Fotovista-Pixmania, la « global company » européenne en action
Ecrit par ldupin
Je reviens de la conférence Focus Partners de l’e-marchand Fotovista-Pixmania, tenue ce matin à Paris. J’avais laissé cette entreprise en 2005, lors d’une rencontre avec Jean-Emile Rosenblum, un de ces deux patrons, alors que « Pix » -comme elle se fait surnommée parfois- était déjà européenne par son vaste réseau. J’avais été notamment frappé par son organisation et son call center (centre de contacts) conservé en interne et non externalisé (une rareté dans le milieu), constitué d’un vaste plateau technique où se mélangent et crépitent les nationalités et les langues. Une véritable petite Europe en miniature, sise avenue de la Grande Armée, au siège même du groupe.
Ce matin, on pouvait la voir en action, cette « global company », lors d’un évènement transversal de ce type : organisé au Casino de Paris, avec « 1100 personnes venues de toute l’Europe et 70 journalistes » a introduit avec satisfaction Steve Rosenblum, p-dg et frère du premier. Europe encore, quand une heure plus tard, John Browett, le p-dg de DSGi (groupe britannique qui possède Pixmania depuis avril 2006) est intervenu au micro pour dire tout son bien des activités françaises et le pivot qu’elles constituent pour le développement futur de l’entité. Europe toujours,
quand la matinée a été conclue sur un point presse informel, tenu au premier étage de la salle de spectacle, dans les balcons, avec des journalistes européens et une discussion uniquement en anglais. Les patrons recueillaient des questions très précises venant du Portugal, de la Grande-Bretagne… on sent bien que la marque est connue, reconnue hors les frontières hexagonales. Un atout réel.
Ce n’est d’ailleurs pas qu’une impression liée à une politique de marketing bien huilée. Les frères Rosenblum égrenaient tout du long de cette rencontre les chiffres forts de Pixmania, assez ébouriffants : 1200 salariés, 730 millions de C.A, dont 60% réalisés à l’export en Europe, 3 millions de commandes dans 26 pays et dans 17 devises (en 2007), 41.000 sites web affiliés. Qui dit mieux dans le périmètre français ?
A la question que je leur ai posée sur l’identité actuelle de l’entreprise (française ? anglaise ? franco-anglaise ?), l’esquive est fine et s’appuie sur le mode opératoire de Fotovista-Pixmania : « Nous sommes européens. Dès notre lancement, nous avions démarré dans 5 pays. La moitié de nos collaborateurs à Paris ne sont pas français ».
L’Europe enfin, se décline dans les ambitions audacieuses du groupe. Ce 17 avril, Pixmania lance Pixplace : sa place de marché en ligne, pour permettre à d’autres e-marchands de profiter de leur plateforme technologique et logistique, avec un rôle de tiers de confiance. Attention : l’idée n’est pas du tout nouvelle, elle a été déjà conceptualisée et adaptée par l’américain Amazon, sous le pilotage de Jeff Bezos. D’ailleurs, le modèle n’est pas loin et assumée : « nous voulons clairement devenir l’Amazon ou l’ebay européen », et à terme le leader européen de l’e-commerce tout court. Dont acte.
Pour prolonger : relire les articles du magazine sur Pixmania et sur l’e-commerce; ainsi que la note du Moci Blog, Quel modèle économique pour l’e-commerce français?
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