pour un usage professionnel. Quand par exemple les sacoches les plus “pro” (durcies par exemple) stoppent dans les 150 euros, comme celles du fabricant français Mobilis.

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