La hausse du gaz carbonique pourrait favoriser le nucléaire
Ecrit par jftournoudJames Hansen, un climatologue américain dirigeant un institut de la NASA, est alarmiste. Selon lui, la sensibilité de la planète au dioxyde de carbone est bien plus importante que prévu. Le seuil de danger à 350 ppm (parties par million) était déjà atteint en 1990. Aujourd’hui, nous en serions à 385 ppm, avec une augmentation d’une à deux unités chaque année.
Le dilemme se révèle cruel car le charbon, encore en abondance sur la planète (150 ans de réserves au niveau actuel), est une alternative au pétrole, même s’il produit plus de CO² que le pétrole ou le gaz. De plus, il est la moins chère des énergies, nucléaire compris. Les Etats-Unis, l’Inde et la Chine y recourrent d’autant plus qu’ils disposent de ressources carbonifères importantes. Dans les pays développés, on cherche des solutions pour piéger le CO² (enfouissement, absorption du gaz par certaines roches, réinjection dans les mines de charbon qui a la capacité d’absorber le gaz, etc) mais des technologies efficaces et économiques ne seraient pas disponibles avant 2015. En revanche, un pays comme la Chine utilise la houille à hauteur de 70% pour assurer ses besoins en électricité. En Chine, on construirait même une à trois centrales à charbon par semaine ! Avec pour conséquence, selon l’Agence internationale de l’énergie, des émissions chinoises de CO² qui devraient plus que doubler d’ici 2030. Quant à l’Inde, elle utilise un charbon de basse qualité, avec un fort pourcentage d’arsenic et de soufre.
Dès lors, le nucléaire est un alternative crédible, même si l’enfouissement des déchets posent également de nombreux problèmes, notamment par leur très longue durée de dangerorité. Or, si on met à part le cas russe (qui vend des centrales à l’Iran et bientôt une première à l’Egypte, par exemple), les trois seuls acteurs crédibles à l’échelle internationale du nucléaire civil sont General Electric, Westinghouse (filiale de Toshiba et qui vient de décrocher une commande pour une centrale aux Etat-Unis, la première depuis 30 ans) et le français Areva. La récente multiplication des projets de construction de centrales de conception française dans les pays arabes, d’un EPR en Chine et les accords de partenariat qui se multilplient avec Mitsubishi Heavy Industries prouve que le nucléaire, après avoir joué son rôle de pourvoyeur d’énergie à l’Hexagone, va devenir à l’avenir un secteur important dans les ventes françaises à l’étranger.
Pour prolonger : relire la note du Moci Blog sur la nouvelle concurrence chinoise et russe
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