Egypte : Moubarak fait un carton dans les milieux d’affaires français

Ecrit par cgilguy

Salle comble (près de 250 participants, délégation égyptienne incluse), forêt de caméras et d’appareils photos, journalistes debout ou accroupis dans les travées et patrons en retard obligés de rebrousser chemin. Le président égyptien Mohamed Hosny Moubarak a fait un tabac le 22 avril au Medef, où il était l’invité, en marge de sa visite officielle à Paris, de Laurence Parisot, présidente de l’organisation patronale et de Pierre Simon, le président de
la CCIP, en présence de Christine Lagarde, ministre de l’Economie et des finances, et de son homologue égyptien. 

Il est vrai que l’Egypte fait partie des pays où les entreprises françaises accélèrent leurs développements depuis 2004, date du lancement d’un train de réformes libérales qui a accru l’ouverture de l’économie et amélioré le climat des affaires local (relire notre enquête Egypte de mai 2005, prémonitoire). Depuis, les investisseurs étrangers s’y précipitent : les investissements étrangers ont été multipliés par 11 en 4 ans !
La France n’est pas en reste puisqu’elle est devenu le premier fournisseur d’investissements directs étrangers (IDE) début 2008, grâce au rachat par Lafarge du groupe cimentier Orascom, leader au Moyen Orient, pour 8,8 milliards d’euros.

De fait, traditionnellement marquée par une dominante de services (liée notamment aux grands chantiers comme les trois lignes du métro du Caire), la présence française commence à se diversifier avec l’arrivée de gros industriels dans les matériaux de construction, la pharmacie, les gaz industriels, les équipements électriques, l’agroalimentaire… Une centaine d’entreprises au total, dont on trouve une liste complète dans une note récente de la Mission économique au Caire.

Le président Moubarak a su, en l’occurrence, tenir un discours qui a du aller droit au cœur des patrons français : « Nous souhaitons attirer d’avantage d’entreprises françaises en Egypte, a-t-il déclaré, précisant que son pays était une « porte d’entrée de leurs produits vers le Moyen orient et l’Afrique ». Et de fournir la liste des secteurs où elles sont attendues : BTP, TIC, tourisme, banques, finances, énergies classiques et renouvelables… Cerise sur le gâteau, il a rappelé son soutien au projet français d’Union pour la Méditerranée.

Politiquement, alors que les relations franco-égyptiennes sont au beau fixe, ce climat favorable au business entre les deux pays est favorisé par l’existence, depuis 2006, d’un Conseil présidentiel franco-égyptien des affaires. Actuellement co-préside par Ali Moussa et Patrick Lucas (Pdg de Gras Savoye et membre de Medef International), il a servi de canal de communication entre les hommes d’affaires français et le gouvernement. Une expérience inspirée de ce que l’Egypte avait précédemment fait avec les Etats-Unis, la Grande Bretagne, le Canada ou encore l’Italie à travers la création de Business Councils. Mais pour l’heure, si les grandes entreprises françaises sont donc bien positionnées pour tirer leur épingle du jeu en Egypte, reste à y attirer les PME…

Pour prolonger relire aussi notre enquête Egypte de février 2006 et nos articles récents

Laisser un commentaire