Inflation en Afrique: Bruxelles craint un « tsunami économique et humanitaire»

Ecrit par sfigari

En Afrique, la flambée des prix des aliments et de l’énergie fait craindre des troubles sociaux. Les ministres de l’Economie et des finances africains réunis le 2 avril dernier à Addis Abeba se sont d’ailleurs inquiétés de cette situation qui « présente une menace significative pour la croissance, la paix et la sécurité en Afrique ». Une situation dont le commissaire européen au développement Louis Michel craint qu’elle ne se transforme en « un vrai tsunami économique et humanitaire en Afrique », selon les propos qu’il a tenus ce mardi 8 avril après s’être entretenu avec le président de la Commission de l’Union africaine (UA) Jean Ping. M. Michel a indiqué dans la foulée que les fonds consacrés à l’agriculture et au développement rural dans le cadre du Fonds européen de développement (le principal instrument européen pour l’aide au développement des pays pauvres) devraient pratiquement doubler pour passer à plus de 1,2 milliards d’euros pour la période 2008-2013, contre 650 millions d’euros dans le précédent FED.

L’urgence, aggravée par de nombreux appels à la grève, a poussé de nombreux pays à adopter des mesures provisoires qui pèsent lourdement sur leurs budgets. Ainsi, le Cameroun, le Sénégal la côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont notamment décidé de suspendre ou diminuer temporairement les droits de douane et la TVA sur certains produits de grande consommation. D’autres comme le Soudan, mettent en œuvre des subventions pour certains produits de base. Fin mars, l’Egypte a suspendu pour six mois ses exportations de riz. En Mauritanie, le gouvernement va injecter des denrées de première nécessité sur le marché via une société publique. A long terme, experts et autorités politiques considèrent que l’unique voie de salut réside dans l’autosuffisance. Le gouvernement de la Sierra Leone a déjà annoncé qu’il visait l’autosuffisance du riz d’ici à 2009, date à partir de laquelle plus aucune importation ne sera autorisée dans le pays.

Le ministre sénégalais du Commerce Abdourahim Agne a quant à lui exhorté ses compatriotes à « consommer ce qu’ils produisent pour éviter de continuer à subir la hausse répétée des produits de base importés ». Une vision des faits contre laquelle s’insurge le directeur de la prévision et des études économiques (DPEE), Sogué Diarisso, dont l’Agence de presse sénégalaise (APS) rapporte l’analyse. Défendant l’idée selon laquelle l’inflation relève à 30% des prix internationaux et à près de 70% de facteurs internes, Sogué Diarisso estime que le discours tendant à présenter l’environnement extérieur comme la source de l’inflation ne profite qu’aux spéculateurs.

2 commentaires pour “Inflation en Afrique: Bruxelles craint un « tsunami économique et humanitaire»”

  1. un togolais dit :

    cette flambe du prix est du aux africains surtout nos dirigeants qui ne veullent pas changer
    chaque pays doit revoire sa politique commercial en commencant par la baisse des taux douaniere
    il y aura un tounamie meme plus que ca surtout au togo ou le gouvernement fait la sourde oreilles

  2. lalu dit :

    l’explosion des prix des céréales est notamment due à la mode des bio carburants qui selon notre confrère le Monde consomment 100 millions de tonnes de produits céréaliers chaque année.

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