L’ONG les Amis de la terre dénonce le soja certifié « durable»

Ecrit par sfigari

Les populations d’Amérique du Sud préfèreraient se nourrir plutôt que d’alimenter le réservoir des voitures des Européens en carburant “vert”. Voilà grossièrement résumé l’argument de l’organisation non gouvernementale (ONG) les Amis de la Terre à la veille de la « 3ème Table ronde sur le Soja responsable », les 23 et 24 avril 2008 à Buenos Aires (Argentine). L’ONG saisit l’occasion de dénoncer “la catastrophe sociale et environnementale provoquée par la culture de soja” dont l’Europe est le principal importateur au monde. Selon l’ONG, l’expansion rapide de la monoculture du soja en Amérique du Sud (au Brésil et en Argentine, la surface cultivée serait passée de 6,8 millions en 1976 à 36,7 millions d’hectares en 2005) “est lourde de conséquences pour l’environnement et les populations : déforestation, érosion rapide des sols, usage massif de pesticides, expropriation des paysans et des communautés rurales. Alors que l’essentiel de la production est exportée, des franges entières de la population vivent dans l’insécurité alimentaire”.

Dans ce contexte, poursuit le communiqué de l’ONG du 22 avril, ” l’objectif de cette 3ème Table ronde, de créer une certification pour garantir une culture responsable et durable du soja en Amérique du Sud, cache surtout deux objectifs pour les multinationales du soja : d’une part rassurer les consommateurs et les États européens de plus en plus conscients des impacts négatifs de la monoculture du soja et d’autre part, ne surtout rien changer à leurs pratiques”.

Toutefois, le « soja durable » n’est pas le seul sujet d’inquiétude des Amis de la terre. Dans un rapport intitulé La durabilité comme écran de fumée, les Amis de la Terre étend son analyse au sucre de canne, au soja ou au palmier à huile, prévenant que ” des certifications sont en train de se mettre en place partout dans le monde pour essayer de contenir la lame de fond des agrocarburants mais aucune ne s’attaque au vrai problème : nous n’avons qu’une seule planète et en consommons les ressources inéquitablement. Pour y remédier, il est urgent au Nord, de réduire notre consommation indirecte de soja, en mangeant moins de viande et de repenser nos transports pour que les pays du Sud n’aient pas à supporter les conséquences de nos excès”.

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